‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 65 sur 593 · IV. MODÈLES D'EXERCICES GÉOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

IV. MODÈLES D'EXERCICES GÉOGRAPHIQUES

1. Questionnaire. — 1. Sur la situation et la forme de l'Amérique. — Où l'Amérique est-elle située par rapport à l'Europe "? — Quelle est sa forme? — Quelles mers la baignent à l'est? — à l'ouest? — au nord? — Par quels caps est-elle terminée au nord-ouest? — au sud? — De quel pôle l'Amérique approche-t-elle le plus? — L'Amérique scptvîntrionale est-elle plus ou moins étendue que l'Amérique méridionale? — Quelle est la plus peuplée?

2. Sur les côtes et les lies, les montagnes, les fleuves, et le climat. — Quels sont les groupes d'îles les plus remarquables de l'Amérique ? les golfes principaux? — Où se trouve la principale chaîne de montagnes de l'Amérique? — Quels

AMÉRIQUE

AMIDON

sont les principaux plateaux, les principales plaines? — Quels sont les fleuves les plus considérables? — A quels versants appartiennent-ils? — Quel est le versant le plus étendu en Amérique, celui du Pacifique, ou celui de l'Atlantique? — Quelles sont les régions les plus froides de l'Amérique, les plus chaudes, les plus arrosées, les plus riches? — Le climat est-il partout salubre pour les Européens?

3. Sur les diverses contrées de l'Amérique. — Qu'est-ce que le passage du nord-ouest? Jusqu'à quelle distance du pôle les derniers navigateurs se sont-ils avancés?— Quelles sont les ressources du Groenland?

Quels sont les principaux pays de la Nouvelle- Bretagne? — Quel nom officiel porte leur réunion politique? — Fleuves et lacs principaux de cette contrée? — Qu'est-ce que les portages?— Quels sont les produits du Canada? du pays de la baie d'Hudson? — Quelles races peuplent ces pays? — Principales villes du Canada?

Le Mexique offre-t-il partout le même aspect, le même climat? — Qu'étaient-ce que les Aztèques?

— Quelles sont les populations actuelles du Mexique, leurs races, leur religion? — Quels sont les produits les plus remarquables? — Principaux isthmes de l'Amérique centrale ? — Quelle route le Nicaragua offre-t-il au commerce ?

Quel est le climat dos Antilles? Quelles sont leurs productions? — De quelles puissances relèvent-elles ? — Quelle en est la ville la plus considérable? — Quelle est l'influence de la température du golfe du Mexique sur le climat de l'Europe ?

Quelles sont les principales cimes de la république de l'Equateur? — Qu'est-ce que les llanos ? — Quelles sont les productions de la Colombie, du Venezuela, de l'Equateur? — Qu'appellc-t-on Guyane?

— Quelles sont les puissances européennes qui s'y sont établies? — Quel en est le climat?

Entre quels bassins se partage l'empire du Brésil? — Affluents les plus considérables de l'Amazone? — Quelles sont les principales villes du Brésil ?

Comment le Pérou se divise-t-il physiquement?

— Quel est le climat du littoral du Pacifique ? des Andes? du bassin de l'Amazone? — Par quelles voies peut-on se rendre d'Europe au Pérou? Quelles en sont les principales ressources du pays? — Qu'étaient-ce que les Incas? — Quelles mines possède la Bolivie? — Qu'est-ce que le désert d'Atacama?

Quel est le climat du Chili ? — A quoi doit-il sa prospérité ? — Quelles en sont les principales villes ? Qu'est-ce que les Araucans?

Qu'est-ce que les pampas? — Quels troupeaux nourrissent-elles? — Couvrent-elles toute la Confédération Argentine ? — Quelles en sont les autres régions? — Quelles sont les principales artères du réseau navigable de la confédération ?

Quelle est la situation actuelle de l'Uruguay? du Paraguay?

Nommer les principaux ports que rencontre un navire faisant le tour de l'Amérique méridionale, et les produits qu'il y peut charger.

Le cap Horn est par 56° de lat. S. environ, et l'Amérique méridionale finit par 10» de lat. N. C'est vers cette latitude que l'Amérique centrale sera percée par un canal maritime. Quels seront alors les ports du Pacifique qui auront avantage à se servir du canal au lieu de la voie du cap Horn pour communiquer avec l\io-de-Janeiro et avec l'embouchure de l'Amazone'.'' — Quels seront les ports de l'Atlantique que le canal rapprochera de Callao?

2. Pi'oblèmes géographiques. —L'empire du Brésil a S 'è'V, 000 kil. carrés, quelle serait sa population si elle était aussi dense que celle de la France (70 hab. par kil. carré) (R. 583 600 000 hab.) ?

Quelles sont les mers, les contrées, les fleuves

que traverse le parallèle de Rio-de-Janeiro? — celui de la Havane? celui de Québec? celui de Mexico? dans les diverses parties du monde?

La chute du Niagara verse en moyenne 7500 mètres cubes d'eau par seconde, d'une hauteur de 50 mètres. Calculer en chevaux-vapeur la force motrice qu'elle pourrait engendrer. — (R. 6 000 000 chev.-vap.)

Avec les superficies et les populations données ci-dessus, calculer combien il y a de kilom. de chemins de fer par 100 000 kil. carrés et par lO 000 habitants au Brésil qui possède 2290 kil. de voies ferrées; en Bolivie qui en possède 130, au Pérou qui en possède 1582 (R. Brésil, 27 kil. et 2" 29 ; Bolivie, l(i kil. et 0* 7 ; Pérou, 120 kil. et 5^ 2).

Dans le désert d'Atacama, une seule nitrière couvre 600 hectares de superficie, où il existe une couche de l mètre de salpêtre. Celui-ci perdant, par le raffinage, la moitié de son poids, et la densité du salpêtre raffiné étant le double de celle de l'eau, combien faudrait-il de navires de 500 tonneaux pour emporter tout ce salpêtre raffiné (R. 12 000 nav.). En expédiant un de ces navires par semaine, pendant combien d'années pourrait-on continuer les expéditions (R. 23 ans 9 mois) ? [G. Meissas.]

Ouvragen h conaulter. — Onésime Reclus, La terre

à vol d oiseau, t. II.

Sur le Canada. Excursion au Canada et à la rivière rouge, par M. de Lamothe {Tour du Monde. 187,t, 2" semestre, pages 97-144; 1878, 1" semestre, p. 223 et suivantes')-

Sur la Colombie. L'Amérique équinoxiale, par M. Ed. André [Tour du Monde, 2« semestre, 1877, p. 164; 1878, le' semestre).

Sïir l'Amazone. Voyage d'Agassi: et voyage d'exploration sur l'Amazone et la Madeira, par Fr. Keller Leuzinger (Tour du Monde, 1874, 2« semestre, pages 369-416).

Sur les Andes et le Pérou. Voyages de M. Paul Marcoy ; Les grandes scènes de la nature, pai- de Lanoye ; Les phénomènes terrestres, par El. Reclus.

Sur la Bolivie. Le désert d'Atacama et Caracoles, par l'ingénieur firesson {Tour du Monde, 1875, 1" semestre, pages 321-352).

Sur la République Argentine. Le Paraguay, par Fongues [Tour du Monde, 1874, 1" semestre, pages 369- 416) ; A travers la Pampa et la Cordillère, par M. Diisiré Charnay {Tour du Monde, 1877, 2« semestre, pages 385-416); La République argentine, par Beck-Bernard, 1865; Id., par Rie. Napp, 1876.

I^ectures et dictées. — La baie de Baffin, dans ZurcheretMargollé, Les glaciers, p. 282.

Les Pêcheries du Groenland, dans Hayes , La terre de désolation, p. 297; Godhaven, id., p. 332; La maison de charbon flottante, dans les Voyages au pôle nord, par J. Gourdiult, p. 90. „, ,

Les Antilles, dans J. Duval, Notre Planète, p. 346.

L'Amazone, son cours et son embouchure, dans Agassu, Voyage au Brésil, p. 91-96-98-187.

Le tremblement de terre de Mendoza, dans le Tour du Monde, 1877, II, p. 399; Le saut du • Téguendama, par Edouard André {Tour du Monde, 1878, I, 173).

La Cordillère des Andes, dans Lanoye, Les grandes scè7ies de la nature, p. 157, et E. Reclus, Les phénomènes terrestres, p. 69.

AMIDON ET MATIÈRES AMYLACÉES. — Chimie, XXII. — {Etijm. : de l'italien ou de l'espagnol qui dérivent eux-mêmes d'un mot grec, signifiant fait sa7is la meule).

Farine : gluten et amidon. — Quand on pétrit une poignée de farine de blé ou de seigle dansun tamis sous un filet d'eau, il reste dans la main une pâte grise, élastique, collante, composée en grande partie de gluten, principe azoté, essentiellement nutritif; et l'eau qui a passé à travers le tamis laisse déposer une substance pulvérulente, irès-blanthe : c'est de Yamidon.

Celte séparation facile est ïahalyse immédiate de la farine. Le gluten et l'amidon en constituent les principes itnmédiats.

Composition chimique; fécule. — L'amidon ne contient point d'azote ; c'est un principe ternaire, c'est-à-dire composé de trois corps simples, savoir:

AMIDON

AMIDON

le carbone, rhydrogèiie et l'oxygène. Considéré comme aliment, on le nomme fécule*'^ amidon est le nom générique employé en cliimie.

Substances végétales riches en amidon. — L'amidon se rencontre en abondance dans les graines des légumineuses : fèves, pois, haricots, lentilles ; ainsi que dans celles des céréales : blé, orge, seigle, avoine, maïs, millet, riz. On le trouve aussi en grande quantité dans les tubercules de pommes de terre (fécule de pommes de terre), de patates, d'ignames, de soucliets ; dans les tiges souterraines ou rhizomes de masette, d'iris, de canna, etc. L'amidon abonde dans les fruits du chêne, du châtaignier, du marronnier d'Inde, du sarrazin, etc.

Extraction en grand de l^mddon ou de la fécule. — « Dans les arts, dit M. Wurtz, cette opération s'exécute dans une auge allongée, demi-cylindrique, nommée amidoîiniére, où la pâte est pétrie par un cylindre de bois cannelé, tournant autour de son axe. Un arrosage continu et qu'on peut régler à volonté opère la séparation de l'amidon, qui est entraîné avec l'eau dans des réservoirs. Le gluten vert ou humide restedansl'amidonnière. L'amidon ainsi obtenu renferme encore quelques particules de gluten dont il faut le débarrasser. Pour cela on fait fermenter le produit dans des cuves, en y ajoutant quelques centièmes d'eau sure, c'est-à-dire d'une eau provenant d'une fermentation précédente.

« Au bout de quelques jours, 4e gluten est détruit, et l'amidon, convenablement lavé à l'eau pure, est mis à égoutter dans des paniers d'osier. Les blocs sont renversés sur l'aire en plâtre d'un grenier, où ils se raffermissent. On les rompt ensuite, on entoure les fragments de papier, et on les fait sécher rapidement dans une étuve. La masse se divise alors en prismes irréguliers ou baguettes, par suite des retraits inégaux qu'elle éprouve.

« Un autre procédé, qui tend à être abandonné aujourd'hui, parce qu'il est très insalubre, consiste à faire subir au grain grossièrement moulu une véritable putréfaction qui détruit le gluten ; la plus grande partie de ce dernier éprouve ime décomposition putride ; il se dégage de l'ammoniaque, de l'hydrogène sulfuré et d'autres produits infects, de telle sorte qu'tme odeur intolérable se répand dans le voisinage des ateliers. Quant à l'amidon, il résiste à la décomposition ; on le purifie comme nous l'avons indiqué plus haut. »

Propriétés de iamido7i. — Constitution du grain d'amidon. — L'amidon s'écrase sous la pression des doigts, en une sorte de poudre trèsblanche et douce au toucher.

Si on examine cette poudre au microscope, on voit qu'elle est formée, non de grains quelconques et irréguliers, mais au contraire de petites masses organisées, constituées par des couches concentriques dont la densité diminue de la circonférence au centre. On peut se rendre compte de cette structure en chauffant l'amidon dans l'eau. Les grains se gonflent et crèvent; on peut voir alors sous le microscope leurs couches déchirées ot séparées.

Les grains d'amidon sont le plus souvent ovoïdes ; l'amidon de blé forme des grains irrégulièrement sphériques. Ceux de fécule sont généralement allongés. Le diamètre des globules est toujours à peu près le même pour les grains de même origine, et il diffère beaucoup d une espèce à l'autre, ce qui permet de reconnaître par l'examen microscopique l'introduction frauduleuse dune farine quelconque dans une autre, dans celle de blé par exemple. Ce caractère distinctif a un degré de certitude assez grand pour avoir été souvent admis devant les tribunaux comme suffisant à démontrer la fr.iude.

Voici, d'après M. Payen, la longueur de quelques grains amylacés d'origine différente : pomme de

2* Partie.

terre, de 140 à 185 miUièmes de millimètre ; fèves, 75 ; — lentilles, G7 ; — blé, 50 ; — haricots, 30; — mais, 30; —millet, 10; — graines de betterave, 4.

Caractères chimiques; empois. — L'amidon est hygroscopique, c'est-à-dire qu'exposé à l'air il en attire rapidement l'humidité. La recule dite sèche du commerce contient encore doux équivalents d'eau, qu'elle perd quand on l'abandonne dans le vide. Elle ne contient plus alors que 10 équivalents d'hydrogène et autant d'oxygène combinés àl2 de carbone. On peut donc représenter sa composition par la formule C'^H'^'O'''. On a pu dire qu'au point de vue des classifications théoriques l'amidon est un hydrate de carbone.

L'amidon . est insoluble dans l'alcool, dans l'éther et dans l'eau froide. Chauffé dans l'eau à 70°, il forme un empois ou bouillie épaisse, provenant de ce que chaque globule s'est dilate de manière à occuper 2û à 30 fois son volume primitif. L'empois d'amidon est gélatineux et demitransparent. C'est à cet état qu'il est employé pour coller, et surtout pour empeser le linge.

lodure d'amidon. — En filtrant de l'amidon bouilli dans une grande quantité d'eau, on obtient une solution d'amidon, liqueur trouble qui contient sous forme de légers flocons quelques traces d'amidon en suspension, mais non en dissolution. Cette liqueur, mise en contact avec des traces d'iode, soit en y versant une ou detix gouttes de solution aqueuse ou de teinture alcoolique d'iode, soit même en y jetant quelques parcelles d'iode, prend immédiatement une magnifique coloration bleu foncé tout à fait caractéristique, de sorte que l'amidon et l'iode sont le réactif l'un de l'autre. Les plus faibles traces d'amidon sont révélées par l'iode, et réciproquement. L'amidon à l'état solide possède la même propriété, mais :\ la condition que son grain ait été trituré, écrasé ; il semble donc que c'est à l'intérieur du globule que se trouve la substance susceptible de donner la coloration bleue par l'iode. On a considéré la substance bleue ainsi formée comme une véritable combinaison chimique et on l'appelle Yiodure d'amidon. Sa plus curieuse propriété est de se décolorer quand on la chauffe vers 00°, puis de se colorer de nouveau par le refroidissement.

L'expérience très curieuse peut être répétée plusieurs fois de suite, à condition' qu'on ne fasse pas bouillir la liqueur, car alors le refroidissement ne ramènerait pas la coloration bleue.

Transformations de l'amidon. Dextrine. — Chauffé fortement, il abandonne beaucoup de vapeur d'eau, d'hydrogène carboné et laisse, comme tous les corps organiques de composition semblable, un résidu noir de charbon presque pur.

Chauffé doucement et longtemps sans qu'on dépasse 100°, l'amidon se torréfie, devient de la dextrine, c'est-à-dire de l'amidon soluble dans l'eau (ce nom lui vient de ce qu'elle dévie à droite le plan de polariscdion * de la lumière).

La dextrine contient autant de carbone, d'hydrogène, d'oxygène que l'amidon, autrement dit elle a la même composition centésimale.

Diuer<es circonstances dans lesquelles l'amidon se transforme en d xtrine et en glucose. — L'amidon se transforme en dextrine dans plusieurs cas : rlorsqu'onlechauft'e à 2 10": 2" lorsqu'on le soumet à une longue ébulliiion avec l'eau ; ;■(" lorsqu on le chauffe dans de l'eau alcalisée par de la potasse; 4" lorsqu'on le soumet à l'action des acides étendus; si l'action de l'acide se prolonge, l'amincjn sera transformé en glmuse fV. Svcre et Fécub).

Lorsqu'on cliautTe de l'amidon avec beaucoup d'eau vers 7(»" et qu'on y ajoute une infusion d'orge germée. il se forme de la dextrine et du glucose, et finalement, quand tout l'amidon a disparu, la dextrine elle-même se iransi'onne en glucose Cette

AMIDON

AMMONIAQUE

transformation s'est accomplie sous l'action d'une substance qui existe dans l'orge gcrmce et qu'on nomme diastase. C'est là le principe de la fabrication de la bière. Le ferment de la levure de bièi-e (V. Fermentation], la salive, et même le gluten peuvent aussi produire la transformation de, l'amidon en dextrine et en glucose. Pendant la germination des graines de céréales, la diastase transforme l'amidon du grain en glucose soluble et capable d'être absorbé par le jeune végétal qui s'en nourrit.

Traité par l'acide azotique étendu, l'amidon se transforme en acide oxalique (acide des oseilles , et il se dégage en même temps des quantités considérables de vapeurs rutilantes.

Rôle de l'amidon et des substances amylacées comme aliments respiratoires . — On trouve dans le conniierce un grand nombre de fécules alimentaires très-employées dans léconomie domestique; tout le monde connaît les usages du blé, du seigle, de l'avoine, des pommes de terre, etc., sans parler du tapioca, fabriqué avec la fécule de manioc (V. Eup/ioràiacées, p. 740 1, ni des pâtes féculentes connues sous le nom générique de pâtes d'Italie.

L'amidon est un aliment, puisqu'il entre comme élément important dans toutes les farines et par conséquent dans le pain ; mais il s'y trouve associé à d'autres principes, tels que le gluten, principe quaternaire, c'est-à-direformé de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote; l'amidon, ne contenant point d'azote, ne peut point à lui seul ou avec de l'eau constituer un aliment nutritif proprement dit. La plupart des tissus organiques, sinon tous, sont formés dt principes azotés, et par conséquent ne peuvent point trouver dans l'amidon >^eul,ou dans les principes ternaires semblables, les éléments nécessaires à leur réparation ou à leur accroissement.

A quoi sert donc l'amidon dans l'alimentation ? à quoi servent en général les aliments non azotés dont il est le type, tels que la dextrine, l'alcool, le sucre? Ces substances, dites amylacées, sont, avec les graisses, ce qu on appelle des aliments respiratoires (V, Aliments).

Sous l'action de la salive qui contient une espèce de ferment appelé ptyaline ("V. Digestion, p. 592), l'amidon devient soluble, et pouvant alors être absorbé, il passe dans l'organisme, où il est brùlu. c'est-à-dire transformé en acide carbonique et en eau dans le phénomène général de la respiration ■ (V. Oxygène et Respiration] ; or c'est précisément ce phénomène général d'oxydation qui produit la chaleur animale indispensable à la vie. Ainsi les aliments amylacés, et en particulier l'amidon qui en est le type, ont pour effet d'entretenir dans l'organisme la chaleur, et par conséquent la vie. aussi bien que les aliments azotés réparateurs des différents tissus.

Préparation industrielle et usages de la dextrine. — C'est en 1833 que la dextrine a été isolée, préparée à part par M. Dubrunfaut ; rappelons ici que si elle a la même composition chimique que l'amidon, elle en diffère par de nombreuses propriétés qui rendent aujourd'hui ses usages assez nombreux. La dextrine ressemble assez à la gomme arabi(|UR ; elle n'a comme elle ni saveur ni odeur, et comme elle coûte beaucoup moins cher, elle la remplace dans un irrand nombre de circonstances.

Dans l'industrie, on fabrique en grand la dextrine, soit par voie humide en chauffant de la fécule à 75° dans de l'eau où on a mis du malt; soit par voie 5éc/ie, en chauffant à 180° des plaques sur lesquelles on a étendu de la fécule en couches minces ; soit par le procédé dû à M. Payen, en chauffant la fécule après l'avoir imbibée d'eau étendue d'acide azotique.

On s'assure aisément que la transformation de la fécule en dextrine est complète, car l'iode, qui co-

lorait en bleu la solution d'amidon, colore en pourpre la dextrine.

Usages. — La dextrine sert à édulcorer et gommer les tisanes, à fabriquer des pains de luxe, û\x& pains de dextrine. On s'en sert dans plusieurs industries, notamment pour la fabrication de la bière, de l'alcool, l'apprêt des indiennes, l'encollage des tissus en général, l'application des mordants en teinturerie, l'impression des papiers peints, etc. L'une des applications les plus utiles de la dextrine est la fabi-ication des bandes agglutiiiatives dont on enveloppe les membres fracturés. On délaye 100 grammes de dextrine dansGi grammes d'eau-de-vie camphrée, on ajoute 4o grammes d'eau et avec ce mélange on enduit les bandelettes destinées au pansement. A mesure qu'elles sèchent, elles durcissent, en se modelant sur le membre qu'elles doivent protéger. Pour les enlever, il suffit ensuite de les mouiller avec de l'eau tiède.

[A. Jacquemart.]

AMMOIAQUE. — Chimie, V. — (Étym. du non> de Jupiter Ammon, en Libye, parce que le sel ammoniac fut préparé pour la première fois dans les environs du temple d Ammon).

L'ammoniaque est un composé d'hydrogène et d'azote qui a pour formule AzH^ et dont l'importance est de premier ordre, quel que soit le point de vue auquel on se place. Le corps dont la composition est représentée par la formule ci-dessus est le gaz ammoniac, et sa dissolution aqueuse, qui n'est pas moins importante, s'appelle l'ammoniaque ou Valcali volatil.

Circonstances dans lesquelles se produit le gaz^ ammoJiiac. — En faisant brûler un mélange gazeux d'azote, d'oxygène et d'hydrogène, on obtient uns combinaison d'acide azotique et d'ammoniaque. On trouve toujours du carbonate d'ammoniaque dans la rouille de fer [\. F>^r, p. 76G). Il se forme aussi de 1 ammoniaque quand le fer, le zinc, l'étain s'oxydent en présence de l'acide azotique ; en présence de l'éponge de platine, les vapeurs azotiques mélangées à de l'hydrogène donnent de l'ammoniaque ; la plupart des matières organiques azotées donnent du carbonate d'ammoniaque par la distillation sèche et de l'ammoniaque reconnaissable à son odeur, si on les chauffe avec de la potasse ou de la soude caustique ; c'est même là le moj'cn qu'on emploie pour reconnaître si une substance organique est azotée. Les matières organiques azotées donnent tuujours naissance à des produits ammoniacaux quand elles se décomposent; ainsi dans les lieux d'aisance il se dégage continuellement, mais surtout en été, du carbonate et du sulfhydrate d'ammoniaque ; dans les écuries de chevaux principalement, l'odeur ammoniacale est souvent très sensible, et les propriétés irritantes de ce saz se font sentir sur les muqueuses des paupières ; il suffit de jeter de la chaux vive sur du fumier ou dans des eaux d'écurie qui commencent à se putréfier pour que l'odeur caractéristique apparaisse. On peut donc dire, conformément à l'expérience et à l'observation de tous les jours,, que les produits organiques azotés donnent toujours de l'ammoniaque lorsque leurs éléments reviennent à l'état minéral, soit sous l'influence de la chaleur, soit par la putréfaction. Le composé Az h' est gazeux dans les conditions ordinaires, mais il a pu être liquéfié, et c'est par l'évaporation en grand du liquide ainsi obtenu que M. Carré, ingénieur physicien, a pu produire un froid considérable, utilisé aujourd'hui au moyen de ses appareils pour la fabrication artificielle de la glace iV. Evaporation).

Propriétés. — Ce gaz est incolore, très difficilement combustible, décomposé en azote et en hydrogène sous l'action d'une série d'étincelles électriques ; une allumette qu'on y plonge s'éteint immédiatement. Il est surtout caractérisé par son

AMMONIAQUE

— Mo

AMMONIAQUE

odeur, qui est extrêmement pénétrante et provoque le larmoiement; c'est le seul gaz ramenant au bleu le papier rouge de tournesol (V. Bases). Le gaz ammoniac est extrêmement soluble dans i eau : un litre d'eau saturé à la température de 10° contient plus de ôOi) litres de gaz. Vammo7iiaque se combine aux acides comme les bases ou oxydes mélalliques les plus puissants. C'est du reste presque toujours à i'élat de se) que l'ammoniaque prend naissance. .

Tous les sels d'ammoniaque à acides oxygénés contiennent une molécule d'eau qu'on ne peut leur enlever sans détruire le sel. Ainsi l'azotate et le sulfate d'ammoniaque contiennent toujours une molécule d'eau : Az03,HO,AzH3; S03,HO,AzH3; au contraire, les iiydracides, tels que l'acide chloriiydrique, l'acide suU'nydrique, etc., forment avec l'ammoniaque des sels sans molécule d'eau, analogues au chlorure et au sulfure de potassium. Pour expliquer ces analogies entre les sels amiuoniacaux et les sels de même espèce contenant 1106 base métallique. Ampère, l'illustre physicien français, a imaginé une théorie célèbre, qu'a ensuite développée Berzélius, le grand chimiste suédois. Ampère suppose qu'il existe dans tous les composes ammoniacaux une molécule complexe y jouant le même rôle que la molécule métallique joue dans les sels ordinaires ; cette molécule composée, appelée radical, àoii, d'après Ampère, être considérée, chimiquement du moins, comme une molécule métallique,, et ce métal il l'a appelé ammonium.

Le tableau comparatif suivant fera comprendre comment cette hypothèse fait rentrer les sels ammoniacaux dans la classe des sels à base métallique.

Sels ammoniacaux. Sels ci'ammonium. Sels coirespond'*

de potassium.

Az3H,Hr.l. Cl,AzH4. CIK.

Cliloilivdrated'am- Chlorure d'ammo- Chlorure de potasmoniaque. nium. sium.

AzH3, hS. s, AzHi. SK.

Sulfhydrate d'am- Sulfure d'ammo- Sulfure de potasmouiaque nium sium

AzHî, HO, Az03. AzHiO, AzO». KO, AzQS.

Azotate d'ammo- Azotate d'oxyde Azotate d'o\yde de Iliaque. d'ammonium. potassium.

Une très-curieuse expérience faite par Berzélius tend à mettre plus en évidence l'existence de l'ammonium. En versant une dissolution saturée de chlorhydrate d'ammoniaque sur un amalgame de sodium, on obtient instantanément une masse butyreuse d'aspect métallique ayant un volume 10 ou lôfois égal au volume de l'amalgame de sodium. Cette substance peut être regardée comme un amalgame d'ammonium; mais on n'a pas pu en extraire le métal : elle se décompose tout do suite en donnant une forte odeur ammoniacale. En admettant qu'on ne parvienne jamais à isoler ce métal composé, il ne serait pas encore absurde d'admettre l'existence distincte de ce groupe dans les molécules plus complexes des sels ammoniacaux.

En 1814, Gay-Lussac découvrit un composé gazeux d'azote et de carbone, C^Az, qu'il dut considérer comme étant de la famille des corps simples, rliloro, iode. etc. C'est le ci^aiiugèn- *. Les combinaisons qu'il forme avec les métaux ont de nombreuses analogies avec les chlorures des mêmes métaux; le cyanogène est donc un radical métalloïde jouant le rôle de corps simple. Dans la suite le nombre de ces radicaux composés s'accrut considérablement et bientôt fui constituée la théorie des radicaux, qui rendit tant de services aux chimistes pour l'explication des nombreux faits observés dans l'étude des composés organiques (V. Cliiniie organique).

Préparation du gaz ammoniac. — On chauffe doucement un mélange de sel a-imoniac (chlorhydrate d'ammoniaque) avec de la chaux ; il se forme

du chlorhydrate de chaux ; le gaz ammoniac qui se dégage est reçu dans des éprouvettes pleines de mercure ; la réaction se fait même à froid. Si on veut préparer la dissolution aqueuse du gaz, on le fait arriver dans des flacons à moitié pleins d'eau distillée.

Le sel ammoniac était autrefois importé d'Egypte : on l'extrayait de la suie provenant de la combustion des fientes de chameau; on le purifiait par distillation, car il est très-volatil. Aujourd'hui on le fabrique en grand, en chauffant un mélange de sulfate d'ammoniaque et de sel marin ou chlorure de sodium ; les deux bases échangent leurs acides : il se forme du chlorhydrate d'ammoniaque qui distille et du sulfate de soude qui reste. Le sulfate et la plu|)art des sels ammoniacaux se préparent aujourd'hui au moyen des eaux de lavage du gaz d'éclairage, qui sont chargées de carbonate d'ammoniaque.

Le chlorhydrate d'ammoniaque se forme instantanément sous forme de fumées blanches très-épaisses quand on met l'ammoniaque en présence du chlore ou de l'acide chlorhydrique. Si l'on fait arriver un courant d'ammoniac gazeux dans un flacon plein de chlore bien sec, le gaz s'enflamme en donnant d'épaisses fumées.

Usages. — L'ammoniaque est employée comme caustique contre les piqûres d'insectes, contre l'ivresse, et enfin, en l'étendant d'eau, car, concentrée, elle constitue un poison caustique énergique, on l'administre aux ruminants atteints de cette maladie foudroyante appelée méUorisation, qu'ils contractent facilement en mangeant de jeunes herbes tendres. L'ammoniaque agit dans ce cas en neutralisant l'acide carbonique que la digestion a développé en grande quantité dans les organes digestifs et qui a ainsi provoqué une véritable asphyxie en même temps qu'un fort gonflement.

La plupart des sels ammoniacaux sont utilisés soit dans l'industrie, soit dans les laboratoires ou dans la thérapeutique.

Les végétaux sont les véritables laboratoires où l'azote, en s'associant au carbone, à l'hydrogène et à l'oxygène, s'organise pour former les principes immédiats azotés (V. Chimie organique). C'est surtout dans le sol et non dans l'air que les végétaux puisent l'azote dont ils ont besoin à cet effet, et c'est principalement à l'état de sels d'ammoniaque solubles que ce gaz doit pénétrer dans les tissus pour s'y assimiler. Le fumier et la plupart des engrais contiennent des sels ammoniacaux ; on peut même affirmer que leur richesse comme engrais est presque proportionnelle à ce qu'ils en renferment; de là l'introduction des sels ammoniacaux en proportions diverses dans les engrais artificiels. Ainsi on livre à la végétation l'azote à l'état d'ammoniaque . la plante, sous l'influence des liénomènes vitaux, fabrique les principes nécessaires à la vie des animaux : fibrine, caséine, albumine,' etc.; et après la mort, ou lorsqu'elles ne sont plus sous l'influence de l'organisme, ces substances rejettent l'azote à l'état d'ammoniaque en stibissant les transformations complexes de la décomposition putride. C'est ce cycle parcouru par la substance minérale pénétrant dans le règne organique que l'illustre chimiste Dumas a décrit dans les lignes qui suivent :

« Les animaux défont peu à peu les matières organiques créées lentement par les plantes. Ils les ramènent peu à peu vers l'état d'acide carbonique, d'eau, d'azote, d'ammoniaque qui leur permet de les restituer à l'air.

» En brûlant ou en détruisant ces matières organiques, les animaux produisent tou^jOurs de la chaleur, qui, rayonnant de leur corps dans l'espace, va remplacer celle que les végétaux avaient absorbée.

AMORTISSEMENT

AMORTISSEMENT

1) Ainsi tout ce que l'air donne aux plantes, les plantes le codent aux animaux, les animaux le rendent à l'air : cercle éternel dans lenucl la vie s'agite et se manifeste, mais où la matière ne fait ■ jtie passer sans changer.

» La matière brute de l'air, organisée peu à peu dans les plantes, vient donc fonctionner sans altération dans les animaux et servir d'instrument à la pensée ; puis, vaincue par cet effort et comme brisée, elle retourne, matière brute, au grand réservoir d'où elle était sortie. » [A. Jacquemart].

AMORTISSEaiK^T. — Arithmétique^ LVI. — Remboursement d'un emprunt par le paiement d'une somme annuelle à laquelle on donne le nom d'amjuité *.

1. Lorsque l'on contracte un emprunt et que l'on ne peut s'acquitter qu'au bout d'un certain temps, on doit non-seulement la somme avancée, mais les intérêts de cette somme, et les intérêts des intérêts ; on doit, en d'autres termes, le capital définitif que la somme empruntée aurait produit si elle eût été placée à intérêts composés depuis le jour de l'emprunt jusqu'à l'époque du remboursement intégral. Si A désigne la somme empruntée, r l'intérêt de 1', et n le nombre des annuités qu'il faudra payer pour éteindre la dette, le capital définitif dont on vient de parler sera exprimé (V. Intérêts composés) par

A(lH-r)i.

D'un autre côté, si a désigne l'annuité, les sommes successivement payées pouvant être considérées comme placées à intérêts composés entre les mains du prêteur, produiront à son profit un capital définitif exprimé (V. Annuités) par

a[fl-f?-)«— 1]

la dernière annuité versée ne portant point intérêt. Les deux sommes ainsi calculées devant être égales, on aura

c'est la formule de l'amortissement.

2. Si c'est l'annuité qui est inconnue, ce qui est le cas le plus ordinaire, on tire de cette formule

Pour effectuer les calculs indiqués, on posera d'abord

x={l-Jrr)n,

d'où log.x—nlog.{l-\-r); (3)

la quantité x ainsi déterminée, la formule (2) deviendra

d'où

log. a = log. A + log. r + log. a; — log. ( j; — 1 ;•

Supposons, par exemple, qu'une compagnie emprunte 1 000 000' pour une entreprise industrielle, et qu'elle veuille amortir sa dette en 20 ans, les intérêts étant calculés à 5 pour 100. On aura d'abord 1 + ?•= 1,05. On aura ensuite

log. X = 20. log. (1,05) = 0,4237800 d'où X = 2,05329, et a; — 1 = 1 ,65329. Par suite

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