AMYOT
ANALYSE
plus grands que les phoques communs : ils ont des oreilles externes, d'où leur nom. Lo Jardin d'Acclimatation de Paris possède plusieurs écliantilions d'otaries, qui vivent parfattement dans notre pays presque à l'état domestique.
-J" Les Morses ont la lormo des phoques, mais se reconnaissent immédiatement par la présence de deux énormes défenses occupant la place des canines à la mâchoire supérieure et dirigées verticalement ; ces dents peuvent atteindre lO à 70 centimètres de longueur. Nous citerons, comme représentant des morses, la Vnche mamie ou Cheval marin, animal dangereux habitant les mers polaires et pouvant atteindre jusqu'à 7 mètres de long.
Les liyperboréens utilisent le cuir du phoque pour se faire des vêtements ou des chaussures, et sa graisse pour la fabrication d'une huile à briilor de très-mauvaise (jualité. Toutes les dépouilles de l'animal servent à faire des instruments de pèche. Les dents du morse fournissent un ivoire moins estimé que celui des éléphants. Dans nos pays la peau du phoque est recherchée pour la confection des objets de carrosserie qui doivent être en cuir solide. [G. Philippon.]
AMYOT (Jacques). — Littérature française , VII . — Né à Melun en 1.S13, mort à Auxerre en 1593.
Fils de pauvres artisans, il reçut une petite instruction primaire. Poussé par le désir d'apprendre, il vint à Paris avec seize sous dans sa poche : sa mère lui envoyait chaque semaine un pain par les bateliers de Melun. Pour vivre, il se lit le domestique d'étudiants riches au collège de Navarre, où il put enfin satisfaire sa passion pour l'étude. Le jour, il suivait les cours ; la nuit, il travaillait, et, à force de privations et de persévérance, il se fit recevoir maître es arts à 19 ans.
L'abbé de Saint-Ambroise le chargea de l'éducation de ses neveux, et, par le crédit de Marguerite de Valois, le fit nommer professeur de grec (lecteur public) à l'université de Bourges ; il occupa cette chaire pendant dix ans, tout entier à ses élèves et à ses études favorites. Après s'être essayé dans des traductions d'Héliodore, de Diodore de Sicile, de Longus, il commença l'œuvre capitale de sa vie et fit paraître en 155!) deux volumes des Vies des hommes illustres grecs et romains, comparées l'une avec l'autre, traiislatées du <jrec en français. Tel fut le succès de cette traduction de Plutarque, que François I", à qui l'auteur l'avait dédiée, pour lui donner les loisirs de l'achever, lui fit présent de l'abbaye de Bellozane, dans le diocèse de Rouen.
Désireux de consulter les manuscrits du Vatican, Amyot suivit bientôt à Rome le cardinal de Tournon, qui l'envoya au concile de Trente défendre les prérogatives du roi contre les empiétements du pape. Déjà célèbre, le savant traducteur fut choisi par Henri II pour faire l'éducation de ses fils Charles d'Orléans et Henri d'Anjou. Ses élèves le prirent en grande affection. Charles IX, devenu roi en 1560, le nomma grand aumônier de France, puis évêque d'Auxerre en 1570. Eclairé et tolérant, Amyot fut suspect d'hérésie et n'échappa à la Saint-Barthélémy que par la protection du roi. Henri III ne lut pas moins reconnaissant envers son précepteur; et, quand il fonda l'ordre du Saint-Esprit, il voulut prêter serment entre les mains du grand aumônier et attacha à ce titre la dignité de commandeur de l'ordre. Amyot termina la traduction des Vies des hommes illustres, chef-d'œuvre de vérité, de naturel et de simplicité. Il publia encore les Œuvres morales de Plutarque (1674), ei obtint du roi la formation d'une bibliothèque d'ouvrages grecs et latins, qui rendit un grand service aux lettres. Il traduisit aussi quelques tragédies grecques et composa pour Henri III un l^rojet de l'éloquence royale, qui n'a été publié qu'en l.sO.S.
Après l'assassinat des Guise aux États de Blois, Amyot, accusé d'avoir approuvé ce crime et d'en
avoir donné l'absolution au roi, fut en butte aux persécutions des Ligueurs: des révoltes suscitées contre lui dans son diocèse attristèrent sa vieillesse, partagée entre ses travaux littéraires et la direction de son troupeau spirituel. En 1589 il renonça à sa charge de grand aumôniei, quitta la cour et se retira à Auxerre, où il fonda un collège qu'il dota de ses deniers. Il mourut âgé de nO ans. Amyot est un des écrivains qui contribuèrent à fixer la prose française : l'aimable naïveté et la grâce de son langage sont encore goûtées aujourd'hui. L'exactitude de sa traduction a quelquefois été contestée, mais tous reconnaissent qu'il a su rester original en traduisant son modèle : Plutarque toutefois est plus raffiné et moins bonhomme que le fait son traducteur. Dans un siècle corrompu, Amyot sut conserver la dignité de la vertu dans ses écrits comme dans sa vie. « L'histoire, dit-il, a bien sa manière de chastier les méchants par la note d'infamie perpétuelle dont elle marque leur mémoire, qui fait un grand moyen de retirer des vices ceux qui aultrement auraient mauvaise et lasche volonté, comme aussy est-ce un bien vif et poignant aiguillon aux hommes de gentil cueur et de nature généreuse, pour les inciter à entreprendre toutes hautes et grandes choses, que la louange et la gloire immortelle dont elle rémunère les bien faisans. » Amyot inspirait de l'enthousiasme à Montaigne : « Je donne la palme à Jacques Amyot, disait-il... Nous autres, ignorants, étions perdus, si ce livre ne nous avait relevés du bourbier. »
[A. Pressard.]
ANALYSE BOTAMQUE, PHYSIOLOGIQUE, AXATOMIQLE, MÉTÉOUOLOGIQUE. — V. Botanique, Anatomie, Physiologie, Minéralogie.
ANALYSE CHIMIQUE.— Chimie, I. — La chimie est, de toutes les sciences expérimentales, celle qui donne les exemples les plus nombreux et les plus frappants à'ajialyse réelle (V. Ajudy.ie dans la P' Partie), comme aussi de si/7ithése réelle (V. Synthèse chimique). Ces deux mots ont pour le chimiste un sens parfaitement détermmé. M. Chevreul les définit par un exemple qui résume, à peu près, tous les cas possibles :
« Le peroxyde de mercure est-il chauffé convenablement ; l'eau est-elle soumise à un courant électrique de manière qu'on puisse recueillir sans perte les corps qui se séparent l'un de l'autre : on fait alors ïanulyse du peroxyde de mercure et l'analyse de l'eau.
« Unit-on l'oxygène avec le mercure, l'oxygène avec l'hydrogène : on fait alors des synthèses.
« Enfin chauffe-t-on du sulfate de mercure avec du fer dans une cornue, on expulse le mercure, et le soufre, qui lui était uni, se porte sur le fer, de sorte qu'on a fait tout à la fois une analyse et une synthèse, en unissant le soufre avec le fer.
« Dans les deux premiers exemples, pour connaître la composition des corps, on les avait décomposés par l'analyse ; dans les deux suivants, on a confirmé les résultais de l'analyse par la synthèse. Dans le dernier, on a fait concourir l'analyse et la synthèse simultanément. »
Il ressort de cotte définition que l'analyse chimique est, pour ainsi dire, toute la chimie : la synthèse en est la contre-épreuve perpétuelle. On écrirait l'histoire même de la chimie en racontant les essais et les perfectionnements successifs de l'analj'^se depuis les alchimistes jusqu'à Lavoisier, et depuis Lavoisier jusqu'à nos jours. (V. Chimie).
Bornons-nous à indiquer ici les différentes espèces d'analyses chimiques. Leur caractère commun est celui-ci : Toute analyse chimique consiste à réduire un corps composé à ses éléments simples, c'est-à-dire « à isoler les uns des autres ses différents principes constituants, de manière qu'ils re-
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paraissent avec les propriétés qui les caractérisent dans leur état primitif. » (Girardin.) Mais d'abord, suivant la nature des corps auxquels elle s'applique, suivant le but qu'elle se propose, enfin, suivant les modes d'investiaation qu'elle emploie, l'analyse chimique prend divers noms et diverses formes.
D'après son objet, l'analyse chimique peut être minérale ou organique.
D'après le but qu'on poursuit, elle peut être qualitative ou quantitative.
D'après le mode d'opération qu'on emploie, elle «st dite analyse par voie sèche ou par voie /lumide.