ARABES
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ARACHNIDES
sous les noms de miels sia-fins, miels firis et miels ordinaires.
Les abeilles sont parfois atteintes par des maladies, qui font des dégâts considérables. La plus redoutable est la dyssenterie. Les abeilles en sont atteintes généralement à la fin de l'hiver; elles répandent leurs excréments sur leurs rayons et empestent la ruche. C'est en aérant celle-ci et en donnant du bon miel en nourriture que l'on peut prévenir l'extension de cette maladie.
L'apiculteur doit aussi veiller sur le pillage des ruche? qui se fait quelquefois par les abeilles d'une ruche voisine. Le remède, ici, est de rétrécir l'ouverture de la ruche attaquée, de prendre des mesures pour remplacer la mère si elle est morte, et au besoin de fermer la ruche et de l'emporter.
[H. Sagnier.]
Ouvrages à consulter. — Traité d'apiculture. par Hamet ; Guide de l'apiculteur, par Debeauvoys; le Manuel de l'apiculteur de M. de Ribaucourt; le Livre de la ferme et des maisons de campag7ie, par Joigneaux.
AR.iBES. — Histoire générale,X"VIL — Pour la géographie de l'Arabie, V. Asie.
X" Avant Mahomet. — « Je pars le matin, chantait le Bédouin, affamé comme un loup maigre, qu'une solitude conduit à une solitude ; sous mes pas rapides se touchent les deux bouts de la plaine, nue comme le dos d'un bouclier. » Telle était, depuis des siècles, la vie des Arabes. Ces Sémites pasteurs et nomades parcouraient obscurément leurs déserts. Ils étaient unis par la langue, la communauté de vie, d'origine et de tradition, mais il leur manquait une religion pour les former en faisceau ; Mahomet * vint la leur donner {G22 ans après Jésus-Christ).
2° Conquêtes ((i32-"32). — Dès lors, « mus par le double besoin de s'étendre et de convertir, ayant l'avidité de la conquête et l'entliousiasme de la foi, l'organisation qui vient de l'armée et l'obéissance qui vient de Dieu, ils marchèrent à l'occupation du monde. » iMignet.) En vingt ans |632- 652}, dans une course merveilleuse, ils avaient soumis la Syrie, la Perse, l'Arménie, Chypre, Rhodes, l'Egypte, la Cyrénaîque. Leur empire s'étendait du Tigre au golfe de Gabès. — V. Khalifat.
Mais déjà l'esprit militaire l'emportait sur la religion. Un général, Moaviah, descendant des Koreischites adversaires de Mahomet, mettait fin au khalil'at purement religieux en renversant Ali, gendre du prophète ; il fondait à Damas la dynastie des Ommiades (G60-750). L'élan de la conquête reprend alors son cours. Samarkande et Cordoue, la Géorgie et le Maroc sont envahis à leur tour. Constantinople est deux fois assiégée. Mais les Sémites viennent se briser contre les Aryas à Poitiers (732) et dans l'Inde. L'Islam s'arrête devant l(>s Brahmanistes et les Chrétiens.
3° Civilisatio7i. — Déshonorés par les revers, les Ommiades sont victimes des révolutions dont ils ont donné l'exemple. Les Abbassides forment à Bagdad une seconde dynastie (750). L'empire et la gloire des Arabes atteignent alors leur apogée, sous de grands princes, comme Almanzor etHaroun al Raschid. Chefs politiques et religieux, ces khalifes s'appliquent à développer la civilisation. Pendant que la chrétienté est encore enveloppée dans le moyen âge, le luxe des arts produit des merveilles, l'éclat des lettres et des sciences éclaire l'Orient. « En communication avec les Grecs, les Hindous, les Chinois, les Arabes créèrent cette civilisation mélangée, sans originalité et sans profondeur, mais non sans utilité, qui rattache les unes aux autres les trois civilisations isolées. » (Mignet.) Sur les traces d'Aristote, qu'ils introduisent en Europe, ils cultivent la philosophie et surtout les sciences naturelles. Ils se signalent par l'emploi du papier pour écrire.
de la boussole pour naviguer, de la poudre pour combattre. Ils ont donc défriché le champ scientifique que nous cultivons aujourd'hui.
4° Dissolution et décadence (7âfi-1055). — Mais cette domination, de Gibraltar à l'Indus, était trop étendue pour être durable ; la nature divisait ce que la force avait uni un instant. L'affaiblissement de l'enthousiasme religieux, la décadence de l'esprit militaire qui amène la création de la garde turque, accélèrent la dissolution et la ruine. Déjà depuis 756 l'Espagne vit séparée sous les khalifes de Cordoue. L'Afrique entière s'affranchit bientôt, grâce aux Fathimites d'Egypte (908} puis l'Orient sous les Ghaznévides ,'980;. Enfin le Seldjoukide Togrul Beg, chef des Turcomans, enferme les derniers khalifes dans leur harem de Bagdad ;105.'>). Mais bientôt dissous à son tour, l'empire seldjoukide se décompose en sultanies. Et les chrétiens profitent de ces divisions pour accomplir les Croisades *.
La direction de l'Islamisme allait passer aux Ottomans, originaires du Turkestan. V. Turcs.
[Paul Schàfer.]
ARACHNIDES. — Zoologie, XXV. — {Étyrn.
semblable aux araignées.)
Notions générales. — On donne ce nomàuneclasse d'animaux articulés dont le caractère fondamental est d'offrir, chez les adultes, huit pattes en quatre paires, articulées, avec hanche, cuisse, jambe et tarse propres à la locomotion (exception pour la première paire chez les Phrynes). La tête et le thorax sont confondus en un seul organe nommé céphalothorax, portant en avant les pièces de la bouche et des antennes modifiées dans leur fonction et leur configuration, nommées chélicères, dis yeux placés en dessus, toujours simples, variant de nombre et de disposition; enfin une paire de pattes spéciales, dites pattes-mâchoires, servant non à la marche , mais à la préhension des aliments et à d'autres usages. Puis viennent les huit pattes locomotrices attachées sous le céphalothorax. Celui-ci n'offre jamais d'ailes en dessus comme chez les insectes. L'abdomen, qui vient après le céphalothorax, n'a pas d'appendices locomoteurs et sa segmentation en anneaux est plus ou moins distincte. La bouche offre des pièces très-réduites et se trouve conformée exclusivement pour la succion des liquides des animaux vivants , à l'exception dea Tétranyques ou Acariens tisserands, qui attaquent le parenchyme des feuilles. Les Arachnides ne mangent pas de parties dures ni de chair, et vivent presque exclusivement à l'air libre. Parfois des glandes particulières, de position diverse, servent à sécréter un liquide venimeux qui tue ou engourdit la victime ; sans cette précaution, la bouche, très réduite, ne pourrait exercer la succion. Une autre sécrétion qui peut se rencontrer encore est celle d'une liqueur visqueuse, qui s'étire et se solidifie à l'air en fils soyeux. Les sexes sont toujours séparés sur deux individus distincts, et les petits naissent à l'état d'œufs pondus par la femelle, éclosant généralement au dehors, sans métamorphoses (sauf chez les Acariens}, l'évolution se bornant à un accroissement de taille, à des mues ou changements de peau et au développement des organes reproducteurs. La plupart des Arachnides ont une vie libre et indép"ndante; au contraire, dans l'ordre dégradé des Acariens, un grand nombre des espèces sont épizoïques, c'est-à-dire vivent fixées à la peau des animaux, dans laquelle elles enfoncent un rostre de succion formé par les pièces buccales allongées.
Nous ne dirons que très-peu de chose sur l'anatomie interne des Arachnides. Le sang est incolore, légèrement blanchâtre, coagulable par solidification de sa fibrine, et tenant en suspension des corpuscules ou organiteshématiques. Un coeur, situé à la région dorsale de l'Arachnide, pousse ce sang d'arrière en avant.
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En laissant de côté toute anatomie interne, pour ne parler que de ce qui se voit au deliors à la vue simple, ou avec une loupe seulement si l'animal est très petit, nous sommes pourtant oblicés de dire que les Arachnides respirent l'air en nature ou gazeux, tantôt par des trachées, c'est-à-dire des tubes faisant circuler l'air dans tout le corps, ainsi que chez les insectes et les mille-pieds, tantôt par des organes qui ont été appelés poiimo7is. Ce sont des poches placées sous l'abdomen et contenant des séries de lamelles aplaties et empilées dans lesquelles l'air entre et sort ; ce sont réellement des trachées localisées et modifiées, de sorte qu'au fond il n'y a qu'un seul tjpe respiratoire. Division des Arachnides. — Les Arachnides se partagent en plusieurs ordres. Les deux ordres supérieurs en organisation ont des poumons, parfois avec des trachées : ce sont les Aranéides ou Arai- ^nées*, auxquels nous consacrons un article ci-après, et les Pédipalpes.
LesPédipalpes ont le bouclier du céphalothorax d'une seule pièce, avec deux yeux sur la ligne médiane et d'autres plus petits en nombre variable sur les côtés. Les chélicères sont petits et en forme de pince, sans issue pour le passage d'aucune sécrétion. L'abdomen est plus ou moins oblong ou ovale et ne se termine jamais par des filières h soie. Les organes respiratoires consistent en poches pulmonaires. Il y a trois familles dans cet ordre.
Nous ne dirons rien de deux d'entre elles qui sont exotiques, les Phrynes et les Télyphones. La troisième famille, plus intéressante pour nous, est celle des Scorpions. Leur abdomen, uni au thorax dans toute sa largeur, est ensuite rétréci en arrière en queue assez large et formée de six anneaux, dont le dernier se termine par un crochet aigu ou dard à venin. Les pattes mâchoires sont très grandes et se terminent par une robuste main à deux doigts formant pince, comme chez l'écrevisse ; elles servent à saisir les victimes tuées par le venin et à les approcher de la bouche qui suce leur sang.
Il y a sous la région antérieure du ventre quatre paires de poches pulmonaires.
Les scorpions vivent à terre sous les pierres, sous les arbres renversés, dans les lieux sombres et humides Ils sont principalement des régions tropicales et un peu des pays tempérés-chauds des deux mondes, atteignant une grande taille et „«. , , , un aspect vraiment
effrayant dans les contrées trèschaudrs. On les voit courir très vite sur le sol, en tenant leur queue relevée au-dessus du dos, soit pour attaquer la proie soit pour se défendre. Ils la lancent en la redressant par des saccades brusques et précipitées, et l'aiguillon qui perce la peau présente au-dessous de la pointe plusieurs ouvertures qui communiquent avec
'Scoppion.
une glande venimeuse. Les grands scorpions des pays chauds tuent des animaux de la taille d'un chien et passent pour redoutables à l'homme, bien qu'il y ait beaucoup d'exagération à ce sujet. 11 est toutefois certain que leur piqûre cause une inflammation locale, pouvant être très vive, accompagnée d'engourdissement et de fièvre et parfois de vomissements, de tremblements et de douleurs dans tout le corps. Des cataplasmes émoUients sur la plaie et surtout la cautérisation à l'ammoniaque, qui neutralise le venin acide, sont recommandés pour combattre ces accidents. Les scorpions sont ovovivipares, c'est-à-dire que les œufs éclosent dans l'oviducte de la femelle, de sorte que les petits scorpions viennent au monde vivants. Dans les premiers temps de leur existence, ils se rassem- : blent sur le dos de leur mère, ainsi qu'on le voit 1 aussi chez beaucoup de genres d'araignées, et la I famille veille avec soin sur cette progéniture , '. qu'elle ne connaîtra plus par la suite et qui pourra j devenir sa proie si elle est afl'amée.
Nous avons en France deux espèces de scorpions, ! qu'il faut recommander aux enfants de ne pas écraser, car ce sont d'utiles chasseurs d'insectes, au service par conséquent de l'agriculture. L'une, indigène et répandue dans tous les lieux pierreux du Midi, est le Scorpion d'Europe IScorpio Europœiis, Linné). Il remonte jusqu'àla latitude de 44°. et devient très commun en Espagne et en Italie. II a de 25 à 30 millimètres de longueur, est brun, avec six yeux et une queue plus courte que le corps. Sa piqûre n'est pas plus dangereuse que celle d'une guêpe ou d'une abeille. Une seconde espèce, confinée dans la bordure méditerranéenne (Toulon, Fréjus, etc.) et importée de l'Afrique du nord où elle est commune, est le scorpion roussâtre ou occitanique, d'un jaune roux un peu enfumé, bien plus grand que le précédent et à piqûre plus cruelle. Il appartient à un autre genre, a la queue plus longue que le reste du corps et porte huit yeux sur le devant du céphalothorax. C'est le But/ius occitanus, Amoroux.
Les autres ordres des Arachnides respirent par des trachées disséminées, comme les insectes et les myriapodes ou mille-pieds.
Nous ne ferons que mentionner : l'ordre des Tétracères (4 antennes), représenté seulement par les Galcodes ou So/puges, dont une espèce se rencontre dans l'extrême midi de la France ; — l'ordre des Holètres, comprenant: 1° les Chc/ifères, aussi nommés Pinces des livres. Pinces des bibliot'ièques, qui se trouvent ordinairement dans les vieux papiers, les plantes sèches, etc., auxiliaires malheureusement trop rares, car ils font la chasse aux insectes, notamment aux rongeurs de bois ; "2° les Phalangiens ou Faucheurs, dont le principal genre est bien connu de tout le monde par ses pattes d'une longueur démesurée et très fines, que les enfants s'amusent souvent à arracher pour voir les mouvements de leurs articles, qui persistent quelque temps après leur séparation du corps. On voit souvent les Faucheurs courir par les chemins ou se chauffer au soleil sur le tronc des arbres, après la pluie, pendant des heures entières. Ce sont des Arachnides tout à fait inoirensives, suçant des insectes morts, des fruits tombés, des détritus divers ; — enfin l'ordre le plus dégradé, celui des Acariens, dont le caractère physiologique le plus important est celui des métamorphoses, qui manquent aux autres Arachnides. Les acariens en sortant de l'œuf n'ont que trois paires de pattes, et ce caractère, larvaire chez eux, est au contraire celui des adultes chez les insectes. Plus tard, quand les acariens deviennent propres à la reproduction , ils acquièrent une quatrième paire de pattes, la postérieure, ce qui assigne leur place définitive parmi les Arachnides.
L'étude complète de cet ordre à espèces très
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petites, presque iiiicroscopiques parfois, n'est pas encore faite. Voici quelques notions sur les Acariens utiles à connaître.
Les Trombidions nous rendent service en détruisant de petits articulés très nuisibles aux cultures, comme les thrips (insectes) et les acariens tisserands dont nous allons parler. Cependant des auteurs admettent au contraire que ces trombidions adultes ne sucent que des végétaux. A l'état de larves à six pattes, les trombidions sont désagréables par leur mode d'existence. Dispersés sur les plantes, ils s'accrochent aux animaux qui passent et vivent ensuite fixés à la peau de beaucoup d'animaux et même de l'homme, causant des démangeaisons parfois assez douloureuses. On les nomme alors rougets, aoiltans, leptes d'autonme ; on les voit souvent, comme des points rouges, attachés au corselet de papillons, de mouches, autour des yeux et des oreilles des chiens ou des lapins, etc. Les Tétranyques ou Acariens tisserands, ont pour espèce principale le Tetranychus lintearius, Linn. ou telarius , Hermann , épithètes qui se rapportent aux toiles que ces acariens tissent incessamment sur les végétaux, où ils vivent en innombrables légions. Ces fils sont si fins qu'ils ne se voient même pas à la loupe, mais leur ensemble, dû à l'action commune de milliers d'acariens, finit par former un réseau apparent qui enveloppe les feuilles, les tiges et les fleurs, et dont les bouts, déchirés par les vents, flottent parfois au hasard. Sous ces abris, les tétranyques entament les feuilles et les jeunes tiges par leur suçoir buccal, muni de deux petites lancettes. La sève est aspirée par une multitude d'imperceptibles orifices, les feuilles épuisées se flétrissent, leurs bords se contournant en dessous, la face inférieure devenant blanchâtre et un peu luisante, la face supérieure jaunâtre ou grisâtre, avec des parties plus claires formant des marbrures. En même temps, le réseau soyeux, qui arrête l'air nécessaire à la respiration du végétal et qui était d'abord blanchâtre, retient l'eau et la poussière et forme à la plante une sorte d'enveloppe d'aspect sale et répugnant. L'action de ces toiles et les multiples piqûres des tétranyques font périr beaucoup de plantes, par la maladie que les jardiniers appellent la grise. Les toiles, qui empêchentle mouillage, rendent peu efficaces les injections de fleur de soufre ou de jus de tabac. Il faut couper et brûler les parties atteintes ou faire des lotions de polysulfure de calcium dissous ou de sulfocarbonate de potasse étendu, ces substances dégageant lentement des gaz délétères.
Puis vient la famille des Ixodes, dont l'espèce la plus commune est V Ixodes ricijius, auct. ou /dumbeus, Dugès, nommé Tique ou Tique/. C'est un dos plus gros Acariens, de 5 millim. de long, s'attachant parfois à l'homme, très-fréquemment aux chiens, aux lapins, aux hèvres, etc. Ce sont les femelles qui se fixent ainsi et se gorgent de sang par une succion continuelle, prenant un volume énorme, ressemblant à une graine de ricin (d'où le nom de Ricins donné par certains auteurs à ces animaux) ou à une petite fève lisse, luisante, d'un gris plombé. Les oreilles des chiens do chasse sont souvent garnies de ces dégoûtantes vésicules, qui crèvent entre les doigts et les imprègnent de sang. Il ne faut pas arracher les Ixodes, car leur bec se rompt et reste dans la plaie et n'en sort qu'après un travail de suppuration faisant plus de mal que si l'Acarien était demeuré tout entier attaché à sa proie. Si l'on touche le parasite avec une goutte d'essence de térébenthine, il tombe de lui-même. Ces tiques pondent des milliers d'œufs, d'où sortent des larves qui se dispersent et grim-
fient partout. Les chenils en sont souvent infestés. 1 faut les échauder à l'eau bouillante, surtout aux plafonds et parois supérieures, car les larves ont
Tyroglyphe des fromage»
secs.
tendance à s'élever le plus qu'elles peuvent. Le» Ixodes et les genres voisins se trouvent sur beaucoup d'animaux différents, même sur des tortues, des serpents, etc. Une espèce nuit beaucoup aux bœufs et aux moutons, si on la laisse se multiplier, et elle peut rendre ces animaux très maigres et afl'aiblis. Les bergers doivent visiter leur bétail avec soin et détruire leurs tiques, comme nous l'avons dit pour celles des chiens.
Les Acarides ont les pattes-mâchoires adhérentes et les pattes égales. Certains d'entre eux, les tyroglyphes, de l'ancien genre Acainis, sont ces petits animaux que les auteurs du dernier siècle nommaient les Cirons, les Mites, les regardant comme le dernier terme de la petitesse animale. C'est un Tyroglyphe, Tyrogljjpltus siro, Latreilie, qui pullule avec ses œufs et ses larves à six pattes dans les vieilles croûtes des fromages secs (Gruyère, Roquefort, etc.); d'autres Tyroglyphes vivent dans la farine, les provisions de bouche, les viandes desséchées, attaquent les collections d'insectes, etc.
Enfin les Sarcoptides. L'espèce Sarcopte de la gale (Sarcoptes scabiei, Latr., Acarus humaniis subcutaneiis,h\nn., Sarco})tesho77ii7iis,Raspa\\, etc.) vitdans les galeries qu'elle se creuse sous la peau, non-seulement chez l'homme, mais chez le porc, le cheval, le renard, le loup, le chien, la chèvre, le chameau, le mouton, le lion, la hyène, l'ours, etc., avec des variations de taille qui ont souvent fait croire à des espèces difi'érentcs. Parfois on a vu les sarcoptes passer de ces animaux à l'homme. Le bouton de gale est causé par la piqûre du rostre de succion ; ce n'est pas dans ce bouton que réside l'animalcule, mais dans un petit sillon à côté, ce qui faii que beaucoup de médecins l'ont nié, n'ayant pas su le découvrir. Il est pourtant bien constaté chez l'homme depuis longtemps. Les sirons ou cirons des doigts étaient connus dès le onzième siècle, et des vieilles femmes savaient guérir la gale en déterrant l'animalcule dans son sillon cutané avec la pointe d'une fine aiguille. En Italie, Bonomo(1623) voyait les forçats et les esclaves du port de Livourne se rendre mutuellement ce service. Geoff'roy {Histoire abrégée des Insectes des environs de Paris, 1762) décrit cette petite opération, ainsi que le ciron de la gale, et le distinguo de celui du fromage, et, :\ la fin du dix-huitième siècle, l'entomologiste Fabricius trouvait généralement répandu chez les indigènes du Groenland, entassés en hiver dans leurs huttes infectes, l'usage de l'extraction des sarcoptes avec une aiguille.
Cependant les médecins n'avaient pas la vraie notion de la nature exacte do l'aff'ection psorique. C'était pour eux un exanthème pustuleux, résultant d'une altération générale des humeurs. Outre les lotions locales, on prescrivait souvent des traitements généraux; on se demandait même parfois s'il était prudent de guérir la gale, qui devenait comme un cxutoire propice. On trouve encore dans le» campagnes ces idées absurdes relativement aux poux des enfants. Il y avait chez les médecins une erreur analogue à colle qui a fait regarder si longtemps le Phylloxéra comme n'étant pas la cause de la maladie de la vigne. Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte des effets immenses des petites forces simultanées, et, en présence des graves lésions de la peau résultant des gales invétérées, on ne consentait pas îi admettre comme leur
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auteur un chétif animalcule dont les gros sujets ont 2 à 3 dixièmes de millimètre de longueur.
En 1812, un étudiant en pharmacie, Gales, eut l'impudence de montrer à ses examinateurs de prétendus Acares de la gale extraits, disait-il, des pustules et qui n'étaient qucle Tyroglyplic du fromage ; Raspail fit justice en 1829 de cette mystification trop accentuée. Dans sa thèse, en 1834, un étudiant en médecine de la Corse, Rcnucci, se souvenant des procédés des matrones de son pa3's, indiqua le moyen de découvrir à coup sûr l'animalcule. La même année, Raspail fit paraître une étude de grande valeur sur cet Acarien, et la compléta par celles de diverses autres espèces sur des animaux domestiques. On peut dire que depuis 1851 (Bourguignon et Delafond^ les afi"cctions psoriqucs sont démontrées avoir pour cause unique des Acariens.
Les boutons de gale ne tardent pas à s'excorier, surtout à la suite des démangeaisons qui les accompagnent, et les parties atteintes se couvrent de croûtes empêchant les fonctions de la peau On a longtemps employé pour guérir cette affection des fumigations d'acide sulfureux, le sujet étant placé dans une boîte d'où sort seulement la tête ; d'autres médechis se servaient de lotions alcooliques plus ou moins corrosives de mélisse, de menthe, etc., ou bien des pommades mercuricUcs. On peut dire que tous ces moyens curatifs étaient plus graves que le mal et altéraient profondément la peau. 11 faut simplement surveiller l'apparition des premiers boutons, qui se fait d'ordinaire entre les doigts et aux poignets. En y maintenant pendant quelques heures des linges imprégnés de benzine, ou simplement de jus de tabac ou d'une pommade soufrée, les Acariens sont détruits, et tout disparaît bientôt. 11 importe d'appeler l'attention des instituteurs sur ce répugnant objet, car la gale est encore trop répandue dans les campagnes reculées, et leurs conseils auront une grande utilité. C'est pendant la nuit que les Sarcoptes sortent de leurs clapiers cutanés, se promènent sur la peau, s'attachent aux vêtements, aux draps de lit, aux coussins des voitures, etc. La promiscuité qui règne aux époques des foins, des moissons, des vendanges, alors qu'une foule d'ouvriers dorment entassés dans des granges, propage activement la contagion psorique. La connaissance de ce qui précède peut amener rapidement une grande amélioration à cet égard.
Le plus précieux de nos animaux domestiques, le cheval, est attaqué avec une intensité variée par des Sarcoptides de trois genres dilTérents; l'un, le moins dangereux, n'attaque que les membres, et encore très lentement ; un autre, le Psoropte du clieval {Vsoroptes equi, P. Gervais), détermine l'affection connue des vétérinaires sous le nom de roiLv vieux ou de gale liumide, se manifestant par des boutons hémisphériques, d'abord au bord supérieur de l'encolure et à la queue. En cinq ou six mois, si on n'y porte pas remède, la peau tout entière du cheval sera envahie et la mort certaine par la suppression de la transpiration. Il est une troisième maladie psorique du cheval, la gale sèche ou épizootique, dont la vraie nature n'a été reconnue que dans ces dernières années. A la suite de la guerre désastreuse de 1870-1871, une épizootie envahit les chevaux de l'armée française, avec des symptômes qu'on regardait jusqu'alors comme causés exclusivement par le manque d'abri et de soins, les marches forcées, les mauvais fourrages, etc. La cause véritable était une variété du Sarcopte de la gale humaine {Sar-coptes scabiei, Latreille, var. equi, Gcrlach) très dangereux par sa fécondité effrayante et pouvant en un mois seulement se répandre sur toute la peau d'un cheval et le faire périr. Cet Acarien du cheval, à contagion facile et rapide, pout se transmettre à l'homme: ce
qui indique tout de suite les précautions à prendre quand on soigne les chevaux qui en sont atteints. Le traitement des diverses affections psoriquesdu
Psoropfe de la gale du cheval.
cheval est le même. Si l'invasion est un peu étendue, il faut s'interdire les lotions au pétrole ou à la benzine, qui causent, pendant plusieurs semaines, une irritation de la peau et provoquent l'apparition d'une affection artificielle qui a autant d'inconvénient au point de vue du travail du cheval que la gale elle-même. On frictionnera aux parties atteintes et aux alentours l'animal avec le soufre mêlé ou non au goudron, ou bien le jus de tabac, ces acaricides étant incorporés dans des excipients doux, comme des corps gras, de la glycérine, des ' huiles non siccatives. Au bout de quelques jours ' on lave le cheval à l'eau do savon. Une précaution importante est d'isoler les chevaux galeux, et de désinfecter toutes les pièces du harnachement, les effets de pansage, les parois de la stalle d'écurie. C'est l'eau bouillante qui réussit le mieux à cet égard, car elle tue les Acariens errants cachés dans tous les recoins, et leurs œufs dont la vitalité persisterait sans cela pendant plusieurs mois.
Les chiens sont fréquemment atteints d'une gale particulière, la gale folliculaire, causée par un Acarien encore plus dégradé que les Sarcoptes, le Demodex folliculovum ou Démodex des follicales, vivant dans les follicules pileux de toute la surface du corps, de forme allongée comme un Helminthe, avec huit pattes extrêmement courtes à la région antérieure. Cette maladie, que beaucoup de vétérinaires déclarent incurable, exige de la persévérance et du zèle dans le traitement. On en vient sûrement à bout par des bains de Barèges administrés avec persistance, soigneusement et chaque jour, pendant un mois au moins, puis de huit jours en huit jours pendant deux ou trois autres mois. Heureusement cette gale folliculaire ne se communique pas à l'homme.
Toutefois l'espèce humaine est attaquée par un Démodex, variété du précédent ou plutôt espèce très voisine ; mais il se loge seulement dans les follicules des poils follets du visage et les glandes sébacées de la même région, particulièrement des ailes du nez et du front. On voit ces parties chez beaucoup de personnes, surtout celles h teint grais-