INDE
faire partie du conseil municipal, la loi précitée (art. 9, 1") excluant les agents salariés par la commune. Cette incompatibilité ne s'applique pas conséquemment aux instituteurs libres.
Les instituteurs publics ne peuvent exercer aucune fonction administrative sans l'autorisation du Conseil départemental. Toute profession commerciale ou industrielle leur est absolument interdite. (Loi du 15 mars 1850, art. 32.)
L'autorisation de remplir l'office de secrétaire de mairie ne donne en aucun cas à l'instituteur la faculté de s'occuper, pendant les heures de classe, de travaux étrangers à l'en&eignement. (Cire, minist. du 24 juillet 1875.)
Les fonctions d'inspecteur d'académie et d'in- .specteur de l'enseignement primaire sont incompatibles avec tout autre emploi public rétribué. Le ministre, toutefois, sur l'avis du Conseil départemental, peut autoriser les inspecteurs de l'instruction primaire à accepter les fonctions d'inspecteur soit des enfants assistés, soit des enfants employés dans les manufactures. (Décret du 28 juillet 1850, art. 36.)
Nul chef ou professeur dans un établissement d'instruction primaire public ou libre ne peut êti-e délégué du Conseil départemental pour la surveillance des écoles. (M., art. 44.)
Un juge de paix ne peut faire partie des commissions municipales scolaires dans les communes de son canton, car il se trouverait appelé, dans le cas prévu par l'article 1 4 de la loi du 28 mars 1882, à prononcer sur des poursuites qu'il aurait lui-même provoquées, ce qui est inadmissible.
[Ernest Cadet.J
INDE. — Les renseignements que nous possédons sur l'histoire de l'éducation dans l'Inde brahmanique, antérieurement à l'invasion musulmane et à la colonisation européenne, n'offrent guère d'intérêt que pour les érudits. En effet, quoique les populations aryennes qui imposèrent à l'Inde ses institutions religieuses et civiles appartiennent à notre groupe ethnique, le régime des castes et de la théocratie, au moyen duquel elles affermirent et maintinrent leur domination sur les aborigènes, est si étranger au génie européen, que nous avons peine à reconnaître des frères de race dans les hommes qui ont rédigé et pratiqué les lois de Manou. Tandis qu'il y a profit, pour un moderne, à étudier les libres institutions des cités de la Grèce antique, les œuvres de ses artistes et de ses poètes et les spéculations de ses philosophes, la civilisation des brahmanes n'est presque pour nous qu'un objet de curiosité.
Les hautes études, dans l'Inde brahmanique, furent exclusivement réservées aux membres de la caste sacrée : les mathématiques, l'astronomie, la logique, la rhétorique, la grammaire y furent cultivées avec succès et amenées à un assez haut point de perfection, bien des siècles avant l'ère chrétienne. Les membres de la seconde et de la troisième caste, les Kchatriyas (guerriers) et les Vaiçyas (marchands), d'origine aryenne comme les brahmanes, étaient aussi admis aux écoles, mais avec certaines restrictions. Quant à la masse des indigènes vaincus, qui formait la caste inférieure, elle resta en dehors de toute culture intellectuelle.
La grande révolution bouddhique, qu'on place €n général au vi= siècle avant notre ère, abolit momentanément la domination des brahmanes; mais les disciples de Çakya-Mouni, qui plaçaient leur idéal dans le renoncement au monde et dans la vie contemplative, dédaignaient la science et firent peu pour l'éducation du peuple. D'ailleurs, le bouddhisme, comme on le sait, n'obtint en Inde qu'un triomphe passager; et tandis qu'il se répandait dans l'Indo-Uiine, en Chine, en Mongolie €t au 'libet, il était, au bout de quelques siècles,
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expulsé de la presqu'île du Gange, où les brahmanes redevinrent les maîtres et rétablirent les vieilles lois de la caste avec une vigueur nouvelle.
Les musulmans s'établirent dans l'Inde dès le viii^ siècle de notre ère et y apportèrent avec eux leurs institutions propres. Au xvi« siècle, lllindoustan presque tout entier reconnut la domination des Mongols, convertis à l'islamisme, qui prirent Delhi pour capitale. A la môme épor)ue remontent les premiers établissements des Européens dans l'Inde, fondés par les Portugais et les Hollandais. Au xvrii* siècle, lors de la dissolution de l'empire mongol, les radjahs indigènes formèrent un grand nombre d'Etats indépendants, tandis que les Français et les Anglais pénétraient jusqu'au cœur du pays et s'en disputaient la possession. Les Anglais l'emportèrent ; après la déposition du dernier empereur mongol, la défaite de Tippou-SaïbetdesMahrattes, ils restèrent les maîtres incontestés de presque toute la péninsule, que gouvernait une simple association de marchands, la compagnie des Indes. La formidable insunection des Cipayes (1857) mit un moment la domination anglaise en péril : après la répression de la révolte, l'Inde fut placée sous la souveraineté directe de la couronne d'Angleterre, et la reine Victoria prit le titre d'impératrice des Indes.
Lorsque les Anglais s'emparèrent de l'Inde, il y existait de temps immémorial un certain nombre d'écoles hindoues ou musulmanes, ayant un caractère sacerdotal, et dans lesquelles des élèves appartenant aux classes privilégiées allaient étudier les livres sacrés de leur religion. Les grandes écoles brahmaniques de Bénarès et de Nadiya existent encore aujourd'hui ; quant aux collèges musulmans, ceux qui s'étaient maintenus jusqu'à nos jours ont été supprimés après la révolte de 1857. Mais les Anglais ont jugé à propos de fonder eux-mêmes des institutions destinées à l'éducation des classes supérieures indigènes : dès 1780, Warren Hastings établit à Calcutta un collège pour les musulmans, et en 1791 un autre collège fut fondé à Bénarès pour les Hindous. En 1815 la compagnie des Indes ouvrit à Calcutta le collège anglo-indien, destiné à donner une éducation européenne à un certain nombre d'indigènes; et récemment le système gouvernemental d'enseignement supérieur a été complété par la création de trois universités à Calcutta, à Bombay et à Madras. Un certain nombre d'établissements d'enseignement secondaire ont en outre été fondés depuis un demi-siècle, soit par les autorités, soit par des particuliers.
Quant à l'instruction élémentaire, elle se donnait déjà, lors de l'établissement de la domination anglaise, dans un certain nombre d'écoles indigènes à l'usage des classes inférieures : des lettrés, appartenant généralement à la caste des kayaths ou écrivains, y enseignaient la lecture, l'écriture et l'arithmétique. On sait que ce fut dans une de ces écoles élémentaires, à Madras, que le D' Bell, vers 1790, vit appliquer la méthode de l'enseignement mutuel, qu'il transporta ensuite en Angleterre. Pendant longtemps, la compagnie des Indes se désintéressa complètement de ces écoles populaires, qui restèrent abandonnées à elles-mêmes. En 1793, Wilberforce avait proposé à la Chambre des communes d'envoyer dans l'Inde des instituteurs anglais ; mais sa motion fut rejetée comme dangereuse. En 1813, lors du renouvellement du privilège de la compagnie, il fut stipulé que celle-ci devrait consacrer annuellement 50,000 livres sterling au service de l'instruction ; mais cette somme fut employée exclusivement à l'encouragement des études supérieures et de l'orientalisme. Le budget de l'instruction publique fut porté, en 1840, à 240,000 livres sterling; mais, comme par le passé, les écoles populaires n'eurent aucune part aux li-