MAGASIN, MAGAZINE — 1759 — MAGASIN, MAGAZINE
lecture jusqu'il la rh6torif|ue. Quanta l'instruction des filles, elle était confiée aux religieuses ursulincs. — Saint-(Jliannond avait aussi^ un collège, où les études se poursuivaient jusqu'à la philosophie. Les Ursulines s'y étaient établies dès le commencement du xvn« siècle; elles y étaient encore en 1700.
forez. — Des 249 paroisses ou annexes du Forez, 29 seulement avaient des écoles à la fin du xviic siècle : sur ce nombre il n'y en avait que trois où l'enseignement fût subventionné par la municipalité.
A Saint-Etienne, la commune ne paraît pas avoir jamais rien fait pour l'instruction publique; si bien qu'à la veille de la Révolution il n'existait aucun collège public dans celte ville, la plus importante du Forez. L'éducation de la jeunesse était tout entière abandonnée à l'initiative privée ou aux congrégations religieuses. Les Ursulines enseignaient les filles. Fondées vers 1679, les écoles des pauvres sont au nombre de quatre en 1790, deux de garçons et deux de filles.
Depuis 1624 Montbrison possédait un collège qui, à la fin du xviii*^ siècle, était confié aux prêtres de l'Oratoire. Jusqu'en 1761 les jésuites dirigèrent à Roanne un établissement d'instruction qui jouit d'une grande renommée : ils furent remplacés par les prêtres missionnaires de Saint- Joseph. A Feurs, Saint-Bonnet le Château et Boen il existait des établissements d'instruction secondaire.
Les Ursulines avaient des écoles gratuites, à Montbrison, Saint-Galmier, Roanne, Feurs; les sœurs de Saint-Joseph àChambon, Saint-Galmier, Villars ; les Trinitaires à Feurs et à Boen . Ces congrégations dirigeaient en outre des pensionnats.
Beaujolais. — Belleville et Villefranche avaient leur collège. En 1623 les Ursulines ouvrirent une école dans cette dernière ville ; dans la première, les sœurs du Saint-Sacrement vinrent s'établir vers le milieu du xYiii^ siècle pour se livrer à l'éducation des filles.
A Lay, à Pouilly des fondations, avaient été faites en faveur des écoles. A Saint-Georges de Reneins une école existe dès la fin du xvii« siècle.
Résultats de l'instruction primaire dans le diocèse de Lyon avant 1789. — Rien de plus navrant que le tableau tracé par les visiteurs de l'état de l'instruction primaire dans le diocèse de Lyon vers la fin du xvii« siècle. En beaucoup de lieux l'enseignement était aux mains de quelques vieilles filles dévotes qui, moyennant quelques sous par mois, initiaient les enfants des deux sexes aux mystères de la religion et aux difficultés de Talphabet. Souvent ces maîtresses improvisées se contentaient, et pour cause, de réciter les prières et de faire répéter le catéchisme. C'est ainsi qu'à Boen, en 1690, une veuve et sa fille enseignent sans savoir lire. A Saint-Ghamond une maîtresse « ne sait ni n'est en âge d'apprendre à lire ». L'écriture est un art complètement inconnu de la
grande majorité des maîtresses. Là où il y a des maîtres, ils sont pitoyables : ce sont le plus souvent des paysans ou des ouvriers qui se sont avisés de tenir école. A Saint- Romain, le maître n'a presque plus d'écoliers parce qu'un tisserand, un tailleur et un passementier de l'endroit se mêlent d'enseigner au rabais. Les instituteurs n'étaient guère moins ignorants que les institutrices. A Saint-Etienne un maître ne sait pas lire. A Feurs, le maître d'école ne sait pas écrire : '( Il est fort ignorant, ajoute le délégué de l'archevêque, mais fort sage et conduit les enfants à la messe. » On ne lui en demanda pas davantage.
Cet état de choses persista sans notables changements jusqu'en 1789.
Voici, d'après les tableaux publiés par le ministère de l'instruction publique, la proportion des conjoints qui ont su signer leur acte de mariage à différentes époques. Quelque imparfait que soit ce critérium de l'instruction d'un peuple, on ne doit point le négliger ; mais il convient de se rappeler que, dans une circonstance solennelle et avec l'aide d'un ami, une personne complètement illettrée peut parvenir à tracer d'une main indécise les quelques signes qui composent son nom. Remarquons en outre que, quoique puissent dire les détracteurs de notre grande Révolution, la génération élevée de 1790 à 1800 et qui était à râi;e nubile de 1816 à 1820, est notablement plus instruite que celle qui l'a précédée.
Rhône {Lyonnais et Beaujolais).
Nombre de conjoints sur 100 ayant si^çné leur acte de mariage.
De 1686 à 1690..
De 17»6 à 1790., De 1816 à 1820..
De 1686 à 1690.
De 1786 à 1790., De 1816 à 1820..
Epoux 16.46 39.70 52.49
Epouses
Loire [Forez).
Ran-
du
département
Sources manuscrites. — Archives du département du Rhône : Série D, Instruction publique, cartons 1 et suiv., 345, 355, 357, 358, 360, etc. —Séries L et T. — Inventaire Lemoine (xviii' siècle).
Archives municipales de Lyon : Série BB, Registres consulaires. — Série CC, comptes municipaux. — Notes manuscrites du P. Ménétrier.
Sources imprimées. — Ménétrier, Histoire consulaire de Lyon. — Colonia, Histoire littéraire de Lyon. — J.-B. Monfalcon, Histoire de Lyon. — Clerjon, Histoire de Lyon.
— Cl. de Bellièvre, Lugdunumpriscum. — A. Péricaud, Noies et documents pour servir à c'histoire de Lyon. — L. Maître, Les écoles épiscopales et monastiques. — Histoire littéraire de la France. — Gallia christiana, diocèse de Lyon.
— Règlements pour les écoles de la ville et diocèse de Lyon, Lyon, 1688. — Règlements pour les maîtres et maîtresses des petites écoles de la ville, faubourgs et banlieue de Lyon, Lyon, 1776. — Boitel et Leymarie, Lyon ancien et moderne,
[E. Philipon.J
MADELAINE (PllILIPON DE LA). — V. Philipon du la Mndelaine.
MAGASIix, MAGAZli\E. — L'origine des recueils périodiques devenus si populaires en Angleterre et en France sous les noms de Magazine et de Magasin remonte au premier tiers du xvii« siècle. Le premier en date est le Gentleman' s Magazine, qui fut fondé à Londres en 1731 par Edouard Cave, le créateur du genre. Dans son prospectas,
Gave expliquait le motif qui l'avait engagé à choisir ce titre un peu singulier. Les journaux quotidieiis ou hebdomadaires, disait-il, contiennent beaucoup d'articles intéressants qu'on aimerait à consoryer, mais qui, disséminés dans des feuilles détachées, sont peu faciles à rassembler et à retrouver; cette considération l'avait déterminé à entreprendre la publication d'un recueil mensuel « où seraient réunis, comme dans un magasin, les articles le»