MÉTÉOROLOGIE
appellent la culture propre à les développer. A la curiosité toujours en éveil du jeune élève doivent répondre ces leçons de choses qui servent d'application aux exercices de langage et ravissent d'aise l'esprit naissant en lui révélant les sons, les couleurs, les formes, les êtres vivants ou inanimés, les incidents qui se produisent, leurs causes et leurs effets. L'instinct d'imitation pousse l'enfant à agir, comme la curiosité le pousse à apprendre, et est le plus puissant moyen d'exercer et de régler sa volonté. La mère veillera à ce qu'il n'ait que de bons exemples à suivre, de bonnes paroles à entendre, lui montrera combien l'effort est nécessaire, la réussite difficile, la modestie convenable au jeune âge maladroit et inexpérimenté. Le besoin d'agir, que l'école ne satisfera qu'en partie, donne à l'enfant l'occasion de s'employer pour les siens, de leur rendre de légers services, d'augmenter son affection pour eux en la leur témoignant ainsi, de remplir toutes ses heures et de se fortifier par l'exercice physique. L'instinct qui le porte à obéir à ceux qu'il aime et dont il reconnaît la supériorité, à les respecter et à les croire, n'est ni moins conforme à sa destinée, ni moins fécond en progrès intellectuel et moral. Et que dire de ces dispositions si remarquables dans le jeune âge, le goût du vrai qui, aux yeux de l'enfant, rend la réalité supérieure à la fiction et qui l'accoutume si aisément h la véracité; le goût du beau, qui l'attire déjà vers l'idéal; la bonté, déjà formée à la chaleur du foyer; la passion à.Q\di justice, qui est la règle de ses jugements avant d'être celle de sa conduite; et cet instinct supérieur qui résuma les autres et en généralise les données. Vamour du bien qui va devenir la conscience, la loi du devoir, la lumière de la vie dans les cas les plus importants et les plus compliqués?
La culture de tous ces instincts, points cardinaux de la vie morale, n'est autre chose que la culture môme de l'esprit sous ses différents aspects : il suffit de les énumérer pour faire sentir l'importance décisive de la première éducation maternelle. Quand ils ont atteint un développement suffisant, l'esprit est formé pour le travail de la vie : il est devenu capable d'attention persévérante, de prévoyance, de réaction sur lui-même, qualités sans prix dans tout le cours de l'existence. L'enfant peut aborder alors l'école, entrer plus tard dans la société. Si les exemples qu'il y trouvera sont bons, il s'empressera de les suivre; mauvais, ils resteront sans influence durable. Les passions et les entraînements viendront battre sans doute, mais ne pourront renverser l'édifice d'une éducation établie sur ces bases: un corps sain, un esprit exercé, un bon cœur, une conscience droite, l'aptitude au dévouement. Tel est bien le fruit des leçons de la mère, leçons inoubliables, gravées dans la mémoire et le cœur, mêlées à tous les sentiments, à toutes les habitudes de la vie et qui en restent jusqu'au bout le trésor et le flambeau. [M.-J. Gaufrés.]
MÉRILHOU. — V. au Supplément.
MÉRITE (LISTE DE). — Le préfet, sur la proposition de l'inspecteur d'académie, soumet chaque année au Conseil départemental, qui l'arrête définitivement, une liste de mérite comprenant tous les instituteurs et toutes les institutrices titulaires du département, sans exception et
ment minimun, accordée aux instituteurs et aux institutrices pourvus du brevet complet, est également accordée, mais seulement pour l'année courante, aux instituteurs et institutrices non pourvus du brevet complot, mais qui sont placés dans le premier iniiticme do cette liste de mérite. Une allocation do 50 francs est accordée
à ceux f|ui fissureront dans le second huitième.
La circulaire du 30 avril 1878 rappelle aux préfets (|uc l'administration académique, pour la préparation de cette liste, a non seulement à tenir compte des années de service, mais à prendre encore en considération le dévouement et l'aptitude des maîtres, leurs divers titres et la manière dont ils s'acquittent de leurs fonctions. [Fougère.]
MÉTÉOROLOGIE. — La météorologie esi la partie de la physique du globe qui traite plus spécialement des phénomènes dont l'atmosphère est le siège: variations de la température, de l'humidité et de la pression de l'air ; formation des nuages, de la pluie, de la neige, de la rosée; direction et force du vent; relations qui existent entre ces divers ordres de phénomènes. Cette science conduit, comme résultats pratiques, d'une part à l'étude des grands mouvements de l'atmosphère et par suite à la prévision du temps, de l'autre à la climatologie, où l'on examine l'influence des divers phénomènes atmosphériques sur les caractères géographiques d'une contrée, sur les productions du sol, le développement des végétaux et des animaux, les migrations des oiseaux, la sauté publique, etc.
Pour que les études de météorologie soient possibles, il faut que des observations régulières soient faites en un grand nombre de stations sur un plan uniforme, puis qu'elles soient réunies et discutées comparativement; aussi existe-t-il maintenant dans tous les pays un établissement spécial, chargé do surveiller et de centraliser les observations météorologiques et d'en déduire les résultats relatifs, soit à la climatologie, soit à la prévision du temps, qui est adressée chaque jour par le télégraphe aux ports de mer et à un certain nombre de stations agricoles. En France ces attributions ont été conférées d'abord à l'observatoire de Paris ; elles le sont maintenant au BU' reau central météorologique, qui dépend du ministère de l'instruction publique et a été créé par décret en date du 14 mai 1878.
Le service des observations météorologiques est confié en France à trois ordres de stations : les stations de premier ordre ou observatoires ; les stations de second ordre, qui sont généralement installées dans les écoles normales primaires, et les stations de troisième ordre, dont le nombre est très grand, mais l'organisation variable.
Les observatoires existant actuellement (1884) sont ceux du parc Saint-Maur (Paris), de Nantes, Bordeaux, Puy-de-Dôme (plaine et sommet), Lyon, Toulouse, Pic-du-Midi, Perpignan et Marseille; il convient d'y ajouter, quoique ne relevant pas de l'Etat, l'observatoire créé à Nice par M. Bischoflsheim et des stations très complètes, véritables observatoires, organisées et entretenues par quelques établissements ou des particuliers. Les observatoires doivent posséder tous les instruments, à lecture directe ou enregisteurs, qui sont nécessaires pour les études de météorologie et de physique du globe.
Les stations de second ordre observent, au moins trois fois par jour, la pression barométrique, la température et l'humidité de l'air, l'état du ciel, la direction et la force du vent, et une fois par jour la pluie et les températures extrêmes. Le type des stations de second ordre est la station installée dans toutes les écoles normales primaires, où le service météorologique a oto rendu obligatoire par la circulaire du 23 avril 18(9.
Les observations doivent y être faites sans lacunes, même pendant les vacances, au moins trois fois par jour, à G heures du matin, midi (ou 1 heure), et 9 heures du soir. Dans un grand nonibrc d'écoles on ne se contente pas de ces trois observations et l'on fait chaque jour six observations à 6 heures et neuf heures du malin, midi,