‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 165 sur 573 · METZ (DE · texte numérisé non relu

METZ (DE

MRURTHE-ET-MOSELLE

csmpapno, tels que oeux df. menuisiers, charrons, cliarp«Mitier8, sabotiers, forgerons, taillandiers, marécliaux, maçons, tailleurs de pierres, peintres en bâtiments, tailleurs, cordonniers, boulangers. Un atelier de voiliers est ouvert pour les enfants nés dans les ports do mer, qui ont souvent une vocation prononcée pour la marine; ils sont exercés à la manœuvre par un chef d'équipage, sur un trois-mâts pourvu de ses agrès, donné en 1847 par le ministre de la marine.

Les colons reçoivent l'instruction primaire élémentaire. Les leçons ont lieu tous les jours. La musique instrumentale et vocale est également enseignée, et Mettray possède ainsi un corps do musiciens qui, les dimanches et jours de fêtes, contribue à la solennité des cérémonies religieuses et des marches militaires.

Les punitions employées pour réprimer les infractions aux règlements sont : la réprimande en particulier ou en assemblée publique, la retenue pendant la récréation, le piquet au quartier de punition, le retrait de certains emplois de confiance, la perte du grade de frère aîné, la radiation du tableau d'honneur, la cellule claire ou obscure, avec ou sans la mise au pain et à l'eau, enfin la réintégration dans une colonie correctionnelle.

Etablie en pleins champs, la colonie n'a pas de clôtures; sur plus de 6000 enfants qu'elle a reçus depuis sa fondation, un seul s'est évadé, en 1849. « Pourquoi ne vous évadez-vous pas? » demandait un visiteur à un enfant. — a II n'y a pas de murs, » répondit celui-ci.

A leur sortie de Mettray, les anciens colons restent placés sous la surveillance d'un patronage dont la sollicitude les accompagne dans les diverses carrières qu'ils ont choisies, et cherche à les garantir contre les rechutes possibles. Le patronage de la colonie est confié à des personnes honorables qui consentent à surveiller, diriger et secourir personnellement les jeunes gens qui leur sont désignés; à Paris, il est exercé par un agent spécial. Les résultats obtenus sont des plus satisfaisants : avant la création de Mettray, les récidives de jeunes détenus se produisaient dans la proportion de 75 p. 100; elles sont actuellement, pour Mettray, de 4 p. 100 en moyenne. Sur 3104 jeunes gens sortis de Mettray de 1840 à 1872, 1593 sont devenus agriculteurs, 707 ouvriers, 694 soldats et 110 marins; 4 sont décorés de la Légion d'honneur et 5 sont officiers.

La colonie de Mettray a servi de modèle à de nombreuses colonies agricoles fondées en France, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Pologne et en Amérique.

MKTZ (DE). — M. De Metz, magistrat et philanthrope français, né en 1797, mort en 1873, est le fondateur de la colonie agricole de Mettray *. Nommé juge au tribunal de la Seine en 1821, il franchit rapidement les différents degrés de la hiérarchie judiciaire, et en 1835 il devenait conseiller à la Cour royale de Paris. En 1838, il reçut du gouvernement la mission d'aller étudier sur place les différents systèmes pénitentiaires expérimentés en Amérique : il visita les Etats-Unis, puis se rendit successivement en Angleterre, en Belgique, en Hollande et en Allemagne. De retour de ses voyages, il résolut de consacrer son existence à la fondation et à la création d'une colonie agricole destinée h. recevoir les enfants dont l'envoi dans une maison de correction avait été prononcé par les tribunaux; ayant donné en 1839 sa démission de conseiller à la Cour, il s'associa, pour 1 exécution de son généreux projet, un ami éprouvé, M. de Gourteilles. Un article spécial est consacre ci-dessus à la colonie de Mettray; nous y renvoyons. Mais il est juste de faire remarquer ici que les résultats si admirables obtenus à Mettray sont dus, avant tout, au dévouement infatigable

au labeur incessant, à l'inépuisable charité de M. De Metz, et à l'ascendant personnel qu'il avait su prendre tant sur les collaborateurs qu'il échauffait de son zèle, que sur les enfants qui voyaient en lui un père aussi plein de tpnc''*esse que de fermeté. Après avoir partage avec M. de Courteilles pendant quatorze ans, de 1839 à 18.V2, le fardeau de la direction morale et matérielle de Mettray, M. De Metz, à la mort de son ami, dut se charger seul de toute la tâche, et il continua à se consacrer tout entier à l'œuvre qu'il avait entreprise, jusqu'au moment où la mort vint le frapper à son tour, à l'âge de soixante-dix-sept ans.

M. De Metz n'appartenait pas à l'école de la répression pure et simple qui estime que la crainte du châtiment et la prison sont les seuls moyens do triompher du mal : il avait foi dans la nature humaine, et croyait que, sauf de rares exceptions, on peut régénérer un coupable par le travail et la charité. <« Nous voulons, écrivait-il dans son rapport de 1845, que nos enfants comprennent la raison, la nécessité de la tâche qu'on leur impose. L'obéissance passive est un frein enduré par la faiblesse et brisé par la force à la première occasion ; l'obéissance par conviction détermine des règles auxquelles on se plie d'abord, qu'on s'impose ensuite à soi-même et que plus tard on ne saurait oublier. La jeunesse ne se rend qu'à ceux qui la devinent et la guident en compatissant à sa faiblesse et en l'éclairant. On ne prévoit pas assez l'heure à laquelle commence chez l'homme la lutte entre les bons et les mauvais penchant?, lutte qui dure autant que la vie ; voilà pourquoi nos chefs de famille reçoivent la mission d'étudier chacun des caractères qu'ils doivent former, afin d'arriver au cœur de nos enfants par le bon côté, par cet endroit accessible, existant chez tous les hommes, qu'on ignore ou qu'on méconnaît, parce qu'on a dédaigné de l'étudier. » — « La famille, dit-il ailleurs [Exposé du système d'éducation employé à la colonie de Mettray, 1873), c'est le grand agent moralisateur du genre humain. Chacun de nous est un peu l'image du milieu dans lequel se sont passées ses premières années. La famille tue la moralité ou la vivifie. Notre tâche est de refaire à nos enfants une constitution morale et de substituer à la famille qui les a perdus une famille qui les sauve. »

MEURTHE-ET-MOSELLE (Département de).

— Ce département a été formé, en 1871, des arrondissements de Nancy, Toul et Lunéville, qui appartenaient à l'ancien département de la Meurthe, et de l'arrondissement de Briey, seule portion restée française de l'ancien département de la Moselle. Superficie : 5 232 kilom. carrés. Population : 419 317 habitants en 1881, a\i lieu de 404 609 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 80 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. Les 4 arrondissements forment 5 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Nancy, nord-ouest, Nancy, sudest, Briey, Lunéville et Toul ; 27 cantons, 598 communes, dont 190 de 500 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département est réparti comme suit :

Kancj H.-O.

Sancj S.-B.

Briey. . . .

Lunéville.

Toul

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