MEURTHE-ET-MOSELLE — 1904 — MEURTHE-ET-MOSELLE
Population d'âge scolaire. — En 187G on comptait 46 756 enfants de 6 à 13 ans (24 087 garçons et 22 669 filles), soit 11.56 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on compte 47 028 enfants de 6 à 13 ans (23 577 garçons et 23 451 filles), soit 11.22 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une augmentation de 272 enfants de 6 à 13 ans seulement pour une période de cinq années, tandis que pendant la même période la population totale s'est accrue de 14.708 habitants.
1. État de l'instruction primaire avant 1789. — V. LorraiJie.
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel, — Époque de la Révolution. — Il existe au Musée pédagogique de Paris des documents manuscrits qui permettent de se rendre compte de l'état des écoles primaires dans une partie du département actuel de Meurthe-et-Moselle au moment le plus critique de la Révolution : ce sont des tableaux statistiques donnant l'état des instituteurs et des institutrices pour les districts de Lunéville et de Pont-à-Mousson au printemps de 1794, après l'application du décret du 29 frimaire an II. Il résulte de ces documents qu'il y avait dans le district de Lunéville, comprenant 98 communes, 79 instituteurs et 16 institutrices, et dans celui de Pont-à-Mousson, comprenant SO communes, 70 instituteurs et 8 institutrices ; aux termes du décret du 29 frimaire, le traitement des instituteurs devait être de 20 livres par élève et par an, celui des institutrices de 15 livres par élève et par an : presque tous les traitements, calculés à ce taux, sont supérieurs à 600 francs ; un certain nombre atteignent 1000, 2000 et même 3000^ francs.
D autre part, nous trouvons dans le Pouillé scolaire du diocèse de Toul, publié par M. Maggiolo (Nancy, 1880), outre un tableau des écoles du district de Blamont, dressé aussi au printemps de 1794 et qui indique 53 instituteurs et 8 institutrices pour 69 communes, quelques détails sur les écoles des villes de Toul, Nancy et Vézelise. A Toul, en l'an II, il y avait 4 instituteurs avec 202 élèves et 4 institutrices avec 322 élèves; en l'an IV, sous le régime de la loi du 3 brumaire, on établit quatre écoles primaires dans les bâtiments du collège; en l'an VI, une commission procède à une enquête sur l'enseignement privé : il y a 9 instituteurs privés, 6 maîtres de latinité, 14 institutrices privées; celles-ci sont hostiles au gouvernement, on exige d'elles le serment civique : 6 d'entre elles le refusent et doivent renoncer à l'enseignement. A Nancy, l'enquête faite en l'an II constate que « les anciens instituteurs, au nombre de 9, ont joui jusqu'alors de 720 francs de traitement, et qu'il y a un collège qui a toujours continué et continue encore ses exercices; » en l'an III, il y a 10 écoles de garçons et 5 écoles de filles ; le l^p prairial an IV, l'école centrale est installée dans les bâtiments de la Visitation. A Vézelise, une pièce très curieuse, datée du 11 prairial an III, montre contre quels obstacles et quels préjugés les écoles républicaines avaient à lutter. « Il est d'usage dans ce district, y lit-on, comme dans le reste du département, dans les communes de campagne, de n'envoyer les enfants aux écoles que pendant les six premiers mois ; leurs parents les emploient dès le printemps à la garde des petits enfants ou des bestiaux autour des maisons. Les parents fanatiques n'envoient pas leurs enfants aux écoles, parce qu'on n'y doit donner aucune leçon relative à la religion, ils les laissent croupir dans une ignorance crasse des choses les plus nécessaires à savoir. Aussi les progrès <les instituteurs sont-ils presque nuls; ceux d'entre eux qui ont montré le plus de zèle et de bonne volonté ont eu le désagrément d'être contrariés par les parents et les officiers municipaux, la plu-
part ignorants et crédules", aussi incapables d'abjurer les anciens préjugés que de laisser propager les grands principes républicains : il a été très difficile, pour ne pas dire impossible, de nommer des instituteurs tels qu'on les pouvait désirer, le petit nombre qui s'est présenté n'ayant pas laissé de latitude au choix du jury : il n'y a pas même d'institutrice, excepté dans une commune. »
Consulat et empire. — Nous trouvons, dans l'ouvrage cité de M. Maggiolo, deux ou trois faits caractéristiques. A Toul, en l'an X, il y a encore 8 écoles de garçons, et sur les 8 instituteurs 4 ont été reçus par le jury; sur les 3 institutrices, 2 ont été reçues par le jury. En l'an XII, le maire et le conseil municipal, les curés entendus, décident qu'il n'y aura plus que deux instituteurs communaux; en 1810, les sœurs de la Doctrine chrétienne, qui avaient été remplacées vingt ans auparavant par des institutrices laïques, sont rappelées. A Nancy, en 1808, il y a 10 instituteurs et 5 institutrices; ils n'ont pour toute ressource, en dehors de la rétribution scolaire, qu'une indemnité de logement fixée à 300 francs pour les instituteurs et à 200 francs pour les institutrices ; le nombre des élèves des deux sexes s'élève à 458, dont 200 à titre gratuit pour cause d'indigence, et 258 moyennant une rétribution ; indépendamment de ces écoles, il en existe une autre dirigée par les dames de la Doctrine chrétienne, dans laquelle sont admises 301 jeunes filles.
Statistique comparée de 1829 a 1881-1882. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans les anciens départements de la Meurthe et de la Moselle depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires, ainsi que dans le nouveau département de Meurthe-et-Moselle formé en 1871.
Nombre des communes dépourvues d'écoles. — En 1837, les deux départements comptaient 30 communes n'ayant aucune école, et 742 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il y avait 31 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1878, on ne trouve plus dans le département de Meurthe-et-Moselle de communes sans écoles; mais 9 communes de 500 habitants n'ont pas d'écoles publiques de filles.
Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de l'Université^ de 1424 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :
Écoles Écoles
Totai
publiques libres
1829 d'après la statistique oftic^'*.. » » 1422
Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles mixtes et écoles de filles.
Ecoles de garçons Ecoles mixtes Écoles d« filles Total
1850 1583 (y compris les éc. mixtes) 651 2 234