‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 167 sur 573 · MEURTHE-ET-MOSELLE — 1905 — MEURTHE-ET-MOSELLE · texte numérisé non relu

MEURTHE-ET-MOSELLE — 1905 — MEURTHE-ET-MOSELLE

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Ecolci lai(|uea

depnrçon» j p„ ou uixtct

Écolfîi congrégnnistes

de garçons jg „,[g, ou mixte*

Tola.

Nombre d'instituteurs et d'institutrices ^ y compris les adjoints et les adjointes.

Instituteurs

Institutrices

laïques

confjrégan.

laïques

congrégan

Total

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèves

Élèves gratu

1832 (année civile)

Manque

1876-77 (année

scolaire).

Manque

Gratuité

En 1832, il y avait 1398 élèves inscrits dans la Meuithe et 1229 dans la Moselle sur 10 000 habitants; en 1840, respectivement, 1663 et 1321; en 1863, 1497 et 1484 ; en 1876-1877, pour le nouveau département de Meurthe-et-Moselle, 1372, et 1307 en 1881-1882.

Ecoles maternelles [Salles d'asile).

Nombre Nombre des établissements des élèves

Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.

Nombre

des cours Femmes

Nombre des

auditeuri

Uommcs

Hommes

Femmes

Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de 1851 à 1882 inclusivement a été le suivant :

Instituteurs.

1851-1867. 707 brevets obligatoires, 97 brevets complets.

1868-1880. 644 — 61 — facultatifs

ou complets.

1881.... 166 ' — élémentaires, 39 — supérieuis.

Institutrices.

\ 851-1867. 332 brevets obligatoires, 1868-1880. 1687 — —

— élémentaires,

122 brevets complets.

363 — facultatifs ou complets.

— supérieur»

Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits dans le département de Meurthe-et-Moselle en 1873. En voici le tableau:

Nombre de candidats Certificats obtenus

Garçons Filles Garçons Filles

Résultats de T instruction. — Les deux tableaux ci-dessous indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints.

Nombre de conscrits sachant au moins lire^ de 1827 à 1882 inclusivement.

ANNEES

CONSCRITS

sachant

au moins

lire

Combien

pour 100

1er

En 1827-1829 la moyenne de riiistruclion des conscrits était de 44.8 0/0; dans les départements de la Meurthe et de la Moselle réunis cette moyenneétait de 64.1 0/0, soit 19.3 0/0 au-dessus de la moyenne générale. La classe de 1882, en portant l'instruction des conscrits dans le département de

MEURTHE-ET-MOSELLE

4906 — MEURTHE-ET-MOSELLE

Meurthe-et-Moselle à 97.8 0/0, réalise ainsi un progrès total de 33.7 0/0 pour la période de cinquantetrois années qui s'est écoulée de 1829 à 1882, soit un progrès annuel de plus de 0.6 0/0.

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Années Hommei Femmes Hommes et femmes

iS66-70 *97.7 94.8 96,3

Budget de l'instruction primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans la Meurthe, de 1855 à 1870, et dans la Meurthe-et-Moselle de 1871 à 1882;

RÉTRIBU-

ICSALES

is

colaire

SUBVENTIONS

TION

RESSOURCES COM

non compr

la rétribution s

ANNÉES

scolaire

A PART

du

département

de l'État

Meurthe,

530 611 eurthe-et-M

45 720 oselle.

ilS79....

Gratuité.

En 1863, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de 8fr,;j7, soit V,\0 au-dessous de la moyenne générale qui était à la même date de 9f'",47. En 1876, cette dépense était de n^'',87, la moyenne générale étant de n^'',83. En 1882, la dépense par tête d'élève *;ms le département de Meurthe-et-Moselle était (!o 24'',96, tandis que la moyenne générale était .1.^ 21fr,77.

Etat actijel de l'instruction primaire. — Voici Il situation de l'instruction primaire dans le dé-

partement de Meurthe-et-Moselle pendant l'année scolaire 1882-1883.

Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 1070 (955 écoles publiques et 115 écoles libres). 2 communes seulement sont entièrement dépourvues d'écoles. 7 communes de plus de 600 habitants n'ont pas encore d'école publique de filles. Sur les 1070 écoles primaires du département, il y a 760 écoles laïques (341 écoles de garçons, 111 de filles et 308 mixtes) et 310 écoles congréganistes (16 de garçons, 289 de filles et 5 mixtes).

Division des écoles de toute nature d'après le nombre de classes qu'elles possèdent.

Publiques Libres

Écoles à 1 classe.

— et au-dessus.

Totaux.

Division des classes des écoles publiques d'après le nombre des élèves qu'elles reçoivent.

Classes de 50 élèves et au-dessous 891, soit 75.10/0

— de plus de 50 élèves 168, — 14.2

— — de 60 — 89, — 7.5

— — de 70 — 25, — 2.1

— de 80 — 13, — 1.1

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont 58.9 0/0, 18.7 0/0, 11.6 0/0, 5.8 0/0, 5 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une assez bonne situation.

Nombre d'élèves, — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1882-1883 sont au nombre de 58 500 (au lieu de 57 324 en 1881-1882). Ce nombre peut se décomposer en :

GarçoDS 29 532

Filles 28 968

Flèvps des écoles { ^^ïques 39 316

Elevés des écoles ^ congréganistes 19 184

( de garçons 23 257

Élèves des écoles J de lilles 23 430

( mixtes 11813

Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de bi 5 0 pour 52 982. D'après le recensement de 188!, le nombre des enfants de cet âge pour le département de Meurthe-et-Moselle est de 47 028, d'où il résulterait que le nombre des inscrits serait de 5 954 supérieur à celui des enfants recensés du même âge. Ce fait anormal en apparence est fréquent dans les départements ayant une forte population urbaine, et il est facile à expliquer. Il y a dans les villes comme Nancy, Lunéville, Toul, une forte population flottante dont les enfauts se font inscrire autant de fois dans des écoles difTérentes que leurs parents changent de quartier. De là les doubles et les triples inscriptions qui rendent le chiffre des inscrits supérieurs à celui des recensés.

examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1883 :

MEURTHE-ET-MOSELLE

1007 - MEUnTTlE-ET-MOSELLE

Nombre Nombre

de candidats de cerlilicaU obtenu»

Garçons 1 604

Filles 1^0^

Totaux 2 808

Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'annde scolaire 1 882-1 883 un ciïcctif do 1592 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.

1» Pour les écoles publiques :

Instituteurs Institutrices

laïques congr. tiques congr.

Titulaires avec brevet

supérieur 140 » 24 5

Titulaires avec brevet

élémentaire 478 2 67 129

Titulaires sans brevet. » » » 100

Adjoints (ou adjointes)

brevetés 136 » 37 52

Adjoints (ou adjointes)

non brevetés >• 1 1 28

2» Pour les écoles libres :

Titulaires brevetés. . . .

— non brevetés.

Adjoints (ou adjointes)

brevetés

Adjoints (ou adjointes)

non brevetés

Maisons d'école. — La situation au 1*' septembre 1883 est résumée dans le tableau suivant :

Nombre et nature des maisons d'école.

Instituteurs

Institutrices

laïques

congr.

laïques congr

De garçons ou mixtes.

De filles

Totaux.

Appartenant aux communes.

Prêtées.

Louées.

Total.

Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 199 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maisons d'école s'élève à 5715 francs.

Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de Meurtheet-Moselle pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les sept dernières années, est le suivant :

Nombre Subventions

des écoles de l'Etat

1877 7 8 150 fr.

tSSl 39 133 560

Totaux 243 1 233 550 fr.

Ecoles maternel/es. — Le département compte, en 1883, 168 écoles maternelles (155 publiques et 13 libres). Sur les 155 écoles maternelles publiques, 28 sont dirigées par des directrices laïques et 127 par des directrices congréganistes. Une seule directrice laïque n'est pas munie du certificat d'aptitude; parmi les 127 directrices congréganistes, 16 sont dans ce cas. Sur les 13 écoles malemelles libres, l est dirigée par des laïques et 12 par des congréganistes; 7 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les direc-

trices publiques laïques sont secondées par 28 sousdirectrices toute» pourvues du titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont se condées par 32 sous-directrices, dont 9 sans titre de capacité. On trouve également "* sous-directrices d'écoles maternelles libres congréganistes, dont 5 sans titre de capacité.

Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1882-1883, 17 302 élèves (IG 99i en 1881-1882), répartis comme suit :

Ecoles maternelleB ( laïques.. 4 579 ) ir-^rr

publiques ( congrég. Il 787 j

Ecoles maternelles ( laïques.. 16

libres (congrég. 920

17302 élèvpf

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 1986.

Ecoles normales et cours normal. — Le département de Meurthe-et-Moselle possède deux écoles normales, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à Nancy en 1833, contient actuellement 70 élèves-maîtres.

L'école normale d'institutrices est de création récente. Elle a été ouverte à Nancy en 1879. Le nombre des élèves-maîtresses présentes en \%i^ est de 46.

Ecoles primaires supérieures. — Le tableau cidessous résume la situation des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires du département au 31 décembre 1883 :

NO.MHHE

Garçons

Filles

Totaux

Bibliothèques scolaires et bibliothèques pédagogiques, — Voici la situation au l^r janvier 1884:

Bibliotlièqucs scolaires ". 560

Nombre des livres de lecture 79 785

— des prêtas 68 712

Bibliothèques pédagogiques 26

Nombre de volumes 8 726

En 1863, les deux départements réunis ne possédaient que 516 bibliothèques scolaires contenant ensemble 30 002 volumes de toute nature.

Caisses des écoles. — 519 caisses des écoles fonctionnent en 1884 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1883 :

Recettes de l'exercice 1833 72435 fr.

Dépenses 31 995 fr.

Somme en caisse à la clôture de l'exercice 40440 fr.

Avant l'application de la loi du 28 mars ISS?, quia rendu cette institution obligatoire, :e département ne possédait que G caisses de ce genre dont l'actif était en 1881 de 924 francs.

Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent

MEUSE

MEUSE

dans le département depuis 1875. Voici leur situation en 1879 et en 1884 :

NOMBRE

SOMMES

AHnces.

de caisses

de livrets.

inscrites à ces livrets

76 190 fr

199 785 fr

Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1873, comptait en 1879 336 membres et un actif d'environ 51 000 francs. Elle compte, en 1884, 291 membres, et son actif s'élève à 66 581 francs.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin de l'instruction primaire du département de Meurthe-et-Moselle, dont la fondation remonte à 1852, paraît tous les mois, en format petit in-S^. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.

MEUSE (Département de la). — Superficie, 6228 kilom. carrés. Population : 289 861 habitants en 1881, au lieu de 294054 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 47 habitants, au lieu de 71 habitants, chifi're de la densité moyenne de la France. 4 arrondissements, formant 5 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Bar-le-Duc, Commercy, Montmédy, Saint-Mihiel et Verdun ; 28 cantons, 586 communes, dont 153 de 500 habitants et audessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département do la Meuse est réparti de la manière suivante :

CIRCONSCRIPTIONS

NOMBRE

d'écoles

de classes

d'élèves

publ.

libr.

publ.

libr.

publics

libres

Bar-le-Duc...

Commercy ....

Montmédy. . . .

Saint-Mihiel...

"Verdun

Population d'âge scolaire. — En 1876 on comptait 31 873 enfants de 6 à 13 ans (16 067 garçons et 15 806 filles), soit 10.84 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on compte 31 384 enfants de 6 à l3 ans (15 691 garçons et 15 693 filles), soit 10.83 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 489 enfcints de 6 à 13 ans pour une période de cinq années, et pendant la môme période une diminution de la population totale de 4 103 habitants.

1. Etat de l'Instruction publique avant 1789. — Nous renvoyons, pour la situation des écoles avant 1789, à l'article Lorraine. Mais nous croyons intéressant de compléter les renseignements généraux qu'on trouvera dans cet article par quelques extraits d'un document très curieux publié par M. Maggiolo dans son Fouillé scolaire du diocèse de Verdun (Nancy, 188'2). Gest un mémoire adressé en 1780 à l'intendant do la province de Lorraine par le régent de l'école de Kœur-la-Petite, nommé CoUin, qui, au moment où il écrivait, touchait à sa cinquantième année d'exercice ; il y fait un tableau que nous avons tout lieu de croire fidèle de la situation du maître d'école sous l'ancien régime.

Le maître doit endurer d'abord les mauvais procédés des parents et du curé. « Que n'y a-t-il

pas à souffrir de la part des pères et mères? L'amour aveugle, déraisonnable de tant de mauvais parents les irrite contre les châtiments les plus plus justes, les plus sages et indispensables; pour la moindre faute, ils chargent leurs enfants d'injures, de malédictions, de coups ; mais pour peu que le maître sévisse, le dépit et la fureur les transportent, ils insultent le maître au logis, en pleine rue, même dans l'école ; ils retirent les enfants avec éclat, ils les envoient ailleurs, ils conservent des haines implacables, et forment des complots iniques contre les maîtres, pour leur nuire, les expulser. . . N'y a-t-il pas encore quelquefois beaucoup à endurer de la part de MM. les curés eux-mêmes? » Tels parents, tels enfants : « Les enfants sont méchants, impertinents, blasphémateurs ; on les laisse courir dans les cercles de la grande jeunesse, même la nuit... Les exemples des parents ont corrompu les enfants; fautil s'étonner, quand ils viendront quelques mois à l'école, si ces mauvaises semences, ces épines, ces pierres étouffent et dessèchent les bonnes semences I »

L'auteur du mémoire calcule ensuite les rerenus du maître d'école dans les paroisses de campagne. Il fait un premier calcul pour une paroisse de 30 ménages : a Je suppose le gage à 30 sols par habitant, ci 45 livres. 25 ou 30 écoliers fréquentent l'école pendant cinq mois; le tiers apprend à écrire, 4 sols par mois, les petits 3 sols, ci 32 livres 10 sols. Casuel fixe, 10 livres; casuel non fixe, 10 livres; et joignant les fonctions de sacristain, sonneur et fossoyeur, 20 livres ; total général, 117 livres 10 sols. Sur quoi il faut déduire pour frais de traité 10 livres, pour un soussacristain 12 livres, pour location d'une maison environ 25 livres, à moins qu'il n'y ait une maison, ce qui est rare ; en ôtant les déductions, il resterait à peu près 62 livres 10 sols pour cette école. » Le même calcul fait pour une paroisse de 60 ménages et une paroisse de 100 ménages donne des revenus nets de 115 et de 150 livres. « En comparant ces produits au prix actuel des denrées et aux entretiens, ajoute Collin, il est aisé de juger s'ils sont suffisants. Ils le sont d'autant moins qu'il y en a partie dont on ne peut se faire payer qu'avec peine par le menu, ce qui en diminue notablement le profit. »

Collin retrace en détail les tribulations du pauvre régent obligé de réclamer son dû aux paysans récalcitrants. « Dans ma paroisse d'environ 120 ménages, où je suis venu m'engager dès 1737, il me fut assigné 6 sols par chacun ; ce n'est que depuis neuf ans que je perçois 8 sols de chaque ménage plein, des veuves la moitié, ce qui produirait 48 livres, si j'étais payé de tous, mais tant s'en faut. Il n'y a pas de maison d'école, j'occupe la maison de famille de ma femme... A mon entrée, j'ai continué la méthode du lieu d'aller de porte à porte, à la fin de l'année, demander mes petits dus ; j'ai honte de m'exprimer sur les rebuts, les humiliations que j'y ai soufferts, ne recevant dans une tournée que tantôt 30 sols, tantôt 10 sols, plus ou moins, quelquefois rien du tout ; lassé et rebuté, maintenant je temporise, je tâche d'avoir quelque travail de chaque espèce de profession ; au bout de quelques années, j'invite tantôt l'un, tantôt l'autre à venir compter avec moi ; par ce moyen, je tire le tout ou partie de mon dû, le surplus se diffère pour l'avenir; quant à ceux qui refusent de travailler pour moi, il faut prendre patience et souvent perdre ; ces dettes sont trop pou de chose, d'ailleurs surannées, enfin les débiteurs trop pauvres. »

Ce n'est pas tout; le maître est exposé à la jalousie des habitants : a L'n maître sera économe, il aimera le travail hors le temps de l'école, il prendra à ferme quelques terres pour suppléer à

MEUSE

MEUSE

l'insuffisance de ses gages... Il est entre ici par une bonne porto, disent les uns; il est trop gros pour un étranger, disent les autres; il est trop à 8on aise, il faut le faire sortir, ou s'il demeure ce sera un bon habitant, qui supportera une bonne taille, on lui en donnera pour le temps qu'il en a été exempt. Il faudrait pour bien des gens un maître d'école exact, généreux et soumis, qui se contente de salaires médiocres, qui lors du paiement en quitte une partie ou le sacrifie en boisson... il faudrait enfin qu'on le vît et ses enfants proches de la mendicité, sans mendier pourtant, car alors on dirait qu'un tel maître et sa famille sont h charge à la communauté. »

Et cette position dont les conditions sont si dures, elle n'est pas assurée : après avoir été .Tgréé une première fois, chaque année le maître doit obtenir le renouvellement de son engagement; et ce n'est pas trop de toute sa diplomatie pour y réussir, a Le candidat commence par se faire un parti, se munit de recommandations. On ne lui fait pas subir un examen assez sérieux : que pour les paroissiens il se donne à bon marché et que pour le curé (non pas tous, mais du moins plusieurs) il soit propre à.... [M. Maggiolo a remplacé ici par des points le mot qu'avait écrit l'autour du mémoire], c'est assez, voilà ce qu'il faut :1a convention arrêtée, il faut que l'engagé regarde sa réussite comme une faveur, et les récompense par traitement et boisson. Dans la plupart des villages, on n'engage les maîtres que comme les pâtres, pour une année, peut-être moins pour faire épreuve de leur savoir, que pour se ménager l'occasion annuelle, en passant' un nouveau bail, d'en reboire chaque fois les vins. Une année n'est pas un long espace pour faire la cour aux personnes à ménager... il faut des précautions, des soins plus particuliers pour les enfants à ceux-ci... leur épargner les réprimandes et corrections, et descendre à bien d'autres bassesses. »

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — De 1789 a la restauration. — Le Fouillé scolaire auquel nous avons emprunté les citations qui précèdent contient quelques indications, malheureusement trop sommaires, sur la situation des écoles durant la période de la Révolution, du Consulat et de l'Empire, dans les communes de la Meuse qui appartenaient à l'ancien diocèse de Verdun. Nous y voyons que dans la commune d'Aubréville, par exemple, l'école est régulièrement tenue pendant toute l'époque de la Révolution. Pour celle d'Autrecourt, un acte du 8 thermidor an III, nommant un instituteur, lui promet un demi-boisseau de blé par habitant et par trimestre, au cas où il ne toucherait pas les 500 livres accordées provisoirement par arrêté du district ; sous le Consulat, en l'an XI, dans la même commune, les revenus de l'instituteur consistent : en un écoïage de 60 c. par mois pour chacun des écoliers qui écrivent, et 40 c. pour ceux des plus basses classes; en un demi-boisseau de blé par ménage et par an, pour le service de l'église ; en une rétribution de 75 c. par ménage et par an pour le montage et la conduite de l'horloge; enfin en un logement, plus le casuel de l'église comme il est d'usage. A Buzy, l'instituteur qui était en fonctions en 1792 dirige encore l'école en l'an IX, sous le Consulat : à cette dernière époque, il reçoit 40 fr. comme secrétaire de mairie, plus 24 fr. « pour sonner le réveil du matin, avertir les enfants de se rendre à récole ; à midi pour avertir le peuple au milieu du jour; le soir pour la retraite, enfin les veilles et jours de décade » ; la rétribution scolaire est de 45 c. par écolier et par mois. A Verdun même, l organisation de l'enseignement public paraît avoir été des plus sérieuses pendant la période républi-

caine. Dès 1792, le 15 mars, sans attendre le voto d'une loi sur l'instruction publique, la municipalité nomme quatre instituteurs et quatre instirutrices. Cotte môme- année, la rentrée des classes du collège est retardée « à caust des réparations nécessitées par le séjour des Prussiens )>. Au commencement de 1793, on vend les biens du collège ; mais, ainsi que nous l'avons établi ailleurs (V. Convention, p. 530), la Convention, en disposant des biens formant la dotation des collèges, assurait en même temps le paiement du traitement des professeurs, en le mettant à la charge de la nation. Le bâtiment même du collège ne fut pas vendu ; bien loin de là, le décret du 8 mars 1793 interdit expressément la vente « de tous les bâtiments servant ou pouvant servir à l'usage des collèges », et prescrit d'y faire les réparations nécessaires. « De l'an III à l'an VII, dit M. Maggiolo, une liasse de 39 pièces donne les détails les plus précis sur les demandes et circulaires de l'administration centrale, sur les réclamations des instituteurs, le chiffre de leurs élèves, les livres prescrits, les installations des écoles dans les presbytères de la ville et du district » ; malheureusement l'auteur du Fouillé n'a pas jugé à propos de donner aucun extrait de ces intéressants documents. Une école centrale fat installée à Verdun le 20 brumaire an V, dans les bâtiments du collège, et il existe aux archives de la ville, nous dit M. Maggiolo, une liasse de 77 pièces qui permettrait de faire l'histoire de cette école.

Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le département de la Meuse depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.

Nombre des communes dépourvues d'écoles. — En 1837, le département comptait 12 communes n'ayant aucune école, et 270 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 2 communes entièrenient dépourvues d'écoles. En 1878, on ne trouve plus qu'une commune sans école; mais 2 communes de 500 habitants n'ont pas d'écoles publiques de filles.

Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de l'Université, de 603 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :

1829 d'après la statistique offic"e..

187fi-77 — — ..

garçonSf écoles mixtes et écoles de filles.

École

de j^arçons mixtes

1850 605 (y compris les

écoles mixtes

École»

ubliques

Écoles libres

Total

Total

de filles

MEUSE

MEUSE

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles laïques Écoles congréganistes

deparçons ^ gn de garçons ^ gi, ou mixtes ou mixtes

Total

Instituteurs Institutrices

Laïques. Congrég. Laïque'. Con^ég.

Nombre total d'élèves et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèves Élèves gratuits

1832 (année civile).... 46 853 Manque

1876-77 (année scolaire).. 41375 Manque

1881-82 — .. 39 283 Gratuité

En 1832, il y avait 1 489 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 1840, 1794; en 1863, 1551; en 1876- 1877, 1404, et 1356 en 1881-1882.

Ecoles maternelles {Salles d'asile).

Nombre des établissements

Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.

Nombre de cours

Hommes b'emiues

î^revets. — Le nombre des brevets délivrés de 18;j;5 à 18S3 inclusivement a été le suivant :

Nombre

des élèves

Membre d

auditeurs

loniines

Femmes

568 brevets élémentaires,

63 brevets supérieurs.

— obligatoires,

— complets.

— facultatifs ou complets.

— élémentaires,

— supérieurs.

Institutrices.

brevets élémentaires,

19 brevets supérieurs.

— obligatoires

— complets.

— facultatifs ou complets.

— élémentaires

— supérieurs.

Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires n'ont été introduits dans le département de la Meuse qu'en 1873. En voici le tableau :

Nombre de Garçons

candidats

"TiïïeT

Certificats

Garçons

obtenai

■~Fille"i

Résultats de l'instruction. — Les deux tableaux ci-dessous indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints :

Nombre de conscrits sachant au moitis li7'e, de 1827 à 1882 inclusivement.

CLASSES

NOMBRE DES CONSCRITS

Examinés

Sacbant

au moins

lire

Combien pour 100

fc a £

PS -f

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0; dans le département, de la Meuse cette moyenne était de 78.2 0/0, soit 33.4 0/0 au-dessus de la moyenne générale. Le nombre des conscrits complètement illettrés, c'està-dire ne sachant pas môme lire, varie, depuis sept à huit ans, dans le département de la Meuse, de 2 à 2.5 0/0. En 1S70-1877 il était exactement de 2 0/0 : c'est un minimum. Il n'y a plus guère de progrès à réaliser de ce côté.

MEUSE

MEUSE

Nombre de conjoints^ sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Annëpt

Hommei

Femmes

Hommes et femmei

Budget de l'instruction primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire pour les vingthuit dernières années, de 1855 à 1882 :

ANNEES

RÉTRIBU-

scolaire

À PART

71578 Gratuité,

du département

de l'Etat.

En 1863, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques étaitde 13f'',09,soit 3'',62 centimes au-dessus de la moyenne générale qui était à la môme date de 9'S47. En 1876, cette dépense était de 19'S83, la moyenne générale étant de 17^',83. En 1882, la dépense par tète d'élève dans le département de la Meuse était de 29"",60, tandis que la moyenne générale était de 2H%77.

Etat actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de la Meuse pendant l'année scolaire 1882-1883.

Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 968 (917 écoles publiques et 51 écoles libres). Aucune commune n'est entièrement dépourvue d'écoles. Toutes les communes de plus de 500 habitants sont pourvues d'une école publique de filles. Sur les 968 écoles primaires du département, il y a 706 écoles laïques (323 écoles de garçons, 114 de filles et 269 mixtes) et 262 écoles congréganistes (14 de garçons, 246 de filles et 2 mixtes).

Division des écoles de toute nature cTnprès le nombre déclasses qu'elles possèdent:

Publiqii«i. Libre*.

Écoles à 1 classe .

— 2 classo!».

— 8 — etuu-dcssus.

Totaux.

Division des classes publiques d'après le nombre des élèves qu'elles reçoivent :

soit 92.» 0/0

Classes de 50 élèves et au-dessous.

— de plus de 50 élèves

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont : 58.9 0/0, 18.7 0/0, 11.6 0/0, 5.8 O/i», 5 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une bonne situation.

Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1882-1883 sont au nombre de 39 980 (au lieu de 39 283 en 1881-1882). Ce nombre peut se décomposer en :

Elèves des écoles publiques 36 048

— — libres 3932

Garçons 20 281

Filles 19 699

Elèves des écoles laïques 27 085 ♦

— — congréganistes.. 12 895 )

t de garçons... 15 709 i

Elèves des écoles \ de filles 15 495 [ 39 980

Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 39 980 pour 32 392. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de la Meuse est de 31384, d'où il résulterait qu'il y a plus d'enfants de 6 à 13 ans inscrits dans les écoles que n'en a relevé le recensement. Cette apparente anomalie n'a rien qui doive surprendre, elle n'indique tout au plus qu'une fréquentation satisfaisante ; car il est certain que pour une cause ou pour une autre des élèves peuvent être inscrits, dans le cours d'une année, à plusieurs écoles. C'est de ces doubles inscriptions que provient la supériorité numérique des inscrits sur les recensés.

Certificat d'études primaires. — Le résultat des examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1883 :

Garçons.

Filles...

Totaux.

Nombre de candidats.

Nombre de certificats

obtenus.

Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'année scolaire 1SS2-18S3 un effectif de 1266 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.

1« Pour les écoles publiques :

Titulaires avec brevet supérieur 93

Titulaires avec brevet élémentaire 485

Titulaires sans brevet... »

Adjoints brevetés 72

— non brevetés >>

Instituteurs Laïques Congr.

In5titutricei Laïques CoDgr.

Page 1