‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 172 sur 573 · MILTON · texte numérisé non relu

MILTON

titre au préfet : « Jamais, lui dit-ello. je ne con- » sentirai à accepter un secours. Si je dois un jour n demander l'aumône, je viendrai la demander aux » passants sur les marches de l'Hôtel-do- Ville avec o mon nom sur la poitrine ». Cette fière réponse trouva un écho dans l'administration : elle céda à des scrupules si honorables, et la pension fut accordée à titre d'indemnité. « Ça, dit-elle, je l'accepte, car on me le doit bien ».

Ouiro la brochure que nous avons citée, et de nombreux rapports et mémoires adressés au Comité supérieur de la ville de Paris, nous, trouvons encore dans VAmi de l'enfance (année 1837) la reproduction de plusieurs passages d'un Journal de M™° Millet, qui contient des notes d'inspection et des observations sur les enfants fort intéressantes.

[Charles Defodon.]

MILTON. — John Milton (1608-1674), en qui la postérité ne voit plus guère que l'auteur de Paradis perdu, fut avant tout, pour ses contemporains, un controversiste éloquent et vigoureux, profond théologien, humaniste et latiniste consommé, qui joua l'un des premiers rôles dans les querelles religieuses et politiques de son époque. Le poème de Milton, publié en 1667 seulement, ne fut guère lu qu'après la mort de l'auteur; de son ▼ivant, le secrétaire latin du Conseil d'Etat de la République anglaise dut sa réputation à ses écrits en prose : ses traités anglais contre l'épiscopat, en faveur de la liberté de la presse, en faveur du divorce, etc., et surtout ses deux apologies de la Révolution d'Angleterre, en latin [Defensio pro populo anglicano et Defensio secunda). Dans ses nombreux ouvrages, il a touché à presque tous les sujets. L'un d'eux, un court traité de quelques pages seulement, est consacré à l'éducation. A son retour d'Italie, en 1640, Milton avait ouvert une école à Londres, et pendant quelques années y dirigea les études d'un certain nombre de jeunes gens. Il pouvait donc parler de l'enseignement en homme qui le connaît pour l'avoir pratiqué. Ce sujet préoccupait beaucoup d'esprits en Angleterre à ce moment même. Dès 1637, le Polonais Samuel Hartlib *, ami et admirateur de Coménius, avait fait imprimer à Oxford un petit traité latin [Pansophiée Prodromus) où le pédagogue tchèque exposait ses vues de réforme. En 1641, Coménius était venu lui-même en Angleterre, appelé par le Parlement, et il avait été question de mettre à sa disposition un collège pour qu'il y expérimentât sa méthode; mais la guerre civile, qui éclata l'année suivante, fit abandonner ce projet, et obligea Coménius à passer en Suède. Milton avait lu peut-être le Pansophise Prodromus; il connaissait, de nom, la Janua linguarum, ainsi que la Didactica magna, dont la rédaction latine fut faite vers 1640; mais il semble avoir eu les travaux et les théories de Coménius en médiocre «stime. Hartlib avait à plusieurs reprises exprimé à Milton le désir de lui voir mettre par écrit ses idées sur l'éducation ; et lorsque celui-ci publia en 1644 son petit traité, il lui donna la forme d'une lettre à « maître Samuel Hartlib » [Of Education, Ta Master Samuel Hartlib).

Milton débute par des allusions qui témoignent de quelque aigreur à l'endroit de Coménius : il s'excuse de ne pas écrire un gros livre; il n'a pas de goût pour les novateurs à grands projets, et n'a pas le temps de lire toutes ces Janua et ces Didactica, dont maître Hartlib lui avait sans doute recommandé l'étude; il se contentera de quelques brèves observations, fruit de ses méditations personnelles, qu'il livre telles quelles à son correspondant {To search what ynany modem Januas and Didactics, more than ever I shall read, hâve projected, my inclination leads me not. But if you can acceut of thèse few observations, which hâve flowered off, and are as it were the burnish-

ing of many studioua and contemplative yeart altof/ether spent in the search ofreligious and civil knowledge, I hère give you them to dispose of). 11 définit de la manière suivante l'objet de l'éducation, ses fins et ses résultats : « L'objet de la science est de réparer le malheur de nos premiers parents, en nous faisant arriver à connaître véritablement Dieu, et, par cette connaissance, à l'aimer, à l'imiter, à nous rendre semblables à lui; pour cela, il faut que nos âmes acquièrent la vraie vertu, qui, unie à la grâce céleste de la foi, constitue la plus haute perfection... J'appelle une complète et libérale éducation celle qui met un homme en état de remplir avec justice, habileté et magnanimité tous les emplois, tant publics (luo privés, de la paix et de la guerre ». (lUe end of learning is to repair theruins of our ûrst parents by regaining to know God aright, and out of that knowledge to love him^ to imitale him, to be like him, as we may the nearest by possessing our soûls of true virtue, which being untted to the heavenly grâce of faith, makes up the highest perfection... I call a complète and gênerons éducation that which fits a man to perform justly, skilfully and magnanimously ail the offices, both public and private, of peace and war). Qu'on réunisse, dit-il, dans une maison suffisamment spacieuse, une centaine de jeunes gens, sous la direction d'un maître : ils y entreront à douze ans, et y feront toutes leurs études, jusqu'à vingt et un ans. Le plan d'études doit comprendre d'abord la grammaire latine et grecque, et la lecture d'ouvrages de morale tels que le Tableau de Gébès, les écrits moraux de Plutarque, les meilleurs dialogues de Platon (en latin); on formera ainsi le caractère des élèves; en même temps on leur enseignera l'arithmétique et la géométrie, et, le soir, les préceptes de la religion. Plus tard, ils étudieront la géographie, la physique, l'agriculture, et liront les auteurs anciens qui ont traité de ces matières; en outre, la trigonométrie, avec des notions d'architecture, d'art des fortifications, de mécanique, de navigation; l'anatomie, et des notions de médecine. Arrivés à l'âge de seize ans, ils continueront l'étude de la morale, non seulement chez les philosophes anciens, mais dans l'Écriture sainte; ils apprendront l'hébreu; dans leurs heures de loisir, ils liront les poètes et apprendront l'italien en se jouant. Après l'éthique, vers dix-huit ans, viendra la politique; « On leur enseignera l'origine, la fin et la raison d'être des sociétés politiques; afin que, dans une crise dangereuse de la République, ils ne soient pas de pauvres roseaux incertains et vacillants, à la conscience chancelante, comme se sont montrés récemment beaucoup de nos bons conseillers, mais de fermes colonnes de lEtat. » L'étude du droit romain et anglais, de la théologie et de l'histoire ecclésiastique, de l'éloquence et de la rhétorique, avec lecture des discours de Démosthènes et de Cicéron, des tragédies d'Euripide et de Sophocle, doivent former le couronnement de cette éducation encyclopédique. Les élèves auront été, au cours de leurs études, formés aux exercices du corps, escrime, lutte, gymnastique militaire, équitation. La musique ne leur sera pas restée étrangère. Le temps des vacances aura été employé à des voyages à pied, qui auront fait connaître à ces jeunes gens les diverses régions du pays natal.^

Milton ne se dissimule pas que la réalisation d'un semblable plan d'éducation se heurterait à de grandes difficultés: il y faudrait à la fois des maîtres et des élèves au-dessus du niveau moyen, et tout un ensemble de conditions favorables. « Ce n'est pas, dit-il, un arc qui puisse être tendu par le premier venu parmi ceux qui so disent dos maîtres : il réclame des muscles presque aussi vigoureiîx aue ceux dont Homère a doté Ulysse :

MUNÊRALOGlfiî

MINISTÈRE

et cependant je suis persuadé que la chose se trouverait plus facile à l'essayer qu'elle ne parait de loin, très faisable et très possible, si t^lle est la voloniô de Dieu, et si cotte génération avait assez de courage et de capacité pour l'entreprendre. » Et, s'adressant de nouveau à son correspondant, pour conclure: « Voilà, maître Hartlib, un aperçu général, par écrit, comme vous l'avez désiré, de ce que je vous ai exposé à plusieurs reprises dans nos discussions concernant les plus excellentes méthodes d'éducation ; non pas en commençant dès le berceau, comme l'ont fait quelques-uns (dernier trait décoché à Coménius), chose qui toutefois aurait pu mériter mainte considération, si je n'avais pas visé à être bref. » {ThuSy Mr. Hartlihy you hâve a gênerai view in writing, as your désire was, of thut, tchich at several times I had discussed with you conceiTiing the best and noblest wa>i of éducation ; not beginning as some hâve done from the craddle, which yet might be worth many considération, if àrevity had not been my se ope).

Les idées de Milton sur l'éducation n'ont, on le voit, rien de bien original. Elles offrent un assez singulier mélange de rigide et étroite théologie puritaine avec une conception des sciences où se fait sentir l'influence de Bacon. Ce qui est personnel à Milton, dans les pages que nous venons d'analyser, c'est un certain stoïcisme de pensée, une austérité et une vigueur républicaines, qui se manifestent surtout dans les endroits où il traite de l'éthique et de la politique.

Le traité de Milton a été traduit au siècle passé par l'abbé Leblanc: cette traduction se trouve à la suite des Lettres sur Vèducation des princes^ par de Fontenay, 1749, Edimbourg (Paris). Une autre traduction, qui laisse beaucoup à désirer, a été donnée par M. Aignan, de l'Académie française, dans sa Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, tome II, p. 91, Paris, 1823.

[J. Guillaume.]

MINÉRALOGIE. — La minéralogie ne forme pas une branche d'enseignement à part dans le programme d'études des écoles normales françaises. Les notions élémentaires de minéralogie sont rattacliées à la géologie. En première année, elles consistent eu « l'indication des principales roches que l'on trouve à la surface du sol, ou qui sont mises à découvert par les travaux des carrières, des mines, des galeries souterraines, etc. » En troisième année, le professeur doit « insister sur les roches les plus importantes, soit par l'étendue et l'épaisseur des couches qu'elles forment, soit par les usages auxquels elles servent. »

Dans quelques écoles normales étrangères, la place faite à la minéralogie est plus considérable ; cette science est considérée comme formant l'une des trois sections de l'histoire naturelle, divisée en histoire des animaux, des végétaux et des minéraux. Ainsi, le programme bavarois porte, à la suite de la zoologie et de la botanique : « Histoire naturelle des minéraux : caractères distinctifs ; origine des minéraux; leurs modifications; lieux où on les trouve ; classification. » Par contre, ce programme ne mentionne pas la géologie. En Autriche, le second semestre de la deuxième année est consacré à l'étude a des principaux minéraux surtout dans leurs rapports avec l'agriculture et l'industrie. » A Hambourg, la minéralogie est rattachée à la chimie. En Saxe, sur les six années d'études, la troisième année d'enseignement des sciences naturelles est consacrée à la « minéralogie et aux notions de géognosie et de géologie. » En Belgique, on trouve, en troisième année, des u notions sur le règne minéral », et en quatrième année un enseignement plus approfondi de la minéralogie et de la géologie.

Dans la II' Partie de ce Dictionnaire, consulter

les articles Miiiéralogie, Pierres, Cristal, Roches, et ceux auxquels ils renvoient.

AlIiNEUVAL. — Le mot latin minerval — dérivé du nom de la déesse de la science, Minerve, — . désignait chez les Romains les honoraires payés lu un professeur, ou les présents que lui faisaient ses élèves. Ce terme a été francisé, mais il n'est pas usité en France. On l'employait dans le comté de Nice, avant l'annexion, pour désigner la rétribution scolaire. Il est employé en Belgique et dans le grand-duché de Luxembourg avec la même acception.

MIMMES. — L'ordre des Minimes, qui se rattache à celui des Franciscains, a été fondé au quinzième siècle par saint François de Paule. Un membre de cet ordre, le P. Barré, a dévoué son existence à l'éducation des enfants pauvres, et son nom mérite d'être cité à côté de ceux de Démia*, du P. Fourier*et de J.-B. deLaSalle*. Né à Amiens en 1621, Nicolas Barré fit profession en 1640 dans l'institut des Minimes. En 1670 il fonda à Rouen la congrégation des sœurs de la Providence, qui se consacra à la tenue des écoles gratuites. Quelques années plus tard, il se trouva en relation avec J.-B. de la Salle, alors âgé de trente ans à peine : ce fut sur le conseil du P. Barré que J.-B, de La Salle installa dans sa propre maison les instituteurs des écoles de charité de Reims, et bientôt après renonça à sa prébende de chanoine pour se consacrer tout entier à l'éducation des enfants pauvres. Le P. Barré mourut à Paris en 1686. Il avait aussi essayé de fonder une congrégation religieuse d'instituteurs ; mais cette association n'eut qu'une existence éphémère, tandis que les sœurs de la Providence continuèrent d'exister jusqu'à la Révolution.

MIMSTÈRE DE L'AGRICULTURE. — Le ministère de l'agriculture a sous sa direction un certain nombre d'établissements d'instruction publique. Ce sont :

L'Institut national agronomique. — V. Agriculture, p. 36;

Les trois écoles nationales d'agriculture de Grignon, de Grand-Jouan et de Montpellier. — V. Agriculture, p. 36; •' i: r

Les fermes-écoles *i"*^i'Vii4g'ncuZiM/'e, p. 36, et Fermes-écoles ;

Les six écoles pratiques d'agriculture. — \. Agriculture, p. 37, et Fermes-écoles, p. 1004 ;

L'école nationale d'horticulture de Versailles, et l'école pratique des apprentis bergers de Rambouillet. — V. Agriculture, p. 37;

Les écoles primaires agricoles de garçons, à Mesnil-la-Horgne (Meuse), et de filles, à Hauvec (Finistère) ;

L'école forestière de Nancy — V. Ecole forestière, p. 764; — et celle des Barres (Loiret^;

L'école des haras, au Pin (Orne). — V. Ecole des haras, p. 764;

Les trois écoles vétérinaires d'Alfort, de Lyon et de Toulouse. — V. Ecoles vétéinnaires, p. 78S.

MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET DU COM.MEHCE. — Ce ministère a été divisé, par décret du 1 4 novembre 1881, en deux ministères distincts, celui de l'agriculture et celui du commerce. — V. Ministère de l'agriculture et Ministère dit commerce.

MIMSTÈRE DU COMMERCE. — Les établissements d'instruction publique placés sous l'autorité du ministère du commerce sont les suivants :

Le Conservatoire des arts et métiers, à Paris. — V. Conservatoire des arts et métiers;

L'Ecole centrale des arts et manufactures. — V. Ecole centrale des arts et mmufictures, p. 763;

Les trois écoles natio' aies d'arts et métiers d'A.ix, d'Angers et de Chàlons-sur-Marne. — V» Ecoles nationales d'arts et métiers, p. 771 ;

L'école supérieure de couiiaerce, institutioa

MINISTÈRE

MINISTÈRE

appartenant îi Ta Chambre de commerce de Pans, mais dont le conseil de perfectionnement est présidé par le ministre du commerce. — V. Commerce (Ecoles de), p. 433. , , . , ,

La loi du 11 décembre 1880 a placé les écoles manuelles d'apprentissage sous la double autorité du ministre de l'instruction publique et du ministre du commerce. Les attributions respectives des deux ministres, relativement à la création de ces écoles, k la fixation de leur programme er. aux subventions à leur accorder, ont été déterminées par le décret du 30 juillet 1881. — V. Manuelles d'apprentissage (Ecoles), p. 1830.

L'exécut on de la loi du 19 mai 1874 est confiée au ministre du commerce et à celui de l'instruction publique. C'est sous l'autorité du premier que sont placés les inspecteurs du travail des enfants et la commission supérieure instituée par cette loi. — V. Enfants employés dans Vindustrie (Travail des), p. 844. ' ; ' '

MINISTÈRE DE LA GUERRif.' ^ LôS écoles qui ressortissant à ce . ministère sont le» suivantes :

L'École polytechnique, à Paris.— V. Ecole polytechnique^ p. 7G9;

L'École spéciale militaire de Saint-Cyr". — V. Ecole spéciale militaire de Snint-Cyr, p. 770;

Le Prytanée militaire de la Flèche. — V. Pryianée militaire de la Flèche;

devait correspondre avec le directoire de lycée, l'inspecteur de lycée avec le directoire de la Société nationale; ce dernier relevait directement du Corps législatif.

Dans le projet d'éducation nationale présenté à la Convention par Lakanal au noiii du Comité d'instruction publique le 26 juin 1793, l'autorité supérieure en matière scolaire était confiée aune « Commission centrale de rinstruction publique >», composée de douze membres renouvelés armuellement par tiers et nommés par le Conseil exécutif (ou, selon la rédaction raoiifiée quelques jours plus tard, par le Corps léj^islatif;; dans chaque district il devait y avoir un bureau d'inspection composé de trois commissaires nommé» par le conseil d'administration du district; ces bureaux d'inspei tion devaient correspondre directement avec la C ommission centrale. La proposition Lakanal fut écartée, et qufdques mois plus tard, le 9 brumaire an II, la Convention donnait une solution provisoire à la question par les dispositions suivantes du décret sur a la surveillance des écoles nationales » : Il y a dans chaque district une commission d'éducation composée de cinq membres nommés par le directoire de district; — ces commissions envoient tous les trois mois un rapport an Comité d'instruction publique de la Convention : — l'exécution des lois relatives à toutes les branches de l'instruction nationale est

Les écoles régimentaires organisées dans chaque j confiée p'ovisoirement au Conseil exécutif (Gonrégiment ou bataillon formant corps. — V. Ecoles i seil des ministres), sous la surveillance immédiate régimentaires, p. 786; -" - ^-■—^- j.:„— .,„*:„., „.,ui:„„„ ^* a., n — .ua -^^

L'école d'enfants de troupe, à Rambouillet. — V. Enfants de troupe, p. 843; ''^^ ''^'

L'école de cavalerie de Saumur;

Les écoles de médecine et de pharmacie mili- [provisoire fut décrétée : la Convention les remtaîres. i plaça par douze commissions executives, dont l'une

Le décret du 6 juillet 1882 a placé les batail- porta le nom de Commission executive de l'institue

du Comité d'instruction publique et du Comité de salut public.

Le 12 germinal an II (1er avril 1794), la suppression des anciens ministères et du Conseil exécutif

Ions scolaires sous la triple autorité du ministre de la guerre, du ministre de linstruction publique et du ministre de l'intérieur. — V. Militaires {Exercices), p. 1920.

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