‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 199 sur 573 · MURARD DE SAINT-RO MAIN · texte numérisé non relu

MURARD DE SAINT-RO MAIN

et se reposait en lisant, en transcrivant ou en composant. Suivant un usage dont le progrès des sciences liistoriques et morales peut faire espérer le retour, il expliquait en chaire aussi bien les auteurs clirétiens que les auteurs païens, répitre aux Romains et l'évangile selon saint Jean, par exeraplo, comme Platon ou Démostlièsne. Il traduisit plusieurs discours des Pères grecs et le discours d'Isocrate sur la Paix, qu'il fit précéder d'une belle préface à Frédéric le Sage. On lui doit aussi des éditions et des commentaires. Renommé pour la douceur et la pureté de ses mœurs autant que pour sa science, il trouvait des forces dans le sentiment de sa responsabilité devant Dieu et dans son désir de faire progresser ses élèves. Il mourut en 152i, à l'âge de trente et un ans. Sa fin prématurée excita de nombreux regrets. Mélanchthon, qui avait été son rival heureux pour la chaire de Wittenberg et dont il était resté l'ami, accourut de loin pour le voir et put arriver le jour même où %rendait le dernier soupir.

Il ne subsiste guère de Mosellanus que l'exemple de son zèle. Ses ouvrages, dépassés, sont oubliés, à l'exception de ses deux grands discours et de Sà Pédologie ; encore celle-ci ne demeure-t-elle que comme une petite page d'histoire, son importance pédagogique ayant disparu avec les besoins qu'elle était destinée à satisfaire. Au xvi*^ siècle la langue latine était appréciée non seulement comme le dépôt des connaissances de l'esprit humain, mais en môme temps comme un indispensable moyen de communication entre les lettrés de tous les pays : on la parlait autant qu'on l'écrivait, et par conséquent dans les écoles il était interdit de s'exprimer dans une autre langue; d'où la nécessité de faire pour les écoliers des manuels de conversation qui ne pouvaient leur être utiles qu'en reproduisant leur vie et leurs mœurs. De tels manuels avaient existé avant la Renaissance €t l'on en connaît au moins un : mais la langue et les idées en étaient également grossières. Mosellanus renouvela le genre : il y introduisit la pureté du style et la délicatesse des sentiments, tout en reproduisant la vie familière des écoliers. Il fraya ainsi la voie, d'abord à Érasme qui dénatura le genre en l'élargissant, puis à toute une série de successeurs. Ses dialogues nous donnent de précieux renseignements sur la vie des écoliers de Leipzig, sur leurs idées religieuses à la veille de la Réforme et sur l'état de leurs études. Par ces petites scènes, Mosellanus craignait d'avoir compromis la gravité professorale ; dans sa préface il demande presque pardon de s'être fait enfant avec les enfants. La Pédologie est cependant celui de ses ouvrages qui a eu le plus d'éditions. Gomme on devait s'y attendre, elle eut sa place dans le plan d'études saxon approuvé par Luther (V. Luthe7\ p. 1733). Elle fut réimprimée, à notre connaissance, à Mayence en 1521, à Anvers en 1531, à Paris en 15;5.i, 1548, 15ô0, à Smalkalde en 158G et enfin à Helmstedt (Brunswick) en 1706. C'est donc seulement au commencement du xviiie siècle qu'elle cesse d'être un livre d'école. Aujourd'hui encore on la relit volontiers à cause du naturel et de la fidélité de ses descriptions.

[L. Massebieau.]

MOUSSES (ECOLE DES). -L'École des mousses, qui relève du ministère de la marine, est établie sur un vaisseau en rade de Brest. Tout jeune garçon âgé de quatorze ans au moins et de quinze ans au plus peut être présenté par ses parents ou tuteurs comme candidat pour l'admis.sion à l'Ecole. Les admissions ont lieu le premier lundi de cha(|ue trimestre. Les mousses sont choisis, en donnant la préférence, dans chacune des catégories, aux plus robustes et aux plus intelligents, parmi :

1° Les fils des officiers mariniers, quartiersmaîtres et marins, et de toutes personnes à la solde .

du département de la marine^ tant des ports que du littoral ;

2° Les fils des militaires de l'armée de mer ou de l'armée de terre;

3» Les fils des habitants du littoral;

4" Les enfants de l'intérieur de la France.

A l'âge de seize ans, les élèves de l'École des mousses doivent contracter un engagement volontaire pour servir dans les équipages de la Hotte pendant le tempâ déterminé par la loi sur le recrutement; faute par eux de contracter cet f;ngagement, les parents ou tuteurs sont tenus de rembourser les frais d'entretien et d'habillement de l'enfant pendant son séjour à l'École.

MOYENNES (ÉCOLES). —V. Ecoles moyennes.

MU^'ICII'ALITÉ. — V. Conseil municipal.

MURALES (CARTES). —V. Cartes, p. 337, et Matériel.

MURARD DE SAINT-ROMAIN. - M. Murard de Sâint-Romain, dont le nom ne figure pas dans les dictionnaires biographiques, était en 1816 député du département de l'Ain à la Chambre dite « introuvable ». Il dut un moment de célébrité au discours qu'il prononça dans la séance du 31 janvier 1816, pour proposer la suppression de l'Université. Le parti qui voulait livrer l'enseignement au clergé l'avait choisi pour son porte-voix dans cette circonstance, jugeant habile de « lancer en avant un député dans le département duquel ne se trouvaient ni faculté, ni lycée, ni conseil académique, ni administration rectorale, et qui, dans une ignorance absolue de tout ce qu'il devait attaquer, était merveilleusement propre à devenir l'or- 'gane de déclamations sans critique. » (Eugène Rendu). Voici quelques passages du discours de M. Murard de Saint-Romain qui suffiront à le caractériser :

'X Tout ce qui restait d'honnête était en fuite, ou caché dans d'obscures retraites, ou renfermé dans de fétides cachots, et réservé à la mort. Que restait-il donc au comité d'instruction publique de la Convention? Les plus hideux rebuts de la société, des hommes décriés, qui, par leur turpitude, avaient donné à la. Révolution des gages bien dignes d'elle. C'est de ces éléments impurs que se composèrent alors les prytanées, les écoles centrales et le petit nombre d'établissements contre lesquels je m'élève aujourd'hui avec la France entière... Convenons que, parmi les employés de ce qu'on appelait l'Université et ses dépendances, un trop grand nombre, malheureusement, a chéri la Révolution, a sucé, dans des écoles perverses, un lait corrompu, la haine de la religion et des Rois légitimes, l'oubli de tout principe, un loi orgueil et une insatiable ambition.

» ...Le fléau redoutable dont je sollicite la réformation, c'est rUniversitc fondée par Buonaparte, restaurée l'année dernière sous un ministère dont la France déplorera longtemps les erreurs, et conservée jusqu'à ce jour par ce funeste système de ménagements. Il n'y a de salut pour l'État que dans l'anéantissement total de tout, absolument tout ce que Buonaparte a soutenu et propagé.

» Jamais la religion, les bonnes mœurs, Tamour pour le Roi, jamais rien de ce qui est bon, de ce qui est pur, de ce qui est aimable, ne prévaudra dans les établissements révolutionnaires. Ils sont réservés à l'athéisme, à l'immoralité, en un mot au génie funeste qui les a produits. ...J'insiste donc, messieurs, pour un nouveau mode d'instruction basé sur la religion. »

Comme conclusion à sa véhémente diatribe, le député de l'Ain présentait à la Chambre la proposition suivante, qui fut prise en considération :

« 10 La religion sera la base essentielle d& 1 education.

» 2° Les collèges et pensions seront, concurremmeni avec les autorités locales, sous U surveil-

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