‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 200 sur 573 · MUSÉE DES FAMILLES · texte numérisé non relu

MUSÉE DES FAMILLES

M-tJ§''ÉÉ^S''

làhce immédiate des archevêques et cvêques, qui réformeront les abus qui seront par eux reconnus.

» 3° Les évêques pourront augmenter le nombre des séminaires, selon les besoins de la religion, les ressources et la population des diocèses.

)) 4° Les évèques nommeront aux places de principal de collèges et pensions; le principal nommera les professeurs. Néanmoins les évêques pourront renvoyer les sujets incapables, ou dont les principes seraient reconnus dangereux.

)) 5° Les universités, telles qu'elles existent aujourd'hui, subsisteront et seront sous la surveillance du ministre de l'inlérieur; il sera avisé au moyen d'allier la religion et les mœurs, au soin de , faire fleurir les talents littéraires.

)) G** La Commission centrale d'instruction publique, dont Sa Majesté honorera et récompensera le zèle et les talents, demeure supprimée.»

Le discours de M. Murard de Saint-Romain, qui fut publié sous le titre de Dévelojipement s présentés à la Chambre des députés sur V instruction et l'éducation, provoqua aussitôt de vives répliques de la part des universitaires. Mentionnons entre autres les trois réponses de M. Ambroise Rendu : Observations sur les développements présentés à la Chambre des iléputés par M . Murard de Saint-Romnin concernant l'i?istrurtion publique et l'éducation ; Premier supplément aux observations sur le discours de M. Murard de Saint-Romnin ; et Second supplément, ou Système de l Université de Frajize; la brochure de M. Taillefer, inspecteur de l'académie de Paris : Renseignements offerts à la Chambre des députés sur les développements qui lui ont été présentés dans la séance du 31 janvier 1816; l'opuscule du recteur de l'académie de Bordeaux, M. de Sèze : Quelques idées sur l'éducation publique, à l'occasion du discours de M. Murard de Saint-Romnin ; enfin le travail de M. Guizot : Essai sur l'histoire et sur Cetat actuel de l'instruction publique en France.

Les ennemis de l'Université ne s'étaient pas attendus à la voir se défendre avec tant d'énergie ; ils reculèrent. Quelques mois plus tard la Chambre introuval)le était dissoute, eft M. Murard de Saint-Romain oublié. *

' 3IURET. — Marc-Antoine Muret, célèbre huma- Mste du xvie siècle, naquit à Muret dans le Limousin en J526 et mourut à Rome en 1585. Nous n'avons pas à parler ici de ses travaux de philologie et de jurisprudence; si nous lui donnons une place dans ce Dictionnaire, c'est comme auteur d'un petit ouvrage en vers latins qui a eu pendant tm temps une vogue analogue à celle des quatrains de Pibrac. L'ouvrage de Muret est intitulé Instittdio puerilisy ad Marcum Antonium fratris filium; il se compose de 107 vers hexamètres, et porte la date de janvier 1578, On doit à François de Neufchâteau une imitation en vers français de cet ouvrage ; elle est intitulée : L'Institution des enfans, ou Conseils d'un père à son fils; imité des vers que Muret a écrits en latin, pour f usage de son uiveu, et qui peuvent servir à tous les jeunes écoliers, par N. François [de Neufchâteau) ; Paris, an VI. Il en existe une autre édition, publiée chez Renouard en 1808, et qui contient, outre la traduction française, des traductions en vers italiens, espagnols et allemands.

On trouve dans les œuvres complètes de Muret, imprimées à Leyde en 4 vol. (1789), d'autres vers, en grec cette fois , intitulés Seritences composées par M.' A. Muret pour son neveu âgé de neuf ans. Ils ont été écrits en 1580, deux ans après ceux de VInstitutio puerilis; mais ils n'ont pas eu l'honneur d'une traduction française.

MUSÉE DES FAMILLES. — Le Musée des familles, journal in-4° à deux colonnes, illustré, dont la périodicité a varié, fut fondé en 1834 par Emile de Girardin. Le prospectus qu'on trouve en

tête du premier volume de la colliectîôfn fut écrit par Jules Janin sous la forme d'un article sur les Magazines* anglais. A cette date, la publication d'un recueil illustré, périodique et rédigé de façon il convenir à, tous les rnembres des familles bourgeoises, était une nouveauté sans précédent en France, tandis que c'était déjà une chose fort commune en Angleterre. Toute une partie du Musée portait le titre général de Magazine et se composait de très courtes notices, toujours illustrées, sur des sujets artistiques, géographiques et d'histoire naturelle. C'était le développement nouveau de la gravure sur bois qui avait fait naître la môme année le Musée des familles et le Magasin pittoresque*. Encore le Musée, dont toutes les gravures étaient faites exprès pour les articles, et non les articles rapportés aux gravures, dut-il pendant plusieurs années faire graver en Angleterre la plupart de ses bois.

Cette imitation des Magazines contribua moins à la renommée du recueil nouveau que le concours d'écrivains considérables, en possession de toute leur expérience et de leur renommée, qui composèrent tout exprès pour le Musée des œuvres d'imagination souvent égales en valeur à celles qui avaient fait auprès du grand public la fortune de leurs noms. Parmi ces collaborateurs, citons Balzac, S. -H. Berthoud (D^ Sam), qui pendar>t dix ans fut le rédacteur en chef, le naturaliste Boltard, Casimir Delavigne, Mme Desbordes-Valmore, Firmin Didot, Alexandre Dumas, Pierre Dupont, Théophile Gautier, M^e de Girardin, Léon Gozlan, Paul de Kock, Paul Lacroix (bibliophile Jacob), Gh. Nodier, Jules Sandeau, Soulié, Jules Verne, qui fit ses débuts au Musée. Les écrivains écoutés du public peuvent faire beaucoup pour le bon développement des jeunes esprits, en appliquant leur talent à des sujets moins nouveaux peut-être et moins piquants que ceux par lesquels .1 ils forcent l'attention de la masse, mais toujours intéressants parce que l'observation des mœurs et des sentiments humains l'est toujours. Le mérite m du Musée est d'avoir demandé aux écrivains qui W savaient captiver l'intérêt des œuvres saines, où rien n'était concédé aux mouvements successifs du goût parisien.

Dans une seconde période, de 1846 à 1860, sous l'habile direction de Pitre-Chevalier, le journal, tout en gardant quelques-uns des grands noms cités plus haut, fut rédigé plutôt par un groupe d'écrivains spéciaux. Il eut à cette date un grand succès. Mais la tendance à satisfaire avant toute autre la clientèle catholique s'y montra de plus en plus nettement. De 1860 à 1882, il fut dirigé par M. Ch. Wallut, un financier doublé d'un homme de lettres délicat. De jolies choses y parurent dans cette période, notamment les saynètes achevées de M. Verconsin.

Enfin, depuis 1882, le Musée des familles appartient à l'une des grandes librairies classiques de Paris. M. Delagrave a donné un éclat nouveau à l'illustration, fait sentir un esprit libéral dans toute la rédaction, publié des œuvres inédites de Henry Gréville et de Louis Ulbach, et enfin inauguré, sous le nom de Correspondances et Concours, et sous la forme piquante de questions diverses posées aux abonnés ou par les abonnés eux-mêmes et dont la réponse vient le mois suivant, une sorte de cours amusant de cette instruction littéraire, historique et môme scientifique que les livres élémentaires ne donnent pas et dont on a besoin dans la vie pour peu qu'on vive avec des gens cultivés. Eu somme, le Musée des familles cherche, comme il a toujours cherché, à être sinon un journal d'instruction, du moins l'auxiliaire très utile et très captivant d'une instruction moyenne.

MUSÉES. — Nous consacrons ci-dessous un

MUSÉH^S CANTONAUX — 1979 — iMUSÉPS D'ART INDUSTRIEL

certain nombre d'articles distincts ài diiverses catégories de musées. Ce sont :

Les musées cantonaux;

Les musées d'art industriel;

Les musées départementaux ;

Les musées économiques, créés par M.Twining;

Les musées pédagogiques; f Les musées populaires, du type proposé par

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