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Et enfin les musées scolaires proprement dits. Pour la définition de chacun de ces termes, voir les articles spéciaux.
MUSÉES CANTONAUX. — L'idée de créer au clief-litiu de canton un musée populaire destiné à propager les connaissances utiles ne date pas d'hier. Il serait difficile de déterminer à quel moment elle a été émise pour la première fois. Sans remonter jusqu'aux hommes de la Convention, qui eussent voulu doter chaque commune de Franco d'une bibliothèque et d'un musée, nous pouvoos signaler, dès 1854, la tentative de M. Léon Alègre, qui prit l'initiative de la fondation àBagnols (Gard) d'une bibliothèque-musée; cette institution ne fut définitivement fondée qu'en 1860. En 18S8, , M. Victor Modeste, de Meaux, dans son livre Du Paud,j irisme en France, auquel l'Académie des sciences j^^orales et politiques décerna le prix de Morogues *, ijïroposait de son côté la création de musées dans les chefs-lieux de canton. En juin 1876, M. Edmond Groult fsnda un musée cantonal à Lisieux (Calvados) ; le mois suivant M°"^ Hippolyte Meunier en créait un autre à Pornic (Loire-Inférieure), et quelques semaines plus tard, le21 août 1876, elle présentait au Congres de l'Association française pour l'avancement des sciences, réuni à Clermond-Ferrand, un rapport qui appela l'attention publique sur cette œuvre d'enseignement populaire. Un comité se forma à Paris au commencement de 1877, et lança un appel en faveur de la création des musées cantonaux, dont il expliquait en ces , termes le but et l'utilité : « Grouper des collec- .' lions scientifiques au chef-lieu du canton ; les enrichir des dons généreux de nos savants, de nos sociétés libres, de nos voyageurs, de nos marins; créer dans chaque centre : 1° uno section ijidustrielle, où soient démontres les procédés de fabrication de la soie, du lin, de la laine ou du coton, etc.; 2° une section commerciale, où les produits exotiques soient exposés, les matières premières, les matériaux de construction, etc; 3° une station météorologique, où soient relevées les cotes barométriques, utiles à la prévision du temps ; construire des vitrines pour les flores locales (plantes séchées ou plantes vivantes) ; ouvrir même de larges salles où les animaux de la contrée se trouvent représentés : — tels seraient les premiers rudiments des créations qu'il faut susciter et encourager. » Le projet de loi sur l'instruction primaire, déposé à la Chambre des députés le 1" décembre 1877 par M. Barodet et un certain nombre de ses collègues, plaçait (art. 9) les musées cantonaux au nombre des institutions au profit desquelles un crédit annuel devait être ouvert au budget de l'instruction publique.
Le mouvement inauguré de la sorte prit rapidement de l'extension. La mort de M^^ Hippolyte Meunier (23 septembre 1877), qui s'était faite 1 apôtre dévoué de l'œuvre nouvelle, ne le ralentit pas; M. Edmond Groult se consacra avec zèle a a propagande (lectures faites, en 1877 et 1878, a l Association^ française pour l'avancement des sciences et à l'Association normande ; circulaires répandues dans le public par milliers d'exemplaires). Dès 1879, la France comptait déjà une ciriiiuantame de musées cantonaux, et M. le général Kokhovsky, directeur du Musée pédagogique du ministère de la guerre à Saint-Pétersbourg, consacrait dans son journal [le Musée pédagogique,
j année 1879, n"* 2 et 3) un article élogieux à une institution qui avait attiré son attention. Depuis 1880, M. Groult publie un Annuaire des musées cantonaux ; les cinq volumes parus de cette collection donnent des renseignements p'*écieux sur les efi"orts tentés dans tous les départements de la France par des amis de Tinstruction populaire pour créer ces musées, et sur les résultats obtenus. VAnnuuire de 1884 contient un projet de musée cantonal type, qu'il nous parait intéressant de faire connaître. Le musée cantonal type comprendrait sept sections, savoir :
A. Section agricole: Construction; machines, instruments et outils agricoles; animaux domestiques; arbres fruitiers, plantes fourragères, graines et racines ; engrais et amendements ; drainages et irrigations ; sylviculture ; apiculture; pisciculture; cartes et statistiques; débouchés agricoles du canton, renseignements divers; tableau d'honneur, indiquant les noms des cultivateurs qui auront obtenu des récompenses aux concours locaux ou régionaux de l'année.
B. Section industrielle et commerciale : Industries locales; industries coloniales; renseignements divers; tableau d'honneur indiquant les noms des industriels et commerçants qui auront obtenu des récompenses aux expositions et concours pendant l'année, et ceux des habitants du pays faisant commerce à l'étranger ou ayant entrepris des voyages lointains.
C. Section maritime: Barques et navires; phares, bouées et engins de pêche ; poissons; coquillages; plantes marines; sables et tangues; cartes; tableau d'honneur relatant les actes de courage accomplis par les marins de la localité pendant l'année.
D. Section d'hygiène : Habitation ; vêtements ; nourriture; sommeil; soins de propreté; soins particuliers d'hygiène pendant les grandes chaleurs et pour certains travaux; hygiène de la première enfance ; hygiène des animaux domestiques; tableau d'honneur indiquant les noms des médecins de la région morts dans les épidémies ou victimes de leur dévouement professionnel.
E. Section artistique : Statues, bas-reliefs, tableaux, aquarelles, dessins, gravures, eaux-fortes, pliotographies; objets d'art, anciens, modernes, exotiques; tableau d'honneur, liste des poètes, des littérateurs, des statuaires, des peintres, dessinateurs et graveurs, des fabricants d'objets artisti(iues récompensés pendant l'année.
F. Section scientifique : Ethnographie, anatomie; géographie, topographie, astronomie, météorologie; géologie, agrologie; minéralogie; fossiles de la localité; botanique; petits quadrupèdes; oiseaux et nids; poissons; reptiles; coquillages; insectes; archéologie; costumes locaux; objets préhistoriques; numismatique et sigillographie; outils et ustensiles anciens de la localité; tableau d'honneur contenant les noms des savants de la région, vivants et morts, des soldats morts pour la patrie, des bienfaiteurs du canton.
G. Section pédagogique : Bâtiments scolaires; mobilier scolaire; livres et fournitures classiques; instruments de physique, de chimie, de géométrie, d'astronomie, etc. ; tableau d'honneur contenant la liste des instituteurs et des institutrices récompensés pendant l'année.
MUSÉES D'ART IINDUSTRIEL. — Les musées d'art industriel ont pour but de venir en aide k l'enseignement de l'art appliqué à l'industrie.
PAYS ÉTRANGERS. — Angleterre, Ecosse, Irlande» — L'Angleterre a été la première à entrer dans cette voie. Au lendemain de l'Exposition universelle de 1851, le gouvernement anglais, frappé de l'infériorité de la Grande-Bretagne dans les œuvres d'art industriel, institua un département administratif, aous le nom ^'Art Department, pour