‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 203 sur 573 · MUSÉES^SCOLAIRES — 1992 — MUSÉES SCOLAIRES · texte numérisé non relu

MUSÉES^SCOLAIRES — 1992 — MUSÉES SCOLAIRES

population agricole ; le musée destiné à une école de garçons n'est pas également approprié à l'en- i seigncmcnt dans une école de filles. '

Un écueil qu'il importe d'éviter, c'est la spécia- ! lisation excessive des collections. Tel maître a surtout en vue la botanique, tel autre l'entomologie, tel autre encore la minéralogie : le défaut est le même dans tous les cas. L'enfant doit recevoir des notions exactes sur tout ce qui l'entoure, et non sur quelques côtés seulement de la nature.

Il faut éviter également d'introduire dans le musée des olDJets plus curieux que réellement utiles à l'enseignement primaire. L'archéologie, la numismatique, par exemple, sans être absolument proscrites de l'école, n'y figureront que par quelques rares spécimens; et encore ces objets ne font-ils pas véritablement partie du musée tel que nous le comprenons.

Ces principes posés, passons aux moyens d'exécution, en supposant d'abord l'école dénuée de toutes ressources, ce qui est le cas le plus fréquent. Avant tout, répondons à une objection. « Si l'instituteur ne veut ou ne peut faire aucune dépense, dira-t-on, il ne lui sera possible de recueillir que des objets connus de tous les enfants ; son musée sera donc très incomplet et très peu intéressant. >» Il y a là une erreur d'autant plus grave, que ce prétexte est allégué par la plupart de ceux qui hésitent encore à créer des musées scolaires. Ce qu'il importe surtout de faire connaître aux enfants, ce sont les objets qui les entourent, ce sont les produits de la localité ou mieux de la région qu'ils habitent. Et ces produits, les enfants les eussent-ils tous les jours sous les yeux, ne manqueront pas d'être intéressants lorsqu'un maître habile saura les faire observer, les présenter sans cesse sous de nouveaux aspects. Il est d'ailleurs une foule de choses que nous croyons connues de l'enfant, alors qu'elles sont restées pour lui complètement inaperçues. Mais, outre les objets provenant de la région, le maître rassemblera les produits étrangers que Ion emploie dans les industries locales ou dans les usages journaliers de la vie. Que l'on y réfléchisse, et l'on verra que le champ à parcourir est déjà bien vaste.

Enfin, avec un peu de bonne volonté, l'instituleur se procurera sans frais, par ses relations avec les industriels du pays, avec les parents de ses élèves, dans ses propres voyages, une foule d'objeis qui viendront enrichir son musée.

En ce qui concerne l'installation matérielle du musée scolaire, un instituteur industrieux ne sera pas embarrassé. Il fixera aux nmrs de la classe tiuelques planchettes étroites sur lesquelles il disposera ses boîtes et ses bocaux. Il fera appel aux élèves, qui lui apporteront à l'envi des flacons de pharmacie, de pilules, tous excellents, pourvu que l'ouverture en soit quelque peu large. Les enfants se feront un plaisir de fabriquer eux-mêmes des boîtes en carton ou en bois.

Chacun des élèves fournira ensuite son contingent. Le fils de l'épisier, par exemple, apportera le café en grains, le poivre, le riz, etc. ; un autre enfant, fils d'un menuisier, fournira et préparera les échantillons des différents bois employés dans l'industrie. Tous seront heureux de contribuer au succès de l'entreprise, or. l'instituteur aura besoin de contenir leur ardeur plus souvent que de l'exciter.

Les promenades scolaires seront largement utilisées ; on y recueillera des insectes, des plantes, des minéraux.

L'accumulation de toutes ces richesses amènera sans doute un peu de confusion au début; mais Tordre se fera peu à peu. A mesure que les produits afflueront, l'instituteur les classera. JNous avons dit, et nous insistons sur ce point, que le

maître aura fait à l'avance son programme do leçons de choses; or les divers chapitres de ce programme fourniront précisément les divisions et les subdivisions du musée scolaire. Sans donner la classification suivante comme invariable, nous pensons cependant qu'elle pourra servir de guide :

Produits alimentaires.

/ Céréales, légumineuses.

V Farines, fécules.

I Épi( V Bois

Matériaux de construction'.

Chauffage et éclairage..

Botanique.

Insectes..

Zoologie >^ Mammifères

et oiseaux.

Café, cacao, thé, sucre, etc.

ces.

ssons.

/ Matières textiles. L M.itières colorantes.

' Cuirs.

Industries diverses ( Métaux et minerais.

j Verres.

I Porcelaines, faïences, poteries, \ Papier.

/ Bois (section transversale, seci tien longitudinale avec écorce, bois poli, verni), pierres, plâtre, chaux, etc.

Ardoise, tuile.

Bois.

Houille, coke, etc.

Cliandeiles, bougies.

Pétrole.

^ Huile, graines oléagineuses.

„ , , . - • ' 1 • ( Principaux minéraux. Géologie et minéralogie. J possiles^houille avec empreintes.

I Herbier (signes caractéristiques pour les plantes médicinales usuelles et pour les plantes vénéneuses).

i Utiles.

\ Nuisibles.

Utiles (gravures, ou, ù défaut, une simple nomenclaturcles rappelant à l'attention du maître et des élèves).

\ Nuisibles.

( Instruments et machines agri-

Agriculture < cotes (modèles réduits exécutés

( par les élèves).

Chimie Produits chimiques usuels.

, . f Petits appareils fabriqués par

i-liysique ^ le maître et les élèves.

Dans chaque subdivision, lorsqu'il s'agira de produits fabriqués, il y aura lieu de faire figurer la matière première h l'état brut et dans les principales phases des transformations qu'elle subit avant d'arriver à sa forme définitive.

Non seulement plusieurs divisions et subdivisions peuvent être ajoutées au tableau précédent; mais chacune d'elles peut renfermer un nombre d'objets plus ou moins considérable, selon la nature des industries du pays, selon que le musée est destiné à une école urbaine ou à une école rurale, à une école de garçons ou à une école de filles.

Si l'organisation d'un musée scolaire est possible en l'absence de toutes ressources, à plus forte raison le sera-t-elle lorsque l'instituteur obtiendra quelques subventions de la municipalité ou des habitants de la commune. Dans ce cas, nous l'engageons à employer les ressources dont il pourra disposer non à l'acquisition d'un musée fait de toutes pièces, mais, d'abord, à l'achat d'une armoire vitrée, qui préservera ses collections de la poussière ; plus tard, si la subvention est suffisante, il achètera quelques objets qu'il ne pourrait se procurer sans frais, quelques types d'animaux utiles ou nuisibles, par exemple, quelques gravures.

La création d'un musée scolaire est donc possible dans toutes les écoles. Et cependant le mouvement on faveur de cette utile institution

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