‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 228 sur 573 · OFFICIERS · texte numérisé non relu

OFFICIERS

OISE

telHgence; c'est pourquoi tout ce qu'on fait pour la culture générale du jugement, c'est-à-dire pour la culture des facultés les plus hautes de synthèse, d'invention et de critique, on le fait pour la faculté d'observation. Il n'est donc guère d'exercice supérieur où l'occasion ne se présente à l'élève d'apprendre à bien observer, parce que tous offrent l'occasion d'apprendre h penser juste, c'està dire d'apprendre à raisonner avec hardiesse et à conclure avec prudence, à devancer quand il le faut le témoignage des faits, à revenir en arrière aussitôt que le sol manque sous le pied, à féconder l'étude des détails par des vues originales, mais aussi à toujours subordonner ces vues au contrôle définitif de l'expérience. Toute sérieuse éducation de la pensée conduit là. Et c'est ainsi encore que, à force de voir les liaisons des choses, et que toutes les parties de la nature s'expliquent les unes par les autres, la jeune intelligence éprouvera un besoin de plus en plus vif de comprendre, c'est-à-dire de connaître les causes d'un nombre toujours plus grand d'effets, et s'intéressera pour ainsi dire à l'univers tout entier, passant ainsi du point de vue de la sensation égoïste à celui de la curiosité désintéressée et impartiale, — V. aussi Sens (Education des). TA. Espinas.]

OBSKRVATIOKS METEOROLOGIQUES. — V. Météorologie.

OFFICIEIl D'ACADÉMIE, OFFICIER Dlî L'IN- STRUCTION PUBLIQUE. — V. Distinctions honorifiques.

OFFICIERS.— On donnait le nom ^'officiers, dans les écoles d'autrefois, à des élèves que le maître chargeait de divers offices qu'ils exerçaient sous son autorité, de manière à l'aider dans la conduite de sa classe. L" Ecole paroissiale^ ouvrage publié en 1654, consacre tout un chapitre (I^e partie, rticle iv) à traiter des divers officiers de l'école. L'auteur explique d'abord la nature et les avantages de cette institution de la manière suivante :

« Pour bien conduire un royaume, une armée, une ville, une famille, il faut qu'il y ait de l'ordre. Et celui qui est le chef doit se servir de divers officiers, qui se rapportent l'un à l'autre, par subordination. C'est ce qui doit se pratiquer exactement dans une école, où le maître qui en est le chef doit se servir de ses écoliers (comme nous voyons pratiquer dans les collèges et écoles les mieux ordonnées) qui lui aideront, non seulement à conduire leurs compagnons, mais encore pour les porter eux-mêmes dans la perfection de la vertu, et de la science, par émulation et par affection, tant à leur propre bien qu'à celui de leurs compagnons : car c'est un excellent moyen pour apprendre, d'écouter, encore plus, d'étudier, et beaucoup davantage, en enseignant les autres. »

Vient ensuite une énumération des divers officiers, de leurs titres et de leurs attributions. Ce sont : r Les intendants, au nombre de deux, choisis parmi les plus grands; ils doivent veiller sur tous les autres officiers, et instruire les nouveaux officiers de leurs devoirs; 2° les observateu7-s, au nombre de deux, chargés plus spécialement de la discipline : « ils écrivent les délinquants et immodestes sur un morceau de papier » ; 3° les admoniteurs, qui sont adjoints aux observateurs; ils doivent nommer tout haut les élèves qui méritent d'être repris, afin que le maître les punisse; 4° les répétiteurs, au nombre d'une douzaine, choisis parmi les plus avancés : ils font réciter les leçons, et montrent l'alphabet aux plus petits ; deux répétiteurs fonctionnent à la fois, un de chaque côté de la classe; au bout d'une demiheure, les intendants en désignent deux autres pour les remplacer, et ainsi de suite toutes les demi-heures; 5° les récilateurs de prières : ce

sont deux élèves pris parmi les plus sages; G» les lecteurs, au nombre de trois, « pour faire la lecture spirituelle, tant aux dimanches et festes qu'es ! veilles des festes solennelles »; 7° deux officiers j d'écriture, qui viennent avant la classe préparer i « les papiers, cornets d'encre et boettes à poud."e » ; 8° deux receveurs pour l'eiicre et la poudre, qui « auront le soin par ensemble de receiiillir et faire payer aux écrivains pour chacun mois quinze deniers pour l'encre et pour la poudre » ; 9° les balleyeurs; qui sont choisis de quinzaine en quinzaine parmi les plus forts; 10° les officiers pour aller à l'eau: ce sont les « balleyeurs » sortants de charge; 11° le portier : le maître désigne chaque quinzaine pour cet office deux élèves, « qui auront alternativement le soin d'ouvrir et fermer la porte » ; 12° Vaumônier : c'est « un de ceux qui n'écrivent point », choisi tous les mois « pour recueillir, après le déjeuner et le goûter, ce que les écoliers voudront volontairement donner pour les pauvres. Toutes ces petites aumônes ramassées, il les portera au maître, qui les distribuera aux pauvres écoliers de l'école qui en ont le plus besoin »; 13° les visiteurs, qui doivent être au nombre de huit pour une école de cent élèves : leur charge est d'aller au domicile de leurs camarade s'informer de la conduite de ceux-ci. Ils doivent demander : si un tel prie Dieu soir et matin, et s'il dit le benedicite et les grâces; s'il n'est point gourmand et menteur à la maison ; s'il est bien obéissant à tout ce qu'on lui commande ; s'il ne bat ou querelle ses frères, sœurs, serviteurs ou servantes ; s'il ne sort point (sans demander congé) de la maison, et s'il revient à l'heure de l'école. Ils auront soin d'écrire les réponses des parents pour les rapporter aux maîtres.

L'organisation indiquée dans VEcole paroissiale, œuvre d'un prêtre de Paris, paraît avoir été adoptée au xvii^ siècle dans la plupart des écoles de France : pour ne citer ici que deux exemples, Démia * la recommande dans son statut de 1676 pour les maîtres et maîtresses du diocèse de Lyon (« chaque maître et maîtresse se conformera autant que faire se pourra aux règlements et au livre intitulé VEcole paroissiale, qu'un chacun aura et lira soigneusement «), et Nesmond *, en Normandie, en parle également dans son Plan d'instruction et d'éducation (1671).

M. de La Salle, à qui l'on a quelquefois attribué le mérite de l'invention des officiers, s'est borné, comme on voit, à transporter dans les écoles des frères une institution qu'il trouva fonctionnant déjà dans les écoles existantes. Voici le dénombrement que donne la Conduite des écoles (édition de 1838) des officiers employés dans les écoles des frères : deux récitateurs des prières, un porte-aspersoir,un ou deux porte-chapelets, un sonneur, plusieurs surveillants, plusieurs répétiteurs, plusieurs vérificateurs des pensums, deux balayeurs, un portier.

On sait comment, sous le nom de moniteurs, les anciens officiers devinrent le ressort principal du système d'enseignement mutuel. — V. Moniteurs et Mutuel [Enseigyiemerit).

OISE (Département de 1'). — Superficie, 5855 kil. carrés. Population : 404 555 habitants en 1881, au lieu de 401618 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 69 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 4 arrondissements, formant 5 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Beauvais (r*), Beauvais (2°), Clermont, Compiègne et Si'ulis ; 35 cantons, 701 communes, dont 219 de 500 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département do rOise est réparti de la manière suivante :

OISE

OISE

tn

d'écoi.ks

NOMBRE

DK CLASSES

d'élèves I

ffu

ça

sa

libres.

Beamais i'''

DcauTais 2°.

Clermont.

Compiègne. .

Senlis . . .

scoptrc de la critique dans le Journal des ébats, avaii exercé en ITOi les fo ^.ctiona d'insti-

Population d'âge scolaire. — En 187G on comptait 46 330 enfants de 6 à 13 ans (23 270 garçons et 23 054 filles), soit 11.54 enfants dage scolaire pour 100 habitants. En 1881 on compte 47 227 enfants de 6 à 13 ans (23 687 garçons et 23 540 filles), soit 11.67 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une augmentation de 897 enf.mts de6àl3 ans pour une période de cinq années, tandis que pendant la môme période la population totale s'est accrue de 2937 habitants.

1. État de l'instruction publique avant 1789. — Il n'a pas été fait de publication spéciale relative à l'histoire des petites écoles dans l'ancien diocèse de Boauvais; et nous n'avons pas trouvé a,u Musée pédagogique de documents manuscrits qui permissent d'y suppléer et de donner quelques indications sur ce sujet. Nous sommes donc obligés, en ce qui concerne l'état de l'instruction publique dans le département de l'Oise avant la Révolution, de renvoyer le lecteur au tableau général qui a été donné à l'article France.

Nous noterons seulement que le collège de Beauvais fut fondé au xvi* siècle par Nicolas Pastour, et donné à la ville par acte notarié du 20 août 1545; ce fut dans ce collège que Racine fit ses premières études : il y resta jusqu'à l'âge de seize ans, avant d'être placé à Port-Royal.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Epoque de l\ révolution. — M. E. Charvet, dans une brochure intitulée L'instruction publique à Beauvais pendant la Révolution (Beauvais, 1878), a donné quelques renseignements sur les écoles de cette ville. En 1791, Beauvais possédait plusieurs écoles de pauvres : quatre maîtres d'école, payés par le bureau des pauvres, étaient chargés d'apprendre gratuitement à lire, écrire et compter aux enfants indigents; une sœur faisait la classe aux jeunes filles nourries dans la maison des pauvres. En l'an II, sous le régime du décret du 29 frimaire, la municipalité défendit aux instituteurs « d'apprendre soit à lire, soit à écrire avec d'autres livres qu'avec des livres français, et entre autres ceux qui traiteraient des droits de l'homme, de la constitution, de la division de la France en 86 départements et du nouveau calendrier. » Les pensionnats des religieuses ursulines et franciscaines furent supprimés; par contre, les dames de l'Enfant-Jésus, qui prirent l'habit séculier, continuèrent à se livrer à l'éducation des jeunes filles, et la suppression des maisons religieuses leur amena les enfants de presque toutes les familles do la ville. L'école centrale du département de l'Oise fut ouverte le 24 octobre 17i<6 : on l'installa dans l'ancien couvent des Ursulines; pour la commodité des élèves du dehors, un pensionnat y fut établi en l'an VI.

Le célèbre Geoffroy, qui devait tenir plus tard r« Partie.

I lo Défj^

tuteur dans une commune de l'Oisp. Nous avons sous les yeux une copie de la délibération, en date du 2() floréal an II, par laquelle les officiera municipaux et les ('lecteurs de la commune de Moimcville reçoivent le citoyen Geoffroy comme instituteur public. Il y «^st stipulé que « ledit Geoffroy sera logé et jouira du local d'habitation du presbytère; qu'il sera tenu de soimcr, tant qu'il sera logé en la maison dudit presbytère, la cloche à onze heures précises du matin, pour annoncer l'heure aux ouvriers qui travaillent aux champs, et il lui sera accorde une journée, en sus du jour de la décade, pour agir h s»is affaires, et les vacances ordinaires si la loi n'en ordonne autrement. »

Il y avait avant 1789 à Clermont un couvent d'Ursulines où était établi un pensionnat de demoiselles. Le couvent ayant été supprimé, les religieuses se trouvèrent quelque temps obligées de renoncer à leur entreprise. Mais en 1795, Jacques-Dominique Cassini lour donna la moitié de son château de Thury pour y installer un nouveau pensionnat; dénonce pour ce fait aux autorités de Beauvais, il leur écrivit une lettre où il invoquait la liberté des cultes, ajoutant que rien dans la constitution ne défendait de donner dans sa maison asile à des ci-devant religieuses. Cassini, comme il le disait, « connaissait la constitution mieux que ses dénonciateurs » ; aussi ne fut-il nullement inquiété, et le pensionnat de Thury prospéra jusqu'en 1808, époque à laquelle les Ursulines retournèrent à Clermont.

Consulat, Empire, Restauration. — Le préfet de l'Oise, Cambry, écrivait en l'an IX : « La délibération que l'ancien département a prise pour organiser les écoles primaires n'a pu être exécutée : elle présentait des difficultés qu'il n'a pas été possible de vaincre ; aussi il existe très peu d'écoles primaires dans le département. On voit encore, dans différentes communes, des anciens magisters faire l'école, enseigner à lire, à écrire et les quatre premières règles de l'arithmétique ; mais ces écoles ne sont pas suivies. Gomme les instituteurs n'ont aucun traitement fixe, qu'ils ne sont payés que par les parents des enfants qui fréquentent l'école, ce sont, pour la plupart, des personnes sans capacité, dont le zèle et la moralité ne peuvent être appréciées. Cette partie est presque nulle et demande une prompte réorèanisation. » La réorganisation souhaitée ne vint pas; ni le Consulat, ni l'Empire, ni la Restauration ne devaient se préoccuper sérieusement de l'instruction primaire. C'est seulement à partir de la loi de 1833 que le progrès commence à se faire sentir. L'école centrale de Beauvais fut supprimée en 1802. Le nombre des élèves qui en suivaient les différents cours était en 1801 le suivant : chimie, 25; histoire, 2 ; belles-lettres, 8; dessin, 60 ; législation, 10; mathématiques, 12; histoire naturelle, 9; langues anciennes, 30; grammaire générale, 12.

Rappelons que c'est dans l'Oise qu'avait été fondée, quelques années avant la Révolution, l'école professionnelle de Liancourt, création du duc de La Rochefoucauld. La Convention fit de cet établissement une école nationale, qui dura de 1795 à 1803. En 1800, Compiègne avait reçu une des sections du Prytanée * français; trois ans plus tard, le premier consul, ayant transformé le collège de Compiègne en école des arts et métiers, y plaça les élèves de Liancourt. L'école des arts et métiers de Compiègne fut transférée à Châlons en 1806. — V. Liancourt.

Statistique compakée db 1859 a 1892-1883. -^ Voici les données que nous possédons sur le dévelopoement de l'instruction primaire dans le

OISE

OISE

département de l'Oise depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.

Nombre des communes dépourvues d'écoles. — Kn 1837, le département comptait 4 communes n'ayant aucune école, et 640 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il y avait encore 4 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1877, on ne trouve plus de communes sans écoles; mais 3G communes de 500 habitants et au-dessus n'ont pas d'écoles publiques de filles.

Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de l'Université, de 768 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :

Écoles Écoles

d'après la statistique offic'i'ï.

publiques

libres

Total

Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles mixtes et écoles de filles.

Écoles de garçons mixtes de filles

(y compris les écoles mixtes

?,nH

Total

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles laïques Écoles congréganistes

de garçons ^^ ^^^^^ ou mixtes

de garçons ^ gn

Total

ll3i

Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.

Total.

Laïques.

Congrég.

Laïques.

Congrég.

Nombre total d'élèves et nombre des élèves gra-tuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèves Élèves gratuit»

Manque

Manque 26 507 27515 25 994

Gratuité

En 1832, il y avait 1143 élèves inscrits sur 10 OOO habitants; en 1840, 1256; en 1863, 1399; en 1876^ 1877, 1432, et 1437 en 1882-1883.

Ecoles maternelles {Salles d'asile).

1832 (année civile)

1876-77 (année scolaire). .

Nombre des établissements

Nombre des élève».

Nombre des cours

d'adultes et de leurs audi-

Nembre d'aiidileur»

Ndmhre de cours

Hommes Femmes

Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de 1833 à 1883 inclusivement a été le suivant :

Instituteurs.

422 brevets élémentaires, 12 brevet supérieur»

lommes

Femme»

obligatoires,

— élémentaires, 10

facultatifs ou complets, supérieurs.

brevets élémentaires, 10 brevets supérieurs.

— oblij

atoires, 56

— élémentaires, 7

complets, facultatifs ou complets, supérieurs.

Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits dans le département de l'Oise en 1867 ; mais les résultats connus ne remontent pas au-delà do 1872. En voici le tabliiau :

OISE

OISE

Nombre de candidat» Certificats obtonu» Garçons Filles Garçons Filles

Résultats de l'instruction. — Les deux tableaux ci dessous indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints .

Noynbre de conscrits sachant au moins lire, de 1827 à 1883 inclusivement.

ANNÉES

NOMBRE Examinés

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