DU DÉPARTEMENT
Années
Hommes
'emmes
Hommes et femmes
Budget de l'instruction primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire pour les vingtneuf dfirnières années, de 1S55 à 1883 :
En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0; dans le département de l'Oise cette moyenne était déjà de 63.4 0/0, soit 18.6 0/0 au-dessus de la moyenne générale. La classe de 1883, en portant l'instruction des conscrits dans le département de l'Oise à 91 0/0, réalise un progrès total de 27.6 0/0 pour la période de cinquante- cinq années qui s'est écoulée de 1829 à 1833, soit un progrès annuel de 0.50 0/0, tandis que pour toute la France le progrès a été durant la même ' période de 0.80 0/0.
Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.
ANNÉES
RÉTRIBU- TION
scolaire
i PART.
oe o —
oo -1)
SUBVENTIONS
du
de l'Eut
département
lo8:,.36
7iJ 7 48
Gratuité.
En 1803, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de I3'%03, soit 3f%36 au-dessus de la moyenne générale qui était à la même date de 9'%47. En 1876, cette dépense était de 18^'',70, la moyenne générale étant de 17'',83. En 1882, la dépense par tête d'élève dans le département de l'Oise était de 29'%02, tandis que la moyenne générale était de 21^'',77.
Etat actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de l'Oise pendant l'année scolaire 1883-1884.
Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 1155 (1011 écoles publiques et 144 écoles libres). Une commune seulement est entièrement dépourvue d'écoles ; 13 communes de plus de 500 habitants n'ont pas encore d'école publique de filles (ce nombre était de 15 en 1882]. Sur les 1155 écoles primaires du département, il y a 984 écoles laïques (300 écoles de garçons, 216 de filles et 468 mixtes) et 171 écoles congréganistes (11 de garçons, 157 de filles et 3 mixtes).
Division des écoles de toute nature d'après le noynbre de classes qu'elles possèdent :
Publiques Libre.^
Écoles à 1 classe 903 89
— 2 classes 76 21
— 4 - li 8
— 8 — et au-dessus. » ^
Totaux 1011 ii^
Division des classe^ d'après le 7iombre des élèves quelles reçoivent :
i de 50 élèves et au-dessous. 82.8 0/0 au lieu de 73.10/0
S Vde plus de 50 élèves 12-40/0 - 14.70/0
Jl ) 70 — 0,7 0/0 — 3.7 0/0
OISE
OISE
Les moyennes correspondantes pour toute la France sont : 58.9 0/0, 18.7 0/0, 11.6 0/0, 6.8 0/0, h 0/0. D'où il résulterait que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve déjà dans une très bonne situation.
Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1883-1884 sont au nombre de 58257 (au lieu de 58 132 en 1882-1883). Ce nombre peut se décomposer en :
Elèves des écoles publiques 50 360 )
— — libres 7 807 i
Garçons 28 965 )
Filles
Elèves des écoles laïques
— — confrréffanistes.
Elèves des écoles | de filles zu s/o ^
f mixtes 17490 1
Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nf^mbre de 58257 pour 47 977. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de l'Oise est de 47 227, d'où il résulterait que 750 enfants d'âge scolaire se sont fait inscrire à deux écoles pendant le cours de l'année, ce qui n'aurait rien d'extraordinaire dans un département où renseignement libre congréganistes entre en concurrence contre l'enseignement public avec quatrevingt-une école comprenant 5 549 élèves.
Certificat d'études primaires. — Le résultat des examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1884 :
Nombre de caDdidats.
Totaux 2283
Nombre de cerlificals obtenus.
Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'année scolaire 1883-1884 un eff'ectif de 1563 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.
1' Pour les écoles publiques;
Instituteurs Institutrices
Laïques Congr. Laïques Congr.
Titulaires avec brevet supérieur 45 » 29 1
Titulaires avec brevet élémentaire 687 4 160 48
Titulaires sans brevet... » » » 37
Adjoints brevetés 88 10 58 15
— non brevetés » 3 » 27
2» Pour les écoles libres :
Instituteurs Institutrices
Laïques Congr. Laïque» Congr.
Titulaires brevetés 24 7 37 38
— non brevetés.. 1 » 1 36 Adjoints brevetés 7 26 68 49
— non brevetés.. « 7 » 50
Maisons d'école. — La situation au 1" septembre 1884 est résumée dans le tableau suivant :
Nombre et nature des maisons d'école.
Appartenant „ .,, , . ,
aux commune?. Prêtées. Louées. Total.
Écoles de garçons.... 247 1 1 249
— de filles 191 5 32 228
,— mixtes 439 » 17 456
Écoles de garçons et ) écoles de filles dans >
le même immeuble. 1 38 1 » 39
Totaux 915 7~ 50 972
Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 113 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maison d'école s'élève à 13 739 francs.
Le cliiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de l'Oise pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les sept dernières années, est le suivant :
Nombre
Subventions
des communes
de l'Etat
37 800fr.
1 646 540 îf.
Totaux.
Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1884, 84 écoles maternelles (53 publiques et 31 libres). Sur les 53 écoles maternelles publiques, 28 sont dirigées par des directrices laïques et 25 par des congréganistes. Toutes les directrices laïques sont munies du certificat d'aptitude ; parmi les 25 directrices congréganistes, 13 seulement possèdent ce titre. Sur les 31 écoles maternelles libres, 7 sont dirigées par des laïques et 24 par des congréganistes; 8 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 18 sous-directrices toutes pourvues d'un titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 11 sous-directrices, dont 8 sans titre de capacité. On trouve également 4 sous-directrices d'écoles maternelles libres laïques et 6 sous-directrices libres congréganistes, dont 4 sans titre de capacité.
Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1883-1884, 8523 élèves (8252 en 1882-1883), répartis comme suit :
Ecoles matemellesj laïques. . 3208
publiques / congrég. 2855
libres ) congrég. 2250
8523 élèves.
Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 1200 environ.
Ecoles normales et cours normaux. — En exécution de la loi du 10 août 1879, le département de rOise possède maintenant deux écoles normales : une pour les instituteurs et une pour les institutrices. Ces deux écoles ont été ouvertes en octobre 1884. Elles comptent, la première 50 élèves-maîtres, la deuxième 25 élèves-maîtresses.
Jusqu'à ce jour le personnel enseignant du département s'était recruté, autant que possible, chez les élèves des deux cours normaux établis à Beauvais. L'administration départementale entretenait un certain nombre de boursiers et de boursières dans ces deux établissements, tous deux congréganistes, dont la fondation remontait à
Écoles primaires supérieures. — D'après les derniers relevés, le département de l'Oise possédait, pour les garçons, 2 cours complémentaires publicsd'enseignement primaire supérieur et 3ccoles libres de trois années 'en tout 5 établissements où 352 élèves recevaient renseignement de 33 maîtres spéciaux.
Pour l'enseignement primaire supérieur des filles on trouve 1 cours complémentaire public, 12 cours complémentaires libres, et 3 écoles libres
OLDENBURG
OLDENBURG
de trois années, en tout IG établissements où 157 maîtres spéciaux donnent l'enseignement primaire supérieur à 59S élèves.
Bihliolhàques scolaires et bibliothèques pédago- , -„... .. --^^ .-..
oioues — Voici la situation au 1" janvier 1884 : i obligation scolaire de 1 âge de six ans ^ ' ; fjuatorze. Si dans une commune scolai
Bibliothèques scolaires oaÎII
Nombre de livres de lecture 81 336
de prêts 76 772
Bibliothèques pédagogiques , , oo-
Nombre de volumes 14 82o
En 1863, le département ne possédait que 117 bibliothèques scolaires contenant ensemble 7130 volumes de toute nature.
Caisses des écoles. — 338 caisses des écoles fonctionnent en 1884 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1883 :
Recettes de l'exercice 1883 59 029 fr.
Dépenses 30 990
Somme en caisse à la clôture de l'exercice. 28 039 fr.
qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait que 3 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 649 francs.
Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1872. Voici leur situation en 1879 et en 1884 :
Nombre
Aimées.
de caisses
de livrets
Sommes inscrites
ces livrets
285 206 fr.
Société de secours mutuels. "- La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1867, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 que 616 membres et son actif n'atteignait que 42 173 francs. Elle compte en 1884 703 membres, et son actif s'élève à 65 049 francs.
Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de l'Oise, dont la fondation remonte à 1869, paraît tous les mois, en format in-8°. Il est envoyé gratuitement à toutes les éco
En outre, tous les six ans une visite générale est faite par un membre de l'un drs Conseils scolaires supérieurs. Les écoles sont naturellement confessionnelles. Tous les enfants sont soumis à
à celui de quatorze. Si dans une comm.une scolaire le nombre des enfants d'â^çe scolaire dépasse 100, une seconde classe doit être établie; une troisième classe si ce nombre dépasse 2no, et ainsi de suite. Dans les écoles de plus de deux classes, la séparation des sexes peut ôtre établie pour les deux classes supérieures, et la classe des filles peut être dirigée par une institutrice. Dans les communes catholiques, la séparation des sexes a lieu partout où les enfants sont assez nombreux pour qu'il y ait deux classes. En été, à la campagne, les leçons n'ont lieu d'ordinaire que pendant deux ou trois heures chaque jour ; ou si le sys-
j tème du demi-temps n'est pas adopté, les élèves de dix à quatorze ans peuvent être dispensés de la fréquentation deux jours par semaine. Les matières d'enseignement sont : la religion, la lecture, l'écriture, la grammaire, le calcul, le chant, des notions de géographie, d'histoire et de sciences naturelles, le dessin, la gymnastique, et pour les filles les travaux à l'aiguille. Le montant de la rétribution scolaire est fixé à 2 marks 1/2 par an au minimum; des réductions peuvent être accordées aux familles pauvres.
Les instituteurs sont nommés et révoqués par
j le Conseil supérieur de leur confession, de concert avec le comité local. Ils sont de trois catégories : les instituteurs principaux {Hauptlehrer)y les instituteurs auxiliaires [Nebenl'ihrer) de première classe, et les instituteurs auxiliaires de seconde classe. Les traitements minima sont de 625 à 750 marks pour les instituteurs principaux, de 600 marks pour les auxiliaires de première classe, de 345 à 375 marks pour les auxiliaires de seconde classe, avec le logement gratuit en plus. Les instituteurs ont droit à une pension de retraite à l'âge de soixante-dix ans.
Dans les principautés de Lùbeck et de Birkenfeld, l'autorité scolaire est le gouvernement provincial {Provinzialregierung) auquel sont adjoints, pour la principauté de Lùbeck, un ecclésiastique protestant et deux hommes d'école, pour celle de Birkenfeld un ecclésiasticjue protestant ou catholique et un homme d'école. Les écoles sont con-
les publiques, dont il devient la propriété, et
reçoit à cet effet une subvention du Conseil gé- 1 fessionnelles. Les instituteurs sont choisis par la
néral.
OLDENBURG. — Le grand-duché d'Oldenburg se compose de trois territoires séparés : les deux principautés de Lùbeck et de Birkenfeld, et le duché d'Oldenburg; la superficie de l'ensemble de ces territoires est de 6420 kilomètres carrés, et leur population d'environ 340 000 habitants. Il y a environ 66000 catholiques. Chacun des trois territoires a sa législation scolaire propre.
commune scolaire entre trois candidats présentés par le gouvernement provincial. L'obligation scolaire dure jusqu'à l'âge de quinze ans. La rétribution scolaire est de 3 marks au minimum. Les traitements sont réglés par des lois spéciales. Les écoles primaires peuvent être, avec l'autorisation du Conseil scolaire supérieur ou du gouvernement provincial, transformées en écoles moyennes {Mittelschulen)^ avec un enseignement
La loi scolaire du duché d'Oldenburg est du | plus développé; l'extension porte principalement
3 avril J865. En voici les principales dispositions . L'enseignement public est placé sous la direction de deux Conseils scolaires supérieurs, relevant du ministère d'Etat, savoir : un Conseil protestant à Oldenburg, et un Conseil catholique à Vechta; chacun de ces Conseils est composé de cinq membres. Chaque commune scolaire iSchul- | acht) a un comité scolaire {Schulvorstan'i), compose du premier fonctionnaire municipal, du pas- I leur ou curé, du premier instituteur de l'école et d un juré scolaire [Schuljurat) élu par le conseil de la commune scolaire [Sc/iutachtsauschuss). L'ecclésiastique membre du comité scolaire exerce les fonctions d'inspecteur local. Il y a en outre des inspecteurs d'arrondissement, choisis parmi les pasteurs ou les instituteurs, qui doivent visiter une fois tous les trois ans toutes les écoles de leur ressort, et reçoivent à cet effet une indemnité.
sur les mathématiques, les sciences naturelles et le dessin; les langues étrangères ne sont pas enseignées.
Il existe deux séminaires d'instituteurs, l'un protestant, à Oldenburg, l'autre catholique à Vechta.
Pour fonder une école privée, il faut être muni des titres de capacité exigés par la loi.
Dans quelques villes, on trouve des salles d asile [Kleinki7ider-Bewnhra7istalle)v, entretenues, en général, par les dons de personnes charitables.
En 1N78-1879, il y avait dans le duché d Oldenburg 401 écoles primaires C-'S-^ protestantes et 119 calholiques\dans la principauté de Lùbeck o8, et dans celle de Birkenfeld S-2. L enseignement secondaire est représenté par 3 jiymnases, 3 tieal- Schulen de 'l" ordre, et une école supérieure de jeunes filles.
OPPOSITION
OPPOSITION
OLIVIER. — Louis-Henri-Ferdinand Olivier, né en 1759 à La Sarraz (canton de Vaud, Suisse), après avoir fait ses études à Lausanne, devint en 177S précepteur à Riga dans une famille noble; en 1780, il fut appelé comme professeur de français au Philanthropî)mm*àe Dessau, et exerça ces fonctions pendant quinze ans, jusqu'à la dissolution de cet établissement; il fonda ensuite à Dessau un pensionnat, dont il abandonna la direction en 1801 pour se consacrer tout entier à la vulgarisation et au perfectionnement de la méthode de lecture dont il était l'inventeur. Il est mort à Vienne en 1815.
La méthode de lecture d'Olivier avait d'abord été employée par lui pour l'enseignement du français, lorsqu'il professait au Philanthropinum; il résolut ensuite de l'appliquer à la lecture de l'allemand, et la fit connaître dans un ouvrage publié en 1801 et intitulé Die Kunst lesen und rechtsclirêiben zu lehren auf ihr einzig-wahres^ hôchst ein/'aches und untrûgliches Grundprinzip zurûckgefûhrt (L'art d'enseigner à lire et à écrire correctement, ramené à son principe fondamental, le seul vrai, aussi simple qu'infaillible). Une exposition plus complète de son système se trouve dans un second ouvrage publié quelques années plus tard sous ce titre bizarre : Ortho-epo-graphisches Elementarwerk (Le livre élémentaire ortho-épo-graphique), 2 vol., Dessau, 1804-1806. Le trait caractéristique de cette méthode, c'est sa prétention de soumettre à une analyse minutieuse et rigoureusement scientifique les éléments de la parole. Avant d'enseigner à l'élève le nom des lettres et la forme des caractères, Olivier lui faisait passer en revue tous les sons de la langue parlée, lui apprenait à les distinguer dans leurs plus délicates nuances, et à les classer méthodiquement selon les organes qui interviennent dans la prononciation de chacun d'eux; après l'achèvement de ces laborieux préliminaires, où l'on serait presque tenté de voir une réminiscence d'une scène bien connue du Bourgeois gentilhomme^ l'enfant apprend l'alphabet usuel au moyen d'images représentant une série d'objets dont le nom contient la lettre qu'il s'agit de prononcer : ainsi le mot Traube (raisin) sert à enseigner la lettre 6, le mot Tidpe (tulipe) la lettre p^ etc.; c'est la lecture par écho de Bertaud * et de Daubanton * \y. Lecture, p. 1540). Olivier fait prononcer les consonnes en y joignant la voyelle e, placée alternativement après la consonne, be, pe, et avant, e6, ep : ce procédé est celui du chanoine Cherrier (V. Lecture, p. 1511). Les lettres^ une fois connues, sont collées isolément sur de petits morceaux de carton que l'élève assemble pour former des mots. — M. Rapet a signalé des ressemblances entre la méthode d'Olivier et celle de François de Neufchâteau (V. François de Neufchâteau) ; elle a aussi des rapports assez marqués Sixec la. statilégie de M. de Laffore *. Après avoir attiré l'attention en Allemagne et en Autriche lors de son apparition, la méthode Olivier a été abandonnée comme peu pratique : elle complique l'enseignement de la lecture au lieu de le simplifier.
OPPOSITION. — Terme de jurisprudence : action de se rendre opposant à l'ouverture d'une école privée.
Lorsqu'un instituteur veut ouvrir une école libre, il doit remplir certaines formalités énumérées ailleurs (V. Ouverture) ; il doit notamment déclarer son intention au maire de la commune où il veut s'établir; la même déclaration doit être adressée au préfet, au procureur de la République et au sous-préfet; elle reste en outre affichée par les soins du maire à la porte de la mairie pendant le délai d'un mois (art. :27, loi du 15 mars 1850; art. 8, loi dul4 juin 1854).
Si après avoir visité le local destiné à Técolo, le maire refuse de l'approuver, il fait mention do son opposition et des motifs sur lesquels elle est fondée au bas des copies légalisées qu'il délivre à l'instituteur. On dit alors que l'opposition est faite au local dans l'intérêt de la santé des élèves (art. 2, décret du 7 octobre 1850).
L'opposition est faite à la personne, dans l'intérêt des mœurs publiques, lorsqu'elle émane du préfet agissant soit d'office, soit sur la plainte du procureur de la République ou du sous-préfet. Le préfet est tenu de se prononcer dans le mois qui suit la déclaration à lui transmise et de signifier son opposition à l'intéressé par un arrêté motivé (art. 28, loi du 15 mars 1850 et art. 4, décret du 7 octobre 1850). Mais pas plus dans ce cas que dans le précédent l'opposition ne produit des efi"ets définitifs; elle suspend provisoirement l'ouverture de l'école (art. 29, alinéa 3, loi de 1850). Le Conseil départemental est saisi de l'aff'aire et il doit statuer dans un bref délai. Il y a débat contradictoire lorsque l'opposition est faite à la personne ; l'intéressé est cité à comparaîtie trois jours au moins avant la séance fixée pour le jugement.
La décision du Conseil départemental est soumise aux conditions de fond et de forme du décret du 29 juillet 1850 (chap. 2). S'il y a partage, comme l'affaire est contentieuse, la voix du président n'est pas prépondérante; elle ne le devient que dans une nouvelle délibération prise après convocation spéciale des membres qui n'assistaient pas à la première (art. 9 du décret).
Si l'opposition est levée, l'école peut être ouverte; si elle est accueillie par le Conseil départemental, l'école ne peut s'ouvrir (art. 29, alinéa 3, loi du 15 mars 1850). Sous l'empire de cette loi, le Conseil statuait en premier et dernier ressort; aucun recours n'était admis (art. 28). Il y avait là une diff'érence avec les règles relatives à l'ouverture d'un établissement libre d'enseignement secondaire: le Conseil académique, juge de l'opposition, prononce, sauf appel devant le Conseil supérieur de l'instruction publique (art. 64, loi du 15 mars 1850).
La loi du 10 avril 1867 a fait disparaître cette dilTérence; l'article 19 dispose que les décisions du Conseil départemental, rendues dans les cas prévus par l'article 28 de la loi du 15 mars 1850, pourront être déférées par voie d'appel au Conseil supérieur de l'instruction publique. L'appel doit être interjeté dans les dix jours de la notification de la décision du Conseil départemental; il n'est pas suspensif, l'article 29 de la loi du 15 mars 1850 n'ayant pas été modifié. Le but de cette réforme est indiqué dans l'instruction ministérielle du 12 mai 1867 : « Vainement pourrait-on dire qu'-, les écoles primaires étant beaucoup plus nombreuses que les écoles secondaires, le Conseil supérieur eût été appelé à statuer sur un trop grand nombre de pourvois : une semblable raison, et je n'en connais pas d'autres, n'est pas admissible, et je suis étonné que les personnes qui tiennent le plus ^ la liberté de l'enseignement n'aient pas été frappées depuis longtemps des inconvénients d'une semblable législation. » C'est donc pour protéger la liberté de l'enseignement que le législalateur de 18G7, plus libéral que celui de 1850, ce qui n'était pas difficile, a consacré l'appel conire les décisionsdes Conseils départementaux, rendues en matière d'opposition. Il n'a pas cru devoir laisser le dernier mot dans ces affaires souvent délicates à une assemblée locale; il a préféré créer deux degrés de juridiction.
Jusqu'en 1881 aucune difficulté ne s'est élevée au sujet de l'application de l'article 19 précité. Le doute est né alors de l'article 7 de la loi du 27 février 1880 sur l'organisation et les çttribu-
OPPOSITION