PEROU
suisses), organe de l'Exposition scolaire suisse à Zuricb. Publié par A. Koller, instituteur secondaire à Zurich, et. le D^ 0. Hioizike)' à Kiisnacht. Zurich, Orell, Fussli et C'°, éditeurs. Paraît depuis janvier 1880, en numéros mensuels de 24 pages in-8°. Prix d'abonnement : 1 fr. 50; pour l'étranger, 1 mark 50 pf. — A succédé au Korrespondenzblatt des Ardiivs der schweizerischen permanenten Schulausstellung .
l'ÉllOU. — La république du Pérou ne comprend qu'une partie de l'ancien empire des Incas, (Jont le reste forme la république de l'Equateur au nord et la Bolivie au sud. Son territoire a une superficie de 1 119 941 kilom. carrés. Sa population a été évaluée, lors du recensement de 1876, à 3 050 000, habitants, dont 350 00^' Indiens non civilisés. Environ 57 0/0 des habitants sont de race indienne, 22 0/0 sont des métis, 14 0/0 des blancs, et 7 0/0 des nègres. Le territoire forme seize départements, divisés en provinces; les provinces sont subdivisées en districts. L'autorité législative est exercée par le Congrès, formé d'une Chambre des députés et d'un Sénat; le pouvoir exécutif est remis à un président de la République, qui choisit ses ministres. Les départements sont administrés par un préfet, les provinces par un sous-préfet; les districts sont des arrondissements municipaux.
Dix ans après la mort de Pizarre fut fondée à Lima l'université de Saint-Marc (1551), 'a première en date parmi celles du Nouveau-Monde. Elle jouit pendant deux siècles et demi d'une grande réputation; mais de nos jours elle n'avait plus, jusqu'à sa récente réorganisation, qu'une existence nominale. Quatre autres universités, moins importantes, avaient été créées à Trujillo, Ayacucho, Cuzco et Puno. Un certain nombre de collèges furent établis dans les principales villes.
Après que le Pérou se fut constitué en républi- (|ue indépendante (1821), on put espérer que l'instruction publique allait prendre un vigoureux essor ; mais les guerres civiles, les coups d'Etat militaires qui remplissent l'histoire de ce pays dans notre siècle, empêchèrent longtemps la réalisation d'aucun progrès. C'est en 1855 seulement que fut créé, sous le nom « de direction générale des études », un département de l'instruction publique, qui forma une section du ministère de la justice; le 7 avril 1855 fut publié un règlement scolaire général, qui a été en vigueur pendant vingt ans. La statistique de l'année 18G0 indiquait l'existence de 30 collèges nationaux (dont 3 pour les jeunes filles), de 38 collèges particuliers (dont 14 pour les jeunes filles), de 502 écoles primaires publiques et de 288 écoles primaires privées.
L'élection du président Manuel Pardo, en 1872, inaugura une ère de progrès, trop brusquement interrompue au bout de six ans par l'assassinat de cet homme d'Etat. Pendant ces quelques années, le Pérou vit s'accomplir d'heureuses réformes; nombre de créations utiles furent faites. L'administration de l'instruction publique fut constituée en un ministère spécial. La loi municipale du 9 avril 1873 ordonna, conformément à la disposition constitutionnelle garantissant l'instruction primaire gratuite, que chaque district (municipalité) eût au moins une école primaire publique pour chaque sexe. Une loi du 18 mai 1875 autorisa le gcuvernement à promulguer un règlement général d'instruction publiqu(% qui remplaça celui du 7 avril 1855. Un conseil supérieur de l'instruction publique, installé en 1870, fut chargé de la rédaction des programmes d'enseignement; chaque département eut un conseil départemental, chargé de la nomination du personnel enseignant des écoles primaires, un inspecteur départemental, et un certain nombre de visiteurs d'écoles; des conseils provinciaux et des conseils de ,
district eurent aussi leur part dans l'administration des écoles; le traitement des instituteurs primaires fut fixé au chiffre de 600 sols (-3000 fr.). La vie fut rendue à l'enseignement supérieur par la réorganisation sérieuse de l'université de Saint- Marc, et la suppression des petites universités départementales, qui n'avaient pas le caractère d'établissements d'enseitrnement et se bornaient à délivrer des diplômes. Un nouveau plan d'études pour l'enseignement secondaire fut introduit en 1873 dans tous les collèges nationaux; et le conseil supérieur s'occupa d'élaborer aussi un programme général pour l'enseignement primaire. Pour suppléer à l'insuffisance du personnel enseignant des collèges, le gouvernement fit venir d'Allemagne des professeurs, entre les mains desquels fut remis une partie de l'enseignement secondaire. Un décret de 1876 créa une école normale d'institutrices à Lima, et affecta à l'entretien de cet établissement les biens de la congrégation supprimée de Saint-Philippe de Néri; l'école fut ouverte en mars 1878, et deux mois plus tard un autre décret ordonna la création d'une école normale d'instituteurs.
Le rapport présenté au Congrès de 1878 par le ministre de l'instruction publique, M. Loaysa, donne un tableau des progrès réalisés durant ces six années. Mais, tout en se félicitant des résultats déjà obtenus, le ministre ne dissimulait pas combien la situation laissait encore à désirer. « Vous le savez, disait-il avec une louable franchise, le personnel des collèges d'enseignement secondaire, I de même que celui des instituteurs des écoles primaires, est en grande partie incompétent et inexact dans l'accomplissement de ses devoirs; les î conseils nomment souvent à ces fonctions des perj sonnes qui ne remplissent pas les conditions lé- I gales; les habitudes morales, l'émulation et la discipline font généralement défaut; les locaux scolaires sont insuffisants, dépourvus du mobilier et du matériel d'enseignement le plus indispensable ; l'enseignement qui s'y donne est superficiel, sans ordre et incomplet, et il est constamment paralysé par les fréquentes luttes des conseils départementaux avec les conseils de province ou de district et avec les établissements d'instruction; ces conseils, en outre, négligent de pourvoir au paiement régulier des traitements du personnel enseignant, si bien que beaucoup de traitements restent en souffrance pendant des années entières. » Et il ajoutait, à propos des professeurs allemands que le gouvernement avait engagés en 1873 : « Ces professeurs sont laborieux et instruits, et si le pays n'a pas retiré de leur activité tout le bénéfice qu'il devait en espérer, cela tient à des causes qui sont complètement indépendantes de leur volonté. Il est évident que si la jeunesse qui entre dans les collèges d'enseignement secondaire n'est pas suffisamment préparée, par la possession des connaissances d'une instruction primaire complète, il est bien difficile, sinon impossible, qu'elle profite réellement des leçons de l'enseignement secondaire. Or, comme la plus grande partie des écoles primaires sont fermées, et que, dans le petit nombre de celles qui fonctionnent, ou n'enseigne point les connaissances des trois degrés que l'instruction primaire embrasse, mais tout au plus celles du premier degré, on comprend facilement que, quels que soient la compétence et le zèle de ces professeurs, ils ne pnissent arriver à aucun résultat satisfaisant, puisque la loi interdit de donner l'instruction primaire dans les collèges d'enseignement secondaire. » C'était de la création des deux écoles normales d'instituteurs et d'institutrices que le ministère attendait l'amélioration graduelle des écoles primaires, et, par suite, l'élévation du niveau de l'enseigneiuent à tous ses degrés.