‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 261 sur 573 · PERSON · texte numérisé non relu

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Après l'assassinat du président Pardo (novembre 1878), le Pérou a dû malheureusement renoncer pour longtemps à l'espoir de voir se produire un changement si désirable. La longue guerre avec le Chili, et l'anarchie qui en a été la conséquence, semblent avoir détruit complètement les créations de ces (|uelques années de progrès pacifique ; et il est impossible de prévoir ce que réserve l'avenir à un pays qui fut si riche et si prospère, et que les discordes civiles et l'invasion étrangère ont aujourd'hui couvert de ruines.

IMJUHIKK. — Jean-Baptiste Perrier, né à Villeneuve-ic-lloi (Yonne), le 'i9 décembre 1767, mort à Abbeville en 18»2, fut d'abord maître de quartier au collège des Grassins àParis, et devint en 17'J1 principal du collège royal de Joigny. Après avoir rempli diverses autres fonctions étrangères à l'enseignement, il se retira à Abbeville. Il s'y fit recevoir membre de la Société d'émulation, dont il fut nommé secrétaire, et travailla jusqu'à sa mort à la propagation de l'instruction primaire, soit en faisant des conférences et des leçons, soit en rédigeant, en collaboration avec MM. Lamotte, Meissas et Michelot, les ouvrages classiques publiés par la maison Hachette sous le titre de Manuel d'enseignement mutuel et simultané. La méthode de lecture qu'il a composée à cette occasion offre un recueil gradué de toutes les difficultés de la lecture française. Au moyen de cette méthode, que l'on peut suivre avec ou sans épellation, l'élève devient, dans un temps relativement très court, capable de lire un grand nombre de mots et de phrases et se sent encouragé par les progrès rapides qu'il fait. Elle est cependant propre surtout à l'enseignement individuel, celui des masses exigeant moins une graduation mathématique des difficultés orthographiques qu'un choix des mots les plus usuels et des combinaisons \?,s plus fréquemment répétées dans les livres ordinaires.

Perrier avait écrit, très jeune, un mémoire sur cette question : Quels sont les moyens de perfectionner l'éducation physique et morale des enfants? Nous ne croyons pas que ce mémoire, couronné à Grenoble, ait été publié. Il a aussi collaboré aux Annales grammaticales, au Journal de grammaire, au journal l Instruction publique, et au Lycée des Arts.

PERSON. — J.-B. Edouard Person, directeur des écoles normales primaires d'Albi et de Chartres, est né à Vitry-le-François en 1805, et mort à Chartres en 1877. Fils d'un instituteur primaire, qui avait un instant interrompu sa carrière pour entrer au service dans les dernières années de l'Empire, le jeune Ed. Person fonda à Versailles, sous la Restauration, une école libre qu'il transforma, quelque temps après, en une institution d'enseignement secondaire. Intelligence ouverte à toutes les idées de progrès, il fit partie, en 1833, du corps d'inspecteurs que le ministre de l'instruction publique, M. Guizot, avait désignés pour lui rendre compte de l'état de l'enseignement primaire dans les départements de la France. Sur la recommandation de M. Théry, proviseur du collège royal de Versailles, il fut nommé, en 1834, directeur de l'école normale primaire du Tarn, à Albi. Il y reçut la croix d'honneur, en 1836, pour ses services exceptionnels. En 1838, il futnommé à Chartres, et il prit sa retraite en 1876. Il a donc formé, dans le seul département d'Eure-et-Loir, trentehuit générations d'instituteurs.

La considération dont jouissait Ed. Person, dans la ville et dans le département; l'importance et l'éclat que la générosité et l'élévation de ses idées, jointes à sa distinction personnelle, donnaient à ses fonctions, ont eu pour résultat de mêler son action et sa vie à une foule d'œuvres et d'événe ments dont le récit ne peut prendre place dans cette

notice. Nous rappellerons seulement qu'en 1848, pendant les journées de juin, il conduisit ses élè- I ves à Paris, jusqu'au pifid des barr'cades de la [ Bastille, avec le détachement de la garde nationale chartraine ; et quf', en IS.jd, il fut membre et I secrétaire du conseil académique d'Kure-et-Loir, présidé par le recteur départemental, M, liouchitlé. Il prit, en cette qualité, la défense des idées libérales et des traditions universitaires, et il lutta, avec honneur et non sans péril, contre les entreprises de la réaction cléricale qui suivit la promuIf;ation de la loi de 18ô0.

Person n'a attaché son nom, en pédagogie, à aucun système particulier, à aucune méthode spéciale. Il avait pour principe que tant vaut le maître, tant vaut la méthode. Mais, par ses talents de vulgarisateur, par la chaleur communicative de son enseignement, il a exercé sur le corps enseignant, en Eure-et-Loir, une influence qui, au dire de ses anciens élèves, n'est pas encore près de s'éteindre. Le rôle de l'instituteur primaire était, à ses yeux, essentiellement moralisateur. Ce n'est pas qu'il n'attachât une grande importance au progrès intellectuel, car il visait en même temps à faire de l'instituteur primaire l'homme le plus éclairé, le plus industrieux et le plus sage de sa commune. A plusieurs époques, il s'était adjoint à l'école normale de Chartres le concours de maîtres externes et étrangers d'un rare mérite ; nous citerons notamment M. Mahistre, professeur au collège de Chartres, qui devint docteur ès-sciences, et fut en dernier lieu professeur à la faculté de Lille; et M. G. Heuzé, professeur à l'École de Grignon, inspecteur général de l'agriculture. Toutes les notions que le maître d'école peut répandre utilement autour de lui, dans les genres les plus divers — agriculture, horticulture, géologie, analyse des terrains ; pisciculture, météorologie ; droit administratif, économie rurale ; archéologie, dessin, musique religieuse et prolane,

— tout cela était enseigné et cultivé à l'écolo normale de Chartres. Toutes ces idées et tous ces enseignements prenaient une forme et un corps dans de nombreuses collections préparées par les élèves, et qui étaient le modèle et l'image de nos leçons de choses et de nos musées scolaires, ainsi que dans une série d'applications pratiques auxquelles le grand jardin de l'établissement offrait un champ d'expériences sans cesse renouvelé. Aussi l'école normale de Chartres était-elle visitée par une foule de notabilités, et signalée par les inspecteurs généraux comme un véritable foyer de progrès et de lumières.

Ed. Person n'a pas écrit de livres ni composé d'ouvrages spéciaux relatifs à l'enseignement primaire. Il fit seulement autographier, en 1841, à Chartres, un cours complet de pédagogie. Ces leçons, se développant dans de vastes tableaux, entrant dans tous les détails de la direction et de la tenue d'une école, et donnant un programme raisonné de tous les enseignements, forment, si l'on en croit les gens du métier qui les ont suivies et les ont pratiquées, le compendium le plus vaste qui ait encore été composé sur la matière. Cet ouvrage est aujourd'hui à, peu près introuvable, mais l'on nous fait espérer qu'il sera réédité un jour.

Les anciens élèves d'Edouard Person ont décidé, en octobre 1884, de consacrer, à l'école normale de Ciiartres, un buste en marbre avec inscription, à la mémoire de leur ancien maiirc. Ce monument perpétuera le souvenir d'un des serviteurs les plus passionnés et les plus désint-^ressés de l'enseignement populaire et du bien public.

im:rso>.\aliié civile. rEusoxxt civile.

— Le mot personne vient du latni persona, qui signitiait autrefois le mas({ue de ihéi're sous lequel l'acteur jou;i!t son rôle et qui pcà-tait au iuin

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