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presque immédiatement (ctc de 1885). On peut espérer que l'achèvement de cet important ouvrage, impatiemment désiré par tous ceux qu'intéressent les études qui se rattachent au nom de Pestalozzi, ne se fera plus longtemps attendre. Nous avons puisé h pleines mains dans les trois volumes de M. Morf, particulièrement pour la période de la République helvétique (1798-1803); et nous nous plaisons à adresser ici à l'auteur de tant de laborieuses recherches un témoignage d'admiration et de respectueuse sympathie. — Citons encore de M. Morf une étude sur le mouvement pestalozzien en Espagne : Pestalozzi in Spanien, Winterthour, 187 G.
Il nous reste, en terminantes long travail, à présenter l'expression de notre vive gratitude à M. le colonel Karl Pestalozzi, professeur au Polytechnikum fédéral suisse, à Zurich, qui a bien voulu répondre aux questions que noas lu: avons adressées au sujet de son arrière-grandpère, ainsi que de son oncle maternel Joseph Schmid; et à notre ami M. le Dr O. Hunziker, professeur à l'école normale de Kiisnacht, le petit-neveu de W^^ Niederer, l'organisateur du Musée pestalozzien de Zurich, qui a mis son savoir à notre disposition avec une complaisance inépuisable, et a grandement facilité notre tâche par ses indications et ses judicieux avis. [J. Guillaume.]
PETIT. — Michel-Edme Petit, député de l'Aisne à la Législative et à la Convention nationale, a pris part à diverses reprises, en 1792 et 1793, aux débats qui eurent lieu dans la Convention sur l'instruction publique. Le 18 décembre 1792, il combattit le projet du Comité d'instruction publique, par ce motif qu'avant de créer des écoles primaires, il fallait songer à mettre les enfants pauvres en état de s'y rendre; il proposa à cet effet la création d'un impôt spécial destiné « à donner du pain, de l'ouvrage à ceux qui en demandent » (V. Convention^ p. 527). Le 16 septembre 1793, il fut adjoint, en même temps que Guytou-Morveau et Romme, à la Commission des six, transformée ainsi en Commission des neuf (V. p. 543) ; et le 1" octobre suivant, se séparant de sbs collègues de la commission, il présenta en son nom personnel un plan d'éducation nationale (V. p. 543), qui n'eut pas les honneurs de la discussion. Lorsque le plan de Bouquier fut proposé à la Convention, il déclara (séance du 19 frimaire an II) que ce plan a était un enfant contrefait de celui qu'il avait présenté lui-même le l^"" octobre », et essaya de nouveau, mais inutilement, de faire prévaloir ses idées particulières (V. p. 551). Après le 9 thermidor. Petit disparaît de la scène.
PETITES ÉCOLES. — V. Ècoles {Petites), p. 781 ; France, p. 1052, et les articles consacrés aux anciennes provinces.
PETITES FAMILLES. — La notioïi de la solidarité qui existe entre les membres d'une famille, les habitants d'une commune, les citoyens d'un pays, est une de celles qu'il est possible et utile d'inculquer de bonne heure aux jeunes générations, dans la mesure où des enfants sont à même de la comprendre par la pratique et par les faits. C'est le résultat qu'a cherché à obtenir M. Augustin Grosselin père, par l'introduction, dans l'école primaire, d'un principe d'éducation appliqué avec avantage dans la colonie agricole de Mettray, en en modifiant un peu le fonctionnement. Il a appelé cette institution 1er. Petites familles.
Le maître appelle les élèves de son école à choisir parmi eux ceux qu'ils considèrent comme les plus dignes et les plus capables de leur donner le bon exemple, pour en former des chefs de groupes comprenant huit à dix enfants. Ces chefs, nommés frères aînés, choisissent ensuite à tour
de rôle ceux qu'ils désirent faire entrer dans leur groupe.
Les récompenses méritées et les punitions encourues par chaque élève sont évaluées en points et portées à l'actif ou au passif du groupe auquel il appartient. A la fin de l'année, on classe les familles par ordre de mérite en calculant les points obtenus, et une médaille ou un certificat ^ est décerné à celle qui s'est placée au premier ;: rang.
Les avantages d'une pareille organisation sont • d'élever le sentiment d'émulation en le rendant moins personnel ; de développer l'esprit d'initiative; d'habituer les enfants à s'apprécier les uns les autres en vue des meilleures conditions à rechercher pour atteindre un but; de les préparer à la pratique du suffrage universel ; de favoriser l'assiduité, la discipline et le travail, chacun ayant intérêt à user de son influence pour que la mauvaise note d'un camarade ne vienne pas nuire à l'ensemble dont il fait partie. Sans contrainte aucune, il y a chance plus grande pour que l'élément bon prédomine sur l'élément mauvais.
[A. Grosselin fils.]
PFEIFFER. — Michel Pfeilîer, né en Bavière en 1771, dans un village près de Wurzbourg, où son père était organiste, fut envoyé en 1792 à Soleure; c'est dans cette ville qu'il acheva ses études, et il y obtint, en 1798, une place dans l'administration. La Suisse devint ainsi pour lui une seconde patrie. En 1801, poussé par son guùt pour les questions d'éducation, il se rendit à Burgdorf auprès de Pestalozzi; il y séjourna pendant deux ans; ses connaissances musicales lui firent confier l'enseignement de la musique, qui à l'origine était donné par Buss. Il fonda ensuite un pensionnat de garçons à Soleure; mais au bout d'un an, chassé par la réaction, il dut renoncer à son entreprise. Il trouva un refuge à Lenzbourg, où il devint maître h l'école secondaire, et plus tard directeur de cette école. A partir de 1808, il créa à Lenzbourg des cours normaux pour les jeunes instituteurs; il songeait en outre à une réforme de renseignement musical et s'associa pour cette entreprise avec le musicien zuricois Nâgeli*. Les deux amis publièrent en collaboration l'ouvrage intitulé : L'enseignement du chant d'après les principes pestaluzziens (1810), et plus tard une Méthode musicale à l'usage des écoles primaires (1828). En 1822, Pfeiffer devint professeur de philologie grecque et latine à l'école cantonale d'Aarau, et fut chargé en même temps de renseignement de la musique à l'école normale d'instituteurs fondée cette même année. En 1836, il résigna ses fonctions de professeur à l'école cantonale, pour suivre à Lenzbourg l'école normale qui venait d'y être transférée et dont son gendre, Augustin Keller, était devenu directeur; et lorsqu'on 1846 elle émigra de Lenzbourg à Wettingen, il la suivit encore dans sa nouvelle résidence. C'est là qu'il mourut en 1849, à l'âge de soixante-dix-huit ans. Son nom restera associé à celui de Nâgeli dans l'histoire des efforts faits pour populariser en Suisse l'art musical.
PHALANSTÈRE. — W.Fourier.
PHARMACIE (ÉCOLES DE). — V. Ecoles de pharmacie, p. 781.
PHILANTHROPINISME, PIIILANTII ROPINIS- TES. — On désigne sous le nom de philanthrO' fnnlsryie, dans l'histoire de la pédagogie allemande; la doctrine de Basedow * et de ses disciples. C'est en 1774 que Basedow ouvrit à Dessau, sous le nom bizarre de Philanthropinum, un établissement dans lequel il devait appliquer ses théories sur l'éducation, qui étaient, dans leurs traits essentiels, celles de VEmile de Rousseau. Il les avait exposées quelques années auparavant dans un livre intitulé Methodenbucfi fur Vater und Miit-
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ter, Familien und Vôlker ; l'année même de l'ouverture du l>hila?ithropinum., il fit paraître en quatre volumes son célèbre Elementaricerk, ouvrage illustré destiné aux enfants, pour la publication duquel des souscriptions avaient été recueillies dans toute l'Allemagne, et qui fut aussitôt traduit en latin, en français et en russe. Basedow avait associé à son entreprise trois de ses amis, Wolke ', Simon * et Schweigbâuser *, qui formèrent avec lui une association fraternelle et firent vœu de consacrer leur vie h la cause de l'éducation. En 1776, les quatre associés firent paraître, sous le nom de Philanthropisches Archiv, un journal destiné à la propagande de leurs idées, et invitèrent les amis de leur cause, « philanthropes » et « cosmopolites », h assister à un examen qui démontrerait l'excellence des méthodes d'enseignement employées dans l'institut de Dessau. L'examen eut lieu, en effet, les 13, 14 et 15 mai 1776, en présence d'un nombreux public venu de toutes les parties de l'Allemagne ; et les résultats constatés augmentèrent la renommée de Basedow et du Philanthropinum. Le but de l'éducation donnée dans cet établissement était « de former des Européens, des citoyens du monde, et de les préparer à une existence aussi utile et aussi heureuse que possible ». Au point de vue religieux, l'enseignement reposait sur les principes du déisme universel. « Nous ne nous permettons, ni dans nos paroles, ni dans nos actes, dit le programme publié dans le premier numéro du Phiiantlvopisches ArchiVy rien qui ne puisse être approuvé par tout adorateur de Dieu, qu'il soit chrétien, juif, musulman ou déiste; « l'instruction dans les dogmes particuliers de chaque religion était laissée aux soins des ministres des difiérents cultes. Quant aux méthodes employées pour l'acquisition des connaissances, elles reposaient sur les principes suivants : s'adresser au raisonnement et non à la seule mémoire; rendre l'étude attrayante, supprimer la fatigue et l'ennui; montrer aux enfants les choses, au lieu de leur faire apprendre des mots ; dans l'enseignement des langues, reléguer la grammaire à l'arrière-plan ; donner à l'éducation physique, aux exercices du corps, une place considérable ; substituer à la discipline de la crainte et des châtiments celle de l'émulation et des récompenses. Tous ces principes, aujourd'hui universellement acceptés, paraissaient alors des nouveautés très hardies : prétendre les appliquer, c'était révolutionner l'éducation. Aussi le philanthropinisme rencontrat-il de nombreux adversaires. Les théologiens incriminaient les tendances religieuses de Basedow, et l'accusaient de vouloir détruire le christianisme ; les philologues, qui régnaient alors en maîtres dans les gymnases allemands, lui reprochaient de compromettre la solidité des études classiques, le traitaient d'esprit superficiel et de présomptueux charlatan. Il faut 'reconnaître que certains côtés de la pédagogie de Basedow et certains traits de son caractère personnel prêtaient à la critique ; il attachait trop d'importance à des procédés qu'il déclarait infaillibles, et qui, d'après lui, devaient procurer des économies merveilleuses de temps et de peines; il prétendait, par exemple, enseigner le latin ou le français à un enfant en six mois ; quatre années devaient suffire à un élève du Philanthropinum pour se préparer à entrer à l'université, etc. Ces exagérations attirèrent à Basedow toute sorte de railleries; les partisans de la routine, qui se donnaient, et parfois avec une apparence déraison, pour ceux du bon sens, lui firent une guerre acharnée. Il serait injuste, cependant, de juger le Philanthropinum d'après les caricatures qu'en ont faites les ennemis de son fondateur. Il faut rappeler, au contraire, afin de faire apprécier
l'importance et le sérieux du mouvement provoqué par Basedow, qu'il compta parmi ses adhérents bon nombre des hommes les plus éminents de l'Allemagne et de la Suisse : cont( nions-nous de nommer Kant, Lessing, Eulor, Moise Mendelssohn, Obcriin, le chancelif^r bâlois ïselin.
Peu après l'examen de mai J77G, des dissensions entre Basedow et ses collaborateurs faillirent compromettre l'existence du Philanthropinum: Simon et Schweighauser se retirèrent, et Basfdow lui-môme dut céder pour un moment la direction de l'établissement à Campe *. Celui-ci ne resta à Dessau qu'une année, et alla fonder en 1777 à Trittow, près de Hambourg, un institut uù furent appliqués aussi les principes du philanthropinisme. Après le départ de (^ampe, Basedow redevint directeur du Philanthropinum. jusqu'en 1779; mais à cette époque, de nouvelles difficultés s'étant élevées, il dut prendre une retraite définitive; ce fut son disciple Wolke qui lui succéda, et qui resta à la tête de l'institut jusqu'en 1784. Quoique éloigné de la direction du Philanthropinum, Basedow continua à résider à Dessau; il fit paraître en 1785 une nouvelle édition de VElementarvoerk, et ne cessa pas jusqu'à sa mort (1790) de travailler par ses écrits à la diffusion de ses idées philosophiques et pédagogiques.
Parmi les maîtres qui en seignèrent au Philanthropinum de Dessau sous la direction de Basedow et sous celle de Wolke, il faut citer Trapp *, Olivier * et Salzmann *. ïrapp, arrive à Dessau en 1777, n'y resta qu'un an ; il fut ensuite nommé professeur de pédagogie à Halle, puis succéda en 1783 à Campe dans la direction de l'institut de Trittow. Olivier, entré au Philanthropinum en 1781, y resta jusqu'à la fin, et s'y distingua comme maître de langue française. Salzmann, arrivé aussi en 1781, quitta Dessau en 1784 pour aller créer à Schnepfenthal, dans le duché de Saxe-Gotha, un institut qui parvint sous sa direction à un haut degré de prospérité, et où il eut pour collaborateur Gntsmuths *. L'établissement de Schnepfenthal subsiste encore, et a célébré l'an dernier (1884) le centième anniversaire de sa fondation.
Au Philanthropisches Archii\ fondé en 1776, succédèrent en 1777 les Pudagngische Unterhal' tungen, qui parurent à Dessau jusqu'en 1784. Citons encore, parmi les principaux produits delà littérature philanthropiniste, la Méthode naturelle d'instruction de Wolke, VAllgemeine Hevision des gesammtenSchul- und Erzie/iungsweseu de Campe, le Versuch einer Pàdagogik de Trapp, les deux petits livres de Salzmann, Krebsbûchlsin et Ameisenbûchlein, le journal de Gutsmuths, Bibliothek fur Piidagogik, etc.
Ce fut de 1781 à 1784 que le Philanthropinum de Dessau eut le plus de vogue; en 1782, il réunissait cinquante-trois pensionnaires venus de toutes les parties de l'Europe. A partir de 1784, après le départ de Wolke et de Salzmann, il commença à décliner, et quelques années plus tard, en 1793, il dut être fermé faute d'élèves : c'était l'époque des guerres de la coalition, et l'opinion publique allemande avait cessé d'être favorable aux novateurs.
Quelques autres établissements, créés à l'imitation de celui de Dessau, portèrent ce même nom de Philajithropinum. En 1775, le comte Charles- Ulysse de Salis, qui avait transféré au ciiàtoau de Marschlins (Grisons) l'institut créé à Haldonstein en 1761 par l'éminent pédagogue Martin Planta *, en fit un Philanthropinum dont il confia la direction au théologien Bahrdt *. Celui-ci compromit le succès de l'entreprise par ses excentricités, et l'institut de Marschlins. <iu'il dut quitter l'année suivante, fut fermé en 1777. Bahrdt fonda un autre Phi- /an^/iro/;î;H//nàHeideshcim^l776), mais au bout de
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trois ans (1779) les opinions hétérodoxes du directeur amenèrent sa destitution et la ruine de l'établissement. Un peu plus tard, un troisième Philanthropinum s'ouvrait, encore dans les Grisons, à Jpnins près de Maienfeld, par les soins de J.-B. de Tscharner; il fut ensuite transféré à Reichenau, où il eut un moment de prospérité (1796- 1798) sous la direction d'un éducateur jeune et enthousiaste, Henri Zschokke *. C'est dans l'institut de Reichenau que Louis-Philippe d'Orléans enseigna incognito pendant un an (1794) comme professeur d'histoire.
Le mouvement tenté par les philanthropinistes, s'il ne produisit pas les résultats considérables et immédiats que ses initiateurs s'en étaient promis, n'a cependant pas été stérile. Le philanlhropinisme a préparé la voie aux réformes accomplies en Allemagne et en Suisse dans les premières années de notre siècle; il a donré le premier choc à l'édifice veritoulu de la pédagogie scolastique, et, quelles que soient les imperfections et les lacunes de sa doctrine et de ses méthodes pratiques, il mérite la reconnaissance pour les services qu'il a rendus. La pédagogie moderne ne fait, sur la plupart des points, que continuer son œuvre. — Voir, pour plus de détails, les articles consacrés aux représentants les plus éminents de l'école philanthropiniste, Basedow, Wolke, Simon, Schweighâuser, Campe, Trapp, Olivier, Salzmann, Gutsmuths, Bahrdt, Zschokke.
niILELPlîE. — François Philelphe, poète et poiygraphe italien, né à Tolentino en 1398, mort à Florence en 1481, est l'un des écrivains les plus féconds de la P»enaissance. Aucun de ses ouvrages, toutefois, ne mériterait à leur auteur une mention dans ce Dictionnaire ; et si nous avons accordé une place à son nom, c'est uniquement afin de rectifier une erreur historique très répandue, concernant un livre qui a été attribué à Philelphe par l'ignorance ou l'artifice d'un imprimeur. Nous voulons parler de l'écrit latin intitulé De educatione libcroium et eorum claris moribus libri sex. Ce livre est l'œuvre, non de Philelphe, mais du poète italien Maflfeo Vegio (V. Vegio), qui le publia en 1491 à Milan. Deux réimpressions en ont été faites quelques années plus tard à Paris, et le nom de Philelphe y a été mis au détriment du véritable auteur. Voici ce que dit à ce sujet le savant M. Weiss, dans l'article Philelphe de la Biographie Michaud : « On a publié sous le nom de Philelphe l'ouvrage de MafTeo Vegio De educatione liberorum, etc., Paris, sans date, in-k° ; ibid., 1508, même format; traduit en français sous ce titre : le Guide des parents en V instruction i et direction de leurs enfants (par Jean Lode, du diocèse de Nantes), Paris, 1513, in-8. y — V. Bibliographie, p. 194.
l'IllLiroiV DE LA MADELAINE. — Louis Philipon de la Madelaine, littérateur français, né à Lyon en 1734, mort à Paris en 1818, est l'auteur de plusieurs ouvrages d'éducation. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il refusa, ses classes achevées, de s'engager dans les ordres, et se rendit à Besançon, où il étudia le droit et se maria. Lorsque la chambre des comptes de Dôle lut transférée à Besançon, sous le nom de bureau des finances , il obtint la charge d'avocat du roi près cette cour, et la conserva jusqu'en 178G. Pendant cette période de sa carrière, il fit paraître divers mémoires sur des questions de jurisprudence; c'est alors aussi qu'il publia (1783) son principal ouvrage, les Vues patriotiques sur V éducation du peuple, tant des villes que des campagnes, Lyon, Bruyset-Ponthus, un vol. in- 12 de 340 pages. Ce livre fut remarqué des contemporains ; il concourut pour le prix fondé par le comte de Valbelle en faveur de l'ouvrage le plus utile qui aurait paru dans l'année : VAyni des en- |
fants de Berquin l'emporta sur lui, mais d'une voix seulement.
Les Vues patriotiques sur V éducation du peuple sont l'œuvre d'un homme instruit; l'auteur est au courant de tout ce qu'on a écrit de son temps sur l'éducation : il cite non seulement Montaigne, Fénelon, RoUin, Montesquieu, mais l'abbé Gédoyn, Ballexserd, Tissot, Bertrand, Leclerc, le comte de Thélis, Fourcroy, Deleyre, de Saussure; c'est de Locke, de Rousseau et de La Chalotais qu'il s'est surtout inspiré. Il y a un rapprochement curieux à faire entre son plan d'éducation et celui que Michel Lepelletier proposa sept ans plus tard à la Convention nationale ; Lepelletier, qui avait certainement lu Philip''^in, semble n^avoir guère fait qu'habiller à la républicaine les idées du magistrat de Besançon.
L'ouvrage de Philipon de la Madelaine est divisé en sept parties. C'est dans les deux premières que se trouve l'exj^jsé général du système que l'auteur propose. Les trois suivantes contiennent des préceptes spéciaux, relatifs à l'éducation physique, à l'éducation intellectuelle et à l'éducation m.orale. L'avant-dernière traite de l'éducation des adolescents, et la dernière de celle des femmes.
Au début de la première partie, l'auteur explique dans quelle acception il emploie le mot de a peuple » : il entend par là, dit-il, « le dernier rang des citoyens, la classe de ces hommes à qui la nécessité impose la loi de se dévouer, pour vivre, à des travaux mercenaires, manuels et sei*viles ». Cette « portion de nos semblables » sera toujours « la plus précieuse aux yeux du sage, et la plus intéressante aux yeux du législateur ». Comme le peuple « peut également servir beaucoup, ou beaucoup nuire », il y a pour l'Etat « une double nécessité de veiller sur son éducation ». Et non seulement l'Etat doit y veiller avec le plus grand soin, mais « il doit seul en supporter le fardeau » ; car « si le gouvernement n'y subvient pas, qui en fera la dépense » ? C'est donc à l'Etat seul de s'occuper de l'éducation des enfants du peuple ; c'est à lui « de les nourrir et de les I entretenir pendant tout le cours de cette éducation » ; en effet, ainsi que l'ont sagement reconnu les législateurs de l'antiquité, « les enfans appartiennent plus à la république qu'à leurs parens ».
Ces principes posés, Philipon se demande « s'il est avantageux à l'Etat que le peuple soit instruit » ? Et il répond' : « Oui, si l'on entend par là qu'il faut lui apprendre à connaître les choses qui peuvent influer sur son bien-être, façonner son âme à la vertu, former ses organes aux diverses professions qui lui sont propres Mais si à
ce mot à'instructioîiVon attache l'idée d'étude des langues, des sciences, des lettres, des beaux-arts, sans contredit on doit l'éloigner du peuple ; l'ignorance est préférable. Je ne connois pas d'arme plus dangereuse que le savoir entre les mains du peuple. » Il ne faut donc rien enseigner au peuple qui puisse lui donner le désir de s'élever audessus de sa condition : « tout homme qui voit au-delà de son métier, a dit La Chalotais, ne s'en acquittera jamais avec patience ». Aus^i Philipon signale-t-il, comme La Chalotais l'avait fait avant lui, « le danger de ces écoles dont fourmillent nos bourgs et nos villagt s; il n'est pas un hameau qui n'ait son grammairien », et ces grammairiens n'enseignent rien de bon à leurs élèves : « Je le dis hardiment, il n'y aura jamais de bonne éducation pour le peuple, si l'on ne commence à faire disparoître du milieu des bourgs et dts campagnes ces recteurs d'écoles qui dépeuplent également nos champs et nos ateliers. » L'objet de l'éducation des enfants du peuple doit être, suivant le mot d' Agésilas, « de les instruire de ce qu'ils doivent savoir et faire quand ils seront grands ».
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Il examine ensuite diverses objections. Vous voulez donc assujettir les enfants du peuple à suivre la profession de leur père? Non; il faut, au contraire, que le peuple sache qu'il a la liberté de quitter sa profession quand il le voudra, ou quand il le pourra; « il faut, pour lui faire supporter avec facilité les fardeaux qu'on lui impose, qu'il conserve cette idée consolante, que la fortune un jour le dédommagera»; mais gardons-nous de lui donner des lumières qui le dégoûteraient de son état, et mettons tout en œuvre pour lui faire aimer son sort. Mais en privant les bourgs et les campagnes d'un maître de latin, vous ôtez peutôtre h de très grands génies la facilité de se développer ? Non ; car « le feu du génie, lorsqu'il dévore une âme, n'a besoin, pour éclater, ni d'académies, ni de collèges ». Mais comment se rempliront les monastères? Comme ils pourront; « si l'on veut, ils resteront déserts ». Comment avoir des curés pour les campagnes ? « Les villes en fourniront », et ces curés, n'étant pas fils de paysans, seront plus respectés de leurs paroissiens. A la question : Laquelle est préférable, l'éducation publique ou l'éducation privée ? l'auteur répond en se déclarant, comme Locke, partisan théorique de l'éducation privée ; mais, ajoute-t-il, cette question est ici déplacée ; il ne s'agit pas de préférences, mais de nécessités ; « où seroient élevés les enfans du peuple, s'ils ne l'étoicnt pas dans les écoles publiques ? » Une dernière question enfin doit être résolue : Est-ce à des corps ou à, des particuliers que doit être confiée l'éducation dos citoyens ? Tout en reconnaissant qu'on peut invoquer contre les corps d'excellentes raison, Philipon se prononce — et c'est là le trait le plus original de son plan — en faveur des « corps réguliers », et propose que les couvents deviennent les écoles de la jeunesse. Il voit à cette combinaison toute sorte d'avantages : les maîtres auront pour frein et pour aiguillon la gloire de leur ordre, cet esprit de corps « qui peut créer «ne arae à ceux qui n'en ont pas » ; en cas de maladie, ils seront plus faciles à remplacer; choisis sur toute une corporation, ils auront communément plus de capacité ; un moindre salaire leur suffira; ils ne seront pas distraits par les soins d'un ménage; enfin « les monastères offriront aux enfaiis du peuple des salles et des terrains propres aux différens exercices de leur éducation ; et ri:tat y trouvera encore cet avantage précieux, que les écoles ne lui coûteront rien à construire. » Quant au choix des corps religieux, c'est une question indifférente ; « Le monastère de l'arrondissement sera toujours le meilleur, et il n'est pas d'ordre religieux qui ne puisse fournir les maîtres nécessaires. » Le gouvernement prendra d'ailleurs ses précautions ; la vigilance de Tadrainistration saura écarter tout le péril que peut présenter un semblable emploi des ordres religieux, elle les empêchera de répandre les doctrines qui lui paraîtront dangeureuses ; il n'y a pas à craindre non plus que les ordres religieux profitent de cette occasion pour peupler leurs cloîtres; car leurs novices doivent posséder quelques notions de latin et de philosophie scolastique, et les enfants du peuple n'acquerront jamais ces sortes de connaissances ; enfin, s'il faut assurer aux monastères des revenus nouveaux pour les mettre en état de se charger de ce service, on prendra la précaution de ne les leur distribuer que sous forme dépensions annuelles. Mais cette dépense ne sera pas même nécessaire. « A dire le vrai, pourquoi des fonds ? Je ne fais pas ici d'établissement nouveau ; je ne charge les couvens d'aucun nouveau sujet; j'applique simplement à quelque chose des hommes qui, la plupart du temps, ne s appliquent à rien. Les monastères n'auront que le même nombre de religieux : ce qu'il y
aura de plus, c'est que ces religieux travailleront. I Quand l'Etat les a reçus, quand, aux dépens de l'Etat, la subsistance leur a été assurée n'ont-ils pas contracté rcm^'agement de sorvir 1 Etat? Où est le mal de les ramener à des obligations qu'ils n'auroient jamais dû méconnoltre ? Au lieu de les réformer, qu'on fasse de ' leur assiduité à ce genre de travail la caution de leur existence civile; je garantis qu'ils ne le dédaigneront pas. » Si, dans quelques endroits, il se présente des difficultés qui empêchent de placer les écoles du peuple dans les monastères, on aura recours à des maîtres séculiers : mais Philipon les voudrait ecclésiastiques, ou du moins il demande qu'ils ne soient pas engages dans les liens du mariage. Ces maîtres ne recevront leur traitement que do l'Etat, et on les entourera de la considération qui doit s'attacher à l'importance de leurs fonctions. « Un maître d'école dans un village n'est que le premier valet du curé. Au lieu de cela, qu'il ait dans la nef une place distinguée ; qu'aux processions il en ait une ; qu'il jouisse de quelques exemptions, et bientôt la place des instituteurs du peuple sera recherchée. Leurs idées s'élèveront. Ils regarderont leur profession comme la première de toutes ; et mettant leur gloire à la bien remplir, ils se diront avec cet enthousiasme de l'amour-propre, si excusable quand on fait le bien : « C'est par nous que la lie des nations » se change en une liqueur précieuse. C'est nous » qui créons une âme à des milliers de malheur, reux qui n'avoient que des sens. Ils sembloient » n'être nés que pour souffrir ; grâce à nous, ils » ne descendront pas dans la tombe sans avoir » connu la félicité. »
Dans la seconde partie de son livre, Philipon de la Madelaine expose l'organisation des écoles qu'il propose de fonder. S'il faut faire des constructions nouvelles, on les placera hors des villes, dans un endroit bien aéré, non loin des bois, et surtout aux bords d'une rivière. Les monastères des campagnes, transformés en écoles, offriront dans leurs cloîtres, leurs dortoirs, leurs corridors, leurs réfectoires, des appartements aussi sains que spacieux. Les enfants du peuple entreront dans les écoles à six ans; ils y seront logés, nourris et habillés aux frais de l'État ; leurs aliments seront « en hiver, du pain, de l'eau et quelques farines bouillies, telles que le gruau d'orge, d'avoine, de bled de Turquie; en été, du pain, de l'eau et quelques fruits... jamais de viande » ; quant aux vêtements, « un sarrau et des culottes de toile grossière, voilà pour les enfans du peuple l'habit de tous les temps; chacun en aura deux; jamais de chaussures, la tête toujours rasée et toujours nue ». Les lits sont une superfluité • «M. Rousseau veut pour son Emile un lit très dur; moi, dont les élèves sont condamnés par la fortune à manquer souvent de lits, je ne leur en donne pas du tout: ils dormiront habillés, sur la banquette qui garnira le pourtour de la salle, ou même sur le pavé. » A l'âge de onze ou douze ans, les enfants seront rendus à leurs pères ; en outre, chaque année, on les leur rendra pendant les quatre mois d'été, de la fauchaison à la vendange, afin qu'Us puissent prendre leur part des travaux de la famille. Chaque école correspondra à un arrondissement embrassant vingt ou trente communes ; quatre maîtres suffiront, et chaque semaine il en couchera un à tour dans la salle des enfants ; leur traitement annuel pourra être de trois cents livres, avec promesse d'une pension viagère après trente ou trente-cinq ans do travail. Ces écoles ne coûteront rien, ou bien peu de chose, selon l'auteur, si on les confio aux réguliers. Si cependant il fallait leur trouver des revenus, on pourrait y affecter, en première ligne, les sommes payées par les communes pour les traitements des
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PHILIPON
maîtres d'école supprimes, et en outre diverses autres ressources, telles que « la dépouille des jésuites », le produit de certaines amendes, des impôts sur quelques objets de luxe, sur les baplômes des enfants riches; on y joindrait au besoin « le superflu de l'Église ». Quant à l'administration et à la surveillance des écoles, elles seraient exercées de la manière suivante : chaque diocèse aurait dans sa capitale un bureau d'administration des écoles du peuple; il serait composé de dix personnes notables ; l'évèque en serait le président; c'est à ce bureau que serait confiée la gestion de la caisse du revenu des écoles ; deux fois par an, un des membres du bureau visiterait les écoles du ressort ; et ces visites se feraient sans frais, parce que les administrateurs seraient choisis parmi les citoyens que la fortune met au-dessus du besoin; les services de ces hommes dévoués seraient d'ailleurs récompensés par l'État « avec une monnoie bien plus précieuse que l'or ».
Abordant, dans les trois parties suivantes, l'exposé de son programme d'éducation, l'auteur commence par l'éducation physique ; il recommande de « fortifier le tempérament » des enfants, par les bains froids, la propreté, le grand air, les exercices du corps ; la gaieté aussi est nécessaire : « au lieu des pleurs qui font de la plupart des collèges un lieu d'efiroi, les écoles du peuple ne retentiront que des cris de Talégresse », les enfants ctianteront et danseront; à chaque école sera attaché un maître de musique. Les châtiments corporels seront interdits : « si les élèves ont besoin d'être punis, frappez sur l'amour-propre, jamais sur le corps. » Quant aux connaissances à enseigner aux enfants, elles comprendront la lecture, surtout la lecture des manuscrits, le calcul, la géométrie pratique, le dessin, le chant, des instructions relatives à l'hygiène, à la médecine pratique, et à l'art vétérinaire, et quelques notions de physique ; chose assez singulière, l'écriture est à peu près exclue du programme : « Je n'en parle, dit Philipon, que pour l'interdire presque entièrement aux enfans du peuple ; il suffit qu'ils en aient une notion supeificielle, et qu'ils sachent signer leur nom... A cela près, de quelle utilité peut devenir, pour les gens du peuple, une plus grande connoissance de l'art d'écrire ? Ou ils se rendent criminels, en falsifiant des écritures; ou ils négligent leurs travaux, et passent leur temps à transcrire des livres d'amusement, à faire des lettres, à copier des chansons, à suivre une intrigue amoureuse ; ou ils se dégoûtent de leur profession et la quittent, enivrés de cette idée que, sachant écrire, ils sont au-dessus de leur état. » Les leçons seront courtes et coupées par des exercices en plein air. « Dans nos salles vastes et bien aérées, le dégoût de l'étude ne se fera pas sentir. Les élèves n'y seront jamais enfermés qu'une heure de suite, pour y recevoir debout les instructions qui leur seront destinées. Cet intervalle expiré, ils en sortiront pour aller, pendant deux heures au moins, se livrer, en plein air, aux exercices du corps, ou à de nouvelles études. » L'éducation morale aura pour objet d'écarter du cœur les affections désordonnées, telles que la peur, produit de l'ignorance et de la superstition, la crainte, qui fait reculer devant les périls réels, le goût (lu larcin, celui des boissons fortes, le penchant à tromper au jeu, la fainéantise, et d'y faire germer les sentiments honnêtes, en particulier la douceur, la commisération, le sentiment de l'honneur. Un traité de morale, sous la forme d'un recueil de proverbes expliqués, pourra être mis entre les mains des élèves. Sur le point de la religion, Philipon s'explique avec quelque embarras ; il tient àpasser pour philosophe ; mais, ajoute-t-il, « si quelques | hommes pouvaient, absolument parlant, vivre sans ;
religion, ce ne serait pas le peuple. La religion est pour le peuple d'une indispensable nécessité. » Elle est sa seule consolation : « Le riche se console avec ses jouissances, le sage avec la philosophie, l'éruditavecses livres, l'homme sensible avec l'amitié. Que reste-t-il au peuple ? Dieu. » La religion du peuple doit être simple, dégagée de pratiques dévotes, étrangère à l'intolérance et au fanatisme, et ramenée sans cesse à la morale ; les enfants n'apprendront du dogme que les principaux articles, tels que le catéchisme du diocèse les leur enseignera : « Il importe encore plus qu'ils soient soumis qu'éclairés. »
La sixième partie, où l'auteur traite « de l'éducation du peuple depuis la sortie des écoles jusqu'au mariage », n'est pas la moins intéressante. Au sortir de l'école, les jeunes gens de chaque village seraient placés sous l'autorité d'un de leurs camarades plus âgé, qui remplirait les fonctions de « général de la jeunesse », et dirigerait leurs exercices et leurs jeux ; les inspecteurs de l'éducation du peuple continueraient à surveiller la conduite de ces jeunes gens et les passeraient en revue de temps à autre; des fêtes fourniraient des occasions de réunion et de spectacles publics. Pendant l'hiver, des cours d'adultes seraient organisés dans les villes, une bibliothèque y serait mise à la disposition de la jeunesse populaire dans une salle de l'hôtel municipal ; à la campagne, on pourrait aussi trouver facilement dans chaque village une salle où seraient réunis quelques livres utiles ; le curé pourrait remplacer, tous les mois, un prône ou un catéchisme par des instructions relatives soit à l'agriculture, soit aux objets d'industrie et de commerce qui occupent ses paroissiens ; des sociétés distribueraient des prix d'agriculture. Cette partie se termine par deux chapitres sur les moyens « de conserver les mœurs parmi les jeunes gens du peuple, depuis la sortie des écoles », et de mieux régler et assortir les mariages du peuple.
La septième et dernière partie, relative à « l'éducation des femmes du peuple », n'offre pas d'idées nouvelles. « Tout ce que j'ai dit sur l'administration, la manutention, la police des écoles destinées aux garçons, je le dis pour les écoles des filles. Même soumission aux inspecteurs de l'éducation du peuple, même gouvernement intérieur, même nourriture, mêmes vêtemens, mêmes précautions pour la santé, etc. Je ne fais que deux changemens : l'un, de confier les écoles des filles à des personnes de leur sexe ; l'autre, de ne laisser les filles dans les écoles que l'espace de trois années, savoir depuis sept ou huit ans jusqu'à dix ou onze. »
Après avoir achevé l'exposé de ses vues, Philipon de la JVlddelaine cherche à peindre, dans sa conclusion, le bonheur qu'une éducation pareille assurerait au peuple, qu'on verrait a employer toute la semaine à des occupations utiles, et partager ensuite le dimanche entre des exercices de religion qui lui font chérir ses devoirs, et desjeux qui lui font oublier ses peines ». Il aime h se repié- . senterce peuple regénéré, « exempt des maladies du corps, parce que l'éducation aura fortifié son tempérament ; exempt des inquiétudes de l'esprit, parce que l'éducation, en lui ôtant l'ignorance, no lui aura pas donné le savoir »; il le montre « vivant au sein des fatigues, sans connaître la douleur ; se livrant au plaisir, sans craindre le remords »; et enfin, dernier trait qui indique suffisamment les tendances de l'auteur, « portant le poids des impôts, sans se permettre le murmure ».
L'année suivante parut, sans nom d'auteur, un autre ouvrage du même écrivain : c'est une criiiquc très vive du système d'éducation en usage dans les collèges (De L'éducation dans les collège», Paris, 1784 ;