‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 267 sur 573 · PIANO ET HARMONIUM · texte numérisé non relu

PIANO ET HARMONIUM

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plus de leçons régulières de physique à jour fixe pendant tout ou partie de l'année. L'enseignement scientifique y commence par des leçons de choses, fréquentes et courtes, aidées du musée scolaire qui en est le principal élément, puis viennent des causeries familières sur les animaux et les plantes, et enfin des expériences sur les principaux phénomènes naturels. Ses limites sont tracées dans un programme détaillé qui est pour les maîtres un excellent guide.

Cette dernière partie n'est pas la plus facile à présenter avec clarté et simplicité. Des causeries bien dirigées, des lectures bien choisies, des explications nombreuses et précises peuvent bien redresser les idées de l'enfant sur une foule de sujets ; mais pour lui apprendre à bien regarder et à bien voir les phénomènes de la nature dont il est tous les jours le témoin et qu'il a mal observés, il faut de toute nécessité les lui faire naître sous les yeux, lui en faire suivre toutes les phases, en un mot demander le secours de la méthode expérimentale.

Il faut donc instituer dans chaque école primaire, une fois par semaine au moins, une courte leçon de science accompagnée d'expériences. Point n'est besoin des coûteux appareils de nos laboratoires que l'école primaire ne peut pas se procurer et qui y seraient un embarras. Le matériel expérimental peut se trouver partout dans les objets usuels pour beaucoup d'expériences simples et concluantes ; et si on y ajoute quelques petits appareils construits spécialement pour l'usage des écoles primaires, on aura vite tout ce qu'il faut pour rendre l'enseignement intéressant et fructueux.

Il n'est pas du tout nécessaire de s'astreindre à l'ordre rigoureux qui est suivi par les ouvrages classiques, ni de séparer les notions de chimie des notions de physique; on fait une leçon sur l'eau, par exemple : on étudie alors ses propriétés les plus s^aillantes, sa transformation en glace ou en vapeur, aussi bien que sa composition. Mais dans tous les cas, il faut procéder par des expériences. Une semaine, c'est la pression des liquides, une autre les corps plongés et les corps flottants, une autre les effets de la chaleur sur les corps, puis le charbon et l'acide carbonique, la combustion et la flamme, etc., et sur chacun de ces sujets on peut trouver moyen avec un peu d'ingéniosité de faire cinq ou six expériences frappantes avec des objets usuels ou de petits appareils simples et peu coûteux. Rien ne vaut cet enseignement convaincant fait par les choses, saisissant l'attention de toute une classe et laissant une trace très durable. Tous les efforts des amis de l'instruction primaire doivent tendre à le rendre partout possible et à le propager. La jeune génération qui s'élève dans les écoles normales saura le donuer; les organes pédagogiques de l'enseignement primaire feront le reste.

[Haraucourt.]

PIANO ET HAItMONUTM. — La musique vocale et instrumentale fait partie intéj^rante des matières d'enseignement dans les écoles normales et dans les écoles prin)aires. Le piano et l'harmonium sont les instruments employés de préférence k tout autre pour l'acconjpagnement des morceaux de chant dans les établissements d'en- Beignement primaire. En demandant que dans toutes les écoles normales il y eût un bon piano, la Commission du chant a émis le vœu que les écoles primaires des grandes villes fussent aussi pourvues d'un piano, ou tout au moins d'un harmonium; elle plaçait en première ligne le piano, parce (jue les accompagnements des œuvres de maîtres sont écrits pour cet instrument,

T'mtcs les écoles normales ont maintenant leur

piano d'étude; quelques-unes, à l'aide de leurs ressources, ont pu y ajouter un et même plusieurs harmoniums, en nombre suffisant pour qu'il y eût un instrument par groupe de 8, 10 ou 12 élevés.

Conformément au vœu de la Commission, et grâce au crédit spécial porté au budget pour l'enseignement du chant, le ministère de l'instruction publique a pu doter d'instruments à clavier un certain nombre d'écoles primaires, et tout particulièrement les écoles où l'éducation musicale est donnée par des maîtres expérimentés. Depuis quelques années, il a distribué annuellement sur ce fond environ 20 pianos et 45 harmoniums.

Près de deux cents écoles primaires supérieures ou élémentaires sont pourvues en ce moment (188ô) d'instruments à clavier, sans compter celles qui ont pu en être dotées par les libéralités particulières des municipalités. [Zidler.]

riAUISTES. — La congrégation des Piaristes en Frères des écoles pies a été fondée en 1617 à Rome par le prêtre espagnol Calasanz*. Les Piaristes se répandirent assez promptement en Italie', en Espagne, en Allemagne, et surtout en Pologne (V. Pologne), où ils eurent au xvii^ et au xviii* siècles des collèges florissants. A l'heure qu'il est, ce n'est plus guère qu'en Espagne que Ton rencontre les frères des écoles pies ; ils y sont désignés sous le nom d'EscoIapios, et y jouissent, i'.n vertu de l'ordonnance royale du 27 février I87î), du privilège d'être dispensés de la possession du brevet. V. Liberté d'enseignement, p. 1585.

PICARDIi':. — L'ancienne province de Picardie a formé le département de la Somme; quelques parties de son territoire ont été attribuées anx départements du Pas-de-Calais, de l'Aisne et de l'Oise. Il n'avait pas encore été fait, au moment où le présent article a été rédigé, de publication relative à l'état de l'instruction publique dans cette province avant la Révolution ; mais on trouvera ailleurs (article Somme) des renseignements tirés d'un mémoire de M. Darsy sur les écoles et les collèges du diocèse d' Amiens. Nous pouvons toutefois donner ici quelques détails inédits tirés des documents que possède le Musée pédagogique.

La ville d'Amiens eut de très bonne heure des petites écoles ; et, comme partout, une rivalité se produisit entre les instituteurs des écoles payantes, appelés à Amiens «grands maîtres », et les curés des paroisses qui leur faisaient concurrence en ouvrant des écoles gratuites. Une pièce curieuse, communiquée au ministère de l'instruction publique par M. F. Pouy, mentionne une tentative faite en 1458 par ces « grands maîtres » pour obtenir le paiement de la redevance qu'ils se prétendaient en droit d'exiger des élèves des écoles gratuites. On lit au registre des délibérations de l'échevinage d'Amiens, à la date du 5 février 1458 : « Aucuns grans maistres de l'escole d'Amiens estoient venus en la juridiction de Messieurs, dedans la ville, en aucunes petites escoles, que les clercs des paroisses et autres preslres tenoient on plusieurs places en ceste ville, et esdiies petites escoles avoient lesdits grans maistres justichié et prins de fait, sans autorité de justice, les livres des enfans estans esdites petites escoles et emporté iceulx livres, pour aucunes sommes qu'ils disoient que lesdits enfans desdites petites escoles leur dévoient, et demandoient à chacun enfant 3 s. par an. » Les archives ne font pas connaître la suite qui fut donnée à cette affaire : on voit seulement que le préchantre et écolâtre, duquel relevaient les maîtres des écoles payantes, s'étant opposé à l'ouverture d'écoles sans sa permission, fit présenter à l'échevinage parl'official, en 14G", des titres justifiant ses prétentions et qui furent jugés a beaux et bons >» parles examinateurs, Jean et Pierre de Machy.

Deux siècles plus tard, une affaire du mémo

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genre donna lieu h un procès qui fut plaidé devant Ifi parlement de Paris, et que mentionne M. l'abbé AUain dans son ouvrage ilmlrwtion primaire avant lu liévolution, p. 59. En 1678, les curés d'Amiens avaient revendiqué de nouveau le droit dt' créer des écoles pour les enfants pauvres, et den nommer directement les maîtres, sans faire prendre à ceux-ci de lettres d'attache de l'ccolâtre. Ce dernier, voulant maintenir les droits de sa charge, saisit les tribunaux de ses réclamations, et l'affaire, après avoir été jugée aux retiuêtes du palais, vint en appel à la grande chambre du parlement de Paris. Tout en reconnaissant à l'écolâtre son autorité sur les écoles de la ville d'Amiens, contre les prétentions des échevins, l'arrêt maintint également les curés au droit d'établir des écoles gratuites pour leurs paroissiens et d'en nommer les maîtres de leur propre autorité [Mémoires du Clergé, tome I^r, pages 999-1034). Le plaidoyer de l'avocat du curé de la paroisse Saint-Jacques fait connaître qu'à côté des écoles payantes il existait à Amiens deux sortes d'écoles gratuites : celles que les curés avaient fondées dans leurs paroisses, et trois autres établies par les administrateurs des maisons hospitalières, une assez récente à l'hôpital général, une autre dans la chapelle de saint Quentin, où elle se tenait « de temps immémorial », la troisième, connue sous le nom d'école des « enfants bleus », datant de 1627.

Le Musée pédagogique possède une collection de copies de documents provenant des recherches faites dans les archives des communes du département do la Somme par les instituteurs, en 1879, à la suite d'une invitation de l'inspecteur d'académie. Les communes dont les instituteurs 'se sont livrés à cette enquête sont au nombre de soixante-dix, et les résultats obtenus sont les suivants : on a constaté l'existence d'une école dès le xiv« siècle dans une commune (Lucheux); dès le xvie siècle dans deux communes (Epénancourt et Senarpont); à partir du xviie siècle dans 24 communes ; et à partir du xviiie siècle dans 22 communes; pour 21 communes, les recherches n'ont pas donné de résultat. Nous empruntons à ces documents quelques chiffres et quelques indications qui permettront de conclure du particulier au général.

Dans la commune de Curlu, arrondissement de Péronne, on constate l'existence d'une école de garçons à partir de 1661 et d'une école de filles à partir de 17 19 ; on a les noms des huit instituteurs et des huit institutrices qui se sont succédé sans interruption dans ces deux écoles jusqu'à la Révolution. Un article des comptes de la fabrique nous fait connaître le montant du traitement de l'institutrice, qui était bien modique : « Ledit eomptable Charles Darras a payé en l'acquit de ladite église la somme de quinze livres à Marie- Anne-Luce Rousselle, maîtresse d'école de ladite paroisse, pour ses honoraires de l'année 1770, en qualité de maîtresse d'école, comme il appert par sa quittance en date du 14 octobre 1770. » Sans doute l'institutrice recevait une partie de son traitement en nature ; en outre, elle touchait la redevance mensuelle que devaient payer ses élèves.

Dans la commune de Rouy-le-Petit, arrondissement de Péronne, le premier instituteur, le « clerc séculier » Anthoine Bourdin, est installé en 1685 ; son traitement consiste en setiers de blé que lui remet la fabrique, et dont le nombre varie d'une année à l'autre. Eu 1694, les registres de la fabrique constatent qu' « il a été payé au clerc 10 septiers de bled, tant pour sa cléricature que pour dire et chanter le salut tous les jours €n carême et enseigner à lire aux pauvres ehfais de la paroisse, sinon et à faute de quoi il ne

lui serait payé que 8 septiers de bled. » En Miih, les émoluments du clerc séculier consistaient en 12 setiers de blé, plus I livre de pain jt 3 sols par raériage ou feu. Eu 1782, le clerc recevait de la fabrique 12 setiers de blé et .30 livres en argent; il recevait en outre de chaque ménage 5 sois et de 3 meneaux .i]e meneau valait un quart d'hectolitre) à 1 quartier de blé. En 1743, l'évoque de Noyon ordonna qu'une maison fût construite pour y loger une maîtresse d'école ; la paroisse, assemblée le 15 mars 1744, décida de remontrer à l'évoque que « cette dépense surpassoit le pouvoir et les facultés des habitans, qu'il n'y avoit qu'un petit nombre de filles, et que les plus aisés n'en avoient pas ». Sans se laisser toucher par ces raisons, l'évêque ordonne de nouveau, en 1751, « qu'il sera au plus tost pourvu à l'établissement d'une maîtresse d'école, et pour sa subsistance il lui sera annuellement payé huit septiers de bled sur la fabrique, si mieux n'aiment les habitans faire sur eux une imposition annuelle de cent livres, ordonnée par la déclaration du Roy du 14 mai 172i »; mais malgré cette volonté formellement exprimée de l'évêque, il ne fut point installé de maîtresse d'école à Rouy-le- Petit. Par contre, on y décida en 1764 la construction dune maison d'école, car jusqu'alors le clerc séculier n'avait pas eu de maison et s'était logé comme il avait pu; le devis établi porte que <' ledit battiment aura 22 pieds de longueur sur 14 pieds de largeur et 5 pieds sous poutre, non compris la solle, lequel sera distribué en deux places dont l'une aura 14 pieds et l'autre 8; dans l'entrefond desquelles places il y aura une cheminée simple; les poutres, les étaux de pouties et de coins seront en chêne. » Le total de la dépense fut de 191 livres 11 sols, dont 95 livres 11 sols furent couverts par les contributions volontaires des habitants, et le reste, soit 96 livres, fut payé par la fabrique.

La commune d Onvillers, arrondissement de Montdidier, avait au commencement du iviii^ siècle un clerc laïque, mais pas de maison pour le loger; ce maître d'école, nommé Antoine Turpin, était obligé de résider à Régibay, faute d'avoir pu trouver une maison à louer dans la paroisse. Un registre tenu par le curé mentionne une assemblée des habitants, faite en 1706, où fut décidée la construction d'une maison d'école, qui devait coûter la somme de 50 livres : « Nous consentons, disent les habitants, qu'il soit recueilli et payé par les paroissiens une somme de 40 livres, sans y comprendre la somme de 10 livres que M* Louis Ricbourg, curé de la paroisse, promet de donner pour faciliter la construction d'une école. » La construction devait être faite par François Minart, charpentier, qui s'engageait, pour le prix de 60 livres, « à placer et asseoir dans le cimetière dudit lieu, à l'endroit où il conviendra, vingt-quatre pieds de bâtiment provenant en partie d'une étable que Jacques Hélin vend pour ce fait la somme de 9 livres ; s'obligeant ledit Minart à faire une cheminée double, de fournir doux poutres bonnes et valables, des étaux et généralement toutes les autres pièces qu il faudra pour rendre parfaits et achevés les vingtquatre pieds de bâtiment, avec deux portes, une clef et une serrure, un plancher de dusses ou planes, de la terre par dessus, le tout tait et parfait, couvert do chaume et sujet à visitaiion. « Toutefois, cette louable délibération ne fut pas exécutée, car le euro ajoute : « Les habitants ont tiré de long, l'affaire ne s'est pas faite; il na n'a tenu qu'à eux. Je n'ai pas appuyé plus que de raison. » Ce ne fut qu'en 17\Î0 que 1 école s odifi I, mais sans quo les habitants contribuassent à la dépense, ainsi que le constate la mention suivante : '< Cette môme année a été construite le-

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cole, de la vente d'un arbre planté devant le clocher et de deniers de la fabrique. » Cette maison d'école construite en 17.20 est restée la même jusqu'en 1850 ; la commune en fit alors bâtir une nouvelle; la vieille fut vendue, et de ses matériaux on fit une cabane que l'on peut encore voir à la briqueterie de Fescamps. Pour le traitement du clerc laïque, il fut décidé, en 1710, que « chaque ménage de la paroisse lui donnera, par an, chacun 17 sols d'argent, savoir 1 sol par mois, et cela d'avance pour chaque mois, avec 5 sols payables à la Saiiit-Remi, » En 1775, l'assemblée des habitants vote une augmentation : « Avons tous unanimement et concordamment par ensemble, promis et promettons de payer audit Antoine-Maclou Doullier, chaque année, au lieu de 17 sols qu'il percevoit ci-devant, la somme de 24 sols par ménage et 12 sols par particulier ou demi-ménage, annuellement, au jour de Saint-Remi de chaque année. » En 1783, nouvelle augmentation, à l'occasion de l'installation d'un nouveau maître, dont voici l'acte de nomination : « Le 25 de septembre 1783, nous marguilliers en charge, principaux paroissiens et habitants de la paroisse d'Onvil- 1ers, diocèse d'Amiens, élection de Montdidier, assemblés à l'issue de la messe paroissiale, à, l'efTet de choisir et de recevoir une personne de bonne vie et mœurs capable d'aider à faire le service divin, de tenir école, d'instruire la jeunesse et de faire les fonctions attachées à la profession de magister, avons choisi, nommé et reçu la personne de Casimir-François Fâche, âgé de vingt-un ans, fils de Pierre Fâche, clerc séculier de Suzoy, et de défunte Geneviève Chaufrelle, comme il nous est apparu par le certificat de vie et mœurs délivré audit Casimir-François Fâche par Me Crochain, curé de Suzoy, en date du 4 octobre 1782. Ledit Casimir-François Fâche a fait la fonction de clerc séculier dans la paroisse de Garrépuits depuis le 9 novembre de l'année dernière jusqu'au 9 du présent mois, comme il nous est apparu par le certificat de M^ Camus, curé, et d'un grand nombre d'habitants dudit Carrépuits, en date du 23 du présent mois, dans lequel certificat il est dit que ledit Fâche a tenu une conduite très régulière. En conséquence desdits certificats, nous avons consenti que ledit Fâche fasse et exerce toutes les fonctions de magister ; pour quoi lui sera payé par chaque année au jour de la Saint-Remy, par le marguillier de la fabrique, la somme de 100 livres, son année commençant le 1*^ octobre prochain. En outre, il lui sera payé en trois paiements, dont le premier échoira le l^"" février prochain, la somme de 36 sols par ménage et 18 sols par les demi-ménages. Et à ce faire était présent Pierre-François-Antoine-Yoland Boitel, curé dudit Onvillers, qui a approuvé le choix desdits habitants et a consenti que ledit Fâche exerce les fonctions de magiaier, après toutefois qu'icelui Casimir-François Fâche aura été reçu et approuvé par ses supérieurs. »

Les archives de la commune de Guerbigny, arrondissement de Montdidier, nous fournissent un très curieux document ; c'est la délibération concernant l'installation d'un nouveau magister, avec l'indication détaillée des devoirs qu'il aura à remplir et des émoluments qu'il recevra. Nous en reproduisons les principaux passages, sans rien changer au style et à l'orthographe de l'original :

« L'an mil sept cent quatre-vingt-deux, le dimanche trois novembre issus des vêpres dite et chanté dans l'Eglise Saint pierre de la paroisse de Guerbigny composée de deux communautés sçavoir celle dudit Guerbigny et celle de Warcy paroisse dudit Guerbigny, nous maitre Adrien Ricquier curé de la paroisse, officiers des justices, terres et seigneuries dudit Guerbigny et Warcy, sindics, marguelier en charge et anciens et gé-

néralement tous les habltans et paroissiens... (se sont) assemblés à l'eff^et de délibérer sur ce qu'il est nécessaire d'établir dans laditte paroisse un magister au lieu et place de Nicolas Demerle, l'un de nos compatriotte actuellement âgé de quatre vingt quatre ans qui a remplie cette ditte place depuis 1724 jusqu'au jourd'huy, ce qui embrasse cinquante sept ans de service que son grand âge joint aux incommodité qui accompagna cette âge le met hors d'état de pouvoir continuer de remplir cette ditte place singulièrement par l'endroit le plus intéressant qui est l'éducation de la jeunesse qui doit par la suitte composer lesdittes deux communautés qui par faute d'éducation ne formeraient que de pauvres paroissiens et d'aveugles habitans du cotté de la spiritualité...

« Ensuit les conditions sur lesquels ledittes communautés entendent recevoir un magister.

» 1° Qu'il soit de bonne vie et mœurs de bonne conduite point d'ivrognerie ni de débauche.

» 2° Qu'il ait bien soin des ornements de l'Eglise de la balyer ou faire balyer tous les samedis de l'année.

» 3" De régulièrement sonner tous les jours l'angélus matin midi et soir.

» 4° De carillioner toutes les veilles des fêtes midi et soir, lorsqu'ils se chantera des vêpres et salut du St Sacrement et tous les jeudy de l'année avant la messe duSt Sacrement.

» 50 Lors qu'ils se présentera des orages soit de jour ou de nuit, le magister sera tenue de sonner tant que l'orage arrivera sur le village, si le cas y echet et lors qu'il sapersevera que lorage se disposera à tomber sur la paroisse d'arrêter de sonner attendu que l'on ne doit point sonner quand le tonner et proche.

» 6° Le magister sera tenue et obligé de faire et tenir exactement l'écolle aux enfans de la paroisse sans par lui en pouvoir prendre aucuns externes prévoyant qu'ils s'en trouvera toujours assez dans la paroisse pour employer son zèle et son temps, de faire la prière du matin à genoux avant que les enfans sort de l'écolle à midy, et l'après-midy tous les jours avec les enfans un petit salut k l'Eglise auquel sera chanté l'antienne et l'oraison de la Ste Vierge selon le temps, l'antienne et l'oraison de St Pierre patron de laditte paroisse, de St Vincent et St Sébastien, ensuite de St Roch, l'antienne et l'oraison de la paix avec le déprofondis ensuitte la prière du soir et renvoyer les enfans en leurs recommandant la modestie en retournant chez eux a midi et soir sans crier, hurler et cabaler le longt des rues, leur défendant de se culter, de se battre dans les rues, aussi bien qu'au sortie de l'Eglise les fêtes et dimanche, de faire régulièrement deux fois le catéchisme par semaines aux enfans à l'écolle, sans par ledit magister pouvoir exiger plus haute rétribution des pères et mères des enfans que trois sous par mois depuis l'alphabelh jusqu'à ce qu'il commenceront à lire, quatre sous par mois depuis qu'il lisse en latin et français, et cinq sous par mois de ceux qui liront en lettre et écriron. Et quand a ce qui regarde la petite pension qu'il convienne faire a l'ancien magister pendant son reste de vie, lesdittes deux communautés s'en attendent a ce qui sera avisée et arrêté et réglé entre le sieur curé, les officiers desdiites deux seigneuries, le marguelier et le nouveau magister ». Outre la rétribution payée parles élèves et fixée comme il est dit ci-dessus, le magister recevait un traitement en nature, qui était précédemment de deux boisseaux de blé par ménage complet; mais comme cette contribution ne produisait qu'un total de trente-deux setiers, « ce qui est très modique pour une paroisse composée de deux cens cinquante feus, ce qui demande noa un aprentie mais bien un homme fait et inisiur

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