PIÉTISME
PILLANS
en cet état, ayant les talons convenable et analogue à cette place », l'assemblciî des l)abitants a reconnu « qu'il était de nésessitô indispensable d'y ajouter une petite augmentation » ; à cet effet, il a été convenu que soixante sept des plus haut cotisés à la taille de Guerbigny et trente-quatre des plus haut cotisés de VVarcy paieraient à l'avenir « par chacun an et a toujours au magister de laditte paroisse trois boisseaux de bled au lieu de deux », ce qui devait produire, le reste des habitants continuant à payer deux boisseaux par ménage complet, cinquante setiers et un boisseau. Moyennant celte augmentation dans le traitement promis au magister, la paroisse de Guerbigny s'assure les services de Sébastien Lalouette et déclare le recevoir comme magister, « à la charge pour lui de satisfaire de point en point à toutes les conditions cy dessus mentionné ce qu'ils à promis faire, comme aussi se faire approuver et recevoir si besoin est par les supérieurs ecclésiastiques ». PIE II. — Aeneas Sylvius Piccolomini, qui fut pape sous le nom de Pie II, a été Tun des hommes les plus lettrés de son temps. Né en 1405 à Cossignano en Italie, il assista à l'âge de vingt-six ans au concile de Bâle comme secrétaire du cardinal Capranica, devint en 1442 secrétaire de l'empereur Frédéric III, qui l'employa comme ambassadeur, et fut ensuite envoyé comme nonce en Autriche et en Bohême par le pape Nicolas V. Cardinal en 1456, et pape en 1458, il mourut en 1464. Il a laissé de nombreux ouvrages de théologie, d'histoire, de géographie, des discours, des lettres, des poésies, et même un roman. Pendant son séjour en Autriche, il écrivit (1450) pour le jeune roi do Hongrie et de Bohême Ladislas un Traité de l'éducation des enfants {Tractatus de liberorum educatione ad Ladislaum Vngayix et Bohemiœ reg m). Cet ouvrage se compose d'une cinquantaine ue chapitres, où l'auteur traite successivement de l'éducation du corps et de celle de l'esprit. Il attache une grande importance à la santé, et donne des conseils sur la façon de nourrir les enfants et de fortifier leur tempérament; il recommande en môme temps d'éviter les commodités superflues et se prononce (chapitre De corporalibus deliciis co7npescendis) en faveur du système d'endurcissement du corps. Mais c'est l'éducation de l'esprit qui le préoccupe surtout : « Rien, dit-il, n'est plus précieux, rien n'est plus beau qu'un esprit éclairé » {Nihil est in terra pretiosius, nihil prxstdutius illuminato intellectu). Il passe successivement en revue les différentes branches de son programme d'instruction, qui ne sont autres que les sept « arts libéraux » : grammaire, rhétorique, dialectique, musique, géométrie, arithmétique, astronomie; il s'étend très longuement sur la grammaire, donne des préceptes de style, et recommande, comme le meilleur moyen de se former à l'art de la parole, la lecture assidue des poètes, des historiens et des orateurs, particulièrement de Cicéron, Lejeune souverain auquel Aeneas Sylvius adressait son traité n'avait encore que douze ans; pour le stimuler et lui montrer la nécessité de l'étude, le nonce lui représente, dans son préambule, u qu'un roi ignorant est un âne couronné ». Ladislas ne profita guère des leçons du docte Piccolomini ; on sait que, chassé par ses sujets hongrois à cause de ses vices et de sa cruautéj il mourut âgé de dix-neuf ans à peine. Le traité d'Aeneas Sylvius a été imprimé à Cologne en 1477, 1 vol. in-4o; on le trouve aussi dans le recueil des œuvres complètes de ce pape [JEneas Sylvii Piccolominei opéra qux exstant omnia, Bâle, 1551, 1 vol. in-folio), pages 965-992.
PIES (ÉCOLES). — V. Piaristes et Calasanz.
PIETISiME. — On appelle piétisme une secte ou, plus exactement, un courant religieux qui se produisit au sein du luthéranisme allemand dans
la seconde moitié du xvne siècle, et dont les principaux représentants eurent une influence considérable sur le développement et les progrès de l'éducation en Allemagne. Le fondateur du piétisme est le théologien Spener*, né en 1635 à Ribeauvillé en Alsace, et qui occupa diverse» fonctions ecclésiastiques à Francfort d'abord, puis à Dresde et à Berlin. Au formalisme sec et froid de la tradition luthérienne, Spener opposait la foi du cœur, et cherchait à réveiller la vie religieus", la piété évangélique : de là le nom âapiétistes donné à ses partisans par des adversaires qui les accusaient de pousser au séparatisme dans l'Église et de favoriser le penchant à l'hypocrisie. Sans doute le mouvement piétiste ne peut être rangé au nombre de ceux qui ont contribué à émanciper l'esprit humain : on lui reproche, au contraire, ajuste titre, de n'avoir eu de la vie et de la science qu'une conception étroite, et d'avuir, dans son rigorisme, montré un injuste dédain pour les arts et les lettres. Mais il faut reconnaître qu'il a compté dans ses rangs des hommes d'une réelle intelligence, dont plusieurs ont rendu des services à la cause de l'éducation.
Ce fut sous l'impulsion de Spener, et afin de créer un foyer d'études théologiques d'où la doctrine piétiste put rayonner sur l'Allemagne, que l'électeur de Brandebourg Frédéric créa en 1694 l'université de Halle. Au nombre des professeurs delà nouvelle université se trouvait Francke*,dont .la remarquable activité pédagogique a été étudiée dans un article spécial. Bornons-nous à rappeler ici que l'orphelinat créé par Francke a servi de modèle à de nombreuses institutions de ce genre, et que son Pxdagogium a été en Allemagne le premier établissementd'enseignement secondaire où les jeunes gens qui se destinaient aux carrières de l'administration, du commerce ou de l'industrieaienlpu recevoir un enseignement ayant an caractère pratique. Un collègue de Francke, Semler *, fonda à Halle en 1706 la première Realsc/tule; et ce fut encore un piétiste, sorti du Péedagogium de Francke, Hecker', qui créa en 1746 la Realschule de Berlin (V. Realschule). « De même que le piétisme, dit Palmeren opposition à l'orthodoxie, donnait au christia, nisme pratique, à la vie chrétienne réelle la préférence sur la doctrine, sur le dogme abstrait ; de môme il voulut que l'école enseignât les choses utiles à la vie pratique, de préférence à la science morte des livres. » Non scholx, sed vitx discimus était la devise qu'avait adoptée Semler.
Nous devons encore mentionner, parmi les représentants du piétisme, le comte de Zinzendorf, le rénovateur des communautés moraves, et trois éducateurs disiingués: le pasteur wurtembergeois Flattich *, Zeller*, le directeur des asiles de Beuggen près de Bâle, et Wichern *, le fondateur du Rauhe tlaus près de Hambourg.
PILLAKS. — Le professeur James Pillans, qui enseigna les humanités à l'université d'Edimbourg pendant près d'un demi-siècle, et mourut en 1864, à un âge très avancé, a été l'un des plus distingués parmi les éducateurs écossais. Déjà en 1816, ses succès comme directeur de la High schol d'Edimbourg l'avaient signalé à l'attention de la Société française pour l'enseignement élémentaire, qui l'admit au nombre de ses associés étrangers sur le rapport de J.-B. Say. « La haute école à Edimbourg, disait le rapporteur, est un collège où se rendent environ sept cents jeunes gens divisés en cinq classes, et auxquels on enseigne le latin, le grec et la géographie ancienne et moderno. M. PiN lans, frappé, comme l'ont été tous les gens réfléchis dans les trois royaumes, des succès obtenus par la méthode lancastérienne, crut pouvoir 1 ap pliquer à son collège, et il a complètement réussi Il n'est pas un seul de ces jeunes gens qui main tenant no fasse des progrès rapides dans les lan-
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gnes et la géographie anciennes ; tandis qu'auparavant il n'y en avait qu'un petit nombre, doués de plus de dispositions que les autres, qui retirassent quelque avantage de cette institution. Tous les élèves qui en sortent maintenant sont en état de faire leur cours d'humanités à l'université. » Herbert Spencer a emprunté à Pillans une citatien qui forme la conclusion de son étude sur VEducation intellectuelle : «A tous ceux, dit-il, qui mettraient en doute la possibilité d'appliquer le système que nous recommandons, nous répondrons que non seulement il est indiqué en théorie, mais qu'il a aussi la recommandation de l'expérience. Aux jugements prononcés parles maîtres habiles qui, depuis le temps de Pestalozzi, ont rendu témoignage sur ce point, on peut ajouter celui du professeur Pillans, qui a dit : « Quand on » enseigne les enfants comme on doit le faire, ils ne » sont pas moins heureux pendant les heures de » classe que pendant les heures de jeu; rarement » ils trouvent moins de plaisir, et souvent ils en » trouvent davantage, dans l'exercice bien dirigé de » l'activité intellectuelle que dans celui de leur » activité physique ». Les opuscules de Pillans ont été réunis en un volume publié en 1856 à Londres, chezLongman, sous le titre de Contributions ta the couse of éducation, et dédié à lord John Russell. Le volume est divisé en deuic parties, dont la première contient « ce qui est relatif à l'éducation du grand nombre » (what pertains ta the éducation of the many), et le second « ce qui est relatif à l'éducation du petit nombre »> [what pertains to the éducation of the few). Dans la première partie on trouve entre autres deux lettres surl'éducation, traitant, l'une des principes de l'enseignement élémentaire (1827), l'autre des causes qui rendent la discipline imparfaite et des remèdes à y apporter (1828); et deux articles publiés dans VEdinburgh Review, sur l'éducation nationale en Angleterre et en France (183 j) et sur les écoles normales d'instituteurs (1834). Dans la seconde partie, on distingue surtout trois conférences sur les matières d'enseignement et les méthodes de l'éducation classique, faites en 1835, et un exposé du système de discipline et d'enseignement que Pillans avait introduit dans la Hiyh ScAoo/d'Édimbourg (écrit en 1823).
PILLET. ~ Gustave-FabienPillet (1801-1872) a été le premier directeur de l'enseignement primaire au ministère de l'instruction publique. Simple surnuméraire en 1818, puis chef de bureau après 1830 et enfin chef de division, ce fut à lui que M. Duruy confia les fonctions de directeur de l'enseignement primaire, lorsque cette direction eut été constituée par décret du 30 décembre 1868. Il dut résigner ces fonctions pour raisons de santé le 6 octobre 1869. Commandeur de la Légion d'honneur, M. Pillet a été, dans les dernières années de l'empire, maire de Marly-le-Roi (Seine-et-Oise). Lors de la réunion des instituteurs venus à Paris à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867, il fit, à la Sorbonne, sur les devoirs de l'instituteur secrétaire de mairie, une conférence fort goûtée et qui sera toujours lue avec profit par les maîtres auxquelles elle s'adresse. M. Pillet a laissé le souvenir d'un administrateur aussi laborieux que bienveillant. [Ernest Cadet.]
PLACOiENT DES INSTITUTEURS. — La nomination des instituteurs, institutrices et directrices d'écoles maternelles appartient, pour les établissements publics, au préfet sur la proposition de l'inspecteur d'académie. C'est donc à l'inspecteur d'académie du département où ils dési rent être placés que les candidats doivent adresser leur demande. Ce fonctionnaire s'assure qu'ils remplissent toutes les conditions exigées, d'âge, de grade, de moralité, et les inscrit, s'il y a lieu, sur la liste dos candidats qu'il pré-
sente, en cas de vacance, à l'agrément du préfet,
A une époque, peu éloignée encore, où les départements n'étaient pas tous pourvus d'écoles normales d'instituteurs et où le nombre des écoles normales d'institutrices était très restreint, les inspecteurs, chargés de centraliser et d'instruire les demandes d'emplois, se trouvaient parfois, faute de candidats, dans l'impossibilité de faire face aux besoins du service et de soumettre aux préfets les propositions nécessaires pour combler les vides qui se produisaient dans le personnel enseignant de leur département.
Les départements présentaient en efïet entre eux des différences notables au point de vue du recrutement. Tandis que les uns avaient toujours de nombreux candidats inscrits qui attendaient un emploi, d'autres ne pouvaient compléter leur personnel qu'en faisant appel aux départements voisins. Pour les uns, le nombre des jeunes filles qui voulaient entrer dans l'enseignement était considérable, et l'on n'y pouvait, en revanche, trouver les maîtres nécessaires; pour les autres, les instituteurs abondaient, mais on manquait d'institutrices et surtout de directrices d'écoles maternelles munies du diplôme spécial nécessaire à cet emploi.
En 1880 l'administration centrale, préoccupée de cette situation, résolut d'y remédier et, le 21 avril, une circulaire fit savoir aux inspecteurs d'académie que le ministère désirait centraliser dans ses bureaux tous les renseignements qui lui permettraient de connaître, dès qu'elles se produiraient, les offres et demandes d'emplois.
« Je vous prie à cet effet, écrivait le ministre aux inspecteurs, lorsqu'un poste d'instituteur, d'institutrice ou de directrice de salle d'asile deviendra vacant et que vous serez embarrassé pour y pourvoir, de m'indiquer immédiatement le nom de la commune où se trouve îa vacance, ainsi que le traitement et les avantages accessoires (logement, jardin, etc.j attachés à l'emploi.
«Vous voudrez bien également, en ce qui concet ne les candidats qui seraient en instance pour être placés et auxquels les circonstances ne nous permettraient pas de donner satisfaction immédiate ment, me faire connaître leurs noms et prénoms, leur âge, leurs antécédents, et joindre à cette indication votre avis sur leur aptitude et leur honorabilité. Vous consignerez ces divers renseignementsdans les tableaux dont je vous transmets m ci-joint un certain nombre d'exemplaires. » ^
Ces instructions produisirent d'abord de bons effets. L'administration centrale mit en rapport les candidats qui désiraient être placés, soit dans une région déterminée, soit dans quelque partie de la France que ce fût, soit en Algérie, avec les inspecteurs d'académie qui manquaient de sujets.j Elle indiqua même au ministère de la marine, sui^ sa demande, des candidats résolus à prendre d\ service dans nos colonies d'outre-mer.
Grâce à cette mesure l'équilibre se rétablit enl peu de temps. En outre de nouvelles écoles normales s'ouvrirent, les fonctions d'instituteui furent plus recherchées, et les inspecteurs d'académie, ayant sous la main le personnel nécessaire^ cessèrent de s'adresser au ministre.
En 1882, le 20 avril, deux ans presque jnur pout jour après la première circulaire, l'administratioiii centrale, qui continuait à recevoir de nombreuses demandes d'emploi sans pouvoir y donner suite^ rappela aux inspecteurs d'académie les prescrip^ tiens du 21 avril 1880. Elle adressa à ces ronction«i naires deux tableaux qu'ils devaient remplir et" renvoyer au ministère. « Vous me signalerez dans le premier de ces tableaux, disait la lettre d'envoi, les emplois d'instituteur, d'institutrice ou de directrice de calle d'asile qui deviendraient vacants dans votre département et auxquels vous no pourriez pourvoir.
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