‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 274 sur 573 · POMPEE · texte numérisé non relu

POMPEE

POMPr.E

POI.YTECIlNIQUIi (ASSOCIATIF). — V. ^6-

tocia/ion poli/tec/mique.

FOLYTlxiiNIQL'E (ÉCOLE).— V. Ecole polytechnique, p. 76î).

FO>irÉK. — Pierre-Philibert Pompée, né à Besançon le 6 janvier 1809, fut le premier directeur de l'école municipale Turgot et le fondateur de l'école professionnelle d'Ivry. Son père, Gilles- François Pompée, avait l'un des premiers introduit renseignement mutuel en France; il dirigea une école libre à Besançon, à Vesoul, et enfin à Paris, rue Thénevot, dans un ancien hôtel iiabité autrefois par Joséphine Bcauharnais. A défaut de fortune, il laissait en mourant à. son fils un ouvrage qui avait eu trois éditions, le Manuel du jeune orthographiste (l'e édition, 1819; 2* édition, 1824 ; 3* édition, IHjO, sous le titre de Cours d'orthographe radicale^ dite d'usage, ouvrage neuf, propre à enseigner notre orthographe sans le secours du latin), et de nombreux manuscrits : u.i Dictionnaire des familles de mots ou filiation des mots de notre langue avec l'esprit de chacun d'eux (l'auteur voulait enseigner le français par le français lui-môme et remplacer l'étude des langues mortes par le système des familles de mots); un cours de langue allemande, un travail sur la conjugaison et les déclinaisons do la langue allemande, et un cours de thèmes et de versions allemandes. Tous ces matériaux furent utilisés plus tard par le fils du grammairien.

C'est en i823 que Philibert Pompée quitta le collè::;e de Vesoul, où il venait de passer deux années, pour suivre son père à Paris. Il entra comme apprenti dans les ateliers de M. Eberhart, imprimeur du Collège de France, et à l'âge de dix-sept ans il recevait son livret de compositeur. Mais les encouragements que lui avaient donnés divers professeurs avec lesquels il s'était trouvé en relation chez M. Eberhart l'engagèrent à se vouer à la carrière de l'enseignement; il rentra chez son père en qualité de sous-maître, obtint au bout d'un an le diplôme de bachelier es lettres, et bientôt après le brevet d'instituteur de deuxième degré. Il se fit admettre au cours normal de M. Sarazin *, et venait d'obtenir une attestation de premier ordre, quand il perdit son père en 1829.

La municipalité du cinquième arrondissement (aujourd'hui le dixième) fondait vers cette époque une école d'enseignement mutuel. Gilles Pompée, quoique malade, en avait sollicité la direction : l'intérêt qu'il inspirait se reporta sur son fils. Présenté par le maire, Philibert Pompée reçut bientôt sa nomination de directeur. Il n'avait alors que vingt ans, et cependant ses conseils furent suivis pour la construction et l'organisation de l'école, qui s'ouvrit au lendemain de la révolution de Juillet. On ne pouvait souhaiter de meilleures conditions. L'enseignement mutuel, patronné à ses débuts par la Société pour l'instruction élémentaire, adopté par le parti Jibéral, voyait de traverser une période de crise. Malgré ses imperfections, cette méthode constituait un véritable progrès, puisqu'elle permettait de suppléer au nombre insuffisant des maîtres et de donner une expansion plus rapide à l'enseignement populaire. Pompée mit au service de cette cause tout son dévouement et toute son activité. Non content d'organiser l'école de la rue des Vinaigriers d'après les plans qu'il rapportait du cours normal, il y introduisit l'enseignement du chant avec la méihode Wilhem, et celui du dessin avec la méthode Francœur. En 1831, il fit adopter par la Société pour l'instruction élémentaire un pn^jet de Société de prévoyance des instituteurs et institutrices de la Seine, dont il avait trou\é les cléments dans les manuscrits de son père. Plus tard il fut admis comme professeur de grammaire générale à l'Association polytech-

nique et devint l'ami de M. Perdonnet*, président de l'association.

Son zèle infatigable, son esprit d'in't.jative et surtout ses premiers travaux le désignèrent dès lors pour un rôle plus important. Le 20 décembre 18;i3, il fut choisi par le ministre comme membre du comité central d'instruction primaire formé à Paris en vertu de l'ordonnance da 5 novembre do la môme année.

M. Guizot venait de créer l'enseignement primaire supérieur: l'article 10 de la loi du 28 juin 18a3 portait que les communes chefs-lieux de département et celles dont la population excèd'six mille âmes devront avoir une école primaire supérieure. Il appartenait à la ville de Paris de fonder une école modèle. Le comité central mit la question à l'étude, et le 27 février 1836 un rapport résumant ses travaux concluait à la fondation, aux frais de la ville, d'une école primaire supérieure : l'auteur du rapport était Philibert Pompée. Il aviiit obtenu quelque temps auparavant son brevet supérieur et pouvait dès lors ambitionner la direction du nouvel établissement. Mais c'est surtout par des travaux personnels qu'il voulut préparer sa candidature : il publia sous le titre d'/l/bum des écoles primaires un cours de dessin linéaire qui fut adopté par le comité central, et un peu plus lard un Rapport historique sur les écoles primaires de la ville de Paris. Le '^3 mars 1839, il reçut sa nomination officielle de directeur de l'école primaire supérieure, qui devait être installée rue Neuve-Saint-Laurent, dans le quartier du Temple. C'est cette école qui prit en 1847 le nom d'école Colbert, et en 1848 celui d'école Turgot, qu'elle porte encore aujourd hui.

En attendant l'ouverture de la nouvelle école, il va étudier en Suisse la méthode de Pestalozzi ; et de son séjour dans la patrie du grand réformateur il rapporte non seulement des connaissances nouvelles, de nombreux documents, mais surtout la foi de l'éducateur.

A peine de retour, Pompée se hâta d'organiser son école d'après les règles de riiyglèoe et (!e l'éducation modernes. La salle de dessin quil y installa est particulièrement remarquable ; on y trouve déjà un hémicycle disposé en gradins pour le dessin d'après les plâtres ou d'après nature, ainsi qu'un système de tables à tiroir des plus ingénieux. A la suite de cette salle une pièce est aménagée pour le modelage. Au premier étage, un^î salle de lecture, et une salle de collections : collections de zoologie, de végétaux, de minéraux et de leurs produits industriels, produits chimiques rangés par ordre de fabrication, instruments d^ physique, (^ette organisation répondait bien à l'esprit de l'enseignement primaire supérieur, qui se préoccupe avant tout de l'utilité pratique, de l'application. La même méthode se retrouve dans les programmes de l'enseignement. Les résultats répondirent aux efforts du directeur, qui reçut comme récompense, huit ans après l'ouvertuie de l'école, la croix de la Légion d honneur. 11 avait obtenu en 1845 le prix off'erc par l'Académie du Gard au meilleur travail sur la question de l'éducation en France. En 1847, l'Académie des sciences morales mettait au concours la questioii suivante : « Examen critique du système d'instruction et d'éducation de Pestalozzi, considéré principalement dans ses rapports avec le bienêtre et la moralité des classes pauvres. » Pompco résolut de concourir. Aux documents qu'il avait recueillis en Suisse vinrent s'ajouter ceux que lui fournit un des anciens collaborateurs de Pestalozzi, Schmid *, qui habitait Paris. Le mémoire de Philibert Pompée fut couronne conjointement avec celui de M. «apet*; il a été publié en 1850 chez l'éditeur Perrottin sousle titred ttude sur la vie et les travaux de Pestalozzi»

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