‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 275 sur 573 · PONCELET · texte numérisé non relu

PONCELET

Après la révolution de 1848, nommé membre de la liante commission des études scientifiques et littéraires parle ministre Carnot, Pompée fit partie de la sous-commission chargée de préparer une loi nouvelle en harmonie avec les principes républicains. Mais la réaction ne tarda pas à prendre le dessus, et après le coup d'État de 1851 elle devint toute-puissante. D'abord suspect, puis persécuté pour son libéralisme, Pompée vit que la lutte était impossible : afin d'éviter une révocation, il adressa le 16 décembre 1852 sa démission au préfet de la Seine, M. Berger.

Le 16 février 1853, Pompée ouvrait h. Ivry une école professionnelle libre, installée dans une propriété dont les dépendances occupent un espace de 16000 mètres carrés, avec de vastes cours de récréation, un parc très ombragé et un jardin botanique d'une contenance de 10 ares. Partout de l'air, de la lumière et d'excellentes, conditions hygiéniques. La salle de dessin est, comme à l'école Turgot, installée avec un soin particulier. Les collections d'histoire naturelle sont des plus variées. On y remarque surtout de nombreux spécimens de matières textiles à l'état naturel et à l'état manufacturé, ainsi qu'une belle collection de bois de travail.

Pompée profitait de ses vacances pour voyager: il avait ainsi successivement visité les Alpes, l'Auvergne, la Bretagne, la Suisse, la Belgique : il en rapportait de nouvelles collections ainsi que des notes sur les établissements d'instruction.

Après une période de dix années, l'école d'Ivry était devenue très prospère; elle fut signalée au public par les articles de M. Charles Sauvestre dans y Opinion Jiationale. En 1862, M. Rouland fit visiter l'école de Pompée par deux inspecteurs généraux, MM. Rendu et Dubief, qui firent au ministre un rapport des plus favorables. L'année suivante. Pompée publia chez Paguerre ses Etud'^s sur l'éducation professionnelle en France (in- 18), ouvrage qui comprend deux parties; la première, intitulée : De l'éducation professionnelle en Frafice, est le mémoire couronné en 18i5; la seconde, qui a pour titre : Réforme de l'enseignement et plans d'études, embrasse la période écoulée de 1846 à 1862. La même année il avait organisé à Ivry une section de l'Association polytechnique.

En 1865, M. Duruy préparait son projet de loi sur la création de l'enseignement secondaire spécial ; il vint visiter l'école d'Ivry avec une commission de députés. A partir de cette visite, des relations suivies s'établirent entre le ministre libéral et l'ancien directeur de l'école Turgot. Un an après, Pompée fut nommé membre du Conseil supérieur de perfectionnement du nouvel enseignement.

Lors de l'Exposition universelle de 1867, il fut désigné pour faire partie du jury international des récompenses, comme membre de la classe 90. Les collections et les travaux exposés par ses élèves furent particulièrement remarqués, ainsi que sa méthode d'enseignement géographique prenant l'école pour point de départ. Il fit plusieurs conférences aux instituteurs appelés à Paris par le ministre pour visiter l'Exposition, et fut chargé de la rédaction d'une partie des rapports relatifs à l'exposition de l'instruction publique ; les sujets qui lui furent confiés sontl'introduction, les crèches et les asiles, l'instruction primaire, les écoles d'adultes, les cours polytechniques secondaires, l'enseignement technique et les collections. Son travail, qui est encore aujourd'hui consulté avec fruit, remplit, avec les rapports de ses collègues, le treizième volume de la collection des rapports (lu jury. A la suite de ce grand et méritoire labeur, il reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur.

En 180911 commençai écrire, pour VHisloire générale de la ville da Paris, que publiait la pré-

fecture de la Seine, V Histoire de Vinsiruction prî» maire dans la ville] de Paris. Ce travail, qui devait, dans la pensée de l'auteur, être aussi complet que possible, est malheureusement resté inachevé»

Pompée venait d'être nommé conseiller munipal et maire d'Ivry, lorsque l'invasion prussienne l'obligea à se réfugier à Paris et à y transporter 'e matériel de son école. Après le second siège de Paris, il s'appliqua à réparer dans sa commune les malheurs de la guerre, et fut élu membre du Conseil général de la Seine. Il faisait déjà partie du Conseil départemental de l'instruction publique et de la commission de surveillance de l'école normale d'Auteuil. 11 se multipliait pour suffire à des charges si nombreuses et si lourdes; mais la cruelle maladie qui le minait depuis longtemps, la goutte, devait avoir raison de la vigueur de son espritetdeson inaltérable dévoûment ;elle l'emporta le 9 février 1872, à l'âge de soixante-deux ans. Son gendre et son successeur, M. Léon Château, a consacré h sa mémoire une notice biographique à laquelle nous avons emprunté le fond de cet article. ^ [Eugène Blanchetj.

PONCE DE LÉON. — Pierre de Ponce de Léon, de l'illustre famille princière de ce nom, naquit vers 1520, à Valladolid (Espagne), et mourut en 1584. Il faisait partie des bénédictins du couvent de San-Salvador de Ona, dans la province de Burgos. Dans ce couvent se trouvaient, à la même époque, deux jeunes sourds-muets appartenant à une famille illustre, Don Pedro et Don Francisco de Tobar y Enriquez, héritiers du marquisat de Berlanga et frères du connétable de Gastille. Non moins savant et habile que sensible et bon. Ponce s'intéressa aux jeunes infirmes, et résolut de leur rendre la parole et de les instruire. Ses généreux efforts furent couronnés de succès, ce qui lui attira d'autres élèves, parmi lesquels la sœur des premiers et le fils du gouverneur de l' Aragon.

François Vallès, auteur d'un ouvrage intitule Pldlosophie sacrée f raconte qu'il apprenait à ses élèves à écrire, « en leur montrant du doigt des objets qui étaient exprimés par des caractères écrits; ensuite, en les exerçant à répéter par l'organe vocal les mots qui correspondent à ces caractères. »

On n'a que des données incertaines et très incomplètes sur la plupart des procédés qu'il employait, car il n'a pas laissé de traité explicatif de sa méthode. Si l'on en croit un autre écrivain de l'époque, Ambroise Morales, auteur des Antiquités d" Espagne, contemporain de Ponce et témoin de ses succès, les élèves de Pierre de Ponce parlaient avec une rare perfection. Selon Pierre de Ponce lui-même, qui l'a consigné dans un écrit qui se trouve dans les archives du couvent, « ils conversaient, écrivaient, calculaient, priaient à haute voix, servaient la messe, se confessaient, parlaient le latin, le grec et l'italien, et raisonnaient fort bien sur la physique et l'astronomie. »

Sans attacher à un témoignage aussi intéressé d'autre importance que celle qu'il mérito, on peut considérer Pierre de Ponce comme le créateur de l'art d'enseigner les sourds-muets, en Espagne, et ce titre lui mérite une place relativement importante parmi les pédagogues.

PONCELKT. — L'abbé Poncelet est l'auteur d'un livre anonyme publié à Paris en 1763, chez Le Mercier, imprimeur-libraire , rue Saint-Jacques, en 3 vol. in- 12, sous ce titre : Principes généraux pour servir à l'éducation des enfants^ principalement de la noblesse française. Cet ouvrage se compose de seize lettres adressées à M. le comte de ***. Dans sa préface, Poncelet expose en ces termes son but et les principes qui l'ont guidé : « Le plus grand nombre de ces lettres étaient écrites il y avait fort longtemps, quand V Emile de J.-J. llouS:eau a paru... Per-

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