PRESCRIPTION
PRÉPAii-iTlON. — Les hommes les plus heureusement doués ne sont pas dispensés pour cela de travailler pour réussir. On ne fait rien de bien sans s'y être préparé d'une manière sérieuse. Ce serait une grande erreur de croire que les orateurs môme qui se sent fait la réputation la plus brillante par le talent de l'improvisation n'ont pas médité Ji loisir sur tous les sujets qu'ils paraissent traiter d'inspiration. S'ils nous semblent toujours prêts sur les questions en apparence les plus diverses, c'est que ces questions ou du moins les idées générales qui s'y rapportent leur sont devenues familières par une étude longue et approfondie.
Il y a deux sortes de préparations nécessaires, quel que soit le but qu'on poursuive: fa préparation générale, qui est comme l'approvisionnement des matériaux dont on aura un jour à se servir, et la préparation immédiate, qui est comme le choix à faire dans les matériaux au moment de les mettre en œuvre.
En matière d'enseignement primaire, la préparation générale est celle qui a lieu Iiabituellement dans lesécoles normales. On ne donne l'autorisation d'enseigner qu'à ceux qui ont fait preuve de cette préparation par la conquête d'un brevet de capacité; mais ce serait mal comprendre le devoir d'un instituteur de la jeunesse que de croire qu'une fois le brevet obtenu, si brillamment qu'on ait soutenu les épreuves, le travail de la préparation générale est terminé. Ce travail ne s'achève jamais. Un homme qui est chargé d'enseigner doit étudier toujours, pour ne pas désapprendre et pour se tenir au courant des progrès de la science qui elle-même avance toujours.
Cette préparation générale et continue, nécessaire pour maintenir le maître au niveau de ses fonctions, ne le dispensera pas de la préparation spéciale et journalière. Si élémentaire que soit un enseignement, l'instituteur ne doit pas le livrer au hasard. Rien n'est à négliger. Il doit avoir choisi d'avance les mots qu'il doit faire lire à telle ou telle division de ses élèves, avoir écrit d'avance au tableau noir les lettres et les syllabes qu'il se propose de faire connaître aux plus petits comme celles qui doivent servir d'exemples d'écriture; il est nécessaire qu'il ait étudié le sens de toutes les phrases de la leçon du jour, qu'il en ait copié ou souligné les mots à expliquer; les problèmes de calcul ne doivent pas être les premiers venus ; on en fait connaître l'intérêt et la portée pratique en les appropriant aux élèves, au pays, à la saison, aux circonstances; le maître devra en avoir trouvé et en connaître la solution ; il devra en avoir pesé les difficultés et vu tous les écueils. Il devra avoir exécuté lui-même le dessin ou le trace géométrique. Rien n'est mauvais comme d'avoir à renvoyer au numéro ou à la page qui suivent dans un livre que le maître s'est quelquefois dispensé d'ouvrir. Gela est particulièrement sensible pour l'enseignement de l'histoire et de la g 'Ograpliie et pour ce qu'on appelle la leçon de choses. Plus ces leçons seront préparées avec soin, plus il sera facile à l'instituteur de donner à sa parole cette apparence d'improvisation qui fait l'intérêt de l'enseignement et la réputation de savoir du maître. Les rapprochements ingénieux, les traits d'esprit qui ressemblent le plus à des saillies et à des rencontres fortuites sont presque toujours, môme chez les professeurs les plus brillants, ceux qui ont été médités le plus à loisir et qui ont coûté le plus de peine.
. Il n'est pas nécessaire d'insister sur la nécessité
, de préparer la correction des devoirs de style. Avoir lu et annoté les copies de quelques vagues
I indications [bon, passable, mauvais) ne suffit pas.
' Un maître qui veut remplir sa tâche jusqu'au bout et la rendre fructueuse devra avoir préparé lui-
; 1" Pautie.
môme un corrigé et être en état de signaler dans l'ensemble du devoir ou dans le détail de chaque phrase non seulement ce qui est défectueux, maig en quoi consiste la faute et ce qui eût Hé meilleur h. dire, sinon parfait.
Pendant de longues années, l'administration avait exigé que les instituteurs consignassent leur préparation quotidienne sur un registre qu'on avait appelé \e journal de classe *. La tenue de ce journal a cessé d'être obligatoire; mais quelles que soient les dispositions prises pour guider les instituteurs et quelles que soient à cet égard les prescriptions des autorités scolaires, on ne saurait attacher trop d'importance à cette préparation journalière. On peut affirmer à coup sûr que 1> où elle manque, la classe est sans profit, les élèves faibles et le maître mauvais. [L. Lescœur.]
PRESBYTÈRE. —D'après une jurisprudence constante, les curés ou desservants n'ont que l'usage personnel des presbytères: ils ne peuvent ni les louer en tout ou en partie, ni les céder à un tiers, ni tirer un lucre quelconque des bâtiments destinés à leur servir d'habitation ou de leurs dépendances. (Décisions du ministre des cultes des 8 avril 1809, 9 avril 1839, 24 octobre 1845, 22 août 1848.)
D'un autre côté, aux termes de deux avis du Conseil d'Etat, l'un du 6 pluviôse an XIII, l'autre du 3 novembre 183G, les presbytères sont des propriétés communales. Or, il n'est pas possible d'admettre que les sacrifices imposés aune commune pour loger le desservant puissent tourner contre elle-même. 11 en serait ainsi dans le cas où le desservant établirait ou permettrait d'établir dans le presbytère une école libre en vue de ruiner l'école publique que la loi oblige la commune à entretenir.
Ces principes incontestables ont été expressément rappelés par le Conseil impérial de l'instruction publique (23 février 1870) qui, sur le pourvoi de l'abbé Deschamps, desservant de La Crèche, commune de Breloux (Deux-Sèvres), a confirmé la décision du Conseil départemental de l'instruction publique maintenant le refus du maire de Breloux d'approuver le local dans lequel cet ecclésiastique voulait installer une école libre, ledit local n'étant autre que le presbytère de la paroisse.
L'ordonnance royale du 3 mars 1825 n'autorise la distraction des parties superflues des presbytères qu'en vue d'un service public communal. Aussi arrive-t-il fréquemment qu'en l'absence de toute disposition de loi donnant à l'instituteur droit à un jardin pour son usage personnel, le Conseil d'Etat repousse les demandes de distraction formées dans ce but par les communes, alors même que l'étendue du jardin presbytéral se prêterait sans inconvénients à une division. Les demandes de ce genre ne peuvent être accueillies, en l'état actuel de la législation, que si elles sont motivées par les nécessités du service scolaire, pour assurer, par exemple, l'enseignement, aujourd'hui obligatoire, de la gymnastique, ou des notions pratiques d'horticulture. [Ernest Cadet.]
PRESCR1PTI0>Î. — L'action des maîtres et instituteurs des sciences et arts pour les leçons qu'ils donnent au mois se prescrit par six mois (Gode civil, art. 2271).
Sont soumis à cette prescription les précepteurs qui sont logés chez les parents de leurs élèves et dont l'engagement est au mois, et, à fortiori, ceux qui donnent leurs leçons au cachet.
Quant à ceux qui les donnent à tant par trimestre, par semestre ou par an, il paraît rationnel, dans le silence de la loi, de les soumettre à la règle générale de l'article 2277 : « Tout ce qui est payable par année ou à des termes périodiques plus courts se prescrit par cinq ans. »