PROFESSIONNEL (ENS"'*"""") — 2451 — PROFESSIONNEL (ENS
lègcs royaux (statut du 4 septembre 1821), une aorte de u blTurcation » à partir de la classe de Iroisièmc, à l'usago des élèves « qui ne se destinaient pas h. prendre les grades des facultés ». C'est Jà.ditM. Gréard{La Question des programmes dans renseignement secondaire)^ « rorigine de l'enseignement dit français, devenu plus tard l'enseignement spécial ». Cependant ce n'était qu'une mesure insuffisante, et qui ne pouvait donner satisfaction aux besoins des familles dont les enfants se destinaient à d'autres professions qu'à celles des carrières dites libérales. En 1823, un journal, les Tablettes universelles, ouvrit un concours pour le meilleur mémoire rédigé en réponse à la question suivante : a N'y a-t-il pas dans notre système d'instruction publique, entre Jes écoles primaires et les collèges consacrés aux études classiques, une lacune qu'il serait utile de remplir par des établissements d'une nature spéciale ? Quels seraient les avantages de ces établissements ? Quelle organisation et quel plan d'études y devraient être adoptés? » Le mémoire couronné était l'œuvre de M. Renouard*; il fut publié en 1824 sous ce titre: Considérations sur les lacunes de Véducation secondaire en France. L'enseignement privé essaya, dans une certaine me- ^sure, d'offrir aux familles ce qu'elles ne pouvaient trouver dans les établissements classiques de l'Etat ; et l'ordonnance du 26 mars 1829, due à M. de Yatimesnil, témoigne qu'il s'était fait réellement quelque chose en ce sens : on y lit, à l'article- 19, que les élèves des institutions et pensions « qui «uivront les cours spécialement destinés aux professions industrielles et manufacturières seront dispensés de suivre les classes des collèges, soit royaux, soit communaux ».
Cet enseignement destiné aux élèves qui ne veulent pas s'en tenir à l'instruction élémentaire de l'école primaire, mais qui ne trouvent pas dans l'enseignement secondaire classique le genre d'instruction dont ils ont besoin, le gouvernement de Juillet essaya de le créer. M. Cousin, à la suite de sa mission en Allemagne (1831), proposa à M. de Montalivet, alors ministre, la fondation d'écoles qui seraient l'équivalent des Bûrgerschulen allemandes. « Un cri s'élève d'un bout de la France à l'autre, disait-il, et réclame, pour les trois quarts de la population française, des établissements intermédiaires entre les simples éco- Jes élémentaires et nos collèges. » Ce sont ces établissements intermédiaires que la loi du 28 juin 1833 voulut créer sous le nom û^écoles primaires supérieures.
La plupart de ceux qui s'occupèrent de la question à cette époque trouvèrent le nom d'écoles primaires supérieures mal choisi. M. Cousin, nous venons de le voir, aurait désiré le nom d'écoles iyitermédiaires (c'est aussi celui qu'emploie M. Saint-Marc Girardin dans son livre : De finatruction intermédiaire dans l'Allemagne du sud); M. Renouard, l'auteur du Mémoire de 1824, devenu rapporteur de la loi de 1833 à la Chambre des députés, demandait que les nouveaux établissements fussent nettement rattachés à l'enseignement secondaire; M. Pompée, qui fut le direcieur de la première école primaire supérieure de Paris, -déclarait quelques années plus tard que « le nom d'écoles primaires supérieures, qui a été donné aux institutions nouvelles, nuit considérablement à leur succès auprès de la population, d'abord parce que ce nom est vague et manque de justesse, ensuite et surtout parce qu'il ne satisfait pas l'amour-propre, la vanité des classes moyennes, auxquelles ces établissements sont destinés. » Mais ce nom tant critiqué, fait observer le même écrivain, avait eic en quelque sorte imposé au ministre de linstruction publique, « qui, tout en le trouvant mauvais, avait dû saisir l'occasion
d'une loi sur l'instruction primaire pour combler dans notre législation la lacune qu'on avait si bien signalée ».
Peu à peu, pour désigner cet enseignement si difficile à nommer, et dont on ne savait pas au juste s'il fallait le rattacher à l'enseignement primaire ou à l'enseignement secondaire, surgit ui e expression nouvelle : l'enseignement professionnel. M. Saint-Marc Girardin l'adopta dans un discours à la Chambre des députés en 1838 : « Il v.a s'agit pas, dit-il, de substituer l'éducation professionnelle à l'éducation classique, il s'agit seulement de mettre à côté de l'éducation classi-^ine l'éducation professionnelle. » En 1844, l'Académie royale du Gard l'employa à son tour, en ouvrant un concours sur la question « de l'éducation proffessionnello en France et de son organisation ».M. Pompée, auteur du Mémoire qui reçue le prix, fit observer à cette occasion que le nom d''écoles professionnelles n'était pas juste, et proposa comme plus exact celui d'écoles technologiques : mais ce terme, qu'on trouva trop savant, ne fit pas fortune; et quelques années après, l'expression d'éducation professionnelle sembla recevoir une consécration définitive lorsque l'Assemblée nationale de 1848 l'inscrivit dans la Constitution (article 13).
A la veille de la révolution de février, M. de Salvandy, que préoccupait une réforme de l'enseignement scientifique dans les établissements d'instruction secondaire, décida (statut du 5 mars 184T) la création, dans les collèges royaux et communaux, d'un enseignement dit spécial, distinct de l'enseignement littéraire et parallèle à cet enseignement, où les élèves devaient être admis après la quatrième. Lorsque la loi de 1850 eut supprimé l'enseignement primaire supérieur, il ne resta plus, pour représenter l'enseignement dit professionnel, que cet enseignement spécial donné dans les lycées et les collèges.
Il y eut, lors de la discussion de la loi du 15 mars 1850 à l'Assemblée législative, un débat qui fit voir combien, en réalité, les idées étaient peu fixées à l'égard de ce qu'il fallait entendre au juste par ensei gnement professionnel. MM. de Lasteyrie et Wolowski présentèrent à l'article 62 un paragraphe additionnel, ainsi conçu : «Le ministre, sur l'avis du Conseil supérieur, instituera des jurys spéciaux pour V enseigneynent professionnel. »
M. de Lasteyrie développa sa proposition en disant : « Je désire établir tout de suite la différence qu'il y a entre l'éducation professionnelle et l'éducation spéciale. Ce qu'on appelle les écoles spéciales, ce sont des écoles où Ton donne l'instruction nécessaire pour l'exercice d'une profession spéciale, comme, par exemplo, l'École des mines, l'École des arts et métiers, l'École des arts et manufactures; ce sont là dis écoles spéciales, c'est là ce qu'on appelle l'enseignement spécial ; tandis que renseignement professionnel est celui qui a pour objet de préparer* les jeunes gens à l'instruction spéciale qui doic couronner leurs études. L'enseignement professionnel est l'enseignement secondaire. » M. Wolowski dit à son tour : « Les écoles primaires supérieures ont disparu. Nous croyons qu'il est indispensable que la loi nouvelle donne droit do cité, d'une manière complète, d'une manière formelle et expresse, à l'enseignement professionnel. . . Je ne comprends pas l'insistance avec laque; le M. le rapporteur refuse un mot qui est passé dans la langue, un mot qui est adopté par l'usage, et qui indique une chose parfaitement définie dans la conscience publique. » Le ministre, M. ue Parieu, répondit : « La question est entre doux mots qui sont également mauvais, enseiynemencs spéciaux et enseignement professionnel. Il eii>ie un commencement d'enseignement qu'on apptiio
PROFESSIONNEL (ENS^'*''*^""^'^") — 2452 — PROFESSIONNEL (ENS'''^^'""^'*^'
souvent professionnel, que, dans l'Université, on appelle enseignement spécial. Eh bien, la vérité, c'est que c'est là un enseignement préparatoire seulement pour les professions qui touchent au commerce, h l'agriculture et à l'industrie : ce qui fait que, dans certaines villes, on l'appelle enseignement commercial; dans d'autres, enseignement industriel ; Adir\% d'autres, enseignement professionnel; dans l'Université, on l'appelle enseignement spécial. Il y a même un programme nouveau pour cet enseignement spécial (arrêté du 17 septembre 1849). Mais tous ces mots ne sont pas justes; le mot enseignement spécial n'est pas nés juste; le mot enseignement professionnel est un peu moins juste encore, car il y a d'autres professions que le commerce, l'industrie et l'agrinilture. >) — Le paragraphe additionnel fut adopté, mais il devait rester lettre morte, bien que M. de i arieu eût institué en juin 1850 une commission pour préparer un plan d'organisation de l'enseignement professionnel.
Cependant, en présence de ceux qui appelaient du nom à' enseignement professionnel l'enseignement primaire supérieur ou l'enseignement secondaire non classique, il s'était formé un parti fini donnait à ce mot une autre signification, et l'appliquait à un enseignement destiné à préparer directement à l'exercice d'une ou de plusieurs professions déterminées. Un des principaux champions de l'enseignement professionnel ainsi entendu était M. César Fichet, — V. Manuel {Travail), p. 1824, — qui dès 1832 avait fondé à Paris, sous le nom d'école industrielle, un établissement dont le programme ajoutait aux études théoriques (arithmétique, géométrie, physique, chimie, etc.) des exercices pratiques à l'atelier (modelage, moulage, travail du tour, coupe des pierres, etc.). M. Fichet, dont l'école avait été transférée à Ménars en 1848, fut chargé en 1853 par M. Fortoul d'organiser sur divers points de la France des établissements semblables à celui qu'il avait créé par sa propre initiative ; et le Journal de l'instruction publique, rendant compte de la mission confiée à M. Fichet (n" du 27 août 1853), disait ; « Ainsi, V enseignement professionnel, dans toute la vérité des termes, est aujourd'hui fondé. » Un institut professionnel fut ouvert à Toulon, une autre école professionnelle fut créée à Lille ; mais le mouvement, croyons-nous, s'arrêta là. C'est seulement une quinzaine d'années plus tard que la France devait commencer à se couvrir d'établissements destinés à préparer à l'exercice de leur profession les industriels, les commerçants, les agriculteurs, patrons et entrepreneurs, employés et ouvriers, établissements dus tantôt à l'initiative privée, tantôt au bon vouloir des municipalités, et portant soit le nom d'écoles professionnelles, soit celui d'écoles d'apprentissage, d'écoles commerciales, etc.
En 1862, M. Rouland reprit l'idée de M. de Montalivet; il songea à donner plus de développement aux cours d'enseignement spécial qui avaient été créés par le statut du 5 mars 1847, et qui s'étaient maintenus au milieu du remaniement des programmes de l'enseignement secondaire opéré par M. Fortoul. Dans un rapport à l'empereur, il formula sa pensée en ces termes : « Le moment semble venu de s'occuper d'une branche de l'enseignement public qui, placée audessus de l'instruction primaire, viendrait la continuer parallèlement avec l'instruction secondaire donnée par les collèges et les lycées. Il s'agit de cet enseignement moderne, usuel, qui prend pour base la langue nationale et les langues vivantes, l'histoire du pays et la géographie pratique, les sciences appliquées, les notions de l'industrie et du commerce, le dessin... L'Université aurait pu, depuis quinze ans, étendre sur toute la
France la création de ces classes d'enseignement, moyen ou intermédiaire, connues dans quelques pays sous le nom d'écoles réelles, et que la loi (de 1833) rangeait parmi les établissements d'enseignement primaire supérieur... Renonçant à cette désignation regrettable d'enseignement pri" maire supérieur, qui éloigne toutes les familles, il conviendra peut-être de constituer, soit dans les lycées eux-mêmes, spit à côté deux, selon les cas, des écoles, véritables collèges modernes, analogues, à certains égards, aux écoles centrales du commencement du siècle. »
L'enseignement que devaient donner ces « collèges modernes » ou « collèges français n, M. Rouland l'appelait enseignement secondaire professionnel. Ce fut ce même nom que reprit d'abord M. Duruy; à son arrivée au pouvoir, en 1863, il annonça « qu'un projet de loi relatif à l'enseignement secondaire professionnel allait être présenté au Corps législatif ». En attendant la loi promise, le nouveau ministre fit rédiger un « programme pour l'enseignement professionnel dans les lycées impériaux » ; dans l'instruction qui en accompagnait l'envoi aux recteurs (2 oct. 1863),nous relevons le passage suivant, qui marque nettement le sens que M. Duruy, à l'exemple de son prédécesseur, attachait au mot professionnel, — sens tout différent de celui que lui donnaient les partisans de l'enseignement du travail manuel dans l'école : « Nous excluons de nos écoles nouvelles, disait-il , les exercices d'atelier , parce que l'administration de l'instruction nationale n'est pas celle des travaux publics. Elle ne fait pas des mécaniciens, des mineurs, des contremaîtres; mais puisque l'industrie, le commerce et l'agriculture exigent chaque jour plus d'intelligence et de savoir, l'Université a son rôle dans cette éducation de l'esprit qui doit précéder celle de la main. Si elle n'enseigne pas une profession déterminée, elle préparera à toutes les professions. »
La loi annoncée fut promulguée le 21 juin 1865; elle fixait le programme du nouvel enseignement, et lui imposait le nom d'enseignement secondaire spe'cial. A partir de ce moment cesse l'équivoque produite pendant un quart de siècle par l'emploi du mot professionnel dans deux sens différents. Le nom d'école professionnelle est désormais réservé uniquement aux établissements qui préparent à l'exercice pratique d'une profession ; le nomd'enseignement professionnel n'a plus qu'une acception unique, la seule conforme à la logique : il désigne l'enseignement technique donné à des élèves qui font l'apprentissage d'une profession. Quant à cet enseignement qui n'a rien de technique, et que M. Cousin appelait intermédiaire, la loi, en le rattachant à l'enseignement secondaire, en l'appelant enseignement secondaire, spécial, a montré qu'elle le considérait comme une des formes de l'enseignement général. Lorsque plus tard la troisième République a constitué, à côié de cet enseignement secondaire spécial, un autre enseignement d'un caractère plus modeste, plus immédiatement pratique, plus à la portée de la population ouvrière et agricole à laquelle il est destiné, elle ne l'a point baptisé non plus du nom d'enseignement professioyinel; elle a repris le nom d enseignement primaire supérieur, pour bien montrer que, là aussi, il s'agissait d'un enseignement fait pour donner une culture scientifique générale, et non d'un apprentissage technique.
Bien que l'usage, comme nous venons de le dire, ait aujourd'hui ramené le mot d'enseignement professioîmel à sa véritable signification, les fortunes diverses que ce terme a subies lui ont laissé quelque chose de flottant, de mal défini. On ne sera plus tenté, il est vrai, d'appeler école
DéparlerueiiU.
Cher,
Eure.
Finistère.
PROFESSION"'"' (ECOLES) — 24o;i — PROFESSION"""^ (ÉCOLES)
professionnelle un dtablissement qui serait l'équivalent d'une Healschule allemande ; mais on se demandera souvent s'il y a quelque différence entre une é'-ole profesnonnelle et une école d'apprentissage; si des institutions comme les écoles de commerce, les cours de dessin, les cours de physique, de chimie, sont des institutions professionnelles; s'il convient d'étendre cette désignation à f'us les établissements qui préparent à une carrière spéciale, à l'Ecole des mines, à l'Ecole centrale des arts et manufactures, et môme à TEcole navale, à 1 Ecole de Saint-Cyr, à l'Ecole normale? Otte incertitude dans l'emploi qu'il convient de faire d'une expression dont le premier mérite serait de dire nettement ce qu'elle veut dire, nous engage à renoncer nous-mêmes à nous en servir; plutôt que de chercher à en fixer le sens par des .léfinitions dont le moindre inconvénient serait «l'être arbitraires, nous préférons avoir recours à «in terme d'un usage plus commode et d'une sipinification plus arrêtée et mieux acceptée de tous. C'est le mot d'enseignement technique. « L'enseie;nement technique, dit M. Tresca (Rapport sur l'organisation de l'enseignement technique, publié par le ministère du commerce, 1885), est celui qui est plus spécialement dirigé vers les besoins de la profession industrielle ou commerciale à laquelle l'élève se destine. » C'est sous le nom d'institutions d'enseignement technique qu'il convient, croyons-nous, de grouper toutes les écoli^s dans lesquelles on prépare l'élève à la pratique d'une profession industrielle ou commerciale, quel que soit le nom sous lequel l'usage courant les désigne. C'est donc à l'article Technique {Enseignement) que nous étudierons la question de la meilleure organisation à donner à cette branche si importante de l'enseignement national, et que nous parlerons de l'état de l'enseignement technique dans les pays étrangers.
PROFESSIOi>NELLES (ÉCOLES). — Nous avons indiqué, à VàTtic\e Professionnel (Enseignement), ce qu'il y a de vague et de mal défini dans le qualificatif de professionnel appliqué, soit à un ordre d'enseignement, soit à une catégorie d'établissements. C'est au mot Technique (Enseignement) que nous traiterons la question d'une manière plus complète, et que nous parlerons de ce qui a été fait jusqu'à ce jour, en France et à l'étranger, pour créer des écoles destinées à préparer des élèves en vue d'une profession commerciale ou industrielle. A cette place, nous nous bornons à donner, d'après une double enquête faite par le ministère du commerce en 1884, et par celui de l'instruction publique en 1885, l'énumération des écoles qui portent actuellement en France le nom A' écoles professionnelles. Naturellement, cette liste piésentera des lacunes nombreuses; beaucoup d'écoles qu'on aurait pu s'attendre à y voir figurer ne s'y trouveront pas, parce que leurs fondateurs les ont désignées par un nom légèrement différent, tel qu'eeo/e industrielle, école d'apprentissage, ou parce qu'elles portent le nom même de la profession qu'elles en eignent à leurs élèves, école d'horlogerie, école de tissage, etc., ou pour quelque raison analogue.
Liste des établissements dénommés Ecoles professionnelles dans l'enquête du ministère du commerce ou dans celle du ministère de l'instruction publique.
Départements.
£ouches-du-Âhône, Ecole professionnelle libre (sub\enventionnée) de M. Pellerin, Marseille (1831).
Ecole professionnelle de filles, Marseille (1881).
Ecole municipale professionnelle, la Ciotat (1879).
Isère.
Loire.
Loire (Haute-).
Loire-Inférieure.
Loiret.
Marne.
Marne (Haute-).
Meurthe-et-Moselle.
Nièvre.
Nord.
Orne.
Pyrénées (Basses-).
Pyrénées-Orientales.
Saône (Haute-).
Saône-et-Loire.
SaiHhe.
Savoie (Haute-).
Seine.
Seine-et-Marne.
Seine-et-Oise.
Seine-Inférieure.
Tarn,
Var.
Vaucluse.
Vienne (Haute-).
Ecole nationale primaire supérieure et d'enseignement professionnel, Vierzon (18S3).
Ecole prQfesâionnelle, Errcux (186S).
Ecole municipale professionnelle de dessin, Morlaix (1S72).
Atelier professionnel annexé à l'école de garçons, Carhaix (1872).
Atelier professionnel annexée l'école de garçons, (hàteauneaf (1882).
Ecoie profesiioDDelle Yaucaoson.
Grenoble.
Ecole primaire supérieure et professionnelle, Voiron (1882).
Ecole professionnelle, Saint-Etienne (1882).
Ecole professionnelle, Saint-Chaniond (1877).
Ecole professionnelle de filles annexée à l'école primaire supérieure, Saint-Chamond (1882).
Deux écoles municipales professionnelles, le Puy (1828).
Ecole municipale professionnelle, Nantes (1883).
Ecole municipale professionnelle ^ Orléans (1867).
Ecole professionnelle, Reims (1882).
Ecole municipale professionnelle et ménagère, Reims.
Cours professionnels du bâtiment, Reims.
Ecole municipale professionnelle, Joinville.
Ecole professionnelle libre de l'Est, Nancy (ISSn.
Ecole professionnelle libre de jeunes filles, Nancy (1873).
Ecole professionnelle, Ne-vers {1873).
Ecole nationale d'enseignement primaire supérieur et professionnel, Armentièies (1883).
Cours de dessin industriel et professionnel. Cambrai (1868).
Ecoles académiques et professionnelles, Douai (I841-18S1).
Ecole supérieure et professionnelle, Fourmies (1872).
Ecole professionnelle privée, Laigle (1866).
Ecole professionnelle, Arudy.
Ecole de dessin professionnelle du matin, Perpignan.
Ecole professionnelle, Luxeuil.
Ecole professionnelle annexée au collège, Autun.
Ecole municipale primaire supérieure et professionnelle, le Mans.
Ecole professionnelle, Annecy.
Ecole professionnelle Israélite, Paris (1835).
Ecole professionnelle de la rue des Dames, Paris (1850).
Ecole professionnelle de bijouterie en doré, Paris (1875).
Trois écoles municipales professionnelles et ménagères de filles, Paris.
Quatre écoles professionnelles Lemonnier pour les jeunes filles, Paris.
Trois autres écoles professionnelles de filles, Paris (1871-18S3),
Ecole professionnelle, Montevrain.
Ecole professionnelle libre, Versailles (1S64).
Ecole professionnelle libre, Argenteuil.
Ecole supérieure et professionnelle Rouen (1S49). . ^„
Ecole professionnelle libre de filles, le Havre (1873).
Ecole professionnelle, MontiTillters (1857).
Ecole primaire supérieure et professionnelle, Maz-imet (ISSi).
Ecole primaire supérieure et professionnelle, la Seyne.
Ecole pn>fe,<sionnelleiAvignon(lST5).
Ecole professionnelle, Limoges.
PROGRAMMES
PROGRAMMES
PROGRAMMES. —L'expression de programme, appliquée aux clioses de l'enseignement, peut être entendue dans doux sens. On a quelquefois appelé programme la simple énumération des matières de l'enseignement, telle qu'on la trouve, par exemple, dans un article de loi. Plus souvent, on a réservé ce nom à un tableau détaillé indiquant, pour chacun des objets d'enseignement, le champ à parcourir par le maître, marquant le point de départ et le point d'arrivée : en ce sens, programme est synonyme de plaJi d'études (en allemand Lehrplan). Nous ferons brièvement dans cet article l'histoire des programmes de l'enseignement dans les écoles primaires et les écoles normales en France. Pour l'étranger, nous nous bornerons à rappeler la date des plans d'études en vigueur dans les principaux pays.
FRANCE. — On ne rencontre pas, avant la loi ûe 1833, des programmes détaillés de l'enseignement primaire, ayant la forme d'un plan d'études. Dans les projets de Talleyrand et de Gondorcet, dans les décrets de la Convention, dans les lois et ordonnances du Consulat, de l'Empire et de la Hestauration, le programme n'est que l'énumération des matières de l'enseignement.
Le projet présenté par Talleyrand à l'Assemblée constituante dit, aux articles 4, 5 et 6 :
« On y enseignera aux enfants (dans les écoles primaires): 1" à lire tant dans les livres imprimés que dans les manuscrits ; 2° à écrire, et les exemples d'écriture rappelleront leurs droits et leurs devoirs ; 3^ les premiers éléments de la langue française, soit parlée, soit écrite; 4° les règles de l'arithmétique simple; b° les éléments du toisé; Qo les noms des villages du canton, ceux des cantons, des districts et des villes du département; ceux des villes hors du département, avec lesquelles leur pays a des relations plus habituelles.
» On y enseignera : 1° les principes de la religion; 2^ les premiers éléments de la morale, en s'attachant surtout à faire connaître les rapports de l'homme avec ses semblables ; 3° des instructions simples et courtes sur les devoirs communs à tous les citoyens et sur les lois qu'il est indispensable de connaître ; 4° des exemples d'actions vertueuses qui les toucheront de plus près, et avec le nom du citoyen vertueux on citera celui du pays qui l'a vu naître.
» Dans les villes et bourgs au-dessus de raille Ames, on enseignera aux enfants les principes du dessin géométral,
» Pendant la récréation, on les exercera à des jeux propres à fortifier et à développer le corps.»
Le projet présenté par Condorcet à l'Asserai>lée législative dit, aux articles 1 et 2 du titre II :
« Dans les écules primaires des campagnes, on apprendra à lire et à écrire. On y enseignera les règles de l'aritlimétique, les premières connaissances morales, naturelles et économiques, nécessaires aux habitants des campagnes.
» On enseignera ces mêmes objets dans les écoles primaires des bourgs et des villes ; mais on insistera moins sur les connaissances relatives à l'agriculture, et davantage sur les connaissances relatives aux arts et au commerce. »
Le décret du 30 vendémiaire an II, rendu par •îa Convention sur le rapport do Romme, fixe do la manière suivantb le programme des premières écoles :
ce Les enfants reçoivent dans ces écoles la première éducation physiciue, morale et intellectuelle, la plus propre à développer en eux les mœurs républicaines^ l'amour de la patrie et le goût du travail.
» Ils apprennent à parler, lire, écrire la langue française.
» On leur fait connaître les traits de vertu qui honorent le plus les hommes libres et particuliè-
rement les traits de la Révolution française les pi m propres à leur élever l'âme et à les rendre dign»-» de la liberté et de l'égalité.
» Ils acquièrent quelques notions géographiquf^.s de la France.
» La connaissance des droits et des devoirs do l'homme et du citoyen est mise à leur portée par des exemples et par leur propre expérience.
» On leur donne les premières notions des objets naturels qui les environnent, et de l'action naturelle des éléments.
» Ils s'exercent à l'usage des nombres, du compas, du niveau, des poids et mesures, du levier, de la poulie et de la mesure du temps.
»0n les rend souvent témoins des travaux champêtres et de ceux des ateliers ; ils y prennent part autant que leur âge le permet. »
Le décret du 2i) frimaire an II, rendu sur le rapport de Bouquier, ne contient pas à proprement parler de programme : il ne mentionne que dune façon indirecte les matières d'enseignement qui doivent former le a premier degré d'instruction». On y lit, aux articles le''et2 de la section III:
a La Convention nationale charge son comité d'instruction publique de lui présenter les livres élémentaires des connaissances absolument nécessaires pour former les citoyens, et déclare que les premiers de ces livres sont les droits do l'homme, la constitution, le tableau dos actions héroïques ou vertueuses.
» Les citoyens et citoyennes qui se borneront à enseigner à lire, à écrire et les premiers éléments de l'arithmétique, seront tenus de se conformer, dans leurs enseignements, aux livres élémentaires adoptés et publiés à cet effet par la représentation nationale. »
Le programme de l'école normale créée à Paris par le décret du 9 brumaire an III est ainsi conçu :
« Les instituteurs (de l'école normale) donneront aux élèves des instructions sur l'art d'enseigner la morale, et former le cœur des jeunes républicains à la pratique des vertus publiques et privées.
» Ils leur apprendront d'abord à appliquer à l'enseignement de la lecture, de l'écriture, des premiers éléments du calcul, de la géométrie pratique, de l'histoire et de la grammaire française, les méthodes tracées dans les livres élémentaires adoptés par la Convention nationale et publiés par ses ordres.
» Les élèves formés à cette école républicaine rentreront à la fin du cours dans leurs districts respectifs ; ils ouvrirent, dans les trois chefs-lieux de canton désignés par l'administration de district, une école normale, dont l'objet sera de transmettre aux citoyens et aux citoyennes qui voudront se vouer à l'enseignement public la méthode d'enseignement qu'ils auront acquise dans l'école normale de Paris. »
Le décret du 27 brumaire an III, rendu sur le rapport de Lakanal, contient un nouveau programme d'enseignement pour les écoles primaires. Il est ainsi conçu (chap. iv, art. 2 à 11) :
« Art. 2. — Dans l une et l'autre section do chaque école, on enseignera aux élèves :
» 1» A lire et à écrire, et les exemples de lecture rappelleront leurs droits et leurs devoirs;
D 2° La déclaration des droits de Ihomme et du citoyen, et la constitution française ;
» 3** On donnera des instructions élémentaires sur la morale républicaine ;
» 4° Les éléments de la langue française, soit parlée, soit écrite;
» 5° Les règles du calcul simple et de l'arpentage ;
w 6° Les éléments de la géographie et de l'histoire des peuples libres ;
PROGRAMMES
PROGRAMMES
» 70 Des instructions sur les principaux phénomènes et les productions les plus usuelles de la nature.
» On fera apprendre le recueil des actions héroïques et les chants de triomphe.
» Art. 3. — L'enseignement sera fait en langue française ; Kidiome du pays ne pourra être employé que comme moyen auxiliaire.
» Art. 4. — Les élèves seront instruits dans les exercices les plus propres à entretenir la santé et à développer la force et l'agilité du corps. En conséquence, les garçons seront dressés aux exercices militaires, auxquels présidera un officier de la garde nationale, désigné par le jury d'instruction.
» Art. 5. — On les formera, si la localité le comporte, à la natation : cet exercice sera dirigé et surveillé par des citoyens nommés par le jury d'instruction, sur la présentation des municipalités respectives.
» Art. 6. — Il sera publié des instructions pour déterminer la nature et la distribution des autres exercices gymnastiques propres à donner au corps de la force et de la souplesse, tels que la course, la lutte, etc.
» Art. 7. — Les élèves des écoles primaires visiteront plusieurs fois l'année, avec les instituteurs et sous la conduite d'un magistrat du peuple, les hôpitaux les plus voisins.
» Art. 8. — Les mêmes jours, ils aideront dans leurs travaux domestiques et champêtres les vieillards et les parents des défenseurs de la patrie.
» Art. 9. — On les conduira quelquefois dans les manufactures où l'on prépare des marchandises d'une consommation commune, afin que cette vue leur donne quelque idée des avantages de l'industrie humaine, et éveille en eux le goût des arts utiles.
» Art. 10. — Une partie du temps destiné aux écoles sera employée à des ouvrages manuels de différentes espèces utiles et communes.
» Art. H. — Il sera publié une instruction pour faciliter l'exécution des deux articles précédents, en rendant la fréquentation des ateliers et le travail des mains vraiment utiles aux élèves. »
Le décret du 3 brumaire an IV, abandonnant ce programme vraiment digne de la République, fait redescendre l'école primaire au niveau des <c petites écoles » de l'ancien régime. Il dit, à l'article 5 du litre ic" :
« Dans chaque école primaire, on enseignera à lire, à écrire, à calculer, et les éléments de la morale républicaine. »
La loi du 11 floical an X ne mentionne même pas les matières d'enseignement des écoles primaires. Le décret du 17 mars 1808 les énumère de la môme façon que le décret du 3 brumaire an IV, en supprimant toutefois la morale républicaine : « Les petites écoles, dit il à l'article 5, écoles primaires, où l'on apprend à lire, à écrire, et les premières notions du calcul. » Le décret du 15 novembre 1811 ajoute (art. 192) : « Les inspecteurs d'académie veilleront à ce que les niaîtros ne portent point leur enseignement audessus de la lecture, l'écriture et l'arithmétique. »
Les ordonnances de la Restauration (29 février 1816, 8 avril 1824, 2l avril 1828, 14 février 1830) «ont muettes en ce qui concerne le programme de l'instruction primaire. On peut cependant inférer du texte de l'article 11 de l'ordonnance du "29 février 1816, quelle était l'étendue de renseignement donné dans les écoles. Cet article est ainsi conçu :
« Les brevets de capacité seront de trois degrés.
» Le troisième degré, ou degré inférieur, sera
accordé à cnux qui savent suffisamment lire, écrire et cliiffi-er pour en donner d'îs leçons.
» Le deuxième degré, à ceux qui possèdent bien l'orthographe, la calligraph'e et le calcul, et qui sont en état de donner un enseignement simultané, analogue à celui dos frères des écoles chrétiennes.
» Le premier degré, ou supérieur, à ceux qui possèdent par principes la grammaire française et l'aritiimétique, et qui sont en état de donner des notions de géographie, d'arpfintage et des autres connaissances utiles dans l'enseignement primaire. »
L'ordonaance du 14 février 1830. que son auteur, M. de Guernon-Ranville, n'eut p^s le temps de faire exécuter, disait à ce propos (article 2) :
« Les écoles communales sont divisées en trois classes, correspondantes aux trois degrés d'enseignement reconnus par l'article 11 de l'ordonnance du 29 février 1816. »
La loi du 28 juin 1833 détermina en ces termes les matières de l'enseignement dans les écoles primaires élémentaires et supérieures (art. l'^) :
« L'instruction primaire élémentaire comprend nécessairement l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures.
» L'instruction primaire supérieure comprend nécessairement, en outre, les éléments de la géométrie et ses applications usuelles, spécialement le dessin linéaire et l'arpentage, des notions dos sciences physiques et de l'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie, et surtout de l'histoire et de la géographie de la France.
M Selon les besoins et les ressources des localités, l'instruction primaire pourra recevoir liis développements qui seront jugés convenables. 9
Le statut du 25 avril 1834, s'autorisant du dernier alinéa de l'article ci-dessus, disposa que dans les écoles primaires élémentaires des notions de géographie et d'histoire pourraient è:fe données aux élèves les plus avances, et que le dessin linéaire et le chant pourraient y être également enseignés. Il arrêta la répartition suivante des matières entre les trois divisions d6 l'école ;
g 'Si y 5.
Iprières et loei tures pieuses.
Histdire sainte.
Doctrine tienue.
ohré'
ri.
iCet exercice comprendra successivement l'a'pliabet et le syllabaire, la lecture couiaute, lu lecture des manuscrits et du latin.
I Cet exercice aura lieu successivement sur lar- I doise, sur le tableau noir et sur le papior. en 1 fin et eu gros, dans les trois genres d eciilure, [ bâtarde, ronde et cursive.
Fractions ordinaires et fractions décimales; sys'ionie lé^al ùes (>oids et mesures.
[iL'gles de la syntaxe. Anai\s«î grammaticale et ioi^ique. Compoàiùous.
(Calcul verbad.
[Prononciation correcte. Exei- j cices de mé- 1 moire.
Numération écrite, et les quaire prcmicres règles de rarithmtî- (ique.
Grammaire française. Die tées pour l'or tlioijraphe.
PROGRAMMES
PROGRAMMES
Géographie et histoire générales. Géographie et histoire de France.
Dessin linéaire.
Chant.
Ce plan d'études à l'usage des écoles primaires élémentaires — le premier depuis celui que Romme avait esquissé en 1793 dans un projet qui ne fut adopté que partiellement (V. Convention, p. 545) — resta en vigueur pendant seize ans, jusqu'à la loi de 1850.
Il ne fut pas fait de programme détaillé pour les écoles primaires supérieuros. Mais les écoles normales, dont le règlement du 14 décembre 1832 avait déterminé les matières d'enseignement — V. Normales {Ecoles), p. 2061 — furent dotées de programmes développés rédigés par le Conseil royal : programme de chant (29 mars 1836); programme de chimie, physique et machines (18 juillet 1837), programme d'histoire et de géogra- P|hie (11 septembre 1838), programme d'arithmétique et de géométrie (2G octobre 1838). Le texte de ces programmes est imprimé in-extenso dans le Code universitaire de M. A. Rendu (3^ édition, 1844). Un arrêté de M. de Salvandy, du 2 septembre 1845, nomma une commission « chargée de préparer un programme général des études dans les écoles normales d'instituteurs et d'institutrices»; mais il ne fut pas, croyons-nous, donné suite à ce projet.
On sait que la loi du 15 mars 1850 supprima la distinction entre l'enseignement primaire élémentaire et l'enseignement primaire supérieur. Le programme des matières que doit comprendre l'enseignement primaire est ainsi formulé à l'article 23 :
« L'enseignement primaire comprend :
» L'instruction morale et religieuse ;
» La lecture ;
» L'écriture;
» Les éléments de la langue française :
» Le calcul et le système légal des poids et mesures.
» Il peut comprendre en outre :
» L'arithmétique appliquée aux opérations pratiques ;
» Les éléments de l'histoire et de la géographie ;
» Des notions des sciences physiques et de l'histoire naturelle, applicables aux usages de la vie ;
» Des instructions élémentaires sur l'agriculture, l'industrie et l'hygiène;
» L'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire ;
» Le chant et la gymnastique. »
La loi du 21 juin 1865 sur l'enseignement secondaire spécial stipula, par son article 9, que l'enseignement primaire pourrait comprendre en outre « le dessin d'ornement, le dessin d'imitation, les langues vivantes étrangères, la tenue des livres, et des éléments de géométrie ».
La loi du 10 avril 1867 élargit à son tour le programme de 1850, en disant (art. 16): « Les éléments de l'histoire et de la géographie de la France sont ajoutés aux matières obl'^atoires de l'enseignement primaire. »
Le ministère de l'instruction publique ne rédigea aucun plan d'études destiné à guider les instituteurs dans la façon d'enseigner les matières du programme et de les répartir entre les diflférentes divisions de l'école. Mais plusieurs fonctionnaires prirent d'eux-mêmes cette initiative, et publièrent sous le titre d: Organisation pédagogique des programmes développés : nous rappellerons les ten-
tatives de M. Villemereux, de M. Rapet, et enfin le grand travail dû à M. Gréard, VOrganisation pédagogique des écoles du département de la Seine (1868). On pourra consulter les deux articles Organisation pédagogique et MoiSy où ce sujet a été traité avec détails.
Quant aux écoles normales, qu'un règlement en date du 24 mars 1851 avait organisées sur d'autres bases, elles reçurent, par l'arrêté du 31 juillet 1851, un programme qui, avec quelques modifications et additions ultérieures, est resté en vigueur pendant trente ans. En 186^, M. Duruy introduisit dans les écoles normales l'enseignement de l'arboriculture; en 1865, il rendit obligatoire l'enseignement de la musique; en 1867, il organisa l'enseignement agricole et en publia le programme. Le décret du 2 juillet 1866 ordonna une nouvelle répartition des matières de l'enseignement, sans substituer toutefois au programme de 1851 un programme nouveau. — V. Normales [Ecoles), p. 2060.
Nous arrivons enfin aux récentes réformes accomplies dans le domaine de l'instruction primaire par la troisième République. Nous nous contentons de les rappeler, notre intention n'étant pas de reproduire ici in-extenso des documents dont le texte se trouve entre toutes les mains. L'arrêté du 3 août 1881 a donné aux écoles normales un programme nouveau. Les écoles primaires, h leur tour, ainsi que les écoles maternelles, ont reçu, par les arrêtés des 27 et 28 juillet 1882, un programme conforme aux prescriptions de la loi du 28 mars 1882.
PAYS ÉTRANGERS. — Nous avons donné, au mot Enseignement primaire et au mot Normales {Ecoles), la liste des matières enseignées à l'école primaire et à l'école normale pour tous les pays sur lesquels nous possédions des renseignements. Nous renvoyons à ces deux articles, nous bornant à ajouter ici quelques indications relatives aux piam d'études proprement dits, qui, dans un certain nombre de pays, ont été publiés par l'administration supérieure de l'instruction publique.
Allemagne. — En Prusse, les Allgemeine Bestimmungen du 15 octobre 1872 contiennent le plan d'études des écoles primaires ( Volksschulen)^ des écoles moyennes ou primaires supérieures [Mittelschulen), et des écoles préparatoires aux écoles normales {PruparaJid'in-Anstalten). Il n'a pas été publié de plan d'études officiel et uniforme pour les écoles normales.
En Bavière, le plan d'études général de 1804- 1806, révisé en 1811, a longtemps régi l'enseignement primaire; aujout-d hui chaque province a son programme particulier, sur la base de celui de 1811. Le programme des écoles normales est du 29 septembre 1866.
Pour le grand-duché de Bade, le programme des écoles primaires se trouve dans la Schulordnung du 23 avril 1869.
Dans le royaume de Saxe, il n'existe pas de plan d'études général pour les écoles primaires,, excepté en ce qui concerne renseignement religieux. Le programme des écoles normales est du 29 janvier 1877.
Dans le grand-duché de Saxe-Weimar, le programme des écoles primaires et des écoles normales est du 20 mars 1875.
AuTRiCHB. — En Autriclie, le ministère de l'instruction publique a publié, à la date du 18 mai 1874, un Normal-Lelirplan pour les écoles primaires et les liûrgerschulen; mais ce programme est simplement proposé aux autorités provinciales comme modèle à suivre, il n'est pas obligatoire. L'enseignement des écoles normales, qui sont des établissements de l'Etat, est régi par ïq Lehrplan du 26 mai 1874.