PROMOTION
garder le rang la majeure partie du temps. Mais on se dégourdissait les jambes, on voyait de laverdure, on respirait à pleins poumons; c'était encore quelque chose, et l'annonce d'une promenade était toujours bien accueillie.
Le développement des sciences d'observation, des études expérimentales, a donné lieu, dans les établissements d'enseignement supérieur, à des excursions scientifiques. Ces excursions ont fait naître l'idée des promenades d'étude pour l'enseignement secondaire et même pour l'enseignement primaire.
Les internats primaires sont rares; on n'a pas à garder les enfants les dimanches et les jeudis dans les écoles ordinaires. L'instituteur profite des jours de congé pour s'occuper de ses intérêts personnels et des services accessoires dont il peut être chargé. Les familles ne laissent pas les enfants inoccupés ces jours-là, surtout à la campagne; d'ailleurs elles n'ont que les jeudis et les dimanches pour leur faire donner l'instruction religieuse.
Il est difficile d'établir des promenades dans les écoles primaires ; mais cela n'est pas impossible, puisqu'on rencontre souvent des écoles en excursion, principalement en Suisse. Les instituteurs donnent, quand ils le peuvent, leur jeudi ou leur dimanche à leurs élèves, ou plutôt ils le passent avec eux. C'est leur meilleure société; elle ne :eur laisse jamais les froissements, les amertumes, les regrets que d'autres fréquentations pourraient leur occasionner.
C'est assurément un beau spectacle que celui d'une jeune âme qui s'éveille, qui s'épanouit en contemplant les merveilles de la nature. Ce spectacle est la récompense morale de l'instituteur qui met ses soins à préparer les enfants à goûter et à aimer ce qui est beau.
Les enfants ne tireraient aucun profit intellectuel et moral d'une promenade ou d'une excursion si le maître se montrait froid et indifférent. L'esprit ne s'illumine, le cœur ne s'échauffe qu'au contact d'un esprit lumineux et d'un cœur chaud. La nature ofTre des aliments à la pensée ; mais elle ne fait pas jaillir la pensée. Les peuples sauvages restent sauvages dans les contrées les plus favorisées de la nature. Les habitants des montagnes n'ont aucun enthousiasme pour les scènes grandioses qui sont constamment sous leurs yeux; les habitants des côtes sont indifférents au spectacle de la mer. L'admiration est le fruit de la culture intellectuelle et morale.
Les promenades scolaires bien dirigées sont une précieuse ressource pour l'éducateur, et le mouvement qui s'est produit à cet égard doit être favorisé.
Les catéchismes finissent dès le commencement des beaux jours; par conséquent les jeudis deviennent libres pour les promenades scolaires.
D'un autre côté, y aurait-il un grand inconvénient à faire faire une promenade aux élèves, un jour de classe, tous les quinze jours, par exemple? Nous ne le pensons pas. Une leçon en plein air peut être plus profitable qu'une leçon entre ^quatre murs. Jamais les murs d'une classe, si bien garnis qu'ils soient de bons tableaux, ne parleront aux yeux des enfants comme la uature, comme la réalité.
Mais il y a de grandes précautions à prendre pour qu'une promenade devienne une leçon fructueuse. Souvent, pour vouloir trop bien faire, on fait mal. On donne à profusion des explications I sur tout ce que l'on voit ; on fait prendre force notes aux élèves; au retour, on exige d'eux une rédaction dans laquelle rien ne doit être oublié.
11 y a grande fatigue pour le maître à discourir continuellement, grande préoccupation pour les élèves à tout saisir et tout noter. La promenade
n'est rien moins qu'agréable pour les uns et pour les autres ; le travail du retour, le compte rendu ne dédommagent personne. On a vu trop de chose* et trop vite pour en avoir conservé une tIto lix^ pression ; les notes sont confuses et incomplètesi la rédaction est nécessairement embarrassée, sang mouvement et même sans vérité. On ne fait de bonnes leçons qu'à l'école, pense le maître, et il ne voit dans les promenades d'instruction qu'une mode qui passera, qu'une illusion dont l'expérience vient de le débarrasser.
L'expérience n'a pas été bien faite; le maître a voulu penser et observer pour l'élève, au lieu de le diriger seulement ; il a oublié que ce qu'il faut surtout apprendre à l'enfant, c'est à se servir de son intelligence.
Que l'instituteurapprenneaux enfants à observer, qu'il excite leur esprit et se contente ensuite de répondre à leurs questions, il verra alors que la moisson d'idées faite dans une promenade est considérable. Les rédactions n'auront pas, dans ce cas, l'uniformité du développement d'un même thème; elles porteront l'empreinte de chaque esprit, et leur grande variété donnera un vif intérêt à la séance de correction. Le plaisir de la promenade se renouvellera à l'école; un sérieux profit accompagne toujours un plaisir IntellectueL
Une promenade d'étude doit comporter quel« quesjeux purement hygiéniques; ils préviennent la fatigue de l'esprit et donnent de la vigueur au corps.
Les promenades scolaires peuvent avoir un objet défini, par exemple : visite d'un monument,, d'une usine, d'une exploitation agricole ; exercices pratiques d'arpentage, de levé des plans ; herborisations ; recherche d'échantillons pour le musée scolaire, etc.
Avant de faire ces promenades, il faut donner aux élèves toutes les indications capables de diriger leur examen ou leur travail, d'exciter leur intérêt et leur émulation. Les enfants sont toujours ardents pour les vérifications expérimentales de l'enseignement qu'ils reçoivent. Ils sont heureux d'en prendre l'initiative et ils la prendront sur les lieux propices, à condition d'y être préparés à l'école.
Les promenades d'étude doivent être considérées comme des récompenses, et réservées aux meilleurs élèves des premières divisions. Mais de temps à autre, on peut faire des promenades hygiéniques pour toute l'école, lorsque la situation le permet.
[Chaumeil].
PROMOTIOX. — La promotion d'un fonctionnaire d'une classe à une autre constitue ce qu'on appelle un avancement. En ce qui concerne le instituteurs, la question a été traitée à l'article Avancement. Pour les inspecteurs, les directeurs et le personnel enseignant des écoles normales, on consultera les articles Inspecteur primaire, Directeur d'école normale^ Professeur d'école normale. Maître-adjoint.
Aucune somme n'est inscrite pour l'avancement des fonctionnaires aux chapitres du budget de l'instruction publique relatifs aux écoles normales et à l'inspection primaire ; il en résulte que le nombre des promotions à effectuer chaque année dans ces deux catégories de fonctionnaires est subordonné à l'état des crédits. Il n'y a pas eu jusqu'à ce jour de règle fixe en ce qui concerne la durée des services exigés de ces mêmes fonctionnaires pour obtenir une promotion de classe après proposition des supérieurs hiérarchiques.
Dans les grandes écoles du gouvernement l'ensemble des jeunes gens reçus la même année à la suite des concours d'admission s'appelle promotion, et les élèves d'une même année sont camarades de promotion.
On appelle, en Suisse, fête des promotions une