‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 303 sur 573 · PRONONCIATION · texte numérisé non relu

PRONONCIATION

fête annuelle qui a lieu l la fin de l'année scolaire, à l'occasion de la promotion dos élèves d'une classe inférieure dans une classe supérieure. La féie des promotions est en général associée à la fête de la "listribution des prix, là où l'usage de distribuer des prix aux meilleurs élèves s'est conservé.

PRONONCIATION. — La prononciation consiste ^ donner aux voyelles, aux consonnes et aux syllabes, l'articulation et l'intonation qui leur appartiennent dans la langue que l'on parle.

C'est surtout à l'époque des Racine, des Molière, des La Fontaine que les sons purement gutluraux et nasaux se transforment et deviennent • les sons pleins et sonores. La prononciation n'a pas sensiblement varié en France depuis le xvii« siècle, époque à laquelle la langue a été fixée.

Le climat a une grande influence sur la prononciation. Les articulations sont plus rudes dans les pays du Nord, plus douces et plus modulées dans les contrées méridionales.

Une prononciation correcte tient surtout à Tobservation des règles de l'accentuation. En France, c'est Paris qui donne le ton à la prononciation usuelle. Dans les provinces, de grandes divergences existent sur la manière dont on accentue les voyelles et les syllabes. Dans le Nord, on les élide; dans l'Ouest et dans l'Est, on les allonge, »ît parfois démesurément ; dans le Midi on Intervertit leur quantité. De la Garonne aux Pyrénées, la divergence se manifeste encore d'une façon plus tranchée. C'est dans les provinces du centre, dans la Touraine, le Blaisois et l'Orléanais, que la prononciation est la meilleure.

La conversation, la lecture à haute voix, le débit oratoire et l'art dramatique n'ont point les mêmes exigences de prononciation. La prononciation doit être légèrement abandonnée dans la conversation, sans aller cependant jusqu'à la négligence ; plus pure et plus conforme aux règles du goût dans la la lecture à haute voix ; nette et claire dans le débit oratoire; enfin plus lentement et plus fortement articulée dans le débit dramatique, où celui qui parle aura à se faire entendre de loin.

La prononciation est une afi'aire d'habitude. C'est dans l'enfance, où l'organe de la parole est pour ainsi dire en voie de formation, qu'on parvient le plus facilement à parler toutes les langues. Une prononciation bonne ou mauvaise, une fois acquise, subsiste avec une remarquable persistance, et il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de corriger dans l'âge mûr certaines imperfections de langage contractées dans la jeunesse. Voilà pourquoi on ne saurait trop engager ceux qui ont pour mission d'instruire les enfants à développer de bonne heure chez leurs élèves les germes d'une prononciation nette et franche. Les enfants procèdent par imitation ; s'ils entendent autour d'eux prononcer correctement, ils prononcent de même. Le tout est de leur donner l'exemple.

DÉFAUTS DE PRONONCIATION. — Tous les défauts de prononciation peuvent se ranger en trois groupes, savoir : 1° les défauts provenant d'une conformation vicieuse des organes de la parole, comme le langage nasillé et inarticulé des personnes attenites d'une fissure palatine (V. Nasillemeut) ; 2° les défauts provenant d'un fonctionnement anormal causé par un trouble moral et nerveux, comme le bégaiement, le bredouillement, le balbutiement {S . ces mots); 30 les défauts provenant d'un fonctionnement anormal amené directement par l'imitation volontaire ou involontaire, par une nonchalance ou une vivacité excessives, comme le grassexement, la lallation, le sessaiemmt, le zézaiement, le chuintement, et autres genres de btéstlé (V. ce mot), et aussi le nasillement, qui est souvent le résultat d'une mauvaise habitude acquise dans l'enfance.

Chacun de ces groupes a ses procédés curatifs^ que nous allons sommairement inciquer.

Kmillement. — Ce défait présente troii ?ariétés. Dans la première variété, il faut arriver par tâtonnement et par habitude à obturer à peu près l'orifice anormal au moyen de la langue. Pour arriver à ce résultat, le maître prononce lentement et successivement chaque lettre en s'arrôtant au peu de temps sur chacune d'elles en particulier; l'élève écoute et cherche à imiter. Au bout de trois ou quatre semaines, toutes les lettres sont trouvées et prononcées par un moyen artificiel inspiré par la nature, qui ne fait jamais défaut quand elle est secondée avec énergie et persévérance. C'est ainsi qu'on a entendu prononcer les labiales, les linguales, les gutturales par des malheureux qui n'avaient pas de lèvres, pas de langue, pas de palais. Le traitement de la deuxième variété est du domaine de la chirurgie. Dans la troisième variété, résultat d'une m;iuvaise habitude acquise dans l'enfance, il s'agit de combattre une mauvaise habitude par une bonne; il s'agit dapprendrc à parler en dehors au lieu de laisser parler en dedans. Là encore il faudra avoir recours à un travail d'imitation guidé par un maître expérimenté.

Bégaiement, bredouillement, balbutiement. — Ces trois défauts bien difi"érents se corrigent par des exercices de langage lents, gradués et prolongés, rejetant avec soin tout corps étranger dans la bouche, comme les cailloux de Démosthène, la fourchette d'Itard, le bride-langue de Colombat, le cintre de Hervez de Chégoin, les boules de caoutchouc de Morin, la plaque de Wutzer, le cure-dents de Battes, etc.

« Guérir un bègue, dit l'Académie de médecir>e I en parlant de la méthode Chervin (V. Bégaiement), I c'est ramener le calme dans sa pensée et lui apj prendre do nouveau à se servir de son instrument i vocal ; on parvient naturellement à ce résultat chez j l'enfant par la confiance qu'un lui inspire en lisant j et récitant avec lui, puis en le laissant lire, réciter et parler seul. On prend, par exemple, les mots \papa,ma7nan, et quelques petites phrases appro- I priées à sa jeune inielligence, comme: le papa I gronde, lamaman pardonne. On lit d'abord lente- I ment ; puis on gradue avec discernement la vitesse j du débit, et, enfin, on le laisse parler seul sans la soutien du geste et du regard. Après quelques jours d'exercices, l'élève est tout étonné de voir I qu'il prononce bien, sans efforts ni répétitions. I C'est une habitude qu'il a prise de bien parler ea j imitant le ton de voix, les nuances, les Uûjps I d'arrêt, les reprises du professeur.

I » On prévient le bégaiement et tous les «utres I défauts de la parole chez les enfants en ne leur I faisant tout d'abord entendre que des mots et des phrases proiioncés avec netteté et précision, et disant quelque chose à leur intelligence; puis on attendra patiemment qu'il leur vienne le besoin, le désir de parler : alors, on guidera, on aidera leurs premières tentatives, jusqu'à ce qu'elles soient couronnées de succès, et enfin on les habituera à parler lentement, posément, et avec toute ia réflexion de leur âge,

» La précipitation du langage produit le bredouillement et souvent le bégaiement, comme la nonchalance conduit au balbutiement et à la blésite. »

Blésité. Blésement. — On désigne sous ce nom un grand nombre de défauts de prononciation qui se corrigent tous de la môme manière, à savoir : étudier le mécanisme de ia lettre fautive, l'écouter prononcer correctement, et s'efforcer devant un miroir de la prononcer de même. Voici la progression à suivre dans ces exercices d'articulation : Prendre la position des lèvres et de la langue; souffler très légèrement d'abord et chercher seule-

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