‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 307 sur 573 · PRYTANÉE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

PRYTANÉE FRANÇAIS

Une école d'apprentissage, ouverte en 1882, compte plus d'un millier d'élèves.

L'institution des sourds-muets, fondée en 1875, a un budgfît de 48 427 marks ; linsti' ution des aveugles, fondée en 1878, de J2 098 marks.

La ville de Berlin consacrait en 1861 aux dépenses scolaires à peine le dixième de son budget ; elle y a consacré dans les dernières années la cinquième et parfois môme la quatrième partie de ce budget. On évalue à 1 1 1 millions de marks les sommes qu'elle a dépensées pour cet objet entre les années 1861 et 1884, en déduisant les revenus propres des écoles. [Jules Steeg.j

PRYTANÉE FRANÇAIS. — La Bcvolution n'a pas, comme le répètent souvent des écrivains mal renseignés,8upprimé brusquement, et sans les rem- I placer, tous les collèges de l'ancien régime. Elle les I a, au contraire, maintenus pjur la plupart, malgré I leur insuffisance, durant toute la longue période j où ont été discutés les divers projets d'éducation nationale; et lorsque enfin le moment fut venu où un nouveau plan d'études put être substitué à l'ancien, elle utilisa de son mieux, pour la création des écoles centrales, le personnel et les locaux que les collèges pouvaient lui fournir.

Le collège Louis-le-Grand avait, comme les autres collèges de Paris, continué sans aucune interruption, pendant les années 1792, 1793 et 1794, le cours de ses leçons : il avait pris le nom de collège Egalité. Lorsque parut en 1795 le décret instituant les écoles centrales, et portant que « les élèves qui, dans la fête de la jeunesse, se seraient le plus distingués recevraient, s'ils étaient peu fortunés, une pension annuelle pour se procurer la facilité de fréquenter les écoles centrales », le collège Égalité fut choisi pour devenir le pensionnat de ces boursiers, que la loi appelait les « élèves de la patrie ». A cette occasion, le nom de collège Égalité fut changé en celui de Pvytanée français, en souvenirdu Prytanée d'Athènes où les citoyens qui avaient bien mérité de la patiie étaient nourris aux frais de l'État. Les pensionnaires du Prytanée français durent suivre les cours de l'école centrale la plus voisine, qui était celle du Panthéon. (Sur les trois écoles centrales de Paris, V. l'article Écoles centrales, p. 774.)

En l'an VIII, sous le Consulat, le ministre de l'intérieur, Lucien Bonaparte, proposa une réorganisation du Prytanée, et la division de cet établissement en quatre collèges placés chacun dans une ville différente. On lit dans le rapport qu'il adressa aux consuls à ce sujet : « Maigre les règlements qu ontété faits pour assurer aux jeunes gensdes départements des places dans le Prytanée, il faut avouer qu'il ne peut guère être considéré que comnieun établissement local: et d'ailleurs, la modicité des revenus qui sont affectés à son entretien, et celle des sommes que le gouvernement y consacre, restreignent à un trop petit nombre de sujets le bienfait de l'enseignement, et ne permettent pas que celui qu'on y donne ait une influence sensible surl'immense population de la République... L'établissement, étant unique, ne peut recevoir qu'un trop petit nombre d'élèves : l'expôrienca a fait connaître que le nombre de ceux qu'on rassemble dans un même collège ne doit guère passer deux cents. De plus, si l'on se borne à v\'y admettre que ceux qui ont droit à une éducatioji gratuite, il arrivera que l'enfant né avec d'heu -euses dispositions, et dont la famille jouit d'une honnête aisance, se verra privé des avantages de l'instruction publique... Il faut se hâter do remédier à ces inconvénients. » Conformément à ces propositions, uq arrêté des consuls, du l^' germinal an VIll, divisa le Prytanée français en quatre collèges placés, le premier, dans le local du Prytanée à Paris, le second à Fontainebleau, letroi-

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