‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 308 sur 573 · PRYTANÉE PRANÇATS — 24S0 — PRYTANÉE DE LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

PRYTANÉE PRANÇATS — 24S0 — PRYTANÉE DE LA FLÈCHE

BÎème 5 Versailles, et le quatrième à Saint-Geniiain ; dans chaque collège, il devait y avoir cent places payées par le gouvernement, et exclusivement accordées aux enfants peu aisés des militaires et des fonctionnaires publics morts pour le service de l'Etat. A côté des pensionnaires de l'Etat, les quatre collèges purent recevoir d'autres élèves dont la pension restait à la charge de leurs familles. Quelques jours après, un autre arrêté (18 germinal an VIIlj institua à Bruxelles un cinquième collège du Prytanée, à la dotation duquel furent affectés les biens de l'ancienne université de Louvain.

Le gouvernement renonça à placer un collège à Fontainebleau où il devait, quelque temps après, fonder l'Ecole militaire : les quatre collèges du Prytanée furent installés à Paris, à Saint-Cyr (Versailles), à Saint-Germain et à Compiègne. Le règlement général du Prytanée français, rédigé par Cliaptal (27 messidor an IX), porta le nombre des élèves boursiers à deux cents pour chacun des collèges de Paris, Saint-Cyr et Saint-Germain, et à trois cents pour celui de Compiègne; le nombre des élèves non boursiers fut limité à cent pour chaque collège. Les élèves furent soumis à la discipline militaire.

Pour les trois premiers collèges, le terme des études fut fixé à dix-huit ans; les élèves étaient placés, les uns dans la section civile, les autres dans la section militaire : les études de la section civile conduisaient, soit aux places de Tadministration, soit à l'admission comme élève des écoles des mines, des ponts-et-chaussées, de droit, de médecine, soit èi la carrière de l'enseignement; les élèves sortis de la section militaire devaiententrer comme sous-lieutenants dans rinfanterie,ou être admis à concourir aux examens pour obtenir des emplois dans le génie, Tartillerie ou la marine. Le plan d'études adopté pour ces trois collèges est très intéressant à consulter. Jusqu'à douze ans, les études de tous les élèves sont les mêmes; à partir de douze ans, l'enseignement, dans la section civile, comprend les humanités, la rhétorique et la philosophie ; dans la section militaire, il comprend les maihématiques, les sciences physiques , les connaissances militaires ; on y ajoute, comme études communes dans deux sections, l'allemand, l'anglais, le dessin, l'écriture, l'escrime et la danse. « Créer, dit M. Gréard, dans les études secondaires deux courants indépendants et distincts, tel était l'objet de cette constitution scolaire, origine et essai du système dit de la bifurcation. »

Quant au ([uatrième collège, celui de Compiègne, il était consacré aux élèves qui se destinaient soit aux arts mécaniques, soit à la marine; les premiers étaient placés, à quatorze ans, en apprentissage chez des maîtres particuliers; la durée de cet apprentissage ne devait pas excéder trois ans; les seconds, à l'âge de quinze ans, étaient rais à la disposition du ministre de la marine, pour être employés sur les vaisseaux de l'Etat conformément aux connaissances dont ils auraient fait preuve à l'examen.

La création des lycées, due à la loi du 11 floréal an X (1" mai 1802), rendit superflue l'existence du Prytanée français, dont les trois premiers collèges faisaient double emploi avec les nouveaux établissements. Toutefois, deux seulement des collèges du Prytanée, ceux de Paris et de Saint-Germain, furent supprimés; le collège de Compiègne futtransformé (arrêté du 25 février 1803) en une école d'arts et métiers, à laquelle fut réunie l'école nationale de Liancourt * (cette école d'arts et métiers de Compiègne fut transférée à Cliâlons en 1806); quant au collège de Saint-Cyr, un arrêté du 8 octobre 1803 décida qu'il porterait seul à lavenir le nom de Vriitanée français; que le nombre des élèves boursiers y serait

fixé à deux cent cinquante ; que les places d'élèves boursiers seraient exclusivement réservées aux fils des militaires morts sur le champ de bataille ; et qu'il pourrait être reçu, en outre, un nombre égal de pensionnaires entretenus aux frais de leurs parents.

Le Prytanée se trouvait donc réduit à n'être plus qu'un pensionnat d'un caractère spécial, réservé aux fils de militaires qui se destinaient à la carrière de leurs p^res.

En mars 1808, l'Ecole militaire, créée en 1803 par le premier consul, et qui avait été d'abord placée à Fontainebleau, fut transférée à Saint-Cyr (V. Ecole militaire de Samt-Cyr, p. 770). Le Prytanée dut lui céder la place. Un décret assigna alors au Prytanée, comme nouvelle résiflence, la ville de La Flèche, où il fut installé dans les bâtiments de l'ancien collège, et où il se trouve encore aujourd'hui.

Avec son émigration à La Flèche commence pour le Prytanée une existence nouvelle. Nous arrêtons donc ici notre historique, un article suécial étant consacré au Prytanée de La Flèche.'

[J. Guillaume.]

PRYTATVÉE MILITAIRE DE LA FLÈCHE. — Le Prytanée français fut transféré en 1808, cumme il a été dit à l'article précédent, de Saint-Cyr à La Flèche, et installé dans les bâtiments de l'ancien collège de cette ville.

Le collège de La Flèche a une histoire qui mérite d'être rappelée.

L'édit devantes avait donné anx protestants le droit d'avoir, dans certaines provinces du royaume, des villes de sûreté ; mais pour conserver et défendre à la fois contre les entreprises de lEtai (U les entreprises de l'Eglise romaine leur liberté de conscience et l'intégrité de leur foi, ils voulurent avoir aussi des places de sûreté intellectuelies et religieuses ; ils organisèrent tout un système d'institutions scolaires appropriées à leurs croyauces, et comprenant l'enseignement primaire, l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur. C'est ainsi qu'ils fondèrent huit acadénjies où étaient enseignes le droit, les lettres, la médecine et la théologie. Saumur, à quelques lieues de La Flèche, et dont les rapports avec cette ville ont toujours été faciles et fréquents, fut un dos foyers les plus importants de haute culture intellectuelle protestante, et prit bientôt, sous ce rapport, un rang presque égal à celui d'Edimbourg et de Genève. Les jésuites sentirent la nécessité de combattre cette influence qui commençait à se répandre ; ils profitèrent de leur rentii e en faveur pour obtenir de la libéralité d'Henri IV son château neuf de La Flèche avec toutes ses dépendances, et un don énorme de 300 000 livres, à l'effet de créer à La Flèche, en face de Saunnir la protestante, un foyer de propagande catho'lque dont ils eurent la direction. Henri IV, t[ui n'était pas un fanatique, n'entra qu'à moitié dans ce plan de campagne. Les jésuites, chassés de France en 1594, y étaient rentrés subrepticemeit et partiellement: les lettres patentes de 1603 qui les autorisaient à demeurer aux lieux où ils se trouvaient à cette date, et particulièrement leur permettaient « de se loger en notre niuison de La Flèche pour y continuer et établir leur colège qui devait jouir de tous les privilèges attribues aux universités », témoignent de la défiance et de la crainte qu'ils inspiraient : il leur était interdit de séjourner ailleurs que dans certaines villes désignées, et ils devaient tous, sans exception, être nés Français.

Par une intelligente et habile innovation, le roi modifia profondément le but primitif de la fondation; en échang»^. de ses largesses, il stipula qu'il serait élevé gratuitement au collège de La Flèche un certain nombre de fils de geaiilahoiuaies

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