‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 321 sur 573 · RECENSEMENT · texte numérisé non relu

RECENSEMENT

écoles centrales. Toutefois, le prodigieux développement des sciences à partir des premières années du xixe siècle devait nécessairement amener une transformation de l'ancienne éducation classique : bon gré, mal gré, il fallut faire aux scierices une part toujours plus large dans les programmes de l'enseignement secondaire; il fallut même créer, en France, un enseignement secondaire dit spécial, dont le programme fut à peu^ près celui des Realsc/mlen allemandes.

La lutte entre le « réalisme » et « l'humanisme », entre les sciences et les lettres, n'est point terminée; elle se continue sous nos yeux. Quelle part convient-il de faire aux sciences dans l'éducation de la jeunesse, et quelle part aux lettres ? Les esprits les plus éminents sont divisés sur ce point. Nous n'essaierons point do traiter ici en quelques lignes une question aussi considérable. Il fut un temps où les lettres régnaient en souveraines exclusives dans les programmes d'enseignement; il serait désastreux qu'un jour vînt où les sciences essaieraient à leur tour de proscrire les lettres. L'esprit humain n'arrive à son entier développement que sous la double influence de la méthode scientifique et de la culture littéraire.

REALSCHULE. — Le nom de Realscliule fut donné par Semler * à l'école qu'il ouvrit à Halle en 1706 pour enseigner à de futurs artisans les éléments des mathématiques et de la mécanique ; il avait réuni, pour cet enseignement, un certain nombre de modèles destinés à être mis sous les yeux des élèves, et au moyen desquels le maître faisait des démonstrations ; les élèves recevaient donc de véritables leçons de choses {res) ; les choses, au lieu de n'être connues que par des mots et des définitions, étaient présentées réellement, « praesenter gezeigt und nach allen Theilen erklâret ». Cette école ne subsista que peu de temps; mais elle fut rouverte en 1738 sous le nom de mathematische, mechanische and œkonomische Realschule, et dura jusqu'en 1740, année de la mort de Semler. En 1747, une autre œkonomisch-mathematische Realschule fut créée par Hecker* à Berlin. Les succès de cet établissement attirèrent l'attention publique. On vit paraître, à partir de 1773, divers écrits de Resewitz, de Gedike, de Snetlage, de Lachmann, etc., qui recommandaient la création d'écoles semblables, appelées indifféremment Realschulen ou Rûrgerschulen — V. l'article Rourgeoises {Ecoles), — où les jeunes gens qui n'avaient pas besoin d'apprendre les langues classiques pussent recevoir l'instruction la plus appropriée à l'exercice de leur future profession. Avant la fin du xvme siècle, plusieurs Realschulen, organisées sur le modèle de celle de Berlin, avaient été fondées en Prugse, en Saxe, en Bavière et dans plusieurs autres Etats allemands. En Autriche, ce fut une ordonnance de 1799, rendue par le chanchelier Rottenhahn, qui institua la première Realschule ; « ces écoles, disait l'ordonnance, seront les lycées de la bourgeoisie, qui n'a pas besoin des langues savantes ni des hautes études. »

Le mouvement en faveur des Realschulen et des Rûrgerschulen ne cesse de s'accentuer à mesure qu'on se rapproche de l'époque contemporaine. Un de ceux qui contribuèrent le plus à gagner des adhérents à la cause du nouvel enseignement fut Spilleke, devenu en 1820 directeur de la Realschule de Berlin. Bientôt, au lieu de calquer tous les Qtablissements « réaux » sur un modèle unique, on en eut de degrés différents, appropriés aux besoins divers des élèves, depuis la simple Bûrgerschule (école primaire supérieure) jusqu'à la Reals'hule de premier ordre avec latin, en passant par la Realschule de deuxième ordre et la Realschule de premier ordre sans latin. La rivalité ne pouvait manquer d'éclater entre la Realschule et le gymnase ; elle devint de plus en plus vive à me-

sure que la Realschule gagna du terraio et penfectionna son enseignement. Jusqu'alors les gym nases avaient été seuls en possession de faire admettre leurs élèves comme étudiants réguliers dans les universités; les partisans des Healschulen réclamèrent pour celles-ci le même droit, qui leur fut d'abord obstinément refusé : après bien des années de luite, toutefois, les Realschulen de premier rang obtinrent que leurs élèves munis du certificat de maturité seraient admis à suivre dans les universités les cours de mathématiques, de sciences naturelles et de langues modernes. Mais ce premier succès ne suffit plus aux Realschuien : ç\\q& demandent à être placées sur un pied d'égalité complète avec les gymnases, en ce qui concerne la valeur du certificat de maturité délivré par elles.

La réorganisation des établissements d'enseignement secondaire opérée en Prusse au printemps de 1882 a amené quelques changements dans les dénominations assignées aux diverses catégories d'établissements qui donnent l'enseignement dit a réal ». Voici la nouvelle nomenclature adoptée m par l'administration prussienne : "

1° Real-Gymnasien (gymnases réauxj ; ce sont les établissement appelés jusque-là Realschulen de premier ordi^e avec latin .

2» Ober-Realschulen {Realschulen supérieures), précédemment appelées Realschulen de premier ordre sans latin, ou bien encore hôhere Gewerbeschulen ;

3° Real-Progymnasien (progymnases réaux), précédemment appelés vollberechtigte hôhere Rûrgerschulen (avec latin) ;

4" Realschulen proprement dites ; ce nom est désormaisréservéaux établissements désignés autrefois par l'appellation de Realschulen de deuxième ordre (sans latin) ;

5° Hôhere Rûrgerschulen (écoles bourgeoises supérieures), précédemment appelées niedere Gewerbe-Schulen.

Le cours d'étude est de neuf années dans les Real-Gymnasien et les Ober-Realschulen ; il est de- sept années dans les Real-Progymnasien et les Realschulen, et de six années dans les hôhere Rûrgerschulen.

On compte en Allemagne environ 300 Realschulen du degré supérieur, et plus de 600 du degré inférieur. En Autriche-Hongrie, il en existe environ 160 de tout degré. La Suisse allemande, les Pays-Bas, la Russie ont aussi des Realachulen organisées sur le modèle de celles d'Allemagne.

RECEINSI':me>'T. — Tous les cinq ans a lieu, en France, le recensement de la population. L'origine de cette opération remonte au décret du 28 juin 1790, article 5, et aux lois des 12-20 août 1791 et 10 vendémiaire an IV. Elle n'était alors prescrite que dans un intérêt de police et pour déterminer la représentation législative de chaque département; mais aujourd'hui les informations qu'elle permet de recueillir servent à la fois pour l'application des lois relatives à l'organisation municipale, pour le recrutement de l'armée, et pour l'assiette d'une partie des contributions directes et indirectes.

L'opération générale est faite par les ordres et sous la surveillance du ministère de l'intérieur au commencement de chatjue période quinquennale. Les résultats en sont publiés officiellement sous le titre de : « Ministère de l'intérieur : Dénombrement de la population en 18... » — Cette publication ne contient que des renseignements sommaires, entre autres la liste généralej par département, par arrondissement et par cantons, des communes de France et, en regard de chacune d'elles, sa population totale divisée en dispersée et agglomérée

Mais par suite d'une entente avec le ministère

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