INVENTAIRE
larité de la nôtre ; elle aime h deviner, à découvrir, à jouir de l'étude au li';u de s'y açtrcindre, à jouir surtout de la conscience de sa force et de sa liberté, à se sentir agir. L'enfant se montre pour les exercices de l'esprit ce qu'il est pour ceux du corps : une longue promenade régulière et monotone l'abat et l'énervé, un exercice mé thodi(|uo de gymnastique ne le récrée qu'à la condition d'être très court; laissez-le, au con- Iraii e, courir en liberté, s'ébattre à son gré, changer (iVxercice et s'exercer sans y penser, alors il est infatigable.
La inét)iode intuitive, telle qu'elle s'applique aujourd'hui h toutes les matières de l'enseignement primaire, n'a pas d'autre objet que de tenir compte de ce besoin de spontanéité, de variété et d'initiative intellectuelle de la part de l'enfant. En lecture, au lieu de lui faire passer en revue toutes les lettres et toutes les syllabes vides de sens, on lui donne, dès qu'il sait deux ou trois lettres, de petits mots qui occupent sa pensée, satisfont son imagination, aiguisent sa curiosité pour les leçons suivantes, chaque leçon portant pour ainsi dire sa récompense en elle-même : l'ordre logique peut en souffrir, et il faut que l'enfant plus d'une fois supplée par une sorte de divination ou d'intuition à ce qui lui manque rigoureusement pour être en état de déchiffrer le mot, mais c'est là précisément qu'est le plaisir pour lui; l'obstacle est franchi, il a le sentiment de la conquête qu'il vient de faire; il n'est pas encore à lâge où l'on tient à se rendre compte minutieusement et consciencieusement des procédés qu'on a suivis, et il ne demande qu'à poursuivre. On aura le temps plus tard de lui faire analyser ce qu'il saisit à présent d'un coup d'œil juste, mais trop rapide. En géographie, on l'entretient tout d'abord de ce qu'il a sous les yeux tout près de lui : et par analogie on lui fait comprendre, en étendant progressivement son horizon, tous les grands phénomènes qu'il n'a pas vus à l'aide des petits qu'il voit.
En arithmétique, on ne commence pas par lui révéler les nombres abstraits, leurs rapports et leurs lois : c'est sur les objets concrets qu'on exerce d'abord son attention, et l'on se sert des sens non pour qu'il y ait recours toute sa vie, mais pour lui apprendre à s'en passer : le moment ne tarde pas où l'on peut lui faire faire de tête et par intuition des opérations qu'il ne pourra rigoureusement raisonner que bien des années après. Il n'y a pas d'enfant qui ne puisse faire mentalement et sans efforts des soustractions, des multiplications, des divisions sur les dix premiers nombres, voire mémo sur les fractions, longtemps avant de soupçonner même le nom des quatre règles.
En grammaire, et là peut-être plus utilement que partout ailleurs, l'intelligence de l'enfant peut être livrée à elle-même, provoquée à trouver la règle et non astreinte toujours à l'appliquer passivement, encouragée à procéder par analogie, à faire proprio motu les généralisations que le livre doime sans doute toutes faites et toutes classées, mais qu'il y a tant de plaisir à dégager, par un libre effort de l'esprit, de l'exercice môme de la pensée et de la parole.
Niusistons pas sur le détail des applications. Nous ne voulons qu'indiquer la possibilité de traiter intuitivement non seulement les matières des leçons de choses, mais toutes celles de l enseignement primaire. On juge par intuition aussi légitimement qu'on perçoit par intuition. Et cela est vrai même de jugements beaucoup plus relevés et plus complexes que ceux du premier âge et de renseignement élémentaire. Ainsi que le dit le nouveau programme des écoles primaires, ce sont encore des moyens intuitifs d'éducation intellectuelle et morale que « l'appel incessant au
I sentiment et au jugement propre de l'élève à l'occasion de leurs actes ou de ceux d'autrui » ; c'est encore procéder par intuition que « d initier les j enfants aux émotions morales au moyen de leur expérience immédiate, de les éle er, par exem- 1 pie, au sentiment d'admiration pour l'ordre uni- I versel et au sentiment religieux en leur faisant contempler quelques grandes scènes de la nature ; au sentimeiii de la charité en leur signalant une misère à soulager, en leur donnant l'occasion d un acte effectif de charité à accijmplir avec discrétion; aux sentiments de la reconnaissance et de la sympathie par le récit d'un trait de courage, par la visite à un établissement de bienfaisance, etc. » Ce sont là aussi des « leçons ûh choses », car ce sont des enseignements directement adressés au cœur qu'ils doivent toucher, à l'intelligence qu'ils doivent éveiller.
En terminant ce rapide aperçu, nous ne pouvons omettre un point important pour caractériser l'intuition et la méthode intuitive : c'est la seule méthode qui se propose d'agir non pas sur une faculté, mais sur toutes; qui saisisse dans l'enfant l'être humain tout entier pour former à la fois chez lui les sens, le jugement, l'imagination, le sentiment. Tous les procédés purement didactiques et qui s'asservissent nécessairement à un ordre rigoureusement logique sont par là môme spéciaux et développent des facultés spéciales, et pour ainsi dire une seule à la fois. L'intuition au contraire, plus spontanée, plus souple, plus indulgente, obligée, pour se tenir plus près de l'enfance, de garder une allure plus familière et de moins régler ses mouvements, est par là même favorable à la libre éclosion de tout ce que l'enfant sent en lui, elle provoque toutes ses facultés, n'en réprime aucune, elle ne craint pas les digressions, les diversions, les allées et venues d« la pensée, elle ne redoute même pas les écarts de la jeune imagination, les vivacités inégales du sentiment, les impatiences d'une raison enfantine, les conceptions prématurées ou les illusions d'ua esprit qui ne se connaît pas encore et n'a pas le sentiment de la discipline. C'est plus tard qu'il se disciplinera de lui-môme, mettra de l'ordre dans ce chaos, divisera la difiiculto pour la mieux résoudre, analysera pour comprendre et classera ses connaissances à mesure qu'elles se préciseront.
La méthode intuitive n'est pas la méthode de tous les âges ; c'est exclusivement celle de l'enfance ; mais à l'enfance elle rend l'étude aimable, facile, féconde, à l'enfance elle fait entrevoir dans toute sa poésie et dans toute sa fraîcheur ce monde de choses et d'idées qu'elle ne commence pas par lui présenter catalogué comme dans un musée, mais vivant, divers, mobile, riche et plein d'attraits comme la nature elle-même. La méthode intuitive dans l'éducation, c'est l'enfant voyant, touchant, découvrant, non pas toute la science, mais successivement tout ce qui dans la science est à sa portée ; elle évite de décolorer, de figer, de glacer, de systématiser, de dénaturer. Elle sait donner aux enfants une première vue, un premier coup d'œil, très sommaire, très insuffisant, mais qui a du moins ce bienheureux effet de leur causer une première et douce impression, de leur faire comprendre et aimer en enfants ce qu'ils apprendront plus tard à comprendre et à aimer en hommes.
INVENTAIRE. — Lorsqu'il prend la direction d'une école, l'instituteur doit, de concert avec le maire ou son délégué, faire le recolement du mobilier scolaire, des livres^ do la bibliothèque, des archives scolaires et, s'il y a lieu, de son mobilier personnel et de celui do ses adjoints.
Le procès-verbal de cette opération, signe par les deux parties, constitue l'insiiiuteur responsable des objets désignés à l'inventaire.
IRLANDE
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En cas de changement de résidence, l'instituteur doit provoquer, avant son départ, un nouveau recolcment du mobilier. (Règlement scolaire modèle du 6 janvier 1881, art. 11.)
Les directrices d'école maternelle publique doivent tenir un catalogue du mobilier et du matériel d'enseignement, avec indication des entrées et des sorties. Ce registre est visé par les inspecteurs et les inspectrices à chacune de leurs visites. (Règlement modèle du 2août 1881, art. 11.)
Le dernier mandat de traitement ne doit être délivré à l'instituteur qu'après la remise régulièrement faite par lui du mobilier de l'école décrit dans l'inventaire. (Cire, minist. du 7 mars 1854.)
[Ernest Cadet. |
IRLANDE. — Plus encore qu'en Angleterre» la question de l'éducation a été intimement liée en Irlande à la question religieuse. L'histoire de l'instruction à ses trois degrés {unijtrsity éducation^ inte) médiate éducation et elementary éducation) reproduit toutes les phases de la longue lutte, qui n'est pas encore terminée, entre le catholicisme et le protestantisme dans Vile sœur. Aussi longtemps que l'esprit d'intolérance a présidé au gouvernement de l'Irlande, il était naturel que les écoles et les collèges servissent de champ de bataille aux anglicans et aux catholiques. Bien que depuis 1831 les hommes d'Etat de l'Angleterre aient de plus en plus renoncé à catéchiser le peuple irlandais, sous prétexte de l'instruire, cependant les esprits môme les plus libéraux ont compris les dangers que ferait courir à l'unité nationale une liberté absolue de l'instruction. De sages efforts ont été faits pour donner à l'instruction un caractère neutre et laïque et pour concilier les droits de la conscience avec ceux de l'Etat, qui n'enseigne pas, à proprement parler, mais dont le rôle est plus actif en Irlande qu'en Angleterre dans le contrôle et l'encouragement de l'enseignement.
On sait que jusqu'en 1871, bien que plus des trois quarts de la population fût catholique, l'église d'Etat était l'église anglicane, dont la hiérarchie (2 archevêchés, 10 évêchés, 30 grandes corporations de doyens et chanoines, 12 corporations moindres, 32 décanats et 33 archi-décanats, 1609 cures, etc.) grevait considérablement le budget irlandais. En vertu d'un acte du Parlement (2b juillet 1869) qui est entré en opération le 1*=' janvier 1871, l'église protestante épiscopale d'Irlande a cessé d'être église d'État [establislied) ; l'Etat a cessé de lui donner ses grants annuels, et une commission a été chargée d'administrer ses revenus, dont une considérable portion a été employée au profit de l'enseignement public : savoir, 25 millions de francs pour l'enseignement secondaire {iniermediate) et 32 500 000 fr. pour l'enseignement primaire. Cette dernière somme était destinée à constituer une caisse de retraite pour les instituteurs.
I. Enseignemeyit supérieur. — L'enseignement supérieur est contrôlé par le Parlement, en ce sens que les universités qui existent en Irlande ont été organisées par des actes du Parlement; mais l'Etat ne fournit pas de fonds pour leur entretien. Le plus ancien établissement d'instruction supérieur, qui n'a pas perdu depuis le disestnblishment son caractère privilégié, est le collège de la Trinité à Dublin (appelé aussi l'université de Dublin), fondé en 1591 par Elisabeth, et fréquenté surtout par les anglicans. En 185i une autre université {Queen's Univcrsity) avait été établie en Irlande avec trois centres p.ovinciaux ou collèges, à Belfast, Cork et Galway ; mais un acte du Parlement (1879) a remplacé cette université par une autre sous le nom de Royal Irish Univers lit/, d'un caractère absolument neutre au point de vue religieux : le conseil ou sénat qui l'administre est composé de catholiques et de protestants de diverses sectes. Cependant les ultra-
montains n'en persistent pas moins à murmurer; plusieurs évoques menaçaient encore récemment d'excommunication les parents qui enverraient leurs enfants aux collèges de Cork, de Belfast et de Galway. L'égalité de tous devant l'instruction ne suffit pas, ils voudraient une université exclusivement catholique entretenue aux frais de l'Etat. En attendant, il existe à Dublin, depuis 1854, une université catholique libre, rivale de Trinity Collège^ et comprenant des facultés de théologie, lettres, droit et médecine; elle est organisée sur le plan de celle de Louvain, en Belgique, et est animée du même esprit d'ultramontanisme. Elle a eu pour premier recteur le D' Newman, récemment créé cardinal. Elle est entretenue par des souscriptions privées. Outre ces universités, il existe en Irlande un collège royal des sciences fondé en 1867, et subdivisé en plusieurs sections: mines, agriculture, génie, manufactures. L'enseignement supérieur des femmes comprend le Collège Alexandi^a, à Dublin, fondé en i866, une association d'institutrices et de gouvernantes, une Ladies' Institution à Belfast, et l'institut de la reine {Queen's Institute).
IL Enseignement secondaire. — L'enseignement secondaire, encore très imparfait, a été remodelé en 1878 par un acte du Parlement établissant un comité de sept membres [Intermediate Education Board) chargé d'administrer les fonds afi"ectés à l'enseignement secondaire sur les anciens revenus de l'église établie d'Irlande, et d'organiser des examens, des prix et des bourses pour l'encouragement de l'enseignement secondaire non confessionnel {secular). La plupart des établissements d'enseignement secondaire restent cependant aux mains du clergé catholique; mais les primes et bourses offertes par le lioard ont beaucoup stimulé le zèle des principaux et professeurs, qui envoient leurs élèves concourir pour les certificats et les primes. Les examens sont les mêmes pour les filles et les garçons : ils sont divisés en 3 classes : junior, middle^i senior. En 1881 les examinateurs nommés par le comité ont examiné 6 948 candidats, savoir 5 144 garçons, dont 3 439 ont obtenu des certificats de capacité, et i. 804 filles, dont i 236 ont été admises ; des bourses de 500 à l 200 fr. ont été accordées à 292 candidats, savoir 224 garçons et 68 filles.
Le Board accorde non seulement des bourses et des prix aux élèves qui réussissent aux examens, mais il donne des récompenses pécuniaires {resuit fées) aux directeurs des écoles où l'enseignement est reconnu le plus efficace.
III. Enseignement primaire. — C'est surtout de cette partie de l'instruction publique en Irlande que nous devons nous occuper ici.
Le premier acte du Parlement qui ait établi des écoles paroissiales en Irlande remonte à Henri VIII. En 1570, un autre acte instituait une école gratuite dans chaque diocèse. En 1608, Jacques l" fit organiser les écoles royales gratuites, et sous plusieurs de ses successeurs (Charles II, Guillaume III et les trois premiers Georges) ce système fut l'objet de différents statuts; presque tous étaient inspirés par le désir de convertir les enfants irlandais au protestantisme. Aussi l'enseignement proprement dit restait l'accessoire. L'institution ultérieure des Charter schools, qui recevaient des subventions votées par le Parlement, n'était pas non plus exempte de cette préoccupation de prosélytisme.
Enfin, en 1 8 1 2, le rapport d'une commission d'enquête parlementaire conclut qu' « on ne devrait plus entreprendre en Irlande aucun système d'instruction publique dans lequel on essaierait d'influencer ou d'entraver les croyances religieuses d'aucune dénomination de chrctjens ». A la même époque une société s'était formée, sous le nom de Kildare Association^ pour l'éducation des enfants
IRLANDE
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pauvres : le Parlement, lui trouvant un caractère moins confessionnel qu'aux dcoles paroissiales et diocésaines, lui octroya des subventions. Mais la Société de Kildare ne put résister à la pression du clergé anglican et presbytérien, et exigea au moins la lecture de la Bible dans ses écoles. Les catholiques refusèrent d'y envoyer leurs enfants, et, en conséquence, le Parlement relira en 183o à la Kildare Association sa subvention annuelle, et en remit la distribution à un nouveau comité (Commission of public éducation). C'est de cette époque que date le système des écoles nationales, dont une lettre de lord Derby (alors M. Stanleyj, secrétaire en chef du Lord lieutenant, a formé en quelque sorte la charte constitutionnelle. Ce système, partiellement modifié à plusieurs reprises depuis 1833, est encore en vigueur. Depuis 1845, le comité qui distribue les grants a été incorporé sous le nom de Commission of National éducation of Ircland.
Quand on relit les instructions publiées en 1833 par les premiers commissaires, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'elles étaient inspirées d'un zèle louable pour la conciliation. Une des conditions pour l'obtention des grants ou subventions parlementaires était qu'on affichât dans l'école un placard recommandant la tolérance et le support entre chrétiens. « Beaucoup de gens, disait cette affiche, professent des doctrines erronées, mais nous ne devons pas pour cela les haïr ou les persécuter ; nous devons chercher la vérité et tenir fermement à ce que nous croyons le vrai, mais non traiter durement ceux qui sont dans l'erreur... Comme un des objets principaux du gouvernement de Sa Majesté est de réunir, dans un système unique d'éducation, des enfants appartenant h. différentes religions, et que le succès dépend beaucoup de la coopération du clergé résident, le comité accueillera plus volontiers les demandes de subventions émanant 1° d'un ministre protestant et d'un prêtre catholique conjointement; 2° d'un ecclésiastique d'une confession et d'un groupe de laïques d'une autre confession conjointement; 3" de laïques de différentes confessions religieuses. »
Go comité, originairement composé de sept membres, dont deux seulement catholiques, accordait des grants aux conditions suivantes, qui n'ont pas été abrogées : « Les réparations de l'école, le salaire de l'instituteur, et la moitié des frais du matériel scolaire seront supportés par des contributions locales (municipales ou privées) ; les instituteurs auront passé par les écoles modèles de Dublin, et les inspecteurs du comité seront toujours admis à visiter les écoles. » Ce national System introduit en Irlande était en somme analogue à celui des grants adopté depuis en Angleterre.
Les catholiques acceptèrent assez volontiers au début ce nouveau système, qui était un pas considérable dans la voie du libéralisme ; mais le clergé anglican et les presbytériens du Nord de l'Irlande murmurèrent contre les concessions faites à leurs adversaires. Cependant le nombre des écoles dites nationales s'accrut rapidement, tandis que celui des écoles purement confessionnelles allait en diminuant : de 789 écoles nationales avec 107 0i2 élèves, que l'on comptait en 1833, on était arrivé, en 1839, au chiffrer de 1681 écoles et de 192 971 élèves, et en ISil il y avait 2 237 écoles nationales comprenant 281849 élèves. Des concessions autorisant la lecture de la Bible à certaines heures eurent pour effet de concilier les presbytériens; mais l'innovation devait mécontenter les catholiques. Au synode de Thurles, en 1850, sans condamner ouvertement le système des écoles nationales, le clergé catholique affirma le principe de renseignement confessionnel exclusif à tous les degrés, et depuis lors cette réclamation s'est sou-
vent reproduite. L'abolition des écoles mixtes et le retour pur et simple au système confessionnel est le rôve que caresse le clergé catholique et que les prétendus émancipateurs de l'Irlande ne cessent de faire briller comme un nirage aux veux de la population. Cependant la commission d éducation nationale a plusieurs fois remanié dans son code la clause relative à la liberté relisi^'usc {cor/science clause), pour ôter toute cause de récrimination aux catholiques. La composition même de cette commission nationale a été modifiée; le nombre de ses membres, porté en 1851 de 7 à 14, dont 5 catholiques, est, depuis 18C1, de 20, dont 10 catholiques. Mais depuis 18('.3 aucun prélat catholique n'a siégé dans cette commission et une ligue s'est formée il y a quelques années, à Dublin, sous le nom de Catholic Unio7i, pour organiser le mouvement en faveur de l'instruction confessionnelle, l.e mélange des religions se fait peu dans les écoles ; les enfants restent encore très séparés d'après les confessions. Heureusement aucun indice sérieux ne permet de conclure à une hostilité insurmontable de la population contre le système des National schoois, et contre un mode d'instruction qui relègue la religion hors de l'école, et peut par suite servir de trait d'union entre les différentes confessions.
Le Parlement a plusieurs fois été invité à introduire l'obligation en Irlande comme en Angleterre et en Ecosse. Cependant il n'a pas osé le faire juqu'ici, ce qui est regrettable, car l'assi* duitc laisse beaucoup à désirer.
D'après le régime actuel, les subventions parlementaires sont accordées à deux classes d'écoles: 1° les vested s'hools, celles que les commissaires nationaux ou d'autres mandataires [trustées) administrent; 20 les non- vested schoo' s, celles qui sont la propriété de particuliers. La première catégorie seulement peut obtenir des subventions pour la construction de locaux. Toutes les écoles ayant un caractère national reçoivent des fonds pour le traitement des instituteurs, des primes pour l'efficacité de l'enseignement {resuit fées), des livres de classe et des ustensiles scolaires. Les locaux des écoles nationales ne peuvent être employés pour le service divin d'aucune dénomination, ni pour aucune réunion politique; aucun emblème religieux particulier à aucune confession ne doit y être exposé aux heures de classe. Cependant les ecclésiastiques ou autres personnes approuvées par les parents ou tuteurs des enfants peuvent avoir accès à l'école à certaines heures déterminées pour donnera certains groupes d'enfants l'instruction religieuse. Les directeurs d'écoles nationales peuvent aussi autoriser la lecture de la Bible en dehors des heures régulières de classe. Des écoles normales [model schoo 5), entièrement entretenues sur les fonds votés par le Parlement britannique, préparent un personnel de maîtres compétents pour les écoles nationales. Les instituteurs et institutrices des écoles nationales sont subdivisés comme suit : pnncip'ds, assistants, junior literary assistants, work~mistresses, etc. Une école normale primaire supérieure {the Institution) située dans Marlborough Street, ù Dublin, et administrée par les commissaires nationaux, reçoit 100 instituteurs et 75 institutrices, divisés en trois catégories suivant leur degré de compétence et d'instruction, quo les inspecteurs scolaires du comité sont chargés d'apprécier. Les instituteurs ou institutrices appelés à cette école pour s'y perfectionner sont indemnisés de leurs frais de déplacement, logés et nourris gratuitement, et reçoivent en outre une indemnité hebdomadaire et leur traitement ordinaire de service actif, moins une retenue de 400 francs pour leur remplaçant.
Traitements. — Les instituteurs sont répartis
ISÈRE
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en trois classes; leurs traitcmoits varient de 800 fr. pour les instituteurs de ae classe à 1 450 pour ceux de 1'* classe ; ceux des institutrices varient de 625 fr. (o" classe) à 1 0:.0 (t'« classe). Les promotions d'une classe à une autre dépendent d'examens et du résultat des inspections constatant refficacité de l'enseignement. Le Parlement a essayé, en 1875, d'améliorer la position des instituteurs nationaux irlandais, en accordant une somme additionnelle égale à celle des contributions locales. Néanmoins, la moyenne des traitements d'instituteurs en Irlande est, assure-t-on, inférieure de moitié à celle des traitements des instituteurs en Ecosse et en Angleterre.
Statistique. — Il y avait en décembre 1880 en Irlande 7 590 écoles nationales, comptant 1 083 0'20 élèves, et la subvention parlementaire accordée à ces écoles s'élevait au total à une somme de 722 366 livres sterling (un peu plus de 17 millions de francs). La rétribution scolaire avait produit 91 300 livres, les souscriptions locales 40 516 livres, et les impôts scolaires locaux (rates) 8 324 livres.
Voici le tableau des progrès de l'instruction primaire en Irlande depuis 1833 :
Écoles
Élèves
Subvention parlemenlaire
25 000 liv.
Il y a en outre environ 3 330 écoles confessionnelles (ne concourant point pour les primes et granis de l'Etat), dont 2 7 79 catholiques.
Voici le tableau comparé de la population des illettrés incapables de signer leur nom sur le registre paroissial à l'occasion de leur mariage, dans les trois parties du Royaume-Uni, en 1876:
Boniines Femmes
" Angleterre et Galles. 16.3 pour 100 22.1 pour 100
2<'Ecosse 9.1 — 18.0 —
3» Il lande 31.9 — 37.3 —
Les chiffres ci-dessous donnent la classification de la population en Irlande d'après l'instruction :
Ne sachant ni lire ni écrire,
sur cent 53 47 39 33
Sachant lire seulement, sur
cent 19 20 20 17
Sachant lire et écrire, sur
cent 28 33 41 49
Sur les 1 083 020 enfants qui ont fréquenté les
7 590 écoles nationales en 1880, il y avait 5iG30l garçons et 536 719 filles, savoir 855 057 enfants catholiques, 102*^18 anglicans, 115 629 presbytériens, et 10 116 appartenant à d'autres dénominations, ce qui permet de décomposer comme suit la population scolaire: 79.0 pour 100 de catholiques, 9.4 d'anglicans, 10.7 de presbytériens, 0,9 d'autres dénominations.
Il y avait en 1880 en Irlande dans les écoles nationales 4 535 instituteurs titulaires et 761 sousmaîtres, 2 894 institutrices et 2 484 sous-maîtresses.
Il y avait 3 écoles normales à Dublin, et en province, 26 écoles modèles ou normales inférieures, comprenant 1G*J97 élèves. Pour compléter cette statistique il faut encore mentionner 158 écoles de workhouse, avec IG 945 élèves, 52 industridis sc//oo/s ou écoles de correction contenant 4 979 enfants, 94 lermns-ccoles etl9 écoles-jardins, dépendant des commissaires nationaux.
[B. Buisson.]
ISÈRE (département de 1'). — Superficie :
8 289 kilom. carrés. Population en 187.6 : 581 099 habitants (au lieu de 581 386 en 1866). Densité moyenne de la population par kilom. carré : 70 ha-
bitants (c'est exactement la moyenne générale de la densité pour toute la France). Quatre arrondissements, formant six circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Grenoble (i"^*), Grenoble (2*), La Tour du Pin, Saint-Marcellin, Vienne et Voiron ; 45 cantons, 559 communes.
D'après les derniers relevés, le service de l'inspection primaire dans le département de l'Isère est réparti comme il suit :
C1RC0NSCR1PT105S.
Grenoble (1")...
Grenoble {2«)
La Tour du Pin, Sainl-Marcellin.,
Vienne
Voiron
NOMBRE
d'éf olfs |'uhli(iut!s et libres.
de classes publiques.
de kilom.
carrés en superficie.
de kilom.
de Adie ferrée.
Population d'âge scolaire. — En 1872 on comptait dans risère 79439 enfants do 6 à 13 ans (40 500 garçons et 38 939 filles), soit 13.8 enfants d'âge scolaire par 100 habitanis.
En 1876 on y comptait 73 330 enfants de 6 à 13 ans : 36 757 garçons et 36 573 filles, soit 12.0 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.
Malgré cette diminution de la population scolaire, le département se trouvait encore au-dessus de la moyenne générale, qui était à la môme époque, pour toute la France, de 12.2 enfants de 6 à 13 ans pour 100 habitants.
D'après les chiffres du recensement de 1881, ii existe dans l'Isère 79 088 enfanis d'âge scolaire (40 262 garçons et 38 826 filles). La population générale est de 580 271 habitants, ce qui donne une proportion de 13.6 enfants de 6 à 13 ans par 1(0 habitants.