‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 34 sur 573 · État de l'instruction primaire avant · texte numérisé non relu

État de l'instruction primaire avant

— V. Dauphiné.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — !Sombre des écoles.

— Le tableau ci-dessous indique le nombre des écoles primaires depuis les dernières années du premier empire, mais surtout depuis la fin de la Restauration, premier régime à partir duquel nous possédions des statistiques officielles relatives à l'enseignement primaire, jusqu'à nos jours :

d'après l'almanach de l'université impériale

d'après l'almanach de l'uni-

versilé royale

d'après la statistique olfic'!» . .

Écoles

Écoles

Total

publiques

libres

On remarquera sans doute que la statistique de 1877-1878 donne plus d'écoles publiques que n'en relève la statistique de 1878-1879. C'est le résultat d'une erreur de classement qui s'est produite en 1876-1877. Cette erreur a été redressée dès l'année suivante : on a fait rentrer dans la catégorie des écoles libres un certain nombre d'écoles subventionnées qui, autorisées par le t'.onseil départemental à tenir lieu d'écoles publiques, avaient

ISERE

été comprises à tort dans la catégorie des écoles publiques proprement dites.

On remarquera également que le nombre des écoles libres, qui était allé décroissant depuis Wn jusqu'à 187G-I877, se relève à partir de IS78- 1879 et continue depuis à augmenter dans une proportion notable. Ce fait s'explique par le grand nombr(f d'écoles publiques congréganistes que possé'iait le département de l'Isère. Un certain nombre de ces écoles ont été laïcisées, et l'ancienne direction est allée ouvrir à côté une école libn congrcganiste.

Eli I87G-1877 les 1 152 écoles publiques de l'Isère formai<Nit ensemble 1 575 classes ; en 1880-1881 les 1 174 écoles publiques forment 1611 classes. Il y a donc entre les deux dates augmentation de 22 écoles seulement, mais de 36 classes, ce qui montre que la tâche des maîtres a été allégée par le dédoublement d'une douzaine de classes trop nombreuses. Sous ce rappoit, du reste, le département se trouve dans de bonnes conditions; voici sa situation actuelle exacte en ce qui concerne les écoles publiques :

Classes de moins de 50 élèves 1022, soit 63,40/0

— de plus de 50 — 300, — 18,6 0/0

de 60 — 148, — 9,20/0

— — de 70 — 73, — 4,3 0/0

— — de 80 — 68, - 4,2 0/0

France sont respectivement : ô8.6 0/0, 16.8 0/0, 11.7 0/0, 6.8 0/0, 6.10/0.

En 1837, sur un total de 1471 écoles, on comptait 530 écoles spéciales aux garçons, 591 écoles mixtes, et 350 écoles spéciales aux filles; en 1870- 1877 les 1306 écoles du département se décomposaient en 5:i6 écoles spéciales aux garçons, 165 écoles mixtes seulement, et 605 écoles spéciales aux filles. En 1880-1881 les chiffres sont: 564 écoles spéciales aux garçons, 652 écoles spéciales aux filles et 187 écoles mixtes.

Situation scolaire des communes. — Sur les 559 communes du département, 545 possédaient (en 1881) au moins une école publique de garçon*, de filles, ou mixtes; 4 étaient réunies légalement à d'autres communes pour l'entretien d'une école publique; 10 communes n'avaient qu'une école libre, mais aucune n'était complètement dépourvue d'école.

14 communes de 500 habitants et au-dessus ne possédaient pas d'école publique de filles, savoir : une dans la l'"^ circonscription de Grenoble et trois dans la 2*; trois dans la circonscription de la Tour du Pin, cinq dans celle de Saint-Marcellin, et deux dans la circonscription de Vienne.

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congrégajiistes.

Écoles laïques

de garçons . „,, ou mixtes '^^ """

Écoles coniri'é^anistes

de garçons ou mixtes

de fiUes

Total

Les 649 écoles laïques de garçons ou mixtes se divisent en 635 écoles publiques et 14 libres; les 102 écoles congréganistes de garçons ou mixtes se divisent en 53 écoles publitiues et 49 libres. On voit par ces chiffres que les congréganistes n'ont p us qu'une faible minorité dans les écoles publiques de garçons ou mixtes : .S3 contre 635, soit 7.7 p. 100. Les 325 écoles laïques de filles se subdivisent en 279 publiques et 46 libres ; les 328 éco-

les congrégrinistes de filles se subdivisent en 207 écoles publiques et 121 libres. C'est donc 42.6 p. 100 seulement des écoles publiques de filles aux mains des congréganistes ; mais ces dernières sont en forte majorité d^ns l'enseignement libre (121 écoles contre 46), et en définitive le plus grand nombre des jeunes filles sont élevées par les congréganistes.

Voici, d'ailleurs, le résumé exact de la situation récip 'oque des deux catégories tant au point de vue des écoles qu'à celui des élèves qu'elles reçoivent :

Écoles ÉlëTcs

Garçons j Laïques.. 649 = 86,4 0/0 ou mixtes, f Congrég. 102 = 13,6 0/)

Filles..

18 124=44,4 0/0 22 73iJ = 5o,G 0/0

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

\ Laïques.. 3?5 = 49,8 0/0 ) Congrég. 328 = 50,2 'j/0

Total des élèTes

Élèves gratuit*

1832 (année civile)

Manque.

1876-77 (année scolaire').

Man^tue.

Pour la gratuité il y a lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Les élèves admis gratuitement dans ces dernières étaient, si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que les autorités scolaires n'ont pas à contrôler, au nombre de 6 724 sur 14 0G2, soit 47.9 0/0. Dans les écoles publiques la gratuité a monté lentement de 27.7 0/0 en 1833 à 48 0/0 en 1876-1877. Le progrès de la gratuité pendant cette longue période de quarante -trois ans n'avait doric été que de 21 0/0 En 1881, au moment de la promulgation de la loi du 16 juin qui a établi la gratuite absolue, le nombre des élèves gratuits dans les écoles publiques était de 43 743 sur 77 542, soit .')6.4 d/O. C'est donc près de la mo'tié des élèves d^s écoles publiques de l'Isère qui sont ajoutés à la charge du budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire.

Les 91 6o4 élèves du département de l'Isère peuvent se décomposer en : 77 542 élèves des écoles publiques et 14 062 élèves des écoles libres; en 47 546 garçons et -i4 058 filles ; en ^8 662 élèves des écoles laïques et 32 942 élèves des écoles congréganistes; en 41137 élèves payants et 50 4li7 élèves gratuits; en 84 549 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe et 70 55 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces derniers, pour les écoles publiques, est de 8.9 0/0, soit exactement 8 0/0 au-dessous de la moyenne générale, qui est pour toute la France de 16.9 0/0,

Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 9l 604 pour 71 464. D'après le recensement de IS76, le nombre des enfants de cet âge. pour le département de l'Isère, est de 73 33 • ; d'où il résulterait que 1 8f;6 enfants d'âge scolaire ne fréquentent pas les écoles primaires. Il convient toutefois de retrancher de ce nombre 981 enfants de 6 ans et au-dessus inscrits dans les salles d'asile, et ceux qui reçoivent l'instruction primaire dans un établissement d'ensei,£^nement secondaire quelconque (565 en 1876-1877); en admettant que ce dernier nombre ait un peu augmenté pendant la période quiu(|U0nnale écoulée, t'e (|ui parait vraisemblable, et qu'une centaine d'enfants reçoivent l'instruction dans leur famille, on arrive à trouver que toute la population d âge scolaire reçoit les

ISERE

ISÈRE

bienfaits de l'instruction dans le département de l'Isère,

Peiso7inel enseignant. — Les instituteurs laïques ont la majorité dans l'enseignement public ; dans l'enseignement libre, qui a un effectif de 175 membres, les instituteurs laïques sont au nombre de 16 seulement. Les institutrices laïques sont en majorité dans l'enseignement public et en minorité dans l'enseignement libre; mais dans les écoles publiques de filles la minorité congréganiste est beaucoup plus forte que dans les écoles publiques de garçons.

Instituteurs

laïques

congregan.

la'iques

congregan.

Total

Pour 188!, ces nombres se subdivisent comme il suit : les 776 instituteurs laïques en 760 publics et 16 libres; les 263 instituteurs congréganistes en 104 publics et 159 libres ; les 492 institutrices laïques en 415 publiques et 77 libres; les 739 institutrices congréganistes en 355 publiques et 38'» libres.

Dans le personnel laïque des écoles publiques il n'existe plus que 40 instituteurs adjoints (dont Il dirigeant des écoles de hameau) et 18 institutrices, dont 5 titulaires et i 3 adjointes, qui ne possèdent pas le brevet. Dans le personnel congréganisle, on en trouve encore 280, savoir : 37 instituteurs adjoints et 243 institutrices, dont 133 titulaires et 110 adjointes. La proportion des non brevetés est de 4.9 0/0 chez les laïques des écoles publiques et de 61 0/0 chez les congréganistes.

Dans le personnel laïque des écoles libres, sur 9J membres, dont 16 instituteurs et 77 institutrices, on trouve 3 instituteurs (1 titulaire et 2 adjoints) et 7 institutrices (2 titulaires et 5 adjointes) sans brevet, soit 10,8 0/0; dans le personnel congréganiste des écoles libres, qui compte 543 membi'es, dont l5î) instituteurs et 384 institutrices, on trouve encore 02 instituteurs adjoints et -51 institutrices, dont 83 titulaires et 168 adjointes, sans brevet, soit 57 .6 0/0.

On voit par la comparaison de ces moyennes que chez les laïques le personnel de l'enseignement public est généralement supérieur au personnel de l'enseignement libre, tandi*^ que chez les congréganistes c'est au contraire le personnel de l'enseignement libre qui l'emporte pour la capacité.

« Le corps des instituteurs remplit sa tâche journalière avec zèle et dévouement, dit le rapport d'inspection académique au Conseil général, session d'août 1881. Il offre, au point de vue moral, toutes les garanties que l'on peut raisonnablement désirer. Les relations avec les autorités sont en gt'-néral satisfaisantes.

» Deux instituteurs ont dû être révoqués et la peine de la suspension et de la réprimande a été infligée à deux instituteurs et trois institutrices. Par coHtre, le ministre de l'instruction publique a décerné au personnel enseignant 14 mentions honorables, 7 médailles de bronze et 3 médailles d'argent, et à deux instituteurs le titre d'officier d'académie. Des témoignages d'î satisfaction ont été adressés à quinze instituteurs et à huit institutrices à la suite de l'in^peciion de leurs écoles. Un maître a reçu la médaille d"or provenant du legs Goddet. C'est, en tiois ans, la troisième échue à ce département; enfin deux autres instituteurs ont eu des médailles d'argent, de sociétés libres. » !

Maisons d'écoles et mobilier scolaire. — Sur

I 174 maisons d'école que comptait le département de l'Isère en 1881, 8"26 appartenaient aux communes, 81 étaient prêtées, 267 étaient louées. Le montant des sommes payées pour frais de location de ces dernières s'élevait à 47 6i0 francs: 224 des maisons appartenant aux communes étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelconque. « Ce n'est point assez, dit le rapport de l'inspecteur d'académie, déjà cité, qu'il y ait des écoles partout où le besoin en est reconnu, fussent-elles constamment ouvertes à tous les enfants en âge de les fréquenter; il faut, de plus, qu'elles soient installées dans des bâtiments en bon état, spacieux, ayant l'air et la lumière en abondance, qu'elles soient pourvues d'un mobilier en harmonie avec les règlements actuels et que les personnes qui en ont la direction y trouvent, pour elles et leurs familles, une habitation convenable.

» A cet égard le département laisse encore à désirer.

» Parmi les maisons appartenant aux communes, 549 sont considérées comme irréprochables, mais les autres nécessitent une installation plus vaste et plus conforme aux besoins de notre époque.

» Un certain nombre de communes ont été dans ces derniers temps mises en demeure de construire ou du moins d'approprier leurs locaux scolaires ; l'interdiction a même été prononcée contre quelques écoles malsaines ou trop insuffisantes.

II y avait tant à faire dans ce pays au point de vue des locaux et de leur ameublement, que les résultats déjh obtenus doivent satisfaire et encourager de nouveaux efforts.

» 10 communes ont présenté des projets dans le cours de l'année 1880, pour une somme totale de 828 670 francs, dont l'Etat prend à sa charge 475 300 francs. De tels encouragements sont bien do nature à exciter Télan de bon augure qui se manifeste dans toutes les parties du départem^^nts. »

Le chiffre des subventions accordées par l'État h diverses communes du département de l'Isère pour conslrucàon ou réparation de maisons a'école, durant les cinq dernières années, est le suivant :

Nombre des écoles.

Snbv^-nlicns de l'Eiat.

52 SOO fr.

Totaux

1 953 720 fr.

Enseignement. Méthodes et résultats. — Nous extrayons du rapport d'inspection académique au Conseil général les passages suivants :

« Le mouvement de progrès se continue. Les discussions pédagogiques, auxquelles les instituteurs prennent maintenant une part active, ne sont pas étrangères à ce résultat; les livres classiques se sont grandement améliorés ; mais un livre, si bon qu'il soit, ne vaut pas la parole du maître, et c'est cette parole qui fait encore souvent défaut. Trop souvent aussi on oublie que l'enseignement primaire doit revêtir un caractère essentiellement pratique, et concourir à la formation du caractère, du cœur et des mœurs de la jeune génération.

» Quoi qu'il en soit, dans la plupart de nos écoles, l'enseignement, sans être élevé, peut être considéré comme suffisant ; il répond en général au besoin des populations.

» On répète, trop peut-être, que la lecture est négligée dans les écoles. Presque partout on a abandonné le ton monotone pour se rapprocher du ton de la conversation. Nos maîtres s'attachent

ISËRE

aussi à fnîre de cet enseignement un instrument ' de cnlturc pour rintelligoncc et pour le cœur.

» Il a été jeté sur l'enseignement de Yécrilure un tel discrédit qu'il ne s'en relèvera que difficilement. Les cahiers modèles ont achevé l'œuvre, en dispensant les instituteurs d'avoir une méthode à eux. Ceux-ci devaient se persuader qu'il est presque aussi ridicule d'écrire mal, qu'il le serait d'avoir ou d'affecter une mauvaise prononciation.

» L'enseignement de la langue commence à sortir do la routine, et le progrès que nous constations l'an dernier en cette matière importante s'est un peu accentué; cependant on ne procède pas assez de la pratique à la théorie, des faits particuliers aux lois générales, pour revenir ensuite dos règles à l'application; les exercices de style sont toujours rares, et, là où on les donne, ils sont généralement mal gradués; les instituteurs semblent n'avoir pas encore trouvé leur voie.

» Le calcul est partout en progrès. Il nous reste à mettre un peu plus en honneur le calcul mental et le système métrique.

» Le temps n'est plus où les instituteurs n'enseignaient guère en fait d'histoire nationale que les règnes ténébreux de nos rois fainéants. Leurs connaissances en cette matière se sont bien développées depuis qu'elle a été ajoutée au programme obligatoire. On passe rapidement, et avec raison, sur les premiers siècles, pour donner plus de développement à la période moderne et aborder même la période contemporaine.

« La géographie physique était autrefois inconnue dans nos écoles; aujourd hui il semble qu'on en exagère l'importance ; c^est ainsi qu'on ne sait pas toujours faire les choses avec mesure. Le devoir des inspecteurs primaires consistera sans doute longtemps encore à pondérer, à équilibrer les diverses tendances qu'a le personnel à donner à l'enseignement un caractère exclusif. Les enfants aiment les voyages; ils en feront même volontiers sur leurs atlas ; ils suivront avec intérêt la marche de nos armées, les grands faits qui ont présidé aux destinées de notre pays; ils tiendront compte des productions de chaque contrée, des principales occupations de ses habitants. Cette géographie historique, commerciale, et industrielle a bien aussi sa valeur, etj'estime qu'elle compléterait utilement la première.

» Les leçons de couture sont données, à très peu d'exceptions près, à toutes les jeunes filles qui fréquentent nos écoles. Presque partout cet enseignement revêt le caractère d'utilité pratique que l'autorité scolaire ne cesse de recommander. Nos efforts doivent tendre désormais à le compléter, au moins dans les centres importants, par des leçons de repassage, de coupe et d'assemblage : des mesures de ce genre sont déjJi prises dans une des écoles de filles de Grenoble.

» La gymnastique avec agrès et appareils n'est enseignée que dans un petit nombre d'écoles. Dans plusieurs, qui ont à leur tête des anciens élèves de l'école normale ou d'anciens militaires, on fait exécuter avec une certaine précision les exercices corporels que comporte la première partie du manuel dont un exemplaire a été envoyé par M. le ministre de l'instruction publique à chaque instituteur. Partout ailleurs les leçons sont à peu près nulles. Le manque d'espace libre autour de certaines écoles, la présence de la neige en hiver, la désertion en été, quelquefois aussi le mauvais vouloir des familles, empêcheront sans doute quelque temps encore cet utile enseignement de prendre toute l'extension qu'il mérite.

» L'enseignement de Yagriculture est encore tout entier à créer. Beaucoup de parents dans nos communes rurales placent fort au-dessus des leçons théoriques de l'instituteur leur expérience souvent pleine do préjugés ; ils n'acceptent donc

ses conseils qu'avec méfiance. Il faut s'attendre à une certaine lenteur dans le développement de cette étude nouvelle.

» Si l'on excepte nos écoles supérieures de Grenoble, où l'enseignement facultatif reçoit tous les développements que nécessite l'importance de ces établissements, un bien petit nombre d'écoles abordent les parties facultatives du programme. Cet enseignement, là où les circonstances le font donner, se réduit à quelques notions de dessin, d'arithmétique appliquée, de géométrie et de chant.

» L'ignorance des lois de la nature fait courir à l'humanité des dangers souvent sérieux, et cependant on se préoccupe peu d'enseigner ces lois dans nos écoles. Il paraîtrait donc utile que l'enseignement de Vhygiène fît partie du programme obligatoire... »

Certificat d'études primaires. — Le certificat d'études primaires a été introduit dans le département de l'Isère en 1875. A cette date les garçons seulement, au nombre de 6G9, s'étaient présentés au concours ; 416 avaient obtenu le certificat. Les filles n'ont commencé qu'en 18S0 à prendre part au concours pour le certificat d'études primaires. A cette date 1 OSfî candidats, dont 746 garçons et 310 filles, se sont présentés aux examens : 510 garçons et 239 filles, en tout 749, ont obtenu le certificat. En 1881, malgré l'application des nouveaux règlements, qui ont rendu les épreuves plus difficiles, le nombre des candidats a été de 1723(1 069 garçons etG54 filles), sur lesquels 734 garçons et 478 filles, en tout 1 219, ont obtenu le certificat. Le plus grand succès est pour tes filles, qui ont passé dans !a proportion de 73. '5 0/0, tandis que les garçons n'ont passé que dans la proportion de 69.2 0/0. Malgré le nombre relativement considérable des diplômes obtenus en 18s 1, le département de l'Isère occupe un rang inférieur dans le classement des départements sous ce rapport. La moyenne générale dos certificats d'études primaires délivrés pour toute la France représente 1.36 0/0 des élèves inscrits dans toutes les écoles primaires : pour le département de l'Isère, cette moyenne n'atteint que 1.33 0/0.

Ecoles normales. — Le département de l'Isère possède une école normale d'instituteurs, une école normale d'institutrices et une école modèle d'instituteurs protestants.

Ecole normale diii^tituteurs. — Cette école, fondée à Grenoble en 1831, reçoit actuellement 77 élèves-maîtres. L'enseignement y est donné par le directeur, six maîtres-adjoints et huit professeurs externes. Cet établissement est aujourd'hui en pleine prospérité et donne tous les résultats que l'on est en droit d'en attendre. « La discipline, basée sur la confiance et l'affection réciproques des maîtres et des élèves, dit le rapport d'inspection académique, a été observée sans contrainte, et le directeur n'a jamais eu à provoquer des mesures de sévérité... Le bon ordre général n'a pas été une seule fois troublé dans lo d^urant de l'année.

» Les élèves ont d'ailleurs un très bon esprit... Le travail a été soutenu ; au-si les études ont-elles fourni des résultats satisfaisants... Les élèves de 3® année, au nombre de 21, ont subi l3s épreuves du brevet de capacité; 7 ont aujocrd'hui le brevet supérieur et tous les autres le brevet facultatif. La deuxième année s'est aussi présentée à ces examens. Les 20 élèves qui la composaient sont tous pourvus du brevet élémentaire. 18 l'ont obtenu à la session de juillet, 2 à la session de mars suivant.

n Les études normales ont compris cette année deux cours de plus : un cours d'italien et un cours de morale. L'un et l'autre, commencés depuis peu, ne peuvent être encore qu'une préparation

ISERE

à des études plus sérieuses pour la rentrée d'octobre.

« L'enseignement de l'école annexe a été profitable aux enfants qui la fréquentaient et aux élèvesmaîtres eux-mêmes, qui y ont fait l'application des méthodes et y ont rempli le rôle d'éducateurs. Aussi cette école a-t-elle la confiance des familles.

» Le recrutement s'opère facilement : pour 21 places libres, 104 candidats se sont présentés.. .

» La position des m;iîtrfts-adjoints internes a été améliorée : outre la nourriture et le logement, il leur est donné gratuitement le chauffage, l'éclairage et le blanchissage.

» Les maîtres-.'\djoints mariés sont moins favorisés ; ils reçoivent seulement une indemnité de nourriture de 460 francs. Ils vivent péniblement dans une ville cù tout est cher, les loyers surtout: ils ne peuvent d'ailleurs se créer des ressources au moyen de leçons particulières, car ils sont trop éloignés de la ville. 11 serait désirable que, comme dans d'autres départements, ils reçussent une indemnité de logement. »

Sous le rapptn't du matériel d'enseignement, l'école normale d'instituteurs est bien partagée. Le matériel scolaire est complet, du moins pour l'état actuel. Le ministère de l'instruction publique a accordé en 1881, pour achat de mobilier scientifique, une subvention de 2 472 francs, et une autre subvention de GG8 fr. pour achat de livres destinés à la bibliothèque.

Indépendamment de ces secours en argent, l'école a reçu du ministère, dans le courant de la même année, des atlas, une série d'ouvrages récents de pédagogie, les tableaux d'histoire naturelle de Paul Gervais et un matériel entomologiquc.

Ecole normale d'institutrices. — L'école normale d'instituirices, fondée en 1872 h Saint-Egrève (arrondissement de Grenoble), contient actuellement 47 élèves-maîtresses. L'enseignement y est donné par !a directrice, six maîtresses-adjointes et des professeurs externes.

Les élèves-maîtresses qui sont sorties en août ISSOonttoutesdébuté l'année suivante dans la carrière de l'enseignement, sauf une qui a obtenu un congé d'un an pour se préparer aux épreuves du brevet supérieur.

« Ces jeunes institutrices, dit le rapport d'inspection académique, réalisent les heureuses espérances qu'elles avaient fait concevoir; l'une des mieux notées durant son cours normal a même mérité de rentrer à l'école en qualité de maîtresse adjointe.

» Les jeunes personnes qui vont terminer leurs études cette année ne laisseront pas do moins bons souvenirs de leur séjour à l'école : leur application constante, leur désir de bien faire, les sentiments excellents dont elles ont donné des preuves, permettent de compter qu'elles rendront à l'État et au département, par un complet dévouement dans l'exercice de leurs fonctions, les bienfaits dont elles ont été l'objet.

» La conduite et l'esprit des élèves des autres divisions, bien que portant le caractère d'un âge moins avancé, méritent aussi des éloges, et on ne peut que souhaiter à ces jeunes filles de marcher sur les traces de leurs devancières... »

Une élève-maîtresse est venue à Paris suivre les cours de coupe et d'assemblage inaugurés sous les auspices du ministre de l'instructio'' publique. Elle est rentré© à l'école pourvue du certificat d'aptitude en cette matière et on a pu, depuis le mois d'octobre, prélever une heure par semaine pour faire bénéficier les élèves de troisième année de cette nouvelle connaissance dans les travaux à l'aiguille. « Si ces élèves, dit encore le rapport d'inspection académique, ne sont pas des coupcuses

comparables à celles des grands magasins de confection, leur modeste talent leur permettra du moins de se rendre utiles dans les écoles rurales où elles seront placées...

» Il reste à souhaiter que l'école soit bif^ntôt en possession de collections presque indispensables aux leçons d'histoire naturelle, cette partie de l'enseignement n'étant pas toujours aussi Iructueuse, parce que les maîtresses ne peuvent toujours, malgré leur aptitude, suppléer à l'objet par des descriptions.

» L'école annexe, aussi, aurait grand besoin d'être pourvue d'un matériel pour les leçons de choses, comme le musée des écoles, disposé par les soins du docteur Saffray ; ces petites collections sont même d'une nécessité urgente, si l'on veut que les élèves apprennent autrement que par la théorie à user d'une manière intelligente et méthodique de toutes les ressources de l'enseignement par l'aspect... »

On reconnaît, toutefois, que les améliorations demandées ne seront réalisables que lorsque l'école normale aura été transférée dans un local mieux approprié à ses besoins.

Ecole modèle d'instituteurs protestants. — L'école modèle de Mens, qui va probablement cesser d'exister en tant qu'école modèle d'institiiteurs protestants, par suite de l'application de la loi du •^ 8 mars 1882, a été fondée en 1833. En 1S.'>|) elle comptait 22 élèves-maîtres ; en 1863, elle en comptait 26 et, en 187G-1877, 25, dont 4 boursiers de l'État. Avant de disparaître, cet établissement aura connu des jours prospères, ainsi qu'on va le voir par quelques passages du rapport d'inspection académique en 1881 :

<. L'année 1878-1879 avait été exceptionnellement heureuse pour Técole modèle. Cet établissement, avec son modeste budget, avait formé 15 instituteurs pour les écoles protestantes. Il n'avait jamais obtenu pareil succès. L'école a ordinairement, en effet, 25 élèves -maîtres, internes ou externes. La plupart d'entre eux font deux années de cours, mais quelques-uns deux ans et demi et même trois, pour diverses raisons. Nous ne pouvons donc guère compter chaque année que sur une dizaine de candidats, et, si quelques échecs se produisent, nous retombons au nombre de 7 ou 8 instituteurs...

» L'école modèle a (aussi présenté des élèves aux examens du certificat d'études primaires. Sur 5 candidats, 4 ont été admis, savoir : un avec le numéro premier et la note très bien, et les trois autres avec la note bieii.

» Il y a eu cette année plus d'élèves que l'an dernier. Le nombre des internes est toujours le même, mais celai des externes a été sensiblement augmenté. Cinquante-cinq élèves ont fréquenté rétablissement : 28 dans le cours normal et 26 dans l'école primaire annexe. Comme toujours, les internes sont venus de tous les points de la France : du Var et de l'Orne, du Tarn et de l'Aisne. Les externes appartiennent à la population protestante de Mens et aussi en assez grand nombre à celle des environs.

» La situation budgétaire est à peu près la même qu'à la fin de l'exercice précédent... Comme toujours, la direction s'est efforcée de tirer le meilleur parti possible des ressources qui ont été mises à sa disposition.

M Au point de vue moral, nous constatons avec plaisir qu'aucune grave infraction n'a été commise. La conduite des élèves-maîtres, pendant l'année 1879-1880, a été bonne en général, excellente pour quelques-uns, et l'action du directeur, sans cesser d'être ferme, a toujours été paternelle et animée du désir de donner au pays des instituteurs dignes de ce nom : aussi les succès de l'école ont-ils valu à M. le pasteur Bernard,

ISERE

ISERE

en 1880 , les félicitations de l'autorité académinue. »

Enseignement primaire supérieur. Ecole professionnelle Vaucanson à Grew-ble. — Nous empruntons au rapport de l'inspecteur d'académie les renseignements suivants sur cet important établissement :

0 L'école professionnelle Vaucanson continue à prospérer et à donner à un degré élevé l'enseignement primaire supérieur. Le nombre des élèves inscrits à la fin de la dernière année était de 525, savoir : 384 à l'école proprement dite et 141 à l'école annexe. Ce nombre se subdivise en 198 pensionnaires, 13 demi-pensionnaires et 314 externes. De ces 525 élèves,

256 ont leurs parents domiciliés au chef-lieu,

179 dans l'arrondissement de Grenoblp, 30 — — de Saint-Marcellin,

17 — — de la Tour du Pin,

8 — — de Vienne,

35 viennent d'autres départements.

» Ces chiffres montrent assez les services que rend l'établissement, non seulement à la ville de Grenoble, mais encore à la région et surtout au département. C'est presque uniquement parmi les élèves sortis de l'école Vaucanson que l'administration des ponts et chaussées et celle de la voirie recrutent leurs employés; les industriels et les commerçants trouvent aussi parmi eux des employés intelligents, dévoués et instruits... »

On attend une subvention du Conseil général pour donner de plus grands développements à cette école. « D'ailleurs les besoins sont nombreux. Sans parler des agrandissements coûteux votés par la ville pour permettre de recevoir un plus grand nombre d'élèves, des sommes importantes seraient nécessaires, tant pour l'amélioration du matériel d'enseignement que pour l'acquisition d'ouvrages destinés à la bibliothèque et de collections scientifiques... »

Les résultats déjà obtenus sont de nature à justifier les sympathies que l'école s'est acquises: « Les élèves à leur sortie continuent à se placer avantageusement. Sur 141 jeunes gens qui ont quitté l'école l'année dernière, plus du tiers appartiennent à la troisième année, et les autres, par moitié, à la deuxième et à la première années. De ce nombre, 5 sont devenus instituteurs adjoints (4 avec orevet élémentaire); 10 sont entrés dans la voirie départementale (4 comme agents-voyers) ; 4 ont été admis, après concours, comme employés secondaires des ponts et chaussées; un a été reçu à l'école des arts et métiers; 3 sont entrés dans les constructions de lignes ferrées et do canaux ; 2 dans les postes et télégraphes ; 5 dans les contributions indirectes ou dans d'autres administrations ; 3 continuent leurs mathématiques élémentaires au lycée, précédés par deux de leurs camarades qui, après une année d'études, ont subi avec succès les épreuves du baccalauréat ès-sciences ; 4 ont été admis à l'école normale primaire ; 3 se sont engagés comme volontaires d'un an; 9 se sont placés avantageusement comme dessinateurs dans des industries importantes ou chez des architectes et des entrepreneurs ; 35 sont enirés comme employés dans des maisons de commerce; 16 s'adonnent à l'agriculture dans leurs familles ; 21 sont placés comme apprentis dans divers corps de métiers; 13 continuent leurs études ailleurs.»

Une quatrième année d'étude, créée à la rentrée des classes, va contribuer beaucoup à élever le niveau de l'enseignement à l'école Vaucanson. Celte création est très opportune au moment où les écoles supérieures de canion et d'arrondissement vont fournir à lecole professionnelle des

sujets plus avancés. Los meilleurs élèves de troisième année trouveront ainsi, sur place, le moyen d<î se préparer une carrière plus avantageuse. Les élèves moins forts, qui ne se croiront pas à même de suivre ce cours, comprendi int du moins la nécessité de ne pas quitter l'école avant d'avoir achevé leur troisième année d'étude.

l'ontefois cette utile création rompt l'équilibre du budget de l'école, qui se solde en 1880 par un déficit de 7 522 francs retombant à la charge de la caisse municipale. « Mais, ajoute le rapport de l'inspecteur d'académio, la ville ne recule devant aucun sacrifice quand il s'agit de la prospérité de son premier établissement d'enseignement primaire supérieur, et nous espérons que l'école Vaucanson pourra rendre de plus en plus de services, en continuant à suivre la marche heureuse qui lui a été imprimée par son intelligent directeur, très bien secondé d'ailleurs par ses maîtres adjoints. »

Brevets de capacité. — Nous donnons ci-dessoiis, par nature et par sexe, le nombre des brevets de capacité délivrés dans le département de l'Isère , depuis 1833 jusqu'à 1881 inclusivement :

1833-1850. 762 brevets élémentaires, 90 brevets supérieurs. 18ol-18ô7. 639 — obligatoires, 154 — complets. 1868-1880. 549 — — 279 — facultatifs

ou complets.

1881 262 — élémentaires, 23 — supérieurs.

Institutrices.

1836-1850. 353 brevets élémentaires, 28 brevets supérieurs. 1851-1867. 491 — obligatoires, 32 — complets. 1868-1880. 753 — — 119 — facultatif»

ou complets.

1881 270 — élémentaires, 21 — supérieurs.

En 1881, 613 aspirants s'étaient présentés pour l'obtention du brevet de capacité élémentaire ; 262 ont été admis, soit 51.1 0/0. Les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 459, sur lesquelles 270 ont été admises, soit ô8. 7 0/0. La moyenne des admissions par rapport aux candidats est, pour toute la France, de 49.9 0/0 pour les aspirants et de 62.2 0/0 pour les aspirantes. Au-dessus de la moyenne générale pour les aspirants, le département de l'Isère reste assez sensiblement au-dessous de cette moyenne pour les aspirantes.

La moyenne pour les aspirants aurait atteint un chifi"re plus élevé encore, si les postulants congréganistes avaient été aussi bien préparés que les laïques : ceux-ci ont fait passer 199 des leurs sur 355, soit 56.1 0/0, tandis que les premiers n'ont passé qu'au nombre de 63 sur 15S, soit 39.9 0/0. Pour les aspirantes, ce sont les congréganistes qui tiennent la tête : elles ont fait passer 37 des leurs sur 60, soit 61.7 0/0, tandis que les laïques n'ont obtenu que 233 brevets sur 399 aspirantes, soit 58.4 0/0.

Salles d'asile. — Le département de l'Isère comptait 2 salles d'asile en 1837, 11 en 1850, 27 en 1863. 32 en 1867 et 47 en 18T6-I877. Le nombre des élèves reçus dans les salles d'asile était de 140 en 1837, de 1 065 en lcS50, de ;< 303 en 1863, de 3808 en 1807, et de 5 1^4 en 1876-1877. En lSSO-1881 le département comptait 61 salles d'asile, dont 43 publiques et 18 libres; 19 salles dasile publi(|ues et 2 libres seulement étaient dirigées par des laïques; les autres, sot 24 salles d'asile publi(jiies et 16 libres, étaient dirigées par des congréganistes. Ces 61 établissements araient reçu

ISÈRE

ISÈRE

1 089 élèves de plus qu'en 1876-77, soit 6 233 enfants répartis comme il suit :

„ „ ., ,,. (laïques.. 2 286 I ^-gco

Salles d'asile publiques, j cougrég. 2 937 j ^ ^-^

- libres... iS^Sg-. 9J2!'"»

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figuraient dans ce nombre pour J)81.

On voit par les chiffres qui précèdent que le nombre des salles d'asile ou écoles maternelles est encore bien restreint pour un département dont la population atteint presque le chiffre de 600 000 habitants (580 271 d'après le recensement

Le rapport d'inspection académique fait suivre l'exposé de la situation des écoles maternelles des réflexions suivantes :

« On s'est plaint, avec raison peut-être, de l'insuffisance d'aptitude professionnelle des directrices d'asile : c'est seulement quand le législateur les aura assimilées, sous le rapport des traitements, aux institutrices titulaires, que nous trouverons un personnel réellement capable d'élever et d'instruire la première enfance, mission délicate et pénible, exigeant peut-être plus de qualités que l'exercice des fonctions d'institutrices.

» Depuis le 1" mars dernier nous avons une

inspectrice départementale des salles d'asile

C'est une excellente mesure, dont les bienfaits commencent déjà à se faire sentir, car il est évident que MM. les inspecteurs primaires, malgré toute leur bonne volonté, ne pouvaient, tant leur service est chargé, visiter nos écoles maternelles aussi souvent qu'il l'aurait fallu ; et puis, n'étaitce pas plus particulièrement à une femme qu'appartenait la mission de visiter ces établissements? . ,

» Mais nos directrices ont besoin d'être guidées dans leurs fonctions, de connaître les meilleures méthodes et la manière de s'en servir : de là la nécessité d'établir pour ces personnes, d'ailleurs toutes dévouées, des conférences auxquelles participeraient également les sous-directrices, et cela ne pourra avoir lieu que lorsqu'une allocation spéciale et suffisante aura été accordée à l'inspectrice pour ses frais de tournées.

» Il y a donc beaucoup à faire dans ce département, au triple point de vue du nombre, de l'installation et de la direction des salles d'asile, qui n'auront une existence réelle et féconde que lorsque l'État aura donné à cette œuvre l'impulsion qu'ont reçue dans ces derniers temps les écoles primaires. »

Cours d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863:

iNombre des

cours

Nombre des

Hommes 1 205 9 698

auditeur

Hommes 1-

emmes »

On voit que le nombre des cours et celui des auditeurs ont diminué chez les hommes et qu'ils se sont accrus chez les femmes.

«i Les classes du soir, dit le rapport ie l'inspecteur d'académie, sont une précieuse ressource pour ceux qui n'ont pas reçu dans leur enfance une instruction assez étendue

» Nos adultes hommes sont, en général, des jeunes gens de moins de 21 ans. L'enfant sort de l'école à 13 ou 14 ans, mais il coniinuo son in-

struction dans les classes du soir jusqu'au tirage au sort; c'est un moyen pour lui de se perfectionner. On a vu même certains élèves, peu appliqués dans leur enfance, revenir plus réfléchis à l'école du soir et regagner à force d'application ce que, par suite de légèreté, ils n'avaient, pas acquis dans leurs premières études... » Bon nombre d'hommes mûrs se plaisent aussi à fréquenter ces cours, et ce sont souvent les plus assidus et les plus laborieux; ils constituent une minorité intéressante, que les maîtres entourent de leurs soins les plus attentifs. Sur 358 illettrés, 160 adultes hommes et 66 adultes femmes ont appris quelque peu à lire, écrire et compter.

» Il est à regretter, d'une part, que cette utile institution ne rencontre pas partout les sympathies des conseils municipaux, et, d'autre part, que le plus grand nombre des directeurs et des directrices ne reçoivent pas une rémunération en rapport avec les efforts qu'ils déploient et les services qu'ils rendent au pays. »

Bibliothèques scolaires. — Le département de l'Isère possédait, en 1863, 46 bibliothèques scolaires, contenant ensemble 2 042 volumes. Au !*"■ janvier 188?, on trouvait dans le même département 484 bibliothèques scolaires contenant 41i'97 livres de lecture, plus 19 737 livres scolaires pour les besoins des élèves. Le nombre des prêts s'est élevé à 38 63.S, avec une augmentation de 4 539 sur l'année précédente, ce qui prouve que les populations rurales prennent l'habitude de la lecture^ Les inspecteurs primaires, très bien secondés par les instituteurs, ont réussi, grâce au bon vouloir des municipalités et aux libéralités des particuliers, à fonder des bibliothèques dans un grand nombre de communes qui n'en possédaient pas. On peut prévoir que sous peu toutes les écoles des chefs-lieux de canton se- I ront dotées de cette utile institution, surtout si le Conseil général continue à la favoriser par ses subventions.

Bibliothèques pédagogiques. — Il en existe 42, pour 4;') cantons, presque une par canton : elles contiennent en.semble 11 884 volumes. En 1881 il n'y en avait que 40 avec 10 000 volumes. Malgré cette augmentation, on constate qu'elles sont en nombre insuffisant, surtout dans la 1" circonscription de Grenoble où tous les instituteurs ne peuvent pas les consulter assez fréquemment.

Conférences pédagogiques. — « Les conférences et la lecture des œuvres de nos meilleurs pédagogues, dit lé rapport de l'inspecteur d'académie, aident puissamment à former les bons maîtres. Les réunions cantonales, maintenant obligatoires, même pour les institutrices qui, jusqu'ici, restaient trop sans direction, sont de mieux en mieux accueillies et appréciées par tout le personnel. Si les instituteurs ne suivent pas toujours, le lendemain d'une conférence, les principes pédagogiques qui leur ont été dictés, ils emportent du moins de ces réunions des idées justes, des connaissances sérieuses, qui contribuent puissamment à chasser la routine de nos écoles. »

Caisses d'épargne scolaires. — L'institution des caisses d'épargne scolaires s'est implantée dans le département de risère en 1874. Au l*"^ janvier 1879, 317 écoles avaient ouvert une caisse d'épargne, et 5 394 élèves épargnants, sur lesquels 4 940 avaient le livret de la grande caisse d'épargne, possédaient ensemble 103 953 fr. 6s. On retrouve cette institution, au pr janvier 1882, dans la situation suivante : 287 caisses d'épargne, 4 799 épargnants, 130 778 fr. Le chiffre des dépôts seul a augmenté, le nombre des caisses d'épargne et celui des élèves épargnants est en diminution assez sensible. Le rapport de l'inspecteur d'académie explique en partie ce recul par « le eu de concours qu'on

ISERE

rencontre dans les administrations des grandes caisses d'épargne, qui redoutent le surcroît de travail, et. par suite, do dépenses que leur impose raient les versements des enfants. »

Caisses des cco/es. — Le département en possède 15 avec un encaisse de 5 573 fr. (au I" janvier 1S82). . ^ .

En attendant que les besoms auxquels doivent subvenir les caisses des écoles soient déterminés par un règlement f^énéral, les ressources dont ces caisses disposent sont employées, dans l'Isère, h des récompenses aux élèves assidus et à des dons utiles aux élèves pauvres.

Société de secours mutuels. — Le département de l'Isère possède une Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1867, et qui, depuis cette date, distribue à ses adhérents nécessiteux des secours dont le montant total varie de 800 à 2 400 fr. par an. Le taux de la cotisation annuelle est de 10 francs. Au 1" janvier 1879, le nombre de membres participants était de 5'21, l'actif de la Société en titres ou numéraire était de 74 dOO fr. A la fin de l'année 1880, la fortune de la Société s'élevait à 9't577 fr. ; cependant, outre les pensions payées (738 fr.), des secours s'élevant cà 2921 fr. avaient été distribués à 33 sociétaires. Ainsi, tout en s'enrichissant, la Société remplit largement sa mission. Au l^r janvier 1882, la situation était celle-ci : 690 membres participants; actif:

Comme on le voit, la Société continue sa marche progressive «t fructueuse, grâce au concours dévoué des inspecteurs primaires qui, dans leurs tournées, font connaître au personnel très nombreux qui ne sort pas des écoles normales les avantages de la mutualité.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin de Venseignrment primaire de l'Isère a été fonds en 1873 ; il paraît tous les mois. Il est adressé gratuitement à tous les instituteurs et institutrices du département ; il reçoit à cet effet du Conseil général une subvention annuelle de 1 000 fr. Le Bulletin publie les lois, décrets, arrêtés et circulaires ministériels, ainsi que tous les documents émanant des autorités scolaires et administratives du département, les sujets de conférences pédagogiques, en un mot tout ce qui intéresse le service de l'enseignement primaire.

Héiultats de f instruction. — Les tableaux cidessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :

ANNEES

Examinés

Sachant

au moins

lire

Combien pour 100

PS -t

Les opérations du conseil de révision, pour la classe de 1881, ont porté sur 5062 conscrits,

dont 4 792 ont déclaré savoir au moins lire, soit 94.7 0/0.

En 1827-1829, la moyenne de l'instruction des conscrits en France était de 42.1 0/0; dans l'hère cette moyenne était de o9.G 0/0, siit 2.5 0/0 audessous de la moyenne générale.

La classe de 188), en portant l'instruction des conscrits dans l'Isère à 94.7 0/0, réalise ainsi un progrès total de 55.1 O/o pour la période de 52 années qui s'est écoulée de 1829 à 18S1, soit un progrès annuel de 1.6 0/0, tandis que pour toute la France, le progrès annuel n'a été, pendant la môme période, que de 85 centièmes pour cent. C'est un beau résultat, mais on doit dire que dans l'Isère on trouve, à très peu près, on moyenne deux écoles publiques par commune, et que ce département possède en plus 113 écoles de hameau et 230 écoles libres.

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Années Hommes Femmes Hommes et femmes

Budget de fins trucf ion primaire. — Le budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire dans l'Isère est monté de 436 U90 francs en 1855 à 1 612 560 francs en 1881. En 1863, les dépenses ordinaires atteignaient 502 643 francs, ce qui représentait, pour les 62 936 élèves inscrits à cette époque dans les écoles publiques, V^,d'l par tête. Alors, la même dépense était, pour toute la France, de 9''', 47 par élève. La rétribution scolaire fournissait 4^r^24,les fonds communaux 2^r, 86, la subvention départementale 0^'",82, et la subvention de l'Etat 0f'',06.

La loi du 10 avril 1867, en rendant obligatoire la création d'une école publique de filles dans toutes les communes de 500 habitants et au-dessus, a eu pour premier résultat d'augmenter, dans une proportion considérable, les dépenses de l'enseignement primaire, qui sont montées de 517 7o8 fr. en 18G7, à 006 671 fr. en 1868. Le département qui, jusqu'alors, avait pu faire face à presque tous ses besoins au moyen de ses propres ressources, a été obligé d'avoir recours aux subventions de l'Etat, qui se sont élevées progressivement chaque année, de 47 005 fr. en 1867 à V45 041 fr. en 1876. A cette date, le prix de revient de chaque élève des écoles publiques était, pour toute la France, de n''",83. Les ressources communales et départementales réunits fournissaient 15'S08, et la subvention de l'Etat donnait le complément, soit 2'S 75. Pour le département de l'Isère, où la dépense par tête délève n'était que 17'',61, c'est-à-dire inférieure de 2î centimes à la moyenne générale, elle était répaitie comme suit : rétribution scolaire, 7f'",07; ressources communales, 6''",03 ; budget déi)ar:emental, l'',l0; subvention de l'Etat, 3",40 (au lieu de 0^06 en 1803).

En 1881, les dépenses ordinaires des écoles primaires s'élèvent, comme nous l'avons dit, au chiffre énorme de 1 612 560 francs, ce qui représente, pour les 77 522 élèves des écoles publiques, 20f'",79 centimes par tète. Mais grâce aux dispositions de la loi du 16 juin 1^81, qui a établi la gratuité absolue, le surcroît de dépense? occasionné par l'application de ladite loi retombe à la charge de l'Etat, qui fournit une subvention de 661 li9 francs, représentant plus de 40 0/0 du

ISLANDE

ITALIE

total des dépenses ordinaires. De cette façon, les 20'%79 que coûte en moyenne civique élève des écoles publiques sont supportés par la commune et par le département pour 12'',56 au lieu de 14"^21 en 1S76, et l'appoint fourni par la subvention de l'Etat atteint 8",53 au lieu de 3",40 en 187 6.

En 1863, les dépenses ordinaires, communales et départementales réunies, pour les écoles primaires représentaient dans l'Isère un impôt moyen de 0'%86 par habitant, et pour toute la France de l'S45. En 1.S76, l'impôt moyen par habitant atteignait dans l'Isère 1^76; pour toute la France, il était de ^',61.

En 1881, les dépenses ordinaires, communales et départementales, s'élèvent à 951 4il fr. La population de l'Isère, d'après le recensement de 1881, étant de 580 271 habitants, l'impôt moyen ressort à l",(i4 par habitant, soit 12 centimes de moins qu'en 1876.

Nous donnons dans le tableau ci-dessous les chiffres des dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans l'Isère de 1855 à 1881 inclusivement:

RÉTRIBU-

UN'ALES is

colaire

SUBVENTIONS

TION

ANNÉES

scolaire A FART.

Page 1