REPAS DANS L'ÉCOLE — 2578 — REPRÉSENTATIONS
Yoies morales ne sauraient être trompeurs. »
En 1837, Renouard fut nommé conseiller à la Cour de cassation, et en 1846 il fut élevé à la pairie. Lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, ce fut lui que la Haute-Cour de justice chargea de rMiger le rapport sur la mise en accusation du président. Sous l'Empire, il ne conserva que ses fonctions de conseiller à la Cour de cassation ; en 1869, il fut nommé conseiller honoraire. L'Académie des sciences morales l'admit dans son sein on 1861. Après la ch-ute de l'Empire, il rentra dans la vie politique : en 1871, à l'âge de soixantedix-sept ans, il accepta les fonctions de procureur général à la Cour do cassation, qu'il résigna en 1877, le lendemain du 16 mai ; il devint alors président du comité de jurisconsultes dit de résistance légale. Il avait été élu sénateur en novembre 1876. Il est mort à Paris l3 17 août 1878.
RÉPARTITION MENSUELLE DES MATIÈRES DE L'ENSEIGNEMENT. — V. MoiS.
REPAS DANS L'ÉCOLE. — Les enfants, à la campagne, habitent loin de l'école souvent; à la ville, ils ont des rues dangereuses à traverser à cause du mouvement des voitures ; dans les deux cas, le trajet de la maison paternelle à l'école, entre les classes du matin et du soir, doit leur être épargné, autant que possible, et le repas de midi avoir lieu à l'école.
Les mères font ce qu'elles peuvent, souvent plus qu'elles ne peuvent, pour garnir le panier de leurs enfants, et néanmoins le spectacle d'un repas à l'école n'a rien de rejouissant.
Les enfants les mieux partagés sortent de leur panier de bon pain, un morceau de viande, un fruit et un peu de vin ; d'autres ont les mêmes choses, mais de moins bonne qualité ou en quantité insaf- ! lisante ; il y en a à qui le vin manque; il y en a ' qui n'ont ni vin ni viande; il s'en trouve même qui j n'ont pas assez de pain. La misère, la médiocrité et l'abondance sont en présence; elles s'observent sans bienveillance et sans charité : les enfants sont encore plus vains et plus jaloux que les hommes.
Dans ces conditions, les repas à l'école exercent une fâcheuse influence morale sur les enfants; il vaudrait mieux qu'ils allassent manger dans leurs familles lorsque cela est possible, et, pour leur en donner la facilité, la récréation de midi ' devrait être assez longue. On allonge la récréation I de midi en commençant la classe du matin plus ' tôt et en finissant celle du soir plus tard. 1
Les deux classes trop rapprochées sont très fatigantes pour les maîtres et les élèves ; elles ont : encore, surtout en été, le désavantage de laisser longtemps à l'abandon les enfants, lorsque les parents travaillent au dehors. Cet abandon des enfants fait demander des classes de garde, avarît et après l'école, classes qui présentent des inconvénients %ans nombre, qu'elles soient payantes ou gratuites.
En laissant aux enfants le temps d'aller manger à midi chez eux, on améliore l'hygiène scolaire, on ménage l'amour-propre de» parents et des enfants, on épargne les ressources des familles pauvres. La garniture modeste d'un petit panier coûte plus que le repas en famille, et l'enfant s'en trouve moins bien, car chez lui il a des aliments chauds.
Mais, nous l'avons dit en commençant, le repas de midi à l'école s'impose dans les grandes villes et dans les communes rurales qui ont des hameaux écartés. Il ne s'agit que de trouver le moyen de supprimer ou d'atténuer les conséquences fâcheuses de cette nécessité.
Les cantines scolaires sont une heureuse solution du problème à la fois moral et hygiénique qui nous occupe. Voici leur organisation et leur mode de fonctionnement à Paris :
La municipalité a fait établir dans le logement des concierges des écoles, ou dans les préaux couverts, un fourneau, une vériiable cuisine. La
cuisinière, c'est la concierge ou la femme de service. Elle s'occupe non seulement de la préparation et de la distribution des aliments, mais encore des approvisionnements. Elle reçoit pour ses soins et sa peine une indemnité fixe.
La portion suffisante pour le repas d'un enfant, viande et légumes, est généralement vendue dix centimes.
Les enfants qui veulent profiter de la cantine demandent un jpton à l'instituteur contre dix centimes ; les enfants nécessiteux reçoivent le même jeton gratuitement. Au moment du repas, on échange avec la cuisinière le jeton contre une portion. L'indigent n'est pas humilié : il paie avec la même monnaie que les autres.
Les familles préfèrent généralement donner dix centimes à l'enfant que de garnir son panier d'autre chose que de pain. C'est moins cher, et les enfants s'en trouvent mieux, puisqu'ils ont des aliments chauds.
Si tous les jetons étaient payés, c'est-à-dire toutes les portions, la cantine ferait à peu près ses frais : on se retrouve sur le nombre. Le déficit ne consiste guère que dans l'indemnité payée à la cuisinière, la dépense de combustible et le prix des jetons délivrés aux indigents. Ce déficit est couvert par la caisse des écoles, subventionnée à cet effet par le conseil municipal.
Dans les quartiers aisés, les demandes de jetons gratuits sont peu nombreuses, et l'entretien de la cantine n'entraîne pas une dépense appréciable ; dans d'autres, le déficit est plus élevé, sans être jamais considérable.
On pourrait craindre qu'une cuisine à si bon marché ne fût une mauvaise cuisine. Il n'y a qu'à goûter et même qu'à sentir pour être convaincu du contraire. Les adjoints et les adjointes usent souvent de la cantine; seulement, au lieu d'une portion, ils en prennent deux; les élèves de grand appétit en font autant.
A la campagne, il n'y a ni concierge ni femme de service dans les écoles ; mais la femme de l'instituteur, souvent inoccupée, pourrait se charger du service de la cantine scolaire. Elle y trouverait sinon une indemnité importante, du moins une nourriture à peu de frais pour elle et pour sa famille : la famille de l'instituteur serait admise à prendre des portions aux mêmes conditions que les élèves. A défaut de la femme de l'in^tiluteur, on trouverait toujours une personne qui se chargerait, moyennant une faible indemnité, de la cantine scolaire. Lorsque les dangers de la rue n'existent pas, il n'est pas indispensable que la cantine soit dans le local de l'école.
Ce qui est indispensable, ce sont des ressources spéciales qu'on ne peut pas toujours demander aux conseils municipaux. La création de caisses des écoles doit précéder l'organisation des cantines scolaires. [Ghaumeil.]
RÉPÉTITION (ÉCOLES DE). — V. Complémentaires {Ecoles).
REPRÉSENTATIONS DRAMATIQUES. — Les représentations dramatiques, exécutées par les élèves devant un auditoire de parents et d'amis, étaient fort en honneur dans les anciens collèges, et même dans les instituts de jeunes filles : il suffit de rappeler la représentation à'Esther à Saint- Cyr, et les nombreuses tragédies latines et françaises composées par les jésuites pour leurs élèves. Cet usage n'existe plus en France, au moins dans les établissements publics d'enseignement secondaire. Quant aux écoles primaires, le règlement du 18 juillet 1882 porte ce qui suit, à l'article 13 :
«r Toute représentation théâtrale est interdite dans les écoles publiques. « •
Le règlement des écoles maternelles du 2 août 1881 dit à l'art. 10 :
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