CC
SAINT-SERNIX
Les
boorgeois ci artisoBS, toas t viendront, seroitf assis cAle à cùte sur les mêmes bancs maittc» se tiendroat au centre de cette ruche immense dont les gradins rayonneront autour d'eux. En hrrer, il y aura vaèvae accès pour le peuple qui circulera dans des galeries attenantes et prendra sa part de renseignement. L'a parc, des jardins en^ooneronl Fédiftce ; ils abonderont en ûeurs, en arbres, cm plantes utiles, de nèwe qu'en images et en statues (oiciMre une rénmiscence de Montaigne). On y lira des inscriptioas les unes érangéliques, les a'utres philos<jphiques (ceanne « Laissez Yenir à maà. les peùts enfants », etc.). Pas de rlortii», ni aaenB instrument de contrainte, mais lies fftffit^ de la musique, ^t Tout ce qu'on apimmdia sera mis en vers et en musique. »
De bonne heure on entretiendra l'enfant de Dieu et de la Providence, au contraire de Rousseau qui remet ces connaissances à la quinzième année. « Car c'est le coeur, dit Saint-Pierre, encore plus que l'esprit, que la religion demande. ) Ils connaîtront Dieu par la nature, par l'Evangile, par le Cre 0, par le Pater.
Chaque cycle de trois années a son prtrgrtimme. Dans le premier, lire, écrire, chiffrer, par les plus courtes méthodes.
Dans le deuxième, on appreadra « comment on pourvoit aux besoins de la société » : agriculture, arts utiles ; éléments des sciences naturelles; éléments de géométrie ; expériences de physique ; arts libéraux : dessin, architecture, Iwtification; — enfin le latin, mais le latin ensogné par l'usage. non « metaphysiquement et grammatioalement ». Et Saint-Pierre cite l'exemple des paysans pol'> nais. Il aurait pu citer celui des Hongrois sans donner plus d'autorité à sa thèse. Les exercices du corps alternent avec ceux de l'esprit.
Dans le troisième cycle, l'élève étant parvenu à rige des paaaÎDns, on lui en apprendra c le doux et par langage » dans les EgLch^ues et les G^orgiques de Virgile, < la philosophie » dans Horace, <« lacorrupton » dans Tacite ou dans quelque historien du Bai-Empire. Le grec, remis en honneur, s'apprendra <« par l'usage », dans Homère, dans Hérodote, dans Marc-Aurole. Pour les sciences : étude de U nature ; géographie commerciale Je mot n'y est pas, mais La chose; ; exercices physiques et militaires, natation, courses dans la campagne, manœuvre des armes à feu. apprentissage d'un métier floanuel, tout le fond pratique de la réforme de RoiKseau. Enfin, après 1TS9. il réclame l'étude du tt Code ciH^tKtationnel, qui doit être un code de patriotisme et amorale », et veut qu'on « p iération prochaine à goûter notre
nou ution ».
L e^e . e ne Scra pas sédentaire, mais jouira d'une sorte de liberté péripatéticienne. Pas de plume, point de papier, point de notes, ni de rédaction ; rien que l'intelligence, l'attention et la mémoire. Ni recompense, ni punition, ni émulation, c'est un principe admis, et duquel Saint-Pierre se promet Je^rer tous 1^ progrès (comme en Chine). Pré- •OBnnance de rédocation morale, principalement cultivée par la pratique des vertus domestiques, application du régime végétarien , plus
Enfin
confiatme à la nature et aussi substantiel que le régniie de ta viande.
Ln « magistrat titré » présidera chaque jour à chaque école ; « un grand seigneur des plus quaofies >> aura l'inspection générale. Dans le projet dei .90, le grand seigneur est remplacé par un membre de l Assemblée nationale constituée gardienne d^5 E. I^s; de la Patrie.
^■^ *- J d'ensognement suppose un
^rpa c. o ..:u veaux. Bernardin de Saint-
nerre ne demande aux siens ni grades, ni dipL^ mwv œais seulement <« d'aimer les enfants » En iTW, d va plus lom, et veut qu'ils soient exclusi- 1" Partis.
vement choisis parmi les pères de Cumlles ayant bien élevé leurs enfants : « des en/ints beaux et bons » seront les titres à fournir. Ds ne porto^oot plus * les noms durs et orneilleax de maîtres et d.cteurs », mais ceux * «Tamis de fenfance, do la patrie, » exprimés en beaux mots grecs qui ajouteraient <c an respect de leurs fonctions le mystère de leurs titres ».
Pass'On^-nous à la question des fiemoaesT Dès Tannée I7TT, Bernardin de Saint-Pierro conAimnft le système de l'éducation par le couvent. D refnse au cloître et au ceubat le droit d'élever les jeunes filles. Il remplace toute éducation étrangère par l'éducadon maternelle. Il admettrait r»iucati<:n des deux sexes en commun, mais seulement pec« dant le preuiier âge et p«our les simples éléments : en quoi il est guidé moins par le pexil des inuwi i, qui le touche p«3urtant, que par la iMéoccapatîcn très vive de maintenir l'homme en état de supériorité intellectuelle et scienciâque sur la femme. Cette opinion a chez lui force de dogme. Rousseau érige en principe que « toute l'éducation des femmes doit être relative aux hommes ». Sjn disciple écrit cette phrase, où reluit dans sa naïveté le même egoîsme inconscient : « H y a cette différence morale entre Hicmune et la femme, que l'homme se doit à la patrie, et la femme au bonheur d'un seul hooame. ■ D'où il suit qu'il n'est pas besoin d'une édncation nationale p>?ur les femmes, ni d'e:udes ]m>prement dites, ni d'une sérieuse culture inteÙectueCe. A douze ans, Virginie ne sait ni lire ni écrire ;Paul, il est vrai, n'en saie pas davantage, et cette fois il y a és^te dans l'ignorance . Pour les femmes, Saint-Pierre remplace < la spéculation » par « les arts domestiques ^. Son idéal, c'est la jeune fille dressée à faire la pâtisserie, à conserver les fruits, à broder, à tapisser. à tailler, à coudre. Joignez-y les vertus morales, pour la sécurité du mari, et <» un peu de clavecin », pour son agrément.
Nous ne nous arrêterons pas à démontrer ce qu'a d'étroit, d'injuste et d'imprevoyani cette conception de l'éducation féminine : il suffît d'en renvoyer l'auteur à la lecture à^yEdueaÈiim des [UleSy par Fenelon.
Concluons. En ce qui concerne les garçons, des critiques fondées, des rues généreuses, un vif amour de l'enfance, le pressentimeni des « jardins d'enfants » de Froebel, mais des applications et des inventions les unes puériles, les autres irréalisables, des utopies et des rêveries; en ce qui concerne les filles, des prejugés, des déiances, un peu d'egoîsme systématique et traditionnel, nul sentiment du bien à produire dans la Cunille et hors de la famille par la culture des intelligences féminines, — tel nous semble, en matière pédagogique, le bilan de Bernardin de Saint-Pierre. On regrette moins, après l'avoir étudié sou; ect,
qu'il se soit dérobe aux fonctions de ïenr
de l'Éccle normale. [Hippolvte Durand.]
SAI>'T-SERNEX. — Jean Saint-èernin, éducateur de sourds-muets, naquit en 1T40 à Saint-Jean de Marsacq, petite commune de l'arrondissement de Dax dans le département des Landes, à quelques kilomètres de Bayonne. Il entra dans une étude de notaire à Bordeaux ; et comme il n'avait point de fortune, il s'efforça d'augmenter les ressources que lui procurait son travail d'expéditionnaire, en donnant des le^ns de calligraphie. Il fit partie du corps de maîtrise des professems d écriture, qui jouissaient a Bordeaux du monopole de l'enseisaement primaire. Il ouvrit, en iTT-i, un établissement d'instruction dans lequel il réunissait des pensionnaires et des externes.
L'abbe Sicard. du cierge de Bordeaux, avait des relations incimes avec Saint-Semin. Lor^^que M*f Cliimpion de Ci e. archevêque du diocèse et plus tard garde des sceaux, chargea l'abbe Sicard
SAINT-SIMON
SAINT-SIMON
d'étudier à Paris les procédés d'enseignement de l'abbé de l'Épée, Saint-Sernin et l'abbé Sicard convinrent d'entretenir une correspondance dont la méthode de l'abbé de l'Épée serait le sujet principal.
Le 20 février 1786, une école de sourds-muets fut ouverte à Bordeaux sous la direction de l'abbé Sicard et avec le patronage de l'archevêque et le concours de Saint-Sernin.
A la mort de l'abbé de l'Épée, en 1789, l'abbé Sicard ayant été appelé à la direction de l'institution des sourds-muets de Paris, Saint-Sernin demeura seul à la tête de l'institution de Bordeaux. Ses pensionnaires étant privés de leurs bienfaiteurs, les ressources de l'instituteur furent bien vite épuisées; la municipalité lui alloua quelques fonds, et le directoire départemental, qui connaissait les succès de l'école, vota une subvention de 6000 francs; de plus, le bâtiment des Minimes fut mis à la disposition de Saint-Sernin. Mais ces secours étaient temporaires, et leur importance était loin de suffire aux besoins de première nécessité de l'établissement.
A l'embarras de cette situation s'ajoutèrent bientôt des épreuves intolérables. Non seulement on disputait à Saint-Sernin la direction de l'œuvre pour laquelle il s'était imposé les plus grands sacrifices, mais encore un rapport rempli d'assertions mensongères et outrageantes fut adressé à la Convention nationale, qui le renvoya au Gomité d'instruction publique. Averti à temps, Saint- Sernin se présenta devant ce Comité avec deux élèves qui furent examinés, et dont l'instruction et les sentiments valurent à l'instituteur la réhabilitation la plus honorable et la plus flatteuse. La Convention décréta, en effet, que l'école des sourds-muets de Bordeaux serait désormais, comme l'école de Paris, l'un des établissements de l'État.
Saint-Sernin a formé un grand nombre de sujets remarquables, tels que les sourds-muets Col, Rambeau, Cheylat, Baudonnet, Palsy, Salcède, Bonnefons, Gard et Valenlin ; il a dirigé en même temps l'intruction spéciale de plusieurs professeurs parlants, parmi lesquels il faut citer l'abbé Goudelin, qui fut le candidat désigné par l'abbé Sicard pour diriger après lui l'institution de Paris.
Saint-Sernin obtint sa mise à la retraite en 1814, et mourut le 9 mai 1816. La rue dans laquelle s'élève le nouveau bâtiment de l'institution nationale des sourdes-muettes de Bordeaux porte le nom de Saint-Sernin. Le portrait de cet excellent instituteur, de cet homme de bien, qui fit à l'école des sourds-muets de Bordeaux l'abandon de toutes ses économies et de son repos, fait partie de la collection des documents qui forment la galerie historique de l'institution nationale de Paris. Ce portrait, dont l'original se trouve à l'école de Bordeaux, a été peint par le petit-fils de Saint-Sernin, M. Salomon, artiste distingué. — V. Sourds-mueis et Sicard, [Martin Etcheverry.]
SAINT-SIIHON. — Henri de Saint-Simon, né à Paris en 17G0, mort dans cette même ville en 1825, est le fondateur de l'école dite « saint-simonienne », dont les doctrines sociales et philosophiques ont été, pendant le second quart de notre siècle, l'occasion d'un remarquable mouvement d'idées. Ce n'est pas comme chef d'école que nous avons à apprécier Saint-Simon dans ce Dictionnaire. Contentons-nous, à ce point de vue, de rappeler qu'il a formulé le principe de l'obligation du travail : « Tous les hommes travailleront, écrit-il en 1807; ils se regarderont tous comme des ouvriers attachés à un atelier dont les travaux ont pour but de rapprocher l'intelligence humaine de la prévoyance divine » {Lettres d'un haf>ita'ilde Génère à ses contcDipor ins). Dans sa fameuse Parabole, publiée en 1819 dans la première livraison de son
journal C Organisateur, et qui lui valut un procès, il avait dit que la mort de tous les membres de la famille royale, des grands dignitaires du royaume et des plus riches propriétaires, serait pour la France une perte plus facilement réparable que la mort de l'élite de ses savants, de ses artistes et de ses industriels; et pourtant, ajoutait-il, « les savants, les artistes et les industriels, qui sont les seuls hommes dont, les travaux soient d'une utilité positive à la société, ne marchent qu'après les princes et les autres gouvernants qui ne sont que des routiniers plus ou moins incapables, » ce qui fait voir « que la société actuelle est véritablement le monde renversé ». Il avait écrit en 1808, dans le second volume de son Introduction aux travaux scientifiques du XIX* siècle : « Depuis trois siècles, les progrès de l'esprit humain n'ont pas cessé d'être en raison directe de l'affaiblissement de l'idée de Dieu » ; et dans son dernier ouvrage, le Nouveau Christinnisme (1825), il réduit toute la religion à ce principe qui, selon lui, en constitue l'essence : « Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. »
Il existe de Saint-Simon un écrit peu connu, où il a exprimé ses vues sur l'instruction du peuple. Il est intitulé : Quelques idées soumises par M. de Saint-Simoii à l'assemblée générale de la Société d'instruction primaire; Paris, imprimerie Cellot (brochure de 14 pages in-8, sans date). C'est le contenu de cet opuscule que nous nous proposons d'examiner dans cet article.
En 1815, Saint-Simon s'était joint à la Société pour l'instruction élémentaire, fondée par un groupe de philanthropes et de savants ; son nom figure sur la première liste des membres de la Société {Journal d'éducation populaire, t. 1er, n° 2, p. 99). Il s'intéressait vivement aux travaux de cette association, dont il attendait des résultats considérables. Mais au bout d'un certain temps, il crut s'apercevoir qu'on faisait fausse route. Il s'adressa d'abord au conseil d'administration, auquel il fit part de ses critiques et des projets qu'il avait conçus pour faire porter à l'action de la Société les meilleurs fruits possibles; mais s'étant vu mal accueilli, il présenta ses idées à l'assemblée générale de l'association, probablement en 1816. Le Journal d'éducation populaire, qui a publié les procès-verbaux des diverses assemblées générales, ne mentionne nulle part la communication de Saint-Simon ; ce silence indique suffisamment que l'assemblée ne se montra pas plus favorable aux propositions du novateur que ne l'avait fait le conseil d'administration.
La brochure de Saint-Simon, qui fut probablement imprimée avant l'assemblée générale, pour être distribuée aux assistants, débute par une critique de l'école fondée par la Société à Popincourt. Saint-Simon était allé la visiter, et ses remarques sont d'un observateur judicieux et entendu. Il attribue surtout l'insuccès relatif de l'école au mauvais choix du quartier, dont la population est trop misérable, et à l'insuffisance du maître. « L'école de la rue Saint- Jean-de-Beauvais, dit-il, est infiniment mieux conduite. » Il propose de charger un comité, à la tète duquel serait placé l'abbé Gaultier, d'étudier les réformes à faire à l'école de Popincourt, et il engage la Société à renoncer au projet de placer une seconde école à la Halle aux Draps, prédisant que, dans ce quartier comme dans l'autre, les résultats ne pourront guère être favorables.
Après ces préliminaires critiques, l'auteur expose ses vues personnelles.
« Nous devons faire tous nos efforts, dit-il, consentir à tous les sacrifices nécessaires, pour que notre école soit un modèle... Je désirerais qu'elle
SAINT-SIMON
2671 — S.VÏNTE-ALDEGONDE
fût placée dans un quartier central, riche et populeux. Je désirerais que le local dans lequel se fera la classe l'ùt rendu agréable à l'œil, et qu'il fût tenu avec une propreté recherchée. Je désirerais que les enfants qui fréquenteraient l'école fussent convenablement vôtus, et qu'ils ne fussent pas mal élevés, c'est-à-dire je ne voudrais pas qu'ils fussent pris dans la classe la plus pauvre; enfin je désirerais que le professeur joignît à une capacité complète en instruction des manières polies et engageantes, et peut-être môme l'avantage d'une tournure et d'une figure agréables,
M Notre première intention a été de ne nous occuper que de la classe la plus indigente : notre principal objet était l'établissement d'écoles dans les campagnes. Mais nous ne connaissions alors que très imparfaitement, que très superficiellement la méthode que nous entreprenions de propager. Depuis l'établissement des écoles à Paris, nous nous sommes convaincus que cette méthode est applicable à presque tous les genres d'enseignement ; et, par les efforts que nous avons faits pour la répandre, nous nous sommes trouvés en état de juger combien il est difficile d'établir nos écoles dans les villages. Il me paraît que vous devez abandonner le premier projet que vous aviez conçu ; il me paraît que vous devez vous attacher exclusivement, au moins pour le moment, à l'établissement solide de la méthode dans Paris. Je vous rappelle, à l'appui de cette invitation, que les villes de province s'empressent toujours d'imiter Paris.
» Je vous engage aussi à ne point borner vos soins à l'enseignement de la dernière classe de la société : l'accroissement des lumières de la classe moyenne est plus facile et plus utile à opérer. Je pense que c'est essentiellement de l'instruction de cette classe que nous devons nous occuper d'abord. Je considère les propriétaires comme la première classe, ceux qui possèdent une industrie comme la classe moyenne, et ceux qui n'ont que leurs bras comme la dernière.
» Enfin, je vous engage à ne pas borner l'enseignement des ei^fants aux simples études primaires, je vous invite à préparer l'établissement d'une école secondaire... Ceci mérite de fixer toute votre attention ; c'est le moyen de donner à la France l'avantage de posséder une classe d'ouvriers d'une instruction supérieure à l'instruction des ouvriers dans les autres pays.
» J'ai communiqué à notre conseil d'administration—ajoute Saint-Simon — les idées que je viens de vous soumettre ; j'aurais désiré qu'elles vous fussent présentées par lui; et c'est par la raison qu'il n'a fait qu'un accueil très froid à mon opinion, que je crois bonne et utile, que je prends la liberté de vous l'adresser directement. »
Pour conclure, Saint-Simon, élevant le débat, attire l'attention de ses lecteurs sur la véritable portée de l'œuvre qu'il s'agit d'entreprendre; et ici nous allons reconnaître, dans son langage et dans ses vues, le futur auteur du Système industriel :
« Quel est, se demande-t-il, l'objet présent de la nation française? Par quels moyens la méthode d instruction primaire pourrait-elfe être employée a aider la nation dans la poursuite de son objet ? Le sont deux questions si importantes à la Société, ^ro oséer^""^*"^ qu'elle ne se les soit pas encore
» Et d'abord, la nation française, dans l'état présent des choses, a de grandes charges à supporter, de grands engagements à soutenir ; elle le sent.
no L'i^M '' "^""^ ^^'^ P/' '^ ^»'*^-^il et l'industrie Î^L •.. '^' c''^' u? P^-^^duisent, et que les dettes s acquittent. Son objet c'est donc l'industrie
à fix?r tnn'ttf/^'°"'^^ question, j'invite la Société »i f»to .î attention sur une proposition que je lui ai faite, et que je vais lui reproduire.
» En France, les enfants des ouvriers intelligents, et par conséquent aisés, fréquentent ordinairemont les écoles pendant trois ou quatre ans, et ce temps est à peine suffisant pour leur apprendre la lecture, l'écriture et un peu d'arithmétique. Il est maintenant constaté par l'expérience qu'au moyen de la méthode employée dans nos écoles, dix-huit mois suffisent pour donner cette instruction aux enfants qui suivent exactement les leçons, il reste donc (sans dépasser les limites ordinaires du temps consacré à l'éducation scolastique des enfants appartenant aux ouvriers aisés) de dix-huit à trente mois que l'on peut employer à leur faire acquérir d'autres connaissances.
» J'invite la Société à proposer un prix pour celui qui lui présentera le mémoire dans lequel les deux questions suivantes seront traitées de la manière la plus satisfaisante :
» 1° Quelles sont les connaissances de l'utilité la plus générale relativement à l'industrie, qui puissent être enseignées, dans le cours de dix-huit à trente mois, à des enfants sachant lu-e, écrire et compter?
» 20 Quelle est la manière d'appliquer la méthode employée dans nos écoles à l'enseignement de ces connaissances?
» Je propose ensuite de former un comité composé, d'une part, de personnes livrées spécialement à l'étude des sciences positives, telles que MM. Francœur, Hachette, Thénard, Ampère, et, d'autre part, de personnes dirigeant de grandes I entreprises, telles que MM. Ternaux, Perrier, Delessert, Breguet, Père, et de charger ce comité de I préparer l'organisation d'une école secondaire. I » Je propose enfin de réclamer à cet égard les ; conseils et les secours de la Société d'encouragement. Cette Société nous a déjà rendu de grands • services : c'est à elle en quelque sorte que nous devons notre existence, et elle est personnellement intéressée à l'établissement dont je viens de parler.» ^ Il est regrettable que la Société pour l'instruction élémentaire n'ait pas écouté Saint-Simon. Son double vœu, en faveur d'un élargissement du programme des écoles primaires, et de la création d'une école secondaire, devançait les temps. Ce n'est qu'après la révolution de 1830 qu'il devait trouver un commencement de réalisation.
SAlNTlC-ALiiEGOKDE. — Philippe de Marnix, seigneur de Sainte-Aldegonde, né à Bruxelles en 1538, mort en 1598, l'un des héros de la révolution des Pays-Bas, célèbre tant par ses écrits poliques et religieux que par la longue défense d'Anvers contre ie duc de Parme, est aussi l'auteur d'un traité latin sur l'éducation qui mérite une mention dans ce Dictionnaire. Edgar Quinet, qui le premier a fait connaître Sainte-Aldegonde à la France {Marnix de Sainte-Aldegonde, 1857), avait signalé cet ouvrage resté inédit, et qu'il avait lu en manuscrit à la bibliothèque de Bruxelles, u On y trouve, dit-il, une foule d'aperçus nouveaux encore au moment où j'écris. C'est un système d'éducation pour une société libre et républicaine. » Ce traité. Ratio instilupndae juventutis, a été publié en 1860 dans le tome « Correspondance et mélanges » des œuvres de Ph. de Marnix de Sainte- Aldegonde (Bruxelles, Van Meenen et C'e) ; l'éditeur y a joint une traduction française, qui malheureusement fourmille de contre-sens.
L'auteur adresse son ouvrage au comte Jean de Nassau, qui lui avait demandé « de formuler urièvement et par écrit sa manière de voir sur l'éducation des jeunes nobles, à partir de l'enfance ».
Le premier âge, dit Sainte-Aldegonde, appartient aux mères et aux nourrices; cette matière a été traitée à fond par Galion et par d'autres médecins plus modernes. L'auteur se borne <* à avertir qu'autant que possible l'enfant doit prendre le sein de sa mère et non celui d'une éti'angère », et à don-