SAINTE-MARTHE
ner quelques préceptes généraux sur la conduite à suivre envers les jeunes enfants.
Il traite ensuite de la façon dont les enfants doivent être instruits dans les écoles, quomodo pueri in scholis erudiri debeant. Il ne faut pas, dit-il, qu'il y ait un trop grand nombre d'élèves dans une même classe. « Aussi serait-il très avantageux que quelques seigneurs établissent à frais communs un gymnase particulier pour y faire élever leurs enfants ensemble. » L'établissement serait dirigé par un recteur assisté de plusieurs régents [luditnagistri), en nombre tel qu'il y en ait au moins . deux pour vingt élèves. Les classes seraient au j nombre de quatre : « Dans la moins avancée, on i placerait ceux qui commencent à apprendre les ! premiers éléments de la grammaire ; dans la sui- j vante, ceux qui apprennent la syntaxe et la proso- | die ; dans la troisième, ceux qui étudient les pré- j ceptes de la rhétorique et de la' dialectique ; dans | la quatrième enfin ceux qui se proposent de pénétrer plus avant dans l'étude de la philosophie. » Il donne le programme détaillé des études de chaque classe et des auteurs qu'il est à propos de faire lire; et sur la tendance générale à donner à l'en- i seignement, il s'exprime ainsi : « Pour moi, je ne j veux pas que mes adolescents brillent seulement dans les salons et les antichambres, je veux qu'ils deviennent l'honneur et le soutien de la patrie, des citoyens et du peuple. En conséquence, leurs études, à mon avis, doivent être dirigées vers les affaires, les intérêts généraux, l'administration de l'État et des communes. Il faut donc que la langue latine soit subordonnée à la langue maternelle, et non celle-ci à un idiome étranger. »
Après avoir indiqué les matières sur lesquelles doit porter l'enseignement, Sainte-Aldegonde passe à la méthode que le maître doit suivre. Il y a trois choses à considérer : l'âme {animus), l'esprit (mgenium), et le corps.
Ce qu'il dit de l'éducation de l'âme n'offre rien de particulier. Il faut former l'enfant à la piété, à la vertu, aux bonnes mœurs, veiller sur son caractère, etc.
Dans l'éducation de l'esprit, il distingue celle de l'intelligence, celle du jugement, celle de la mémoire et celle de l'éiocution. On cultivera l'intelligence en proposant fréquemment aux élèves des apologues, des questions difficiles; en attirant leur attention sur les stratagèmes de guerre mentionnés par les historiens; en les interrogeant sur la géométrie et l'arithmétique. Une excellente chose, c'est l'institution du sénat des enfants, que Xénophon dit avoir existé chez les Perses : en jugeant les fautes de leurs camarades, en écoutant des plaidoyers, en prononçant des sentences, les enfants exercent et fortifient leur intelligence plus encore que par l'étude et la lecture. — Pour développer chez les enfants le jugement, on évitera de surcharger leur esprit d'une quantité de règles superflues, on leur laissera trouver, autant que possible, le pourquoi des choses : « Il ne faut pas, lorsqu'ils étudient la grammaire, les écraser sous le poids d'une masse de règles obscures et inutiles, mais les accoutumer insensiblement à remarquer ce qui est bien ou mal dit... Je ne prétends pas cependant rejeter tout à fait les règles, mais en réduire îe nombre le plus possible, en omettant celles qui sont le moins nécessaires, et s'en remettant, autant qu'il se pourra, à l'observation. C'est sur des exemples tirés du langage quotidien que cette observation doit avoir lieu, si bien qu'on fasse toucher en quelque sorte aux enfants les choses du doigt. » — Quant à la mémoire, dont Sainte-Aldegonde fait le plus grand cas, il faut la cultiver avec soin et méthodiquement. Il desapprouve l'emploi des procédés mnémotechniques, la « mémoire artificielle » ; ce qui contribue le plus puissamment, dit-il, à augmenter la mémoire, c'est
« une disposition bien ordonnée, un enchaînement organique des choses qu'on a comprises et qu'il s'agit de retenir » [seriem rerum percipiendmuni rite et apjiosite ordinatam). — Les préceptes relatifs à l'éiocution sont ceux de tous les maîtres intelligents : c'est par la fréquentation assidue des bons auteurs que l'élève doit se former un vocabulaire et apprendre à s'exprimer clairement et avec justesse.
Relativement à l'éducation du corps, enfin, Sainte-Aldegonde donne des recommandations dictées par le bon sens et une hygiène bien entendue. Les enfants ne doivent prendre qu'un exercice modéré. Plus tard, à partir de l'âge de dix-huit ans, le jeune homme se livrera à des travaux plus rudes, équitation, escrime, natation, chasse, etc. Les voyages sont un utile complément de l'éducation. En outre, le jeune homme cultivera avec fruit diverses connaissances accessoires, cartogiaphie, sphère, botanique, minéralogie, musique : il pourra chercher dans ces études d'agrément, nu dans une occupation manuelle, un divertissement qui, en exerçant le corps et l'esprit, puisse le délasser du travail quotidien.
Le traité se termine par quelques observations sur le maintien {corporis decus) et la discipline; l'auteur recommande aux maîtres la douceur ; ce n'est qu'à la dernière extrémité qu'il faut avoir recours aux châtiments corporels, dont l'empki habituel hébcte les facultés natives et change les hommes en troupeaux.
Cette courte analyse suffira, croyons-nous, pour permettre d'apprécier la valeur d'une œuvre qui fait honneur à la pédagogie flamande, et à chacune page de laquelle « éclate, dit Edgar Quinet, cet esprit de sérénité, d'indépendance, d'élévation indulgente qui est le contraire des idées sous lesquelles nous voyons ordinairement la révolution du xvie siècle. »
SAINTE-BARBE. — L'ancien collège de Sainte- Barbe, fondé à Paris en 14G0 par Geofi"roy Lenormant, et dirigé par une communauté religieuse, fut fermé à l'époque de la Révolution. En 1798, Victor de Lanneau, ayant acheté les bâtiments du collège, y créa un établissement d'éducation auquel il donna le nom de Sainte-Barbe. Il eut à lutter, sous l'Empire, contre les difficultés que lui créa le monopole universitaire, et, sous la Restauration, contre la rivalité d'un autre collège fondé par l'abbé Nicolle *. Il réussit toutefois à triompher de tous les obstacles. Après sa mort, une société d'ancien élèves de Sainte-Barbe fit l'acquisition du collège (1831), dont elle est restée propriétaire, qu'elle a reconstruit, et dont elle a élargi et amélioré le programme. Sainte-Barbe s'est distinguée, dès le début, par son esprit d'initiative et de progrès, et a contribué, pour une part considérable, au perfectionnement des méthodes de l'enseignement secondaire. Ses directeurs, depuis 18 51, ont été successivement M. Adolphe de Lanneau, M. Alexandre Labrouste, et M. Dubief. L'établissement comprend aujourd'hui (1886) quatre divisions distinctes : 1° le petit collège de Sainte-Barbe des Champs, établi en 1832 à Fontenay-aux-Roses, pour les classes élémentaires, jusqu'à la sixième inclusivement; 2° la maison classique, à Paris, place du Panthéon ; 3° l'écnlo spéciale préparatoire au commerce et à l'industrie, organisée en 1870; 40 l'école préparatoire, créée en 18:55 pour les jeunes gens qui se destinent aux écoles spéciales (flcolo polytechnique, Écolo de Saint-Cyr, École centrale, etc.).
SAIIXTE (HISTOIRE). — V. Histoire sainte. SAiNTE-M.iRTIIE. — Scévole de Sainte-Marthe, poète français, né à Loudun en 1536, mort dans la même ville en 1(523, publia à Paris en 1584 un poème latin sur l'éducation des enfants, Psedotrophix ULri très, qui fut très goûté de ses conte m-
pnrains, car il eut dix éditions du vivant de l'auteur, et dix autres après sa mort. Le petit-fils de Scévole, Abel de Sainte-Marthe, a traduit ce pocnne en prose française sous ce titre : La Manière de nourrir les enfants à la mamelle, Paris, 1698, in-S*». L'œuvre de Sainte-Marthe n'a pas un caractère pédagogique; c'est simplement un traité de l'hygiène du premier âge, revêtu des ornements d'une élégante latinité. Son petit-fils raconte que la composition de ce poème fut due à un incident de famille personnel à l'auteur ; « Un de ses fils se trouvant affligé de grandes maladies dans le temps qu'il était en nourrice, il employa les plus habiles médecins pour le secourir. Mais leurs soins furent inutiles; ils désespérèrent de sa guérisonr. Et comme il était très bon père et très docte, il entreprit lui-même de le guérir. Pour cela, il rechercha avec une grande application tout ce qu'il y avait de plus curieux et de plus savant touchant le naturel et la complexion des enfants. Il pénétra môme par la bonté et par la vivacité de son esprit jusque dans les secrets les plus cachés de la nature et de la physique ; et il s'en servit si heureusement, qu'il arracha son enfant d'entre les bras de la mcrt. Il fut prié de conserver à la postérité ses curieuses recherches. Pour les donner d'une manière agréable, il les renferma dans le poème de la Pœdotrophie qu'il fit imprimer en 1584. Il le dédia à Henri III, roi de France et de Pologne, dans le temps que ce prince témoignait le plus d'ardeur pour avoir des enfants. Oçi peut dire que c'est un poème également curieux et nécessaire, puisque son dessein est la conservation de l'homme, qui est le plus noble et plus digne sujet qu'il y ait au monde. »
SALLE D'ASILE. — V. Maternelles (Ecoles).
SALLE DE CLASSE. — La salle de classe est la partie de l'école réservée aux exercices scolaires. A proprement parler, on peut dire qu'elle est l'école même. C'est là en effet que les enfants commencent à vivre de la vie intellectuelle et morale, qu'ils puisent leurs premières connaissances, qu'ils reçoivent leurs premières impressions, qu'ils prennent ces habitudes d'ordre, de respect, de travail réfléchi, auxquelles l'école est particulièrement chargée de les former. C'est là aussi qu'ils séjournent le plus longtemps, forcément astreints à un silence, à une immobilité, à des attitudes, à une contention d'esprit qui sont peu d'accord avec leur nature et qui, si l'on n'y prenait garde, compromettraient, bien loin de le favoriser, leur développement physique. A tous ces titres la salle de classe mérite d'attirer l'attention des pédagogues ; du reste, on s'est préoccupé de bonne heure des conditions qu'elle doit remplir. Nous lisons, dans V Instruction méthodique pour Vécoln paroissiale^ publiée en 1G85 par le prêtre I. D. B., qui résume toutes les traditions du temps sur la tenue des écoles, les prescriptions suivantes:
« La chambre ou salle où se fera l'école doit être grande et spacieuse, à proportion des enfants que l'on y doit recevoir, comme par exemple il faut une chambre de vingt-six pieds en longueur, dix-sept à dix-huit pieds de largeur, et douze de hauteur pour cent enfants, de peur que les chaleurs ne causent quelque puanteur, et ensuite une maladie, et pour le maître et pour les enfans, notamment dans Paris, où l'air est fort grossier ; et amsi sur cette mesure on peut régler le reste à proportion. Elle doit être bien percée de fenêtres à vitres, ou au moins à châssis à papier bien clairs. Et s'il était possible qu'elle fût percée des trois côtés, et même de quatre, ce serait le mieux, car «n été que le temps est chaud, on ne peut avoir trop dair pour évaporer toutes les mauvaises odeurs des enfants... Il y aura dans l'école une chemmée large et spacieuse de douze pieds au moins, €t s il se peut faire sans jambages, afin que plu-
sieurs se puissent chauffer à la fois également, les uns après les autres, étant assis tir un banc fait en demi-cercle qui puisse tenir dix ou douze écoliers; un pied pour chacun suffit : ce banc doit êtro de la hauteur de quatorze ppuces, pour la commodité des plus petits. »
Après être restée longtemps stationnaire, la question des salles de classe fut reprise à l'apparition des écoles mutuelles, quand il fallut trouver pour l'installation de ces écoles des « localités» convenables. On donna le moins de place possible aux maigres et grêles corps de menuisei'ie qui formaient les tables et les bancs. Mais on dut en réserver, à l'extrémité de la salle, pour l'immense estrade dont plus d'un type a survécu longtemps, et, sur le pourtour, pour l'établissement des cercles ainsi que pour la circulation. L'idéal fut un vaste parallélogramme de dimensions variant suivant le nombre des élèves. L'exposition du levant était recommandée. Dans une salle d'une vingtaine de mètres de longueur, le plafond devait être élevé de cinq ou six mètres « pour qu'elle pût contenir la masse d'air nécessaire à la respiration des élèves ». Les croisées, situées sur les deux plus grands côtés parallèles, devaient être grandes, percées à deux mètres du sol : « par ce moyen les élèves n'étaient jamais distraits par ce qui se passait au dehors, et l'on pouvait facilement suspendre le long des murs tous les objets propres à l'enseignement. » Les croisées à bascules étaient préférées comme étant d'un maniement plus facile et comme permettant de renouveler l'air sans craindre ni la pluie ni la neige. On tolérait que le jour vînt d'en haut, bien qu'on reconnût que si les tables étaient alors bien éclairées, la chaleur devenait intolérable en été et que l'hiver la neige causait de l'obscurité. Le plancher devait être formé d'une couche de salpêtre, ou de carreaux de brique, ou de planches, ces dernières étant préférables, attendu qu'elles étaient plus saines, qu'elles ne donnaient point de poussière et n'exigeaient jamais de réparations. Seulement, il fallait avoir soin, pour éviter le bruit, de remplir de mâchefer l'intervalle qui existait entre les lambourdes. La porte de la classe devait être située près de l'estrade du maître, afin qu'il pût, sans se déplacer, faire observer l'ordre à l'entrée et à la sortie des élèves, et encore pour que les parents n'eussent pas à traverser toute la salle pour arrivera lui. Pour un effectif de 174 élèves, on se contentait d'une surface ayant 56 mètres de pourtour, 18 mètres de longueur et 10 mètres de largeur. C'était, comme on voit, à peu prés un mètre carré attribué à chaque enfant (à Londres, cet espace était réduit à 76 décimètres). Aux tables, on réservait 43 centimètres à chaque élève dans les grandes classes, et 39 dans les petites.
Dans les écoles simultanées, pour savoir ce qu'une classe pouvait contenir d'élèves, on calculait combien la surface totale comprenait de fois 60 décimètres carrés. Ainsi, une salle de 8 mètres de longueur sur 6 de largeur pouvait recevoir 80 enfants. On pensait qu'un élève était assis commodément et n'était point gêné s'il occupait aux tables une largeur de 40 centimètres, et que c'était môme assez de 35 pour les élèves des premiers bancs.
Ces données sur les conditions que devaient présenter les salles de classe ne remontent pas audelà de la Restauration ou du gouvernement de Juillet. Encore ne les trouvc-t-on que dans les manuels du temps (manuels de MM. Sarazin, Lamotte et Lorain, Péclct, Bouillon, etc.). Elles résultaient d'études et d'observations privées ; elles n'avaient rien d'officiel ni d'obligatoire pour les communes et les architectes. L'ordonnance de 1816 est muette sur les maisons d'école. La loi de 183:5 dispose seulement qu'il sera fourni à tout instituteur communal « un local convenablement disposé, tant
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SALLE DE CLASSE
pour lui servir d'habitation que poicj' recevoir les élevés ». La loi- de 1850 reste à peu près dans les mêmes termes : « Toute commune doit fournir à l'instituteur un local convenable, tant pour son habitation que pour la tenue de l'école. » Mais que fallait-il entendre par ce local convenable pour la tenue de l'école, c'est-à-dire par U7ie salle de classe convenable ? Les instructions postérieures demeurent à cet égard dans le vague et dans les généralités :
« Le préfet devra interdire tout local d'école" qui ne conviendra pas à l'usage auquel il est destiné. Ainsi les enfants ne seront plus exposés à demeurer entassés dans des pièces basses, humides, mal aérées et dans lesquelles les inspecteurs constatent trop souvent, avec douleur, l'absence presque totale d'air vital. » (M. de Parieu, instruction du 24 décembre 1850.) — « Le Conseil académique s'assura que la situation et les dispositions du local sont satisfaisantes tant au point de vue de la surveillance et du bon ordre que sur le rapport hygiénique. » (M. de Crouseilhes, instruction du 4 juin 1851.) — « Les rapports les plus autorisés me représentent les écoles comme étant dans le plus fâcheux état : ici, l'air manque au point de compromettre la santé des élèves et des maîtres... La loi sur l'enseignement impose à l'autorité municipale l'obligation de fournir à l'instituteur une salle de classe suffisamment spacieuse... » (M. Fortoul, instruction du 31 octobre 1854).
En 1858, les instructions deviennent un peu plus précises : « La salle de classe sera construite sur cave, planchéiée, bien éclairée, accessible aux rayons du soleil, et telle surtout que la disposition des fenêtres, garnies chacune d'un vasistas, permette de renouveler l'air facilement... Les dimensions de la classe devront être proportionnées à la population scolaire. Cette population se détermine en prenant le nombre des enfants de sept à treize ans dans les communes où il y a des salles d'asile, et de cinq à treize ans dans toutes les autres... L'aire de la classe doit présenter une surface de 1 mètre carré et une hauteur de 4", 30 dans les maisons qui ne seront pas construites à neuf. Dans les écoles mixtes, il faut veiller à ce que la classe soit divisée par une cloison en deux parties, l'une pour les garçons, l'autre pour les filles. » (M. Rouland, Cire, du 30 juillet 1858, rédigée, croyons-nous, par M. E. Rendu.)
Mais ce n'est que de nos jours que la question des salles de classe, en même temps que celle des maisons d'école, a été étudiée à fond. Une commission d'hommes spéciaux (architectes, hygiénistes, inspecteurs primaires, etc.), fut nommée à cet effet et élabora les règlements du 18 juin 1880 et du 28 juillet 1882. Le premier dut être rapporté, parce qu'il exigeait plus que les communes et l'État ne peuvent généralement faire. Le second renferme des prescriptions plus douces et plus pratiques. Voici celles qui se rapportent aux salles de classes :
« Art. 17. — Le nombre maximum des places par classe sera de 50.
» Art. 18. — La classe sera de forme rectangulaire. Sa surface sera calculée à raison de l'n,25 par élève.
» Sa hauteur sous plafond ne sera jamais moindre de 4 mètres.
» Art. 19. — Les dimensions des baies seront calculées de façon que la lumière éclaire toutes les tables. La largeur des trumeaux sera aussi réduite que possible.
» Les fenêtres seront rectangulaires et légèrement cintrées.
«L'intervalle entre la partie haute de la fenêtre et le niveau des plafonds sera d'environ 0™,40.
» Les appuis seront taillés en glacis sur les deux faces et élevés de 1™,20 au-dessus du sol.
)) Lorsque l'éclairage sera unilatéral, le jour viendra nécessairement de la gauche des élèves, et les conditions suivantes sont exigées :
» 1° La hauteur de la classe devra être égale aux deux tiers de sa largeur;
» 2° Des baies d'aération seront percées dans la face opposée à celle de l'éclairage.
» Dans tous les cas, la distance de la face ou des faces d'éclairage aux constructions voisines ne sera jamais inférieure à '8 mètres.
» Art. 20. — On ne percera jamais de baies d'éclairage dans le mur qui fait face à la table du maître, ni dans celui qui fait face aux élèves. » L'éclairage par un plafond vitré est interdit. » Art. 21. — Les châssis des fenêtres seront, dans le sens de la hauteur, divisés en deux parties, s'ouvrant séparément pour la ventilation.
» Art. 22. — Les plafonds seront plans et unis.
Une ligne indiquant le nord-sud y sera tracée.
» Il n'existera pas de corniche autour des murs,
» Art. 23. — Le sol des classes sera parqueté en
bois dur, scellé, autant que possible, sur bitume.
» Toutefois, on admettra les bois de sapin et de
pin dans lestégions où ils sont en usage, sous la
condition qu'ils seront employés par lames étroites
et passées à l'huile de lin bouillante.
» Art. 24. — Les portes des classes seront ce préférence à un seul vantail, et auront 0™,90 de largeur.
» Art. 25. — La classe de l'école mixte ne sera pas divisée par une cloison.
» Les filles et les garçons seront groupés séparé-
» Art. 26. — On installera dans chaque salle un poêle pourvu d'un réservoir d'eau avec surface d'évaporation.
» Ce poêle devra être garni d'une double enveloppe métallique ou d'une enveloppe de terre cuite.
» Il sera entouré d'une grille en fer et ne contiendra ni four, ni chauffe-plats.
» Le tuyau de fumée ne devra, en aucun cas^ passer au-dessus de la tête des enfants.
» Les élèves ne pourront être placés à une distance du poêle moindre de 1™,75.
» Le poêle en fonte à feu direct est interdit. » Art. 27. — Les dispositions seront prises pour assurer, concurremment avec le chauffage, une ventilation convenable de toutes les parties de la salle de classe. Les orifices d'accès de l'air pur, qui devra être pris immédiatement à l'extérieur, et les orifices d'échappement de l'air vicié, auront une section suffisante pour prévenir les obstructions. » •
Salles de dessin, de travail manuel, de couture. — Longtemps — et il en est malheureusement encore ainsi dans un grand nombre de communes — la salle de classe a été affectée à des usages fort divers. Outre qu'elle servait au dépôt des vêtements et des paniers, de préau pour le repas et pour les récréations, elle se transformait, à certaines heures, en salle de dessin, de travail manuel ou de couture. Le règlement que nous venons de citer pourvoit à ce que ces parties du service scolaire aient leur installation spéciale dans les localités où elles prennent une certaine importance : » Art. 28. — Dans les écoles de quatre classes et plus, une salle distincte sera affectée à l'enseignement du dessin; la superficie de cette salle sera calculée à raison de 1™,50 au minimum par place. Un cabinet pour le dépôt des modèles y sera annexé.
» Art. 29. — Dans toutes les écoles de garçons, un atelier sera installé pour le travail manuel élémentaire. Dans les écoles de moins de trois classes, cet atelier pourra être aménagé sous le préau.
» Dans toutes les écoles de filles de plus de trois
classes, une salle sera aménagée pour les travaux de coulure et de coupe. »
Pour ce qui concerne l'éclairage, le chaufTaf^c, l'aéraf^e des classes. V. les articles Eclaircujn, Chauirarje, Ventilation. V. aussi Maison d'école et Mobilier scolaire, [E. Brouard.]
PAYS ÉTRANGERS
Nous complétons les indications générales données à l'article Maison d'école par des extraits des dispositions réglementaires relatives spécialement aux salles de classe, actuellement en vigueur dans les principaux pays étrangers.
ALLEMAGNE. — Bade. — L'article 81 de la loi scolaire du 8 mars 1868 exige que la salle de classe offre un volume d'air d'au moins 108 pieds cubes par enfant; la hauteur sous plafond doit être de 12 pieds, en sorte que la superficie est de 9 pieds carrés par enfant. Exceptionnellement, et étant donné certaines conditions de climat, la hauteur sous plafond peut être abaissée à 10 pieds.
Le règlement du II février 1869 dit à l'article 3, § 2 : « La meilleure exposition pour les salles de classe est le sud ou l'est ; elles seront placées autant que possible au rez-de-chaussée, et disposées de façon que la lumière y pénètre du côté gauche, ou bien à la fois du côté gauche et par derrière. La forme de la salle doit être celle d'un rectangle allongé, dont les côtés seront entre eux comme 5 est à 4. »
Bavière. — Le « programme normal » du 20 octobre 1855 exige que la salle de classe ait une hauteur sous plafond de 10 pieds au moins; la surface doit être calculée à raison de 8 pieds carrés par élève, y compris l'espace occupé par le bureau de l'institutrice, les pupitres, les bancs, le poêle et les passages; le volume d'air sera en conséquence d'au moins 80 pieds cubes par élève. Lorsque, dans un bâtiment déjà existant, il ne sera pas possible d'obtenir une hauteur de 10 pieds, la surface par élève sera augmentée en proportion, de façon à obtenir toujours le chiffre de 80 pieds cubes par élève.
On doit avoir soin que la peinture des murs de la salle de classe ne soit pas fatigante pour les yeux des élèves. Un règlement de la province de Haut-Palatinat (22 octobre 1863) dit que les salles de classe ne doivent plus être peintes en blanc, mais en vertpâle ; l'emploi d'une couleur arsenicale est interdit. Le règlement de la province de Palatinat (9 septembre 1847) interdit non seulement la couleur blanche, mais aussi la couleur verte, parce que celle-ci est ordinairement obtenue au moyen du « vert de Schweinfurt », qui est dangereux pour la santé ; les nuances recommandées sont le gris, le gris-jaune, le brun pâle.
Prusse. — Le règlement de la régence de Diisseldorf, cité dans la compilation de Giebe comme règlement-type, contient les dispositions suivantes:
« Art. 5. — La dimension de la salle de classe est proportionnée au nombre des élèves. Il est interdit de construire une salle destinée à plus de 80 élèves.
» La surface doit être calculée à raison 0™,75 au carré par élève, y compris la place occupée par les conlon-s, la chaire, le poêle, etc. La surface d'une salle de classe pour 80 élèves doit donc être au mmimum de 60 mètres carrés.
» Le rapport de la longueur de la salle à sa largeur doit dans la règle être celui de 3 à 2 ; une forme se rapprochant du carré n'est tolérée que pour les classes de moins de 50 élèves.
» La longueur de la salle — lorsque celle-ci doit être entièrement occupée par le bureau du maître et les bancs des élèves — ne doit pas dépasser 10 mètres, afin que les élèves des derniers bancs puissent lire distinctement et sans effort l'écriture
au tableau noir placé sur la muraille à laquelle s'adosse le bureau de l'instituteur.
» A l'égard de la largeur, elle doit être telle que les places les plus éloignées des fenêtres soient encore suffisamment éclairées; si l'éclairage est unilatéral, la largeur de la salle ne doit pas dépasser 6 mètres.
» La hauteur sous plafond ne doit pas être moindre de 4 mètres. Le rapport entre la surface et la hauteur doit être tel, que le volume d'air soit au moins de 3 mètres cubes par enfant.
» Art. 6. — Le plancher de la salle de classe doit être uni et imperméable ; le bois doit à cet effet être passé à l'huile de lin. Les planches seront d'une épaisseur proportionnée à l'éloignement des poutres, et ne seront pas de bois trop tendre.
» Art. 7. — Les murs et le plafond doivent être parfaitement lisses. Les murs seront peints d'une couleur unie et claire, gris-bleu ou gris-vert, à base non toxique. Le plafond sera de préférence blanchi.
» Art. 8. — Les portes de la salle de classe auront au moins un mètre de large, et ouvriront en dehors. La porte d'entrée sera placée, autant que possible, dans le champ visuel des élèves, c'est-àdire dans le ptiur auquel est adossé le bureau du maître, ou dans le mur opposé aux fenêtres, mais non dans le mur placé dernière le dos des enfants. »
Saxe (royaume). — Les salles de classe seront autant que possible placées au rez-de-chaussée de la maison d'école. S'il est nécessaire d'en placer à plusieurs étages différents, on réservera le rezde-chaussée aux plus jeunes enfants, et les étages supérieurs aux plus âgés. La largeur d'une salle de classe ne doit pas, dans la règle, dépasser 10 mètres, sauf pour les salles de dessin; la hauteur sous plafond doit être de 3 mètres au moins. Le plancher doit être uni et imperméable, de préférence en chêne ; s'il est en bois tendre, il faut l'arroser de temps en temps d'huile de lin bouillante. Les murs doivent être lisses, afin que la poussière s'y attache moins et puisse être plus facilement balayée; ils doivent être peints d'une couleur unie, non toxique, de nuance claire, grisbleu ou gris-vert. Il est recommandé de recouvrir les murs d'une boiserie jusqu'à 1™,50 du sol, ou de les faire peindre à l'huile jusqu'à cette mémo hauteur. La couleur du plafond doit être claire ; elle peut être blanche. La largeur des portes doit être d'un mètre au moins, leur hauteur de deux mètres au moins. (Règlement du 3 avril 1873, art. 4 à 8.)
Wurtemberg. — Voici, relativement aux salles de classe, les dispositions de l'arrêté du 28 décembre 1870, qui a servi de modèle à la réglementation adoptée par la plupart des autres Etats allemands :
« Art. 4. — Les salles de classe seront de préférence placées au rez-de-chaussée. Si le nombre des classes exige l'emploi de plusieurs étages, le rez-de-chaussée sera réservé aux plus jeunes élèves, les autres étages aux élèves plus âgés.
» Lorsque des classes spéciales aux garçons et aux filles sont placées dans la môme maison d'école, les salles de classe pour l'un et l'autre sexe auront des entrées et des corridors distincts.
» Art. 5. — Pour les dimensions des salles de classe, on observera les règles suivantes :
» 1» Une longueur déplus de 12 mètres n'est pas admissible, excepté pour les salles de dessin. Pour celles-ci, la longueur peut être aussi considérable que l'on voudra, si l'on n'a pas à y faire de démonstration s'adressant à l'ensemble des élèves; dans le cas contraire, la longueur ne doit pas dépasser 17 mètres.
» 2° La largeur dépend essentiellement de la hauteur des fenêtres. Les places situées près du mur opposé à celui d'où vient l'éclairage principal doi-
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vent être encore suffisamment éclairées; en conséquence, la largeur de la salle sera au maximum é;;ale à deux fois et demie la hauteur du sommet des fenêtres au-dessus du niveau des tables. Dans les salles de dessin où la lumière vient d'en haut, cette restriction n'est pas applicable.
» 3° Le minimum de la surface de la salle de classe se calcule d'après le nombre des écoliers qu elle doit contenir, d'après les dimensions des sièges des élèves, et d'après l'espace nécessaire pour les autres objets du mobilier scolaire, pour le poêle et pour les passages.
» Les sièges (tables-bancs) doivent être disposés conformément à l'instruction du 29 mars 1868, de façon que la largeur du passage le long du mur servant à l'éclairage principal et celle du passage derrière les bancs les plus éloignés du tableau noir soient d'au moins 0™,40 ; celle du passage entre deux rangées de tables-bancs, d'au moins 0™,80 ; celle du passage le long du mur opposé aux fenêtres, d'au moins 0*",60; la distance entre les premiers bancs et le mur auquel est adossée la chaire du maître, d'au moins 2"',50; enfin, la distance entre le poêle et les bancs les plus rapprochés, d'au moins 1 mètre.
» L'estrade pour la chaire et le tableau noir aura au moins l'n,20 de large et 2^1,50 de long; il faut aussi qu'il y ait de la place pour une ou deux armoires de 0'"J55 de profondeur et d'un mètre de largeur, pour une table de l™,-30 sur 0™,85, pour le poêle, pour une caisse destinée à contenir le combustible et pour une autre caisse destinée aux cendres.
)) Dans les salles de dessin, l'espace à réserver à chaque élève varie selon qu'il s'agit de dessin à main libre d'après l'estampe ou la bosse, ou de dessin linéaire. Pour les commençants, les tablesbancs ordinaires suffisent, et la place accordée à chacun sera, en largeur, de 0^^,60 pour le dessin à main libre, de 0™,70 pour le dessin linéaire. Si l'on doit se servir de cartons ou de planches à dessiner, ou de tables à modeler, les places doivent être calculées à raison de 1™,50 ou 1™,70 au carré par élève, selon les âges ; on ajoutera, pour les passages, les armoires, etc., environ la moitié de l'espace occupé par les sièges, en sorte que la surface totale variera de 2°i,30 à 2™, 70 au carré par élève.
» 4" La forme de la salle de classe, si le nombre des élèves est inférieur à 40, se rapprochera autant que possible du carré.
» Il faut éviter, dans tous les cas, un trop grand écart entre la longueur et la largeur de la salle. ^ » 5° La hauteur de la salle se déduit des dimensions indiquées ci-dessus, et du volume exigé pour la capacité de la salle. Lorsqu'il n'existe pas de dispositions spéciales pour la ventilation, le volume d'air exigé est de 3 mètres cubes pour chaque élève âgé de moins de quatorze ans, de 3"", 50 à 5 mètres cubes pour chaque élève plus âgé. S'il existe des moyens de ventilation suffisants, ce volume minimum peut être réduit de 15 0/0, à la condition toutefois qu'il ne soit pas donné dans cette salle de leçons à l'éclairage artificiel.
» Le minimum de la hauteur sous plafond est fixé à 3^,40.
» Dans les salles actuellement existantes où la hauteur sera moindre de 3™, 40 et où il sera impossible de la modifier, on ne s'en tiendra pas moins au chiffre indiqué de 3 mètres cubes (ou de 3™, 50 à 5 mètres cubes) par élève.
>) Art. 6. — Le plancher de la salle de classe doit être uni et imperméable. Au rez-de-chaussée, il doit être élevé d'au moins 0™,80 au-dessus du sol extérieur. Les planchers en chêne seront préfères à ceux en sapin; les planchers en bois tendre | devront être arrosés de temps en temps à l'huile , de lin.
» Art. 7. — Les murs de la salle de classe doivent être lisses, pour que la poussière s'y attache moins et puisse être balayée plus facilement. Ils doivent être peints d'une couleur unie, claire, gris-bleu ou gris-vert, non toxique. La peinture à l'huile est préférable à la peinture à la colle. Il n'est pas à propos de tendre les murs de papier ; en revanche, on recommande de les recouvrir, jusqu'à 1™, 50 du sol, d'jine boiserie peinte à l'huile dans les nuances indiquées.
» La couleur du plafond doit être claire ; elle peut être blanche.
» Pour des raisons d'acoustique, on évitera que les poutres du plafond fassent fortement saillie audessous ; les plafonds en voûte doivent être également évités.
» Si des colonnes sont absolument nécessaires pour la solidité du plafond, on en réduira le diamètre le plus possible.
» Art. 8. — Si une salle de classe n'a qu'une seule porte, on la placera de préférence dans le mur dit mur du poêle, en face du mur de l'éclairage principal, et de façon qu'elle conduise dans l'espace libre placé entre les premiers bancs et le mur auquel est adossée la chaire.
» Si une seconde porte est nécessaire, principalement pour faciliter le renouvellement de l'air, il faut autant que possible la placer à l'autre extrémité du mur du poêle, ou dans le mur opposé au mur de la chaire.
» La hauteur des portes doit d'être d'environ 0™,95, leur largeur d'au moins 2 mètres.
» Art. 9. — Dans la construction des planchers, on prendra les précautions nécessaires pour que la transmission du son d'un étage à l'autre soit empêchée autant que possible.
» Par la disposition des parois, et au besoin par l'emploi de doubles portes, on mettra obstacle à ce que le son puisse s'entendre d'une salle de classe dans une autre. »
ANGLETERRE. — A V article Maison d'école, nous avons annoncé qu'on trouverait ici ceux des articles du règlement d'août 1883 qui sont relatifs aux salles de classe. Les voici :
«Art. l^r. — En faisant le plan d'une salle d'école, il faut se rappeler que la caimcité de la salle, et le nombre des enfants qu'elle peut contenir, ne dépendent pas seulement de sa surface, mais aussi de sa forme, et de la position des portes et des poêles.
» Art. 2. — Les murs de toute salle d'école [school-room] et de toute salle de classe {classroom), si la salle est plafonnée au niveau de la sablière, doivent avoir au moins 12 pieds de haut, du plancher au plafond ; si la surface est de plus de 360 pieds carrés, 13 pieds; si elle est de plus de 600 pieds carrés, 14 pieds.
» Art. 3. — Si la salle est plafonnée au niveau des solives et de l'entrait, la hauteur doit être de 11 pieds au moins, du planchera la sablière, et de 14 pieds au moins jusqu'au plafond appuyé sur l'entrait.
» Art. 5. — Les portes et les poêles, dans les salles d'école pour les enfants âgés de plus de sept ans, doivent être placés de façon à laisser tout un côté de la salle entièrement libre pour les groupes de bancs et de pupitres.
» Art. 6. — Il ne doit pas y avoir d'ouverture plus large qu'une porte ordinaire entre une salle de classe enfantine et une autre salle d'école, afin de mettre obstacle à la transmission du bruit qui se fait dans la classe enfantine.
» Art. 7. — Une école enfantine doit toujours être placée au rez-de-chaussée, et, si elle reçoit plus de 80 élèves, elle doit avoir deux gi*adins {c/alleries) d'inégale grandeur, et un petit groupe de bancs et do pupitres pour y placer au besoin les élèves les plus âgés.
» Aucun gradin ne doit recevoir plus de 80 à' 00 entants.
» Art. 8. — Aucune salle ne sera acceptée comme sallo de classe [class-room], si elle est destinée à contenir plus de 60 enfants. j
» Art. 9. — Lorsqu'il est désirable d'avoir une i salle commune [assemhhj hall), les dimensions ne doivent pas en être calculées pour plus de deux j classes. On doit avoir soin de ménager des entrées distinctes pour chaque sexe.
» Art. 10. — La largeur normale d'une salle d'école est soit de 20 pieds, soit de 22 pieds; ou, si cette largeur doit être dépassée, de 32 pieds au moins. Si la largeur n'excède pas 20 pieds, on fera des groupes de trois longs pupitres; si elle est de 22 pieds, on se servira de pupitres doubles, sur cinq rangs de profondeur. Si la largeur est de 32 pieds, on disposera trois rangs de longs pupitres en face les uns des autres.
» La largeur d'une salle d'école enfantine n'est pas soumise à ces restrictions.
» Les dimensions d'une salle d'école enfantine doivent être calculées à raison de S pieds carrés par enfant.
» Art. 11. — Les salles de classe {class-rooms,. salles destinées à donner l'enseignement à part à certaines divisions de l'école) ne doivent jamais servir de passage d'une partie du bâtiment dans l'autre, ni des salles d'école [school-rooms) dans le préau.
» Art. 12. — Les salles de classe doivent être au môme étage que la salle d'école.
» Art. 14. — Les cloisons en bois entre les salles d'école et les salles de classe ne sont pas recommandées. Les salles doivent être séparées par une cloison en lattes et en plâtre, ou par un mur.
» Art. 15. — Excepté dans les très petites écoles, les plus jeunes enfants {infants) ne doivent pas recevoir l'enseignement dans la même salle que les élèves plus âgés. Toute école doit, si possible, posséder une salle de classe [class-room, salle pour l'enseignement séparé des divisions). »
AUTRICHE. — La loi du duché de Haute-Autriche du 23 janvier 1870, dont nous avons déjà donné des extraits au mot Maison d'école, dit à l'article 13 :
« La hauteur de la salle de classe doit être d'au moins 12 pieds; elle doit offrir à chaque enfant une surface de 6 pieds carrés, et posséder en outre l'espace nécessaire pour le pupitre du maître, une armoire, le tableau noir, et des passages entre les bancs. Il faut aussi faire entrer en ligne de compte une augmentation probable du nombre des élèves.
» Dans les maisons d'école situées sur une hauteur, et isolées de tous les côtés, la hauteur de la salle de classe peut être abaissée à 10 pieds.
" Toutes les salles de classe doivent être suffisamment claires et posséder une ventilation convenable ; elles ne doivent pas communiquer directement avec le logement de l'instituteur. »
BELGIQUE. — Voici les dispositions relatives aux salles de classe contenues dans le programme du 2T novembre 1874 (avec les modifications qui ont été apportées ultérieurement) :
Il doit y avoir une salle séparée pour chaque classe de 60 élèves au maximum.
Dans les écoles mixtes, la séparation des sexes se fait uniquement par la disposition des bancspupitres.
La surface doit être calculée à raison d'un mètre par élève, y compris l'espace à laisser pour les couloirs, l'estrade, les armoires-bibliothèques, etc.
La capacité ne peut être inférieure à 4 mètres cubes 500 décimètres cubes par enfant, ce qui suppose une hauteur minimum de 4^,50.
Les dimensions recommandées pour la longueur et la largeur de la salle de classe sont 9 mètres I Bur 7, avec éclairage unilatéral. I
HOLLANDt;. — Une salle de classe ne doit pas être destinée à plus de 100 élèves.
Les salles destinées à plus de ou élèves doivent pouvoir être partagées en deux parties au moyen d'une cloison mobile.
La surface d'une salle de-classe doit être calculée à raison de 0'",80 au carré pour chaque élève. La capacité doit être de 3™, 60 cubes par élève. La hauteur sous plafond doit être d'au moins 4", .50.
La distance entre le mur extérieur et le banc le plus rapproché doit être d'au moins 1™,30; les autres passages le long des murs et de la cloison doivent avoir une largeur d'au moins 0™,GO; les passages entre les rangées de bancs, une largeur d'au moins 0'",40.
La distance entre le mur extérieur et le dossier des bancs les plus éloignés ne doit pas être plus grande que 6^,60.
Les murs de la salle de classe doivent être peints d'une couleur claire et mate. (Arrêté du 4 mai 1883.)
SUISSE. — Nous donnons les prescriptions contenues dans le règlement du canton de Zurich sur les maisons d'école, du 26 juin 1861 :
« Art. 6. — Toute salle de classe doit contenir l'espace nécessaire pour le nombre des élèves, des passades pour les élèves et l'instituteur, une place devant les tableaux noirs et le siège de l'instituteur, une armoire, et une table avec tiroir pouvant se fermer à clef.
» Art. 7. — La salle de classe doit avoir dans la règle la forme d'un rectangle allongé ; le rapport entre la longueur et la largeur sera celui de 3 à 2.
» Art. 8. — Dans la règle, et lorsqu'il s'agit de maisons d'école simples, la lumière doit entrer par les deux côtés les plus longs, dont l'exposition, si les circonstances locales ne s'y opposent pas, sera au levant et au couchant. Au milieu de l'un des côtés sans fenêtres sera placé le siège du maître, avec les deux tableaux noirs à droite et à gauche ; du côté opposé sera la porte, avec l'armoire d'un côté et le poêle de l'autre.
» Art. 9. — Le passage devant les tableaux noirs aura une largeur de 1™,50; le passage le long du mur où se trouve la porte une largeur de 1™,20; les passages sur les deux côtés une longueur de 0™,90 ; le passage transversal, qui sépare les élèves de la division élémentaire de ceux de la division réale, une largeur de 0™,00; le passage conduisant de la porte au siège du maître, qui n'existe que dans les grandes écoles et qui sépare les filles des garçons, une largeur de 0™,90.
» Dans les salles de classe où la lumière pénètre de trois côtés, les bancs sont disposés en trois rangées avec deux passages intermédiaires et deux passages latéraux; les élèves doivent avoir la face tournée du côté du mur qui n'a pas de fenêtres.
» Art. 12. — Les dimensions de la salle de classe sont calculées d'après celles du mobilier qui doit y être placé, conformément aux règles suivantes :
» 1° Pour une salle de classe destinée à recevoir de 25 à 50 élèves, il faut 6 doubles rangées de tables avec bancs, chaque double rangée contenant 8 places, ce qui donne 48 places. Ces 6 rangées avec les 4 passages entre les bancs occupent 4™,925 de la longueur de la salle ; les passages devant les tableaux noirs, devant l'entrée, et entre les deux divisions élémentaire et réale, 3™, 60. La longueur de la salle doit être en conséquence de 4™, 925 -\- 3™, 60 = 8™, 525.
» La double rangée de tables, pour S élèves, occupe 3™, 60 de la largeur de la pièce, et les passages au milieu et sur les deux côtés 2™, 70. La largeur de la salle doit donc être de 3^,00 + 2™, 70 = 6^,30.
» La surface est de 8^,525 X6™,30 = 53,71 mètres carrés.
SALYANDY