‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 357 sur 573 · SAVOIE (DUCHÉ DE) — 2C96 — SAVOIE (DUCHÉ DE · texte numérisé non relu

SAVOIE (DUCHÉ DE) — 2C96 — SAVOIE (DUCHÉ DE

ou surveillaient les écoles de Paris au nom du préfet; elle le conserva jusqu'à sa mort et remplit ses obligations avec le zèle et le dévouement d'une personne avant foi dans son œuvre et dans sa mission.

M'i* Sauvan, en effet, avait foi d'une part dans le mode mutuel et, d'autre part, dans l'avenir des écoles communales avec lesquelles elle s'était en quelque sorte identifiée. Elle eut la satisfaction de voir, de son temps, le nombre de ces écoles (on n'en comptait que quinze à son entrée en fonctions^ s'augmenter d'année en année. Mais elle partagea avec M. Sarazin le regret de survi\Te au mode mutuel. L'opinion publique et le progrès furent plus forts

appartint aux petits comtes du Genevois jusqu'à la fin du xiye siècle; plus tard, il fut l'apanage successif de deux branches de la maison de Savoie, de 1422 à 1480 environ, et de 1514 à 1659.

De plus, les vicissitudes politiques d'un pays qui, tout en restant lui-même, était périodiquement appelé à graviter autour de puissances voisines différentes, étaient peu favorables à la constitution de grands centres d'enseignement supérieur.

Enfin, une cause décisive de ce manque d'université en Savoie fut la création de collèges savoyards à l'étranger.

La noblesse, extrêmement nombreuse en Savoie,

que les habitudes et les traditions, le mode simul- trouvait une occupation honorable dans la profes-

tané l'emporta ; peu à peu vint le moment où ceux sion des armes auprès de princes toujours en

qui avaient créé, organisé et longtemns régenté les guerre, et dans les cours où les sentiments cheva-

écoles primaires de Paris, s'y trouvèrenr comime leresques étaient en honneur (celles d'Amédée VI,

des étrangers: les générarions* nouvelles cessèrent Vil. VIIl; de Charles III, auprès de qui le chevade les comprendre et de les sui\Te. | lier Bavard vint se former'. S'il se trouvait un

M. Sarazin était mort en 1865, M^i^ Sauvan le jeune noble à qui l'état ecclésiastique sourît, son

suivit de près : elle s'éteignit le 10 janvier 1867, nom suffisait pour lui faire obtenir une abbaye on

à l'âge de près de quatre-vingt-trois ans, ayant conservé jusqu'au bout toutes les qualités morales et intellectuelles qui l'avaient distinguée dans sa jeunesse et dans son âge mûr. [E. Brouard.]

SAVOIE (Duché deV — L'ancien duché de Savoie comprenait sept provinces : la Savoie propre, la Haute-Savoie, la Maurienne. la Tarentaise, ressortissant à la dinsion administrative de Chambéry: le Genevois, le Chablais et le Faucigny, de la division d'Annecy. Il forme aujourd'hui les deux départements de Savoie et de Haute-Savoie. — (V. ci-après les articles consacrés à ces deux départements.)

La Savoie, habitée avant la conquête romaine par des peuples d'origine celtique (AUobroges. Centrons, etc.), fut dominée successivement par les Burgondes et les Francs, fit ensuite partie du royaume de Bourgogne transjurane, et, après l'annexion de ce royaume à l'empire d'Allemagne, fut érigée en comté au profit d'Humbert aux blanches mains. Le comté fut transformé en duché sous l'empereur Sigismond (1416): treize ans après le duc Amédée VIH y réunit le Piémont.

La Savoie fut conquise en 1536 par François I^r. et réunie alors pendant vingt-trois ans à la France.

même un évêché. La noblesse n'avait donc pas besoin d'université. Quant à la classe moyenne, petite noblesse et bourgeoisie, elle trouvait dans les bourses fondées en sa faveur dans des collèges étrangers le moyen d'achever les cours d'études secondaires et d'étudier ensuite la théologie, le droit et parfois la médecine, sans bourse délier.

Ainsi, en 1424. Jean Fraczon-.'\larmet,du nllage de Brcgny ^près d'Annecy\ connu sous le nom de cardinal de Brogny, fonda, dans son palais d'Avignon, le collège de Saint-Xicolas pour 24 étudiants, parmi lesquels 8 devaient être d'Annecy ou du diocèse de Genève, 8 des autres 'diocèses de Savoie, et 8 des provinces ecclesias- • tiques d'Arles et de Vienne. Cet établissement fonctionna avec des fortunes diverses jusqu'à la Révolution française.

En 1549-1550. Eustache Chapuis d'Annecy, chanoine de la cathédrale de Genève, conseiller de Charles-Quint, fonda un collège à Louvain ;en Brabant' appelé à fournir l'enseignement supérieur (théologie; droit, médecine et arts) aux écoliers sortant du collège d'Annecy, que lui-même avait, non pas fondé, comme on le croit généralement, mais développé de son vivant et, à sa mort (1566),

Par le traité de Cateau-Cambrésis 1559), Henri II doté de 2500 écus de France la restitua à son duc Emmanuel-Philibert. Néan- Le défaut de ressources locales suffisantes, cormoins, les Français l'occupèrent encore à plusieurs rigé par de généreuses fondations à l'étranger, reprises sous les règnes de Louis XIII et de explique la dispersion des étudiants savoyards Louis XR'. Son duc Victor-Amédée II agrandit au | hors de leur patrie : on les trouve à Louvàin, à

xviue siècle ses possessions de la Sardaigne, et pri? ^ alors le titre de roi.

Les Français, en 1792, furent accueillis moins j comme des conquérants que comme des libérateurs. La Savoie forma pendant vingt-deux ans I les départements du Léman et du Mont-Blanc. Les traités de 1815 la rendirent aux Etats sardes; ce- i lui de Turin ;24 mars 1860 la laissa libre de se ' donner de nouveau à la France. Elle opta pour l'annexion par 25 743 suflrages sur 30 706 électeurs inscrits.

Nous retracerons à grands traits dans cet article l'histoire de l'instruction publique en Savoie avant la réunion définitive de ce pays à la France.

Enseignement supérieur et secondaire. — En-

Avignon, à Toulouse, à Tournon (pour la médecine, à Bourges et à Montpellier), à Valence, à Paris, à Turin, à Rome où ils étaient logés et entretenus à l'hospice Saint-Louis, également partagé, dès le xv« siècle, entre les Français, les Savoyards et les Lorrains.

Au xni^ siècle, on voit des professeurs de lois attachés aux princes de Savoie ou à des villes qui les logent gratuitement et leur accordent un modique salaire, t-ant pour professer que pour leur donner des conseils dans leurs affaires litigieuses.

En 1404, le prince Louis d'Achaie (maison de Savoie) fonde l'université de Turin.

En 1560, Emmanuel-Philibert, ayant recouvré ses Etats grâce au traité de Cate'au-Cambrésis,

seiqnement supérieur. — La Savoie n'a jamais eu | f^^ride une université à Mondovi en Piémont (car

d'université complète, ni, par suite, de véritable enseignement supérieur sérieusement organisé. Les causes de ce fait sont multiples.

D'abord, il n'y avait en Savoie aucune grande ville. Les comtes et les ducs de Savoie n'eurent jamais sur Genève qu'une autorité assez restreinte et toujours contestée, tantôt par les évoques, tantôt par les citoyens. Le vaste diocèse de Genève (qui comprenait toute la partie nord-est de la Savoie jusqu'à Grésy-sur-Aix, Uginc et Chamonix)

Turin ne devait lui être i*endu que trois ans plus tard). Il défend à ses sujets d'aller étudier à l'étranger et ordonne aux magistrats de ne recevoir à l'exercice des charges publiques et des professions libérales que ceux qui auraient été gradués dans ses Ftats. Son fils et successeur, Charles- Emmanuel I*', renouvela en 1598 cette prescription, qui fut toujours éludée, et les Savoyards continuèrent d'aller faire ou achever leurs études dans les villes indiquées plus haut.

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