SAXE (ROYAUME DE) — 2712 — SAXEALTENBOURG
en 1787 (à Dresde-Friedrichstadt). H y a actuellement 17 écoles normales d'instituteurs (16 luthériennes et 1 catholique), et2 écoles normales d'institutrices (celle de Dresde reçoit aussi des élèves catholiques).
On n'est admis dans les écoles normales d'instituteurs qu'à l'âge de 14 ans accomplis. Les études durent six ans et se terminent par un examen de maturité. Les élèves munis du certificat de maturité peuvent être nommés instituteurs auxiliaires. Les écoles normales d'institutrices reçoivent les élèves au même âge, mais les études n'y durent que cinq ans. L'examen de maturité confère le même droit que ci-dessus.
L'enseignement dans les écoles normales d'instituteurs porte obligatoirement sur les matières suivantes : religion, allemand, latin, histoire, géographie, arithmétique, géométrie, sciences physiques et naturelles, écriture, gymnastique, dessin, chant, harmonie (dans les 6™^ et 5™^ classes), violon, pédagogie (logique, psychologie, méthodologie, morale, enseignement, éducation, histoire de la pédagogie) et exercices pratiques d'enseignement. Les matières facultatives sont ; l'harmonie (de la 4^ à la l^e classe), le piano, l'orgue et la sténographie. Dans les écoles normales d'institutrices, Je latin est remplacé par l'anglais et le français; en musique, le chant seul est obligatoire; l'orgue et le violon ne sont pas enseignés du tout. Pour tout le reste, le programme est le même.
Toutes les écoles normales sont des internats, sauf l'école normale d'institutrices de Dresde. L'enseignement est gratuit dans toutes les écoles normales d'instituteurs; chaque élève paie 150 marks par an pour son entretien ; toutes les écoles normales disposent de nombreuses bourses. Une école annexe est jointe à chacune d'elles.
Il faut ajouter aux écoles normales l'école royale de gymnastique de Dresde, qui n'a pas d'internat ; les cours destinés aux maîtres ont lieu l'été; ceux des maîtresses, l'hiver. Sont admis à cette école les jeunes gens des deux sexes qui ont subi l'examen de maturité d'une école normale, d'un gymnase ou d'un gymnase réal. L'enseignement est gratuit. Les leçons d'application sont données à des élèves des écoles primaires ou des gymnases.
Statistique. — Au 1er décembre 1884, il y avait 19 écoles normales dont 2 pour les femmes et 1 pour les instituteurs catholiques, avec 2 168 élèves du sexe masculin et 150 du sexe féminin. L'école normale catholique avait sur ce nombre 37 élèves. Le personnel enseignant comprenait 273 membres, dont 32 maîtresses. Les traitements varient de 1200 marks, avec logement en sus, à 4500 marks, sans logement. Les directeurs reçoivent de 4800 à 5400 marks, plus le logement. Ces traitements sont accordés à partir de 1886; jusque-là ils étaient de 1200 à 4200 marks pour les professeurs et de 4 800 marks au maximum pour les directeurs.
En 1884, la dépense totale pour les écoles normales a été de 1 439 579 marks, dont 689 447 marks pour le personnel enseignant et 95 406 marks en secours aux élèves. La part de l'Etat dans cette dépense a été de 1 029 212 marks.
V, Enseignement supérieur et universités. — L'enseignement dit « supérieur » comprend, outre les écoles normales, les Reolsc/mlen, les gymnases réaux et les gymnases proprement dits, ainsi que les écoles supérieures de filles reconnues par l'Etat. Il y a 20 Realschulen avec 3 05/ élèves et 231 professeurs. Le cours d'études y est de six années. Le certificat de maturité de ces écoles donne droit au volontariat d'un an, à la condition qu'on y enseigne au moins deux langues étrangères. La dépense des ReaUcImlen a été en 1884 de 723 752 marks, dont 218 642 marks payés par l'Etat. Ces écoles sont toutes des établissements municipaux.
Dans les gymnases réaux les études durent neuf ans, et le certificat de maturité qu'ils délivrent permet de suivre à l'université les cours de mathématiques, de sciences naturelles et de langues modernes. Les élèves qui ont franchi VOhersecunda sont autorisés à faire le volontariat d'un an. Le but essentiel de ces établissements est la préparation aux études techniques, au commerce, à l'Ecole des mines et à l'Ecole forestière. Il y a
11 gymnases réaux avec 2788 élèves et 223 professeurs. La dépense en 1884 a été de 713 015 marks.
Dans les gymnases, la durée des études est également de neuf années, à partir de l'âge de 9 ans, comme dans les gymnases réaux. Le diplôme de maturité donne accès à l'université et aux écoles techniques supérieures ; les élèves qui ont franchi V Oberseciinda obtiennent le privilège du volontariat. Il y a actuellement 16 gymnases, en y comprenant les deux écoles royales (Fiirs^e^zschuleji) de Grimma et de Meissen qui admettent des internes, avec 5481 élèves et 378 professeurs. La dépense totale est montée en 1884 à 1 749 713 marks.
Les traitements des professeurs dans les gymnases et les gymnases réaux varient de 1500 à 4500 marks; les recteurs reçoivent de 6000 à 6900 marks, plus le logement ; l'Etat contribue à cette dépense pour 572 711 marks.
Les écoles supérieures de filles, dont il n'existe que deux qui soient reconnues par l'Etat, comptaient en 1884 884 élèves et 41 professeurs, dont
12 femmes. La dépense annuelle a été de 155 623 marks. Les traitements des professeurs varient de 1500 à 4200 marks ; les directeurs reçoivent 5400 marks, indemnité de logement comprise.
Dans cet ordre d'enseignement, les établissements privés, pour les garçons, ont 691 élèves et 100 professeurs ; pour les filles, 44 élèves.
L'université de Leipzig comptait en 1884 (semestre d'hiver) 3335 étudiants et 169 professeurs. Parmi les étudiants, 1326 étaient Saxons d'origine; 1685 originaires d'autres pays allemands; 248 étrangers d'origine européenne, et 76 étrangers non européens. La dépense annuelle montait à 1 239 847 marks, dont 816 236 fournis par l'Etat. De plus, 146 415 marks ont été payés à titre de bourses d'études.
L'Ecole polytechnique royale de Dresde avait en 1884 412 étudiants et 41 professeurs. La dépense annuelle a été de 275 555 marks, dont 257 650 fournis par l'Etat ; 16 988 marks ont été payés en bourses.
Il existe encore plusieurs écoles spéciales, qui ne relèvent pas du ministère de l'instruction publique, telles que l'Ecole des mines, l'Ecole forestière, l'Ecole des beaux-arts, etc.
[Dr Bornemann, Conseiller au ministère de l'instruction publique, Dresde.]
SAXE-ALTEIVBOURG. — Le petit duché de Saxe-Altenbourg fut formé pour la première fois au commencement du xviie siècle et donné à l'un des fils de Jean-Guillaume, duc de Saxe-Weimar. La première maison d'Altenbourg s'éteignit en 1672, et ses possessions furent réunies aux Etats d'Ernest le Pieux (V. Saxe-Cobourg-Gotha). Lors des partages qui suivirent la mort de ce prince, le territoire d'Altenbourg resta attaché au duché de Gotha, et continua d'en faire partie jusqu'en 1825, date de la mort du dernier duc de Saxe-Gotha. Altenbourg échut alors au duc de Saxe-Hildbourghausen, qui, en échange, abandonna Hildbourghausen au duc de Saxe-Meiningen, et prit le titre de duc de Saxe-Altenbourg. C'est sa famille qui règne aujourd'hui sur ce duché, qui a 150 000 habitants et un territoire de Vi'll kilomètres carrés.
Nous extrayons d'une notice qu'a bien voulu rédiger pour nou^ I\I. le D' Runkwitz, conseiller
SAXE-COBOURG-GOTIIA — 2713 — SAXE-COBOUîlG-GOTHA
au ministère de l'instruction publique à Altcnbourg, ies renseignements suivants.
Le duché de Saxc-AItcnbourg n'a pas encore de loi organique de l'instruction primaire; un projet, il est vrai, est en préparation, mais à ce moment (mars 188G) il n'a pas encore été soumis à la représentation nationale. Parmi les lois actuellement en vigueur et réglant divers points spéciaux, l'une est relative aux traitements et pensions des instituteurs ruraux : les écoles rurales sont divisées en quatre classes, d'après la somme de travail exigée de l'instituteur et les ressources de la commune ; les traitements minimum (non compris le logement gratuit et les ressources accessoires provenant des services ecclésiastiques) sont, pour chacune de ces classes, de 900, 1050, 1200 et 1350 marks; les traitements maximum (qui sont obtenus au bout de vingt-cinq années de services), de 1150, 1300, 1500 et 1650 marks; la pension de retraite peut varier du 34 0/0 au 88 0/0 du traitement, selon le nombre des années de services (à partir de la onzième jusqu'à la quarante- quatrième). Dans les neuf villes du duché, les traitements et les pensions sont déterminés par des règlements particuliers à chacune d'elles. Une autre loi (1877) fixe les matières de l'enseignement primaire, le plan d'études, le nombre d'heures de leçons, etc. : les matières d'enseignement sont la religion, la langue allemande, le calcul, la géographie, l'histoire, des notions d'histoire naturelle et de physique, le dessin et le chant ; dans toute école, les élèves doivent être partagés en trois divisions d'après leur âge et le degré de leur instruction ; le nombre d'heures de leçons exigible d'un instituteur est de 32 par semaine; lorsque le nombre des élèves dépasse 80 pour un seul instituteur, on a recours au système de l'école de demi-jour.
Le duché compte de 19 à 20 000 enfants fréquentant l'école primaire, ce qui fait environ 1 élève sur 8 habitants. Le nombre des instituteurs est de 330, dont 129 dans les villes et 201 à la campagne, ces derniers répartis entre 156 bourgs et villages. La plupart de ces maîtres ont reçu leur éducation professionnelle au séminaire d'instituteurs d'Altenbourg (fondé en 1787 et réorganisé en 1858). Les 80 élèves-maîtres que compte cet établissement sont des internes ; le logement, l'éclairage, le chauffage et l'enseignement sont gratuits; en cas de maladie, les élèves sont soignés gratuitement. Les élèves des deux classes inférieures reçoivent annuellement une bourse d'entretien de 60 marks, ceux des trois classes supérieures une bourse de 90 marks. L'enseignement est donné par sept maîtres titulaires et trois maîtres auxiliaires. A l'établissement est annexée une école primaire à trois classes, qui sert d'école d'application.
Le duché possède deux gymnases, l'un à Altenbourg avec 18 professeurs et 400 élèves, l'autre à Eisenberg avec 13 professeurs et 250 élèves. Il existe de plus à Altcnbourg une Realschule de premier rang, avec une école préparatoire.
SAXE-COBOURG-GOTHA. — Les deux duchés de Saxe-Cobourg et de Saxe-Gotha ont été réunis en 1826, après la mort de Frédéric IV, dernier duc de Saxe-Gotha, par le duc Ernest 1er de Saxe- Cobourg, qui avait épousé l'héritière de Gotha. A cette occasion, toutefois, une partie du territoire des deux duchés en fut détachée en faveur d'autres héritiers : Altenbourg (enlevé à Saxe-Gothal fut érigé en duché indépendant, et Saalfeld (enlevé à Saxe-Cobourg) fut donné au duché de Saxe-Meiningen.
Quoique unis dans la personne de leur souverain, les deux duchés de Saxe-Cobourg et de Saxe- Gotha ont gardé leur législation particulière, et 1 organisation scolaire de chacun des deux Etats doit être étudiée à part.
1. Saxe-Cobourg. — Le duché de Cobourg eut pour premier souverain, au xvi^ siècle, Jean-Ernest, frère du dernier électeur de Saxe de la ligne ernestine, Jean-Frédéric ; il passa ensuite au fils et aux petits-fils de Jean-Frédéric, puis fut réuni, au xvii^ siècle, aux Etats de la maison de Gotha. A la mort d'Ernest-le-Pieux* (V. ci-dessous), Cobourg échut à l'un des fils de celui-ci. Au xvni^ siècle, le duché de Cobourg passa sous la domination des ducs de Saxe-Saalfeld, descendants d'un autre fils d'Ernest-le-Pieux. Les ducs de Cobourg-Saalfeld se préoccupèrent moins des progrès de l'instruction que leurs voisins de Gotha et de Weimar; on ne leur doit aucune création remarquable. C'est seulement à une époque relativement récente, vingt ans après l'union des duchés de Cobourg et de Gotha, que fut fondé le séminaire d'instituteurs de Cobourg (1845), sous le règne d'Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha.
Le duché de Saxe-Cobourg a environ 60000 habitants et un territoire de 562 kil. carrés.
La loi organique de l'instruction primaire est du 27 octobre 1874. Elle est complétée par l'ordonnance scolaire [Schulordnung) du 26 avril 1876.
Les dispositions relatives aux matières d'enseignement de l'école primaire, à l'âge scolaire, au nombre des élèves qui peuvent être réunis sous un même instituteur, aux obligations de la commune relativement à l'entretion de l'école, sont les mômes que dans le duché de Saxe-Gotha (V. ci-après)
Les traitements sont réglés d'après l'échelle suivante : 1° pour les instituteurs nommés à titre provisoire ou instituteurs auxiliaires, 800 marks dans la ville de Cobourg, 700 dans les autres villes, 500 dans les villages et le logement en plus ; 2° pour les instituteurs nommés à titre définitif, 1050 marks dans la ville de Cobourg (avec des augmentations quinquennales de 150 marks, portant lo traitement à 1650 marks après vingt années de services), 850 marks dans les autres villes (avec des augmentations quinquennales de 150 marks), 690 marks dans les villages (avec des augmentations quinquennales de 90 marks), et le logement en plus. Dans les villes, les augmentations de traitement sont à la charge de la commune; dans les communes rurales, l'Etat les prend à sa charge. Les fonctions de directeur de l'école donnent heu à un complément de traitement, qui est, dans les villages, de 50 à 100 marks, dans les villes de 300 marks, et à Cobourg de 000 marks. La pension de retraite est de 40 0/0 du traitement après dix années de service; elle augmente de 1 1/2 0/0 pour chaque année de service au delà de dix, jusqu'à concurrence de la totalité du traitement. La veuve reçoit 1/G du traitement ou de la pension de retraite, et chaque orphelin 1/20 jusqu'à l'âge de seize ans.
Les autorités scolaires sont : le comité scolaire {Schulvorstand), composé du ma.ire {Schidtheiss) , de l'instituteur, d'un ou de plusieurs membres élus {S' hul/>fleger) et du pasteur; l'inspecteur scolaire, qui exerce la surveillance sur les écoles du duché, au point de vue de l'éducation et de l'enseignement ; les bureaux scolaires {Sc/iu/â7nter), chargés de l'administration extérieure, et composés, dans les villes, du bourgmestre et de l'inspecteur, et pour la partie rurale, du Landrath (sous-préfet) et de l'inspecteur ; enfin, le ministère d'Etat. Le duché est divisé en 8 districts de conférences [Konfe-enzbczirUe) ; dans chacun d'eux doivent avoir lieu huit conférences par an ; les instituteurs nomment eux-nv^mes le président de la conférence de district. Une fois par an, l'inspecteur préside une conférence générale. Il existe en outre une bibliothèque scolaire nationale, administrée par l'inspecteur, et, dans chaque district de conférence, un cercle de lecture.
Dans l'école à une seule classe, les enfants sont partagés en trois divisions : la division inférieure