‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 368 sur 573 · SAXE-WEIMAR · texte numérisé non relu

SAXE-WEIMAR

chant, le dessin, et, pour les garçons, la gymnastique. Autant que possible, les filles doivent recevoir l'enseignement des travaux à l'aiguille et celui ^e la gymnastique. Dans les écoles à plusieurs classes {Rektoratsschulen), on peut ajouter au programme le latin, le français, et, pour les jeunes filles, l'anglais. Le nombre des élèves pouvant recevoir l'enseignement ensemble dans une même classe ne peut excéder soixante; un même instituteur ne peut pas être chargé de plus de cent vingt élèves. L'âge scolaire obligatoire dure de six à quatorze ans.

Après la sortie de l'école primaire, les garçons sont tenus de fréquenter encore pendant deux ans l'école complémentaire [Fortbildungsschule] ; il dépend de l'autorité locale de rendre cette ft'équentation obligatoire aussi pour les jeunes filles.

La construction et l'entreden de l'école, ainsi que le traitement des instituteurs, sont à la charge des communes, auxquelles l'Etat peut accorder des subsides dans le cas d'insuffisance de leurs ressources. Les traitements, dans les communes de moins de 300 habitants, sont de 675 marks, plus 100 marks pour le service du culte; dans les communes de plus de 300 habitants, de 900 marks, plus ] 75 marks pour le service du culte. Cinq ans après la nomination à titre définitif, l'instituteur a droit à une augmentation de 70 marks, payée par la caisse de la commune ; les autres augmentations quinquennales (qui atteignent 300 marks au bout de trente années de services) sont à la charge de l'Etat. La pension de retraite est de 60 0/0 du traitement après dix années de service ; elle s'accroît de 1 i/s 0/0 pour chaque année de service en sus, et est éeale au traitement après quarante années de services ; elle est payée par la caisse des retraites, à laquelle chaque commune verse annuellement 4 0/0 du traitement de l'instituteur.

L'école primaire est confessionnelle ; toutes les écoles du duché sont luthériennes, â l'exception d'une école cathoUque et de trois écoles Israélites.

Les instituteurs, à la sortie de l'école normale, ne peuvent être nommés qu'à titre provisoire ; c'est seulement après deux ans de stage et après avoir subi avec succès le second examen, qu'ils peuvent être nommés à titre définitif. Les peines disciplinaires prévues par la loi sont l'avertissement, la censure et la révocation.

Le nombre des écoles primaires, en 1885, était de 297 (y compris les Bûrgerschulen ou écoles primaires supérieures), avec 544 instituteurs et 14 institutrices, et 31 744 élèves. Si on ajoute à ce dernier chiffre les 3656 élèves des Fortbildungsschuten, on obtient un total de 35 400 élèves, ce qui donne une proportion de 16 élèves sur 100 habitants. Il y a en outre 7 écoles privées (1 pensionnat de garçons et 6 instituts de jeunes filles), une école de refuge avec 48 enfants, et un orphelinat militaire avec 16 enfants.

L'école normale d'instituteurs, à Hildbourghausen, a été formée en 1827 de la réunion des trois séminaires de Hildbourghausen, de Meiningen et de Saalfeld. Elle comprend quatre classes répondant à quatre années d'études; les élèves des trois premières années sont logés gratuitement dans l'établissement. Pour le programme d'études, V. Normales (Ecoles),^». 2082 . A l'établissement sont jointes une école primaire et une école de sourds-muets; les exercices pratiques dans ces deux écoles sont obligatoires pou. les élèvesmaîtres. Le diplôme obtenu à la sortie de l'école normale donne droit à la nomination au poste d'instituteur à titre provisoire.

Il y a à Meiningen, pour la préparation des institutrices, un établissement privé qui reçoit une subvention de l'Etat. En vertu d'une convention, les diplômes de sortie de cet établissement sont aussi valables en Prusse.

Le duché possède deux gymnases (à Meiningen ' et à Hildbourghausen) avec 296 élèves ; deux gymnases réaux (à Meiningen et à Saalfeld), avec 322 élèves; une hôhere Sùrgerschule (à Sonneberg) avec 124 élèves; une école d'agriculture et une école technique (toutes deux à Hildbourghausen).

SAXE-WlilMAR.— L'origine du duché de Saxe- Weimar remonte au xvi^ siècle. Les princes de Saxe delà ligne ernestine ou branche aînée, que Charles- Quint avait dépouillée de la dignité électorale au profit de la ligne albertine, prirent le titre de ducs de Saxe, avec Weimar pour capitale. Au commencement du xvu<î siècle, il se forma deux duchés de Saxe, celui de Gotha sous Ernest le Pieux, et cmlui de Weimar sous Guillaume, frère aîné d'Ernest. Du duché de Weimar se détacha ensuite celui d'Eisenach, qui y fut de nouveau réuni un siècle plus tard, en 1741. Après les guerres de 1813 et 1814, le duc de Saxe-Weimar reçut divers territoires enlevés au royaume de Saxe, et prit le titre de grand-duc.

Le grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach a environ 315 000 habitants, et une superficie de 3636 kilom, carrés.

Les institutions scolaires dont Ernest le Pieux avait doté le duché de Gotha ne restèrent pas sans influence sur celui de Weimar, qui se les appropria dans une certaine mesure. Un séminaire d'instituteurs fut fondé à Weimar dès 1726 par le duc Guillaume-Ernest, et réorganisé en 1788 par Herder*, que le duc Charles- Auguste, l'ami de Gœthe et le protecteur des lettres, avait placé à la tête de l'instruction publique. Nous avons indiqué à l'article Hei'der les services rendus aux écoles du duché de Weimar par cet homme éminent. Dans la première moitié de notre siècle, les guerres avec la France et la réaction qui suivit les événements de 1815 ralentirent le développement de l'éducation populaire. Mais depuis 1848 de nouveaux progrès ont été réalisés. La loi organique de l'instruction primaire est du 24 juin 1874; elle est complétée par une loi sur les traitements des instituteurs, de la même date.

Les matières obligatoires d'enseignement à l'école primaire sont la religion et la morale, la langue allemande, le calcul (arithmétique et éléments de géométrie), l'histoire naturelle et la géographie, l'histoire, le chant, et, pour les garçons, la gymnastique et le dessin. On y ajoute, s'il est possible, l'arboriculture pour les garçons, les travaux à l'aiguille, la gymnastique et le dessin pour les filles. L'âge scolaire s'étend de six à quatorze ans; la durée de la fréquentation obligatoire peut être prolongée d'un an, si l'instruction de l'élève est jugée insuffisante. Les parents ont le choix entre l'école de leur confession, lorsqu'il en existe, et l'école publique, qui n'est pas confessionnelle ; les écoles confessionnelles ne peuvent avoir que le caractère d'établissements privés. Dans la règle, le nombre des enfants confiés à un même instituteur ne doit pas dépasser quatre-vingts.

La préparation professionnelle des instituteurs a lieu dans une école normale entretenue par l'Etat. Le diplôme de sortie de cette école donne droit à une nomination à titre provisoire ; la nomination d'un instituteur à titre définitif ne peut avoir lieu qu'après deux ans de stage et à la suite d'un second examen. Les communes qui subviennent complètement aux dépenses de leur école, sans aucun secours de l'Etat, ont le droit de choisir elles-mêmes leur instituteur, sous réserve delà ratification de ce choix par l'autorité scolaire supérieure; dans les autres communes, c'est cette autorité qui nomme directement les instituteurs.

L'autorité scolaire locale est le comité scolaire local, composé du bourgmestre, d'autant d'ecclésiastiques qu'il y a de confessions représentées dans l'école, d'un ou de deux instituteurs, et d'au-

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