‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 401 sur 573 · SIMULTANÉ · texte numérisé non relu

SIMULTANÉ

donnée, l'enseignement simultané consiste, comme mode, à ordonner l'école de manière que tous les élèves ou du moins une partie notable des élèves puissent recevoir ensemble l'enseignement sur les diverses parties du programme; comme méthode, à appliquer à chacune de ces matières la marche et les procédés que commande le mode adopté et qui en sont la conséquence. Il diffère de l'enseignement individuel en ce que la leçon est faite à plusieurs au lieu de n'être faite qu'à un seul ; il diffère de l'enseignement mutuel en ce que les élèves le reçoivent directement du maître au lieu de le recevoir par l'intermédiaire de condisciples désignés et préparés à cet effet. On peut dire qu'il est aussi ancien que le monde : dès qu'un homme prit la parole pour éclairer ou persuader ses semblables, il les groupa autour de lui et s'adressa à la fois à tous ceux dont il pouvait être entendu.

Les savants et populaires professeurs qui, au moyen âge, sur la montagne Sainte-Geneviève, se voyaient entourés de nombreux disciples, firent de l'enseignement simultané ; ceux qui leur succédèrent dans les chaires des collèges de TUniversitô en firent à leur tour. Seuls, les maîtres des petites écoles s'écartèrent de ces traditions. En présence d'un auditoire restreint, avec des enfants qui différaient notablement par l'âge, par le degré de développement intellectuel, par la position sociale, ces maîtres se crurent obligés de donner à chacun et séparément l'enseignement qui pouvait lui convenir. Ils prirent l'habitude de se tenir à leur bureau et d'y appeler leurs élèves à tour de rôle pour les faire lire, pour contrôler leur page d'écriture, de calcul, etc. Mais lorsque vint la généreuse pensée d'instruire les masses, de donner même aux enfants les plus pauvres la somme de connaissances jugée nécessaire à tous, et cela avec un nombre restreint de maîtres, il fallut songer à grouper les auditeurs et à les mettre à même de recevoir en commun des enseignements au moins à la portée du grand nombre. C'est ainsi que procéda J.-B. de la Salle*. Il confia à chacun de ses maîtres une classe tout entière, divisée au plus en trois groupes (les faibles, les médiocres, les forts), qu'ils devaient exercer successivement sur les matières inscrites dans leur programme.

L'application du mode simultané au xpe<îie5eco/(?5, aux ?coles primaires, comme nous disons aujourd'hui, malgré l'économie de temps etde forces qui en résultait, ne parut pas répondre suffisamment aux besoins. Au commencement du xrx^ siècle, les amis de l'enseignement populaire lui associèrent le mode mutuel. Nous disons « lui associèrent», car, au fond, le mode mutuel n'est qu'une forme, qu'un procédé du mode simultané : les maîtres improvisés que l'on appelle des moniteurs sctnt, eux aussi, placés à la tête d'un groupe d'enlants qu'ils enseignent simultanément. On pouvait alléguer leur insuffisance, mais leur emploi ne modifiait point radicalement le système inauguré par J.-B. de la Salle dans ses écoles. Cependant ces dernières prétendirent être les seules qui eussent conservé le véritable enseignement simultané. Dans tous les cas, elles en demeurèrent le type, et c'est à leur organisation que durent revenir peu à peu toutes les autres, au fur et à mesure que les ressources se firent et que les maîtres se multiplièrent. Toutefois, pendant que le mode mutuel se soutenait dans les villes, le mode individuel persistait dans les campagnes. A une date qui n'est pas encore bien éloignée (1842), on pouvait écrire : « Les écoles communales sont encore dirigées presque partout par le mode individuel, comme nous avons eu l'occasion de nous en convaincre; seulement, pour se conformer aux circulaires de MM. les recteurs, les instituteurs déclarent adopter le mode simultané, mais ils ne le connaissent pas ; ils ne comprennent même pas la signification du mot si-

multané. » Un inspecteur (M. Lamotte) demandant à un maître d'école de village s'il avait adopté la méthode simultanée : « Oui , répondait naïvement celui-ci, j'enseigne simultanément chaque écolier l'un après l'autre. » Ce n'est que quand le plus grand nombre des écoles se trouvèrent aux mains de maîtres sortis des écoles normales, que l'enseignement simultané se généralisa et triompha des anciens errements.

L'enseignement simultané l'emporte de beaucoup et à tous les points de vue sur l'enseignement individuel et sur l'enseignement mutuel. Elèves et maîtres y trouvent de grands avantages. Pour les uns comme pour les autres, il est un puissant facteur : il crée du temps : il rapproche de l'unité un diviseur qui, autrement, serait égal à l'effectif de la classe, et le quotient s'en trouve augmenté d'autant. Par lui, trente, quarante, cinquante enfants et quelquefois plus, jouissent sans perte du temps consacré à l'enseignement, si bien que

Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier.

Il met l'enfant en commerce continu avec son maître, c'est-à-dire avec un homme fait, solidement instruit, ayant une autorité morale et un prestige auxquels ne saurait prétendre un condisciple; capable d'ailleurs de donner, comme dit M. Gréard, non pas seulement la lettre, mais l'esprit même de l'enseignement, en un mot, préparé de longue main à la délicate mission d'instruire et d'élever et ayant toute la compétence désirable pour la remplir. Avec ce mode, il y a émulation. La comparaison avec soi-même produit sans doute une émulation bonne et saine, la meilleure, la plus saine de toutes et que J.-J. Rousseau a raison de préconiser. Mais l'émulation qui naît de la comparaison de nous-mêrae avec les autres, est bonne aussi, du moment qu'elle est renfermée dans de justes limites, qu'elle ne dégénère pas (ce que l'on n'a guère à craindre à l'école) en un sot orgueil et qu'elle ne tourne pas à l'envie. Elle est, avec l'entraînement du nombre, l'un des plus sûrs moyens que nous ayons de triompher de l'indolence et du dégoût du travail si naturel à l'enfant. De ce chef, on pourrait mettre à son actif, à l'actif de l'enseignement simultané par conséquent, tous les avantages que l'on fait valoir en faveur de l'éducation publique.

Mais l'enseignement simultané ne peut produire tous les résultats qu'on est en droit d'en attendre qu'à une condition, c'est qu'il ne s'adresse qu'à une division ou à un groupe d'enfants en état de le recevoir. On a vu des maîtres qui, exagérant l'emploi de la méthode, entreprenaient de faire à toute leur classe des leçons communes. En dépit do leurs efforts et même d'un véritable talent, leur enseignement tantôt passait par-dessus les intelligences, tantôt restait au-dessous et fatiguait par des redites ou des retours inopportuns. L'idéal, dans la circonstance, serait qu'un maître n'eût devant lui que des élèves de force égale. Cet idéal n'est point atteint dans l'enseignement secondaire; à plus forte raison ne l'est-il point à l'école primaire. Mais on peut s'en rapprocher en évitant deux excès : les divisions trop nombreuses, par suite composées d'éléments tout à fait disparates, et les divisions trop multipliées qui, amenant l'éparpillement des élcvesetl'émiottement du temps, feraient reparaître les inconvénients du mode individuel. L'agencement des écoles, tel qu'il résulte aujourd'hui de l'organisation pédagogique inaugurée à Paris par M. Gréard et du règlement du 27 juillet 1882, garantit les maîtres contre cette double exagération. D'un côté, l'effectif de toute école est partagé en trois cours, ce qui oblige déjà à un classement basé sur les âges et les forces ; ces cours sont susceptibles, là où le nombre des salles et des raaî-

SOAYE

SOCIETE

tfos 1c pcrmnt, de se décomposer en groupes ou classes suivant le même proj^ramme, mais a la distance que réclame une iaibicsse relative. De l'autre, il est de principe qu'aucune divi^,ion ou subdivision no doit se rencontrer entre des élèves d'un même cours, soit dans la classe unique, soit dans les classes multiples d'une grande école. S'il est admis des exceptions, ce n'est que dans le cours élémentaire ou dans la classe inférieure de ce cours, où il y a nécessité d'établir, au moins dès le début, plusieurs sections de lecture, de calcul, etc.

Dans ce dernier cas, le mode simultané fait quelques emprunts au mode mutuel. Mais il ne les fait que pour la partie mécanique ou routinière qui se rencontre, quoi qu'on fasse, dans tout enseignement. La simultanéité des leçons implique la simultanéité des exercices de travail personnel. Or, pendant que, dans une classe unique ou dans une petite classe, les divisions supérieures sont livrées à un de ces exercices, sont par exemple occupées à une rédaction, à la solution d'un problème, etc., le maître trouve quelques instants de répit, qui lui permettent de se rendre auprès des petits pour leur donner cet enseignement intelligent et approprié qui ne saurait être le fait d'un aide ou d'un moniteur. C'est là, du reste, encore un des avantages du mode simultané : Si Vemploi du temps est ordonné d'une manière rationnelle, à quelque moment que l'on entre dans une classe, on trouve tous les élèves occupés soit seuls, soit avec le maître ; on ne rencontre plus, notamment, comme jadis, de pauvres petits enfants se morfondant, soûs prétexte d'étude, devant un livre, c'est-à-dire perdant un temps précieux, sans aucun profit, tant s'en faut, pour leur développement physique.

Tel est le mode simultané. Telles sont les phases par lesquelles il a passé ; telles sont aussi les avantages qu'il présente et qui, avec d'autres circonstances, l'ont lait triompher à la fois du modo individuel et du mode mutuel. Après l'avoir longtemps délaissé, presque dédaigné, on est revenu à lui sans bruit et sans éclat, comme d'engouements passagers pour des nouveautés plus brillantes que solides on revient tout doucement à la nature, ramené qu'on est par l'expérience et par les déceptions. [E, Brouard.]

SIMULTANÉE (École). — On appelle en Allemagne école simuUanée [Simultanschule] ce que nous appelons en France « école mixte quant aux cultes » ; dans une école de ce genre, les enfants appartenant à des cultes différents reçoivent l'enseignement en commun, « simultanément », tandis que les écoles confessionnelles les isolent les uns des autres : ainsi s'explique cette expression qui au premier abord semble bizarre. Au lieu de SimuUanschule, on dit aussi paritutische Sc/mle, « école où les divers cultes sont sur un pied de parité, d'égalité ».

SOAVE. — Francesco Soave, éducateur italien, d'origine suisse, né à Lugano en 174-5, fut élevé chez les PP. Somasqucs, dont il suivit les écoles à Milan, à Pavie et a Rome ; il entra ensuite dans leur ordre. Du Tillot, l'intelligent ministre du duc de Parme, l'ayant distingué, lui donna à l'université de Parme une chaire do poésie et d'éloquence. Plus tai-d, il fut appelé à Milan comme professeur de philosophie, et à partir de 1787 il y dirigea une espèce d'école normale iscuota di mctodo) , qui lorma de nombreux instituteurs pour le^ écoles élémentaires de la Lombardic. En 1802, le P. Soave dcvmt membre de l'Institut national de la République cisalpine, et reçut la direction du lycée de Modène ; peu après, il fut nommé à la chaire d'idéologie de l'université de Pavie ; c'est dans cette ville quil mourut en 1806. Soave a donne une utile impulsion à renseignementpopulaire en Lombardie dans le dernier quart du xviiic siècle. Parmi ses écrits, le plus remarquable est un volume de

Nouvelles morales [Novelle rnornl'i) , qui a été longtemps employé comme livre de lecture dans les écoles; il a été traduit deux foi» en français, par Simon (1700) et par M^"" Colet (1844).

SOCIÉTK (Iles de la). — V. Marine et colonies.

SOCIKTÉ D'LnuCATION T)E LVO>. — Reconnue d'utilité publique par décret du 31 août 1867, elle s'occupe, dit l'article l**" de ses statut», de tout ce qui concerne l'éducation et l'instruction. Elle met, chaque année, au concours une question pédagogique pour laquelle elle distribue un prix dont la valeur variable est déterminé à l'avance par la Société. [Ernest Cadet.]

SOCIÉTÉ D'Ei>'SEIGNE3IE?JT PROFESSION- NEL DU RlIOiNE. — Fondée en 18G4 dans le but de donner aux adultes des deux sexes une instruction appropriée à chaque profession, elle a été reconnue d'utilité publique par décret du 29 novembre 1878. Cette grande institution, la plus importante de ce genre qu'il y ait en France, s'est développée d'année en année. Ses cours sont aujourd'hui au nombre de 150 suivis par plus de 8 000 adultes. Son budget dépasse 80000 fnmcs.

[Ernest Cadet.]

SOCIÉTÉ DES CHEFS D'IXSTI I U TIOX. — En 1829 quarante et un chefs d'institution et maîtres de pension de Paris, parmi lesquels on remarque les noms de MM. Pellassy de l'Ousle, Mas>,in, Barbet, Bourdon, Chastagner, Hallays- Dabot, Landry, de Lanneau, Loriol, Muron. Jubé, de Reusse, Favard, Lyévins, Goubaux, Dupras, Saint-Amand-Cimttière, etc., constituèrent par devant notaire une Société de prévoyance « à laquelle pourraient recourir, par voie d'emprunt, ceux d'entre eux qui se trouveraient momentanément embarrassés ; sur les fonds de laquelle pourraient être accordés des secours temporaires à d'anciens chefs d'institution réduits à des moyens d'existence insuffisants; enfin des secours aux répétiteurs et maîtres qui, après de longs et honorables services, se trouveraient dans le besoin. »

Au commencement de 1831, les membres de la Société de prcvojjance déclarèrent qu'elle manquerait à ses devoirs « envers la jeunesse, envers les familles, si, en restant dans les limites qu'elle s'était d'abord posées sous un régime qui enchaînait la liberté de l'enseignement, elle négligeait les moyens de constituer comme un fait cette liberté, proclamée comme un droit par le vœu national.... Ce que demandait l'époque actuelle, ce n'était plus une association limitée et composée seulement de quelques instituteurs, mais une vaste société, destinée à accomplir tout le bien qui restait à faire, à combattre tout ce qui tenterait de l'arrêter. »

En conséquence, à partir du 1" janvier 1831, la Société de prévoyance de Paris, étendant son acte d'union à toute la France, et même aux colonies, prit le titre de Société d'éducation nationale formée par les chefs d'institution de France.

La Société d'éducation nationale, qui ne sut peut-être pas toujours bien proportionner son but à ses moyens, et qui embrassa un champ d'aciiviic trop vaste pour être bien défini, cessa d'exister dans le courant de 1843 ; mais elle avait crée entre beaucoup de ses membres des liens que rien ne pouvait plus rompre; elle renaquit presque aussitôt de ses cendres. Le 2 décembre 1843, un syndicat provisoire, ayant pour but d'organiser la chambre des chels d'institution de Paris, se réunit chez M. Pellassy de l'Ousle, le dernier président de l'ancienne Société d'éducation nationale. Lue commission composée de MM. Labrouste, .Mage, Verdot, Pellassy do l'Ousle et Massin, fut chargée de préparer un projet do règlement; M. Petit fut nommé président, M. Verdot, secrétaire.

Telle est l'origine de la Société des chefs d'insti^

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tidion, dont, au début, M. VerdotTutT'âm'é' i'«'ïiwi soûl a su les démarches, les efforts, 16s lettrés, es visites, les conférences Sans nombre, après lesquels, malgré l'indifférence des uns, l'opposition do quelques autres, il put grouper plus d'une centaine de membres; mais nous n'avions môme pas le droit de nous réunir, il fallait obtenir une constitution régulière. Pendant quatl-e ans le zélé fondateur poursuivit son but sans se laisser décourager par la lenteur des bureaux, le silence de certains ministres, le refus railleur de tel autre. Enfin, M. de Salvandy, plus libéral, obtint du Conseil royal l'arrêté qui permit à notre Société de dater du 18 décembre 1847 son existence officielle. » (Discours de M. Ad. Delahaye, président, sur la tombe de M. Verdot, 27 décénibre 1871.) A peine cette autorisation était-elle obtenue qu'éclata la révolution de Février, suivie bientôt de la loi du 15 mars 1850, qui régit encore presque entièrement l'instruction secondaire, et qui fit participer les maîtres laïques à des libertés et à des avantages qu'on voulait surtout accorder à d'autres. Les vétérans de l'enseignement libre, les survivants de la Société d'éducation nationale, purent éprouver une légitime satisfaction en voyant l'heureuse issue de la longue guerre qu'ils avaient soutenue contre le monopole. Pétitions aux Chambres, à tous les Conseils généraux de France, procès engagés contre le vice-recteur de l'académie de Paris, refus de payer l'impôt du vingtième, sacrifices pécuniaires, ils n'avaient rien épargné pour soutenir une lutte dans laquelle ils se sentaient appuyés par l'opinion publique, et quelquefois par des hommes tels que Cousin, Villemain, de Tracy, Saint-Marc Girardin, Ch. Dupin, Salvandy; lutte où, grâce à leur infatigable énergie, ils eurent enfin le dernier mot : car il est bon qu'on le sache, c'est pour une bonne part à leur courageuse croisade que la France doit ce qu'il y a de libéral et d'intelligent dans le régime actuel de l'enseignement secondaire : l'abolition de l'impôt du vingtième, la liberté du plein exercice^ la suppression du certificat d'études, la disparition de tant d'autres entraves. Pourtant leurs revendications furent toujours justes : les utopies, les systèmes hâtifs où le temps ne compte pour rien, les complaisances intéressées, ne séduisaient pas ces esprits aussi fermes que droits. Ils regrettèrent l'abaissement de la limite d'âge pour le baccalauréat, les iacilités trop grandes laissées à l'ouverture des établissements libres (autorisation de substituer au diplôme de bachelier un diplôme de capacité spécial), et surtout les dispositions nouvelles qui interdisaient à l'État la surveillance de l'enseignement. C'est l'honneur des chefs d'institution laïques de n'avoir jamais cherché à soustraire leur enseignement à l'inspection et d'avoir protesté contre le rôle amoindri fait ici à l'autorité dans un but trop facile à comprendre. ' ',

A cette période agitée, militantej à sticcêâé l'ère calme des progrès, des développements, des fondations utiles que nous allons énumérer. .

La Société des chefs d'institution a été reconnue à! utilité publique "Çt^iV un décret impérial du 6 janvier 1869, contre-signe Duruy, sur l'avis favorable du préfet de la Seine et du vice-recteur de l'aca^ demie de Paris. ' ;!-'"''"■' '*^''7;'f •/'• ^.; :''':; D'après les statutiS ânfic'ié'â' à'cé détlrdty^t qiii ne peuvent plus être modifiés sans autorisation, la Société a pour but :

« De veiller à la dignité et aux intérêts de ses membres, de venir en aide à leurs infortunes, d'entretenir de bons rapports de confraternité, et de concourir activement aux progrès de l'enseignement secondaire et de l'éducation de la jeunesse. (Art. 1er). .1 , , ,

» Elle se comporte 'dfe' s'ôiciétairé^"èn Ibliçrcicc, de membres honoraires et '^'dô'f'respôhddritis.

' »' Lé^ mémt)re^'h6noraîi?es (loiVènt'ày^îf.eiéi'cé pendant quinze ans au moins^et' avoir fâli'^artie, de la Société au moins pendant dix ans. (Àrt.iè).

» Tout'membrè, en exercice ou'honôra'ire,'pàie une cotisation qui alimente : l^'line caisse courante pour les frais d'administration ; 2^ une caisse de secours destinée à venir en aide à d'anciens chefs d'institution, à leurs veuves, à leurs enfant^'; 3° une caisse de retraites fondée dan? le but d'g,Vr der les maîtres et le? professeurs à s'assùrçp.iuijà|, pension dans leurs vieux jours. (Art. 3.) »..,,i,' ^,,..,1 L'article 4 interdît de toucher î^u'iç^iJ^tâtljdelîi^ caisse dé secours. / ' ,,,,' ' ' ■, "

« La Société est administrée par un Conseil de douze membres en exercice et de quatre membres honoraires, nommé en assemblée générale par scrutin de liste et à la majorité relative^

» Il se réunit une fois par mois et a pour attributions de prévenir ou concilier les différends survenus entre les sociétaires; de s'interposer amiablement entre des tiers et les sociétaires; de représenter les sociétaires auprès de l'autorité ; de faire ou de préparer l'étude des questions qui intéressent les établissements libres d'instruction secondaire. (Art. 6 et 7.) \., ,

» Cinq membres du Conseil forment. le|),Wreau de la Société. Ce sont : un président, un vice^président, un secrétaire général, un secrétaire-adjoint,^ un trésorier. (Art. 10.) .

» Le président et le vice-président sont pris dans le Conseil et élus par l'assemblée, au scrutin secret et à la majorité absolue de^ membres pré^ sents. (Art. 11). « ' -,.,: ^^ .^ ^., ,h;^u,. ^^-n Avant 18G6, les membre âdù^ponseijt>etleJbu^e£^ii; pouvaient être réélus iridèfinimient. Ml Labrouste siégea seize ans au fauteuil (1850-6(>), et ne le quitta qu'en mourant; l'infatigable M. Verdot fut vingt-trois ans secrétaire avant de terminer sa belle carrière par trois années de présidence active, suivie de la présidence honoraire à vie. 11 n'en est plus ainsi aujourd'hui : on a cru qu'il valait mieux faire appel successivement a, toutes les forces vives de la Société, intéresser chacun à tour de rôle à la bonne gestion des affaires; les membres du Conseil ne sont plus nommés que pour deux ans : le Conseil est renouvelable par moitié chaque année ; les membres sortants peuvent être réélus pour une seconde période biennale ; mais ils doivent ensuite cesser de faire partie du Conseil pendant au moins uu.an. (Art. 8 et9.) :;',V\,.";U-!',^.,,.^ .',- ;r.,tvv.,f Le président et le vice-president sant .eluSj^Pi^p,^ l'assemblée, au scrutin secret, pajmi les mempijçs. du Conseil ; ils sont élus pour un an, et pe^i^4#:i être réélus pendant les deux ans ou le.s quiitr,ç,|^ns qu'ils passent au Conseil. (Art. 11). . ..^ ,i -

Outre les réunions mensuelles du Conseil, il y a chaque année au moins trois assemblées générales- (art. 15), consacrées au compte rendu, par le président ou l'un des secrétaires, des travaux du trimestre ou de l'année ; au compte-rendu du trésorier, aux élections, aux distributions de plcd;f^lQs que la Société décerne à ses professeurs, au vote des questions présentées par le Conseil, etc. , Mais là ne se borne pas l'activité de la Société. Tous ses membres sont groupés en quatre conférences, une pour la banlieue, une pour la rive gauche, deux pour la rive droite, c^ui s'administrent elles-mêmes, ont leur règlement intérieur, examinent les questions que leur soumet le Conseil, lui en proposent, facilitent entre tous des relation» de chaque jour, développent l'esprit de corps et montrent la communauté des intérêts. Ce ti'a pas été l'un des moindres bienfaits de l'associa fipn que d'avoir contribué à éteindre peu à peu cesancicnnes rivalités qui se traduisaient autrefois par des dissensions que l'enseignement doit ignorer plus que toute autre profession.

Cp n'eçt.pas touf. Un i-çglepriQnt mûrement élab'jir^; a fixé les rapports des professeurs internes, et des jçiaitres surveillant^ ayec les chefs d'institution: les dispositions sur la tâche de ces collaborateurs', leur paiement pendant les vacances, les délais dans lesquels ils doivent ôtre prévenus en ca s cl e renvoi,, .oljit ^ ^çté, jr^^lé^es dç, la najinici:e la

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L'nè agç^cé, ,4 été créée pour centraliser les ofl'i^es et les dérnàndes ap places; les maîtres s'y font inséi'iré; les offres d'epiplois répondent aux demandes ; la statistique se complète : l'agence pbsscde un répertoire mobile de plus de 700 fiches qui renferme les nom et prénoms de chaque mt(îti;e, lai aate et l6 lieu de naissance, les maisons auxquelles iï'a été attaché, les fonctions qu'il y a remplies et lés motifs qui l'en ont fait sortir. Ce répertoire est tenu soigneusement au courant par des recensements trimestriels.

Chaque année, à l'assemblée générale de juin, la Société distribue des médailles de bronze, d'argent, de vermeil ou d'or à ceux des maîtres qui se' éont distingués par leurs services et leur conduite'it*réproçhabIe pendant des périodes de cinq, diii| 'qiiîrize, vingt ans dans la même maison. Une caisse dos retraites leur assure une rente d'au m"6iTis 300 francs à soixante ans au plus tard ; un tiers du versement annuel est payé par les intéressés; les d'eux autres tiers pJ^i'jle^j^hé^^, .d'institution. , . ,/J.. , ,

î!n 1865 , lé capital dé la Société était de 16 008 francs; en 188G la caisse de secours a un excédent de recettes de prôs do 3 000 francs ; elle possède un capital de 87 227 francs, produisant un intérêt de 3 368 francs; enfin la caisse des retraites suffit et au delà à ses dépenses encore assez restreintes '■' "" "'■'''' ' "" '"•' ' ■■ '' "" '

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