‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 402 sur 573 · L.Î (^.ki^d ëê:#tnii'fe''H;.(M^Mlttué."^'d · texte numérisé non relu

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chefs d'institution, à leurs v'étiV.éi QÏÎ'a, leurs enfants, plus de 40 000 fraricâ. ' ' '/,^ :. '

C'est à M. Chevallier qu'est due l'organisation définitive de l'agence. La présidence de son pi'édécesseur, M. Aubert, avait été signalée en 1874 par deux créations, la caisse des retraites et le Bulletin de rEnseif/nement secondaire libre. Ce Ihdletin, ùT^nnc désintérêts n;iatériels et intellectuels de la Sociétéi fait ùiie part âtii questions pédagogiques. ■''<'"'"" ' *^ '; '"'^

Les présidents qui ont succédé à M. Chevallier jusqu^en 188B sont MM. M.-J. Gaufrés, ancien direéteur' de Finstitution Duplessis-Mornay ; Dubicf, directeur de Sainte-Barbe, et Beaumont, directe^ir'de l'institution Jauffret. [De Ménorval.]

S'ilCIÉTÉ D'INSTRUCTION PRIMAIRE DU RrtOMi:. — Cette association a été fondée en 1828, au moment où, sous le ministère Martignac, le parti libéral put recommencer à s'occuper activement de l'amélioration des écoles. Peu de temps après sa création, M. Renouard parlait d'elle en ces termes dans un rapport présenté à la Société pour l'instruction élémentaire de Paris (17 mai 182i^) : « Lyon a formé une Société autorisée par ordotinahce royale et dont les souscriptions s'élcveHt h 150000 francs à recevoir en cinq ans. Cette Société a offert aux' instjtiiteurs primaires de leur aVletier les fonds nécessaires pour établir une école d'enseignement mutuel, sous la condition de recevoir cinq élèves non payants pour chaque allocation de 100 francs. Cette mesure a déjà produit d'excellents résultats. Une école d'adultes a été ouverte. La méthode de M. Jacotot y a été introduite avec un succès que l'on nous annonce y avoir dépassé toutes les espérances. » La Société pour l'instruction primaire du Rhône prit rapidement une extension considérable et rendit de grands services. La ville de Lyon lui remit entièrement le service do ses écoles laïques, que la i'ociété so chargea de ' diriger et d'adnjinistrer

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moyicnnant uro subvention annuelle. Dans les dcrmères années du second empire, cette Société possédait jusqu'à 00 école» fré(|uentc'*s par plu» de 12000 élèves; elle recevait de la ville de Lyon une .subvention de 170 0(X) francs, et du dépai-tement une subvention do HOOOfranc», Elleavait alors pour président M. Valois, et pour secrétaire général M. Arlcs-Dufour. Toutefois des plaintes s'élevèrent contre cet état do choses; l'administration universitaire demanda que la ville de Lyon rentrât en possession de sos écoles; et eu 1871 la municipalité lyonnaise retira sa subvention à la Société . d'instruction primaire, et organisa elle-raénio des écoles laïques. Nous trouvons dans un rapport d inspection générale de IS7i> un jugement scvero surlafac.on dont lu Société avait gère lfc:s intérêts qui lui avaient été confies : u La ville de Lyon, y liton, a traité à forfait avec la Société de renseignement primaire du Rhône, moyennant une somme considérable, pour donner la première instruction à ses enfants. Cette Société n'a songé qu'à gagner de l'argent : mauvais locaux, mauvais maîtres, écoles au troisième et au quatrième étage, etc. ^J^lgré tout ce qui a été fait depuis, il subsiste encore à Lyon un grand npxnbre de ces écoles et de ces maîtres. »

A partir de 1871, la Société d'instruction prir. maire du Rhône est allée en déclinant. Elle avait dû, à cette époque, réduire à huit le nombre de ses écoles, et aujourd'hui elle n'a plus qu'une école de garçons à la Croix-Rousse. Cette école, qui reçoit 300 élèves, est installée dans un magnifique local appartenant à la Société; elle est bien tenue, et l'enseignement y donne de bons résultats. Le dernier rapport publié par la Société concerne l'exercice 1878-1870 ; à ce moment elle avait encore cinq écoles. Les ressources de l'association vont en diminuant d'année en année : elles ne dépassent pas 12000 francs pour l'exercice 1886-1886.

SOCIÉTÉ FRANKLIN. — V. Franklin {So~ cictc) .

SOCIÉTÉ POUR L'ASSISTANCEPATERNELLE AUX ENFANTS EMPLOYÉS DANS LES FA- BRIQUES DE FLEURS ET DE PLUMES. —

Fondée en 1807, elle s'est donné pour mission de surveiller, moraliser et encourager les apprentis de l'industrie des fleurs et plumes, tout en stimulant leurs progrès techni<iues et en aidant au développement de leur instruction primaire. Des conférences et des cours gratuits ont lieu dans ce but, tous les dimanches matin, au siège social, H), rue de Lancry, à Paris. Le patronage prend à sa charge les fournitures scolaires.

La distribution des récompenses se fait solennellement, chaque aimùe, au palais du Trocadero. '

(Ernest Cadet.)

SOCIÉTÉ POUR L'ASSISTANCE PATER- NELLE AUX ENFANTS EMPLOYÉS DANS LES MANUFACTURES DE PAPIER PEINT DU DÉ- PARTEMENT DE LA SEINE. — Fondée en 1865, par les principaux fabricants de papier peint du département de la Seine, elle a pour but de niorahser et d'instruire les enfants appartenant à cette industrie, abandonnés jusqu'alors à l'ai-bitraire d'ouvriers patrons qui les laissaient dans une entière ignorance. Son siège social est actuellement à Paris, 5 et 7, passage Charles-Dallery.

L'origine de cette Société mérite d'être connue : M. Charles Robert l'a rappelée en ces termes dans • sondiscoursàladistributiondespri\du26mai 1867, * qu'il présidait comme représentant lo minisire de l'insti-uction publique : « Il y trois aus, un >;roupe d'apprentis du papier peint, oisifs et ab;uidonnes, jouaient bruyamment dans cette rue voisine, sous les fenêtres d'une sainte maison, où une sœur faisait à haute voix la lecture à quelques feauue».âgées. Importunée par les cris de celte jeunesse turbule;^^^, , eUe dema^d?;, ^e sileuçe; mais c*^k:

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enfants*îà ne comprenaient pas encore que la liberté de crier dans la rue en face d'une maison serait inconciliable avec la liberté d'y écouter paisiblement une agréable lecture; le bruit recommence bientôt. La sœur insiste et renouvelle en vain plusieurs fois les mêmes prières.

» Si je vous donnais des livres avec de belles images, dit-elle enfin à ces joueurs obstinés, n'aimcriez-vous pas mieux les lire, au lieu de nous troubler ainsi? — Sans doute, répondirent ces enfants, dont plusieurs avaient près de quatorze ans, mais nous ne savons pas lire. — Qu'à cela ne tienne, répliqua la bonne sœur : revenez demain, nous vous apprendrons à lire et môme à écrire.

» Le lendemain, une école s'ouvrait pour vingt élèves volontaires; bientôt il en arriva cinquante, puis une centaine, puis deux cents et plus, dont beaucoup ne pouvaient être admis, par suite de l'insulfisance du local. Les chefs d'industrie intervinrent : Vœwyre des enfants du papier veint fut fondée... »

Le compte-rendu de la séance du 8 mars 1885 nous apprend qu'en 1884 la Société a distribué pour 13.2C francs de livrets de caisse d'épargne et 860 francs de bons de vêtements.

TErnest Cadet.] SOCIETE POUR L'EIVCOURAGEMENT DE L'IINSTRUCTION PRIMAIRE PARMI LES PRO- TESTANTS DE FRANCE. — Cette Société, fondée à Paris, a été reconnue comme établissement d'utilité publique par ordonnance royale du L5 juillet 1829. Aux termes du règlement visé dans l'ordonnance et adressé au ministre de l'instruction publique, M. de Vatimesnil, par le marquis de Jaucourt, le comte Verhuel, le baron Delessert et d'autres protestants notables, « le but de la Société est de seconder les progrès de l'instruction primaire parmi les protestants de France. La Société emploiera les fonds qui seront mis à sa disposition de la manière qui paraîtra la plus utile pour aider à l'amélioration des écoles existantes et à rétablissement de nouvelles écoles, et pour concourir avec les institutions publiques ou parti- , culières à tout ce qui peut provoquer l'instruction primaire dans la population protestante. » L'histoire de cette Société a été faite par M. le baron F. de Schickler, dans un remarquable rapport lu en avril 1880 à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa fondation. Les commencements furent humbles et difficiles ; c'est à de longs et persévérants efforts, à de généreux sacrifices, à une foi robuste, à la vertu particulière de l'initiative individuelle que sont dus les résultats obtenus par ce petit groupe de propagateurs de l'instruction accomplissant leur tâche dans un miUcu indifférent ou hostile. La loi de 1833 sur l'enseignement primaire était l'œuvre de M. Guizot, membre du comité de la Société ; dès 1835, celleci, secondant les intentions du ministre, clierchait à faire communaliser les écoles libres fondées par ses soins. Elle allumait ainsi, dans les ténèbres des pays ignorants et superstitieux, de petits foyers de lumière, de libre examen, d'instruction protestante, et les confiait ensuite à la commune et à l'État pour continuer plus loin, dans d'autres landes incultes, son travail de défrichement. Le terrain conquis fît augmenter les ressources et, en 1846, la Société ouvrait, dans un local acquis par elle, son école normale de Courbcvoie, qui fut conduite dans un excellent esprit par M. le pasteur Gauthey*, ancien directeur de 1 école normale de Lausanne. En 1855, la Société fonda à Boissy-Saint-Léger une école normale d'institutrices. Elle a aidé par de larges subventions l'école modèle de Mens (Isère), l'école modèle de Diculefit(Drôme),aujourd'hui communale et laïque, et l'école modèle de Foncstrange (iMcurtho), ferûiée en 1871 au moment où elle cessait d'èlre

iVançaise. De 1829 à 1852 la Société a été présidée par M. de Jancourt, de 1852 à 1874 par M. Guizot, puis par M. Félix Vernes, auquel a succédé M. Charles Robert en 1881. Pendant les cinquantesept années de son existence, la Société a consacré 4 millions de francs à l'œuvre de l'instruction primaire. Elle a créé et entretenu 1 300 écoles de garçons et de filles et salles d'asile, dont les deux tiers ont été communalisées. Depuis 1840 jusqu'à l'époque où la législation scolaire a supprimé l'enseignement religieux dans l'école, elle a vu son influence s'accroître et les candidats affluer dans ses établissements normaux, qui ont déjà fourni à l'enseignement primaire plus de mille instituteurs et institutrices. Son budget, qui n'était dans les premières années que d'environ 3 500 francs par an, s'est élevé à 120000 francs. Privée aujourd'hui des subventions et des bourses de l'État, la Société, contrainte de limiter le nombre de ses créations d'écoles libres, cherche maintenant à donner le jeudi dans les centres protestants un enseignement religieux aux enfants protestants de l'école publique laïque.

SOCIÉTÉ POUR L'ENSEIGNEMENT PROFES- SIONNEL DES FEMMES. — Due à la généreuse initiative de M™e Élisa Lemonnier^, cette Société, fondée en 1862 et constituée comme société anonyme à capital variable, a son siège social à Paris, 3, rue de Douai. Après avoir soulevé la question de l'enseignement professionnel des jeunes filles, elle a créé de^i établissements où l'application est venue justifier ses vues. Elle se proposait, en effet, de démontrer que le meilleur apprentissage est celui qui s'allie à une culture intellectuelle assez étendue et à de sérieuses études spéciales théoriques; elle a prouvé qu'un bon enseignement peut ouvrir aux jeunes filles des carrières et des emplois dont elles semblaient devoir être à jamais exclues. Les professions artistiques tiennent le premier rang ; viennent ensuite le commerce et la couture.

Les écoles de la Société ont remporté collectivement une médaille d'or à l'Exposition internationale d'éducation ouverte à Londres en 1884. A l'Exposition de Melbourne, elles avaient obtenu une récompense de premier mérite équivalant à une médaille d'or.

La Société pour l'enseignement professionnel des femmes a rencontré de nombreuses adhésions. Elle est aidée dans sa tâche méritoire par la ville de Paris et par les ministres de l'instruction pubhque et du commerce, qui lui accordent une large subvention.

Les anciennes élèves ont formé une association qui maintient entre elles les liens d'une amicale solidarité, [Ernest Cadet.]

SOCIÉTÉ POUR L'INSTRUCTION ÉLÉMEN- TAIRE. — La Société pour l'instruction élémentaire est la plus ancienne et la plus grande association laïque d'enseignement primaire que nous possédions en France; elle a été constituée le 17 juin 1815, c'est-à-dire la veille de "Waterloo.

Elle a eu pour premier objet la propagation de l'enseignement mutuel. — V. Mutuel {Enseignement),

Depuis 1800, il existait à Paris une Société qui contenait dans son sein l'élite des esprits éclairés et libéraux du premier Empire, la Société d'encouraqeinent pour l'industrie nationale, et dont le secrétaire général était le baron Marie-Joscpli de Gérando *. Le 1°^ mars 1815, MM. de Lasteyrie*, de Laborde"* et de Gérando proposèrent à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale la création d'une association qui aurait pour objet « de rassembler et de répandre les lumières propres à procurer à la classe inférieure du peuple le genre d'éducation intellectuelle ot morale le plus approprié à ses besoins ». La So-

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cicté d'encouragement constitua en commission d'étude les trois promoteurs de l'idée, et, quelques semaines plus tard, le 2y mars, le baron de Gérando lisait, au nom de cette commission, un rapport « sur les nouvelles écoles pour les pauvres », c'est-à-dire sur les écoles d'après le système de l'enseignement mutuel; la Société sanctionna les conclusions de ce rapport, en souscrivant, dès ce moment, pour une somme de oOO francs en faveur de l'association nouvelle, et en décidant qu'elle mettrait à la disposition de celle-ci, outre son influence morale, les divers moyens d'exécution qui pouvaient lui appartenir. Ce fut là l'origine de la Société pour l'instruction élémentaire, et ces 500 francs en ont été la première dotation. Les souscriptions affluèrent d'ailleurs, et en peu de temps cent cinquante noms se groupèrent autour de ceux des fondateurs.

L'un de ces souscripteurs fut Carnot*, que les jCent-Jours venaient d'amener au ministère de il'intérieur. Persuadé, lui aussi, de l'excellence de la méthode lancastérienne, il créa, le 10 avril, un Conseil d'industrie et de bienfaisance, à la première séance duquel il donna lui-même communication du rapport de M. de Gérando; le 27 avril, il fit signer à l'empereur un décret constituant une commission d'enseignement élémentaire, dans laquelle il fit entrer M. de Laborde, Jomard *, l'abbé Gaultier *, puis M. de Lasteyrie et de Gérando, c'est-à-dire les promoteurs mêmes ou les premiers fondateurs de la Société en formation : ce fut, on l'a souvent raconte, pendant qu'il assistait à une des séances de cette commission qu'il apprit le désastre de Waterloo.

Cependant, tout en acceptant le patronage officiel que lui offraient les circonstances, la Soj ciété pour l'instruction élémentaire tendait à s'or- ! ganiser et à se mettre en mesure de vivre de sa vie propre, en dehors et au-dessus de la bienveillance administrative. « La Société, dit une notice placée en tête du premier numéro de son journal, ne se dirige par aucune idée exclusive; elle n'aspire à aucune action administrative; elle recevra toutes les lumières qui lui seront offertes; elle offre tous les renseignements qui seront en son pouvoir; elle ne cherche qu'à faire le bien; elle rendra grâces à ceux qui lui en auront fourni ou facilité les moyens. » Et, quelques pages plus loin, nous lisons, dans un rapport présenté à la séance générale de la Société d'encouragement, le 11 mai, par M. de Laborde : « Déjà la Société a trouvé dans le gouvernement une bienveillante protection ; mais, il ne faut pas se le dissimuler, quelque intérêt que prennent les gouvernements à des établissements de ce genre, ils sont toujours suivis avec moins d'économie, de persévérance et de perfection que lorsqu'ils sont confiés aux partiliers. » Cette aspiration à une personnalité indépendante, qui s'accuse ainsi dés les premiers jours, a été certainement, sous les régimes si divers que la Société a traversés, son caractère le plus original peut-être et aussi une des conditions les plus efficaces de sa longue durée.

Nous n'avons pas à entrer ici dans le détail de tous les efforts que dut faire la Société pour constituer et organiser à Paris d'abord, puis dans les départements, le fonctionnement des écoles d'enseignement mutuel.

La Société elle-même entra en plein exercice et tint sa première assemblée générale le 17 juin 1815. M. de Gérando y fut nommé président; MiM. do Lasteyrie et J.-B. Say*, vice-piésidonts, M. de Laborde, secrétaii-o général. Dans plusieurs autres bcauccs, qui se suivirent do près, le bureau et le conseil d'administration furent complotes, et on adopta après discussion le règlement gênerai préparé piu* M. de Gérando.

D.jns la liste des membres de ce premier conseil d'administration, nous trouvons, outre les noms que nous avons déjà cités, ceux g Ampère, de Choron*, de Jullicn* de Paris, d'Amaury Duval, de Basset, du duc de Broglie, de Thurot, du mathématicien Hachette, de la Rochefoucauld-Liancourt*, de Maine de Biran. A ces noms il faut joindre ceux des premiers et plus importants souscripteurs : Francœur*, Frédéric Cuvicr", le comte de Chabrol-Volvic', Cadet de Gassicourt, Jules Mallet, Davilliers, Cormenin, Amoros*, Cauchois-Lemaire, Ternaux; Laurent de Jussieu*, qui fut rédacteur du journal de la Société pondant les premières années de sa publication; Bcrquey, le duc de Praslin, Greffuhle, Anisson-Duperron, Nyon*, Guéneau de Mussy. l'abbé Sirard*, Saint- Simon*, inscrits, entre bien d'autres, sur les premières listes; il y faudrait join !re aussi les noms de plusieurs femmes, particnli lemont celui de la duchesse de Duras, qui pré^nli lo premier comité de dames pour la propagation du nouvel enseignement dans les écoles de Paris; enfin des associés étrangers, comme sir Joseph Banks, Campe *, Fellenberg*, Gutsmuths *, Pestalozzi *, etc., sans parler des inventeurs du système, Bell * et Lancaster*.

Le rapport sur le projet de règlement, qui fit l'objet des premières délibérations de la Société, aussitôt qu'elle fut constituée, est de la main de M, de Gérando. Le rapporteur y faisait allusion à la gravité des événements. « En concourant, disait-il, à préparer de nouveaux moyens pour former de bon3 Français, des citoyens soumis aux lois, dévoués à leur pays et à leur prince, nous prouverons que nous nous confions à l'avenir, que nous sommes loin de désespérer des destinées de la patrie. Les anciens consacraient par des sacrifices, par des cérémonies religieuses, ces grandes époques des dangers publics. Il y a, Messieurs, quelque chose d'un caractère aussi auguste dans l'inauguration, quelque modeste qu'elle soit, d'une institution entièrement dévouée à la bienfaisance; et c'est un bon présage que d'avoir pu, dans de tels moments, concevoir et réaliser une entreprise qui est tout entière dans les intérêts de la vertu. »

Rapprochés de ces circonstances, les premiers articles du statut fondamental de la Société ont une véritable grandeur : nous en reproduirons le texte :

« Art. 1er. Convaincus que l'éducation est le premier moyen de former les hommes vertueux, amis de l'ordre, soumis aux lois, intelligents et laborieux, et seule peut fonder d'une manière utile et durable le bonheur et la vraie liberté des États, les membres de la Société se réunissent dans la vue d'encourager l'établissement en France d'écoles élémentaires organisées d'aj)rès les méthodes d'enseignement les plus parfaites, de propager, de perfectionner ces méthodes.

>) Art. 2. — Pénétrée de ce principe que les bienfaits de l'éducation, patrimoine de la grande famille dont se compose respccc humaine, ont pour but d'unir les nations les unes aux autres et de les conduire ensemble au degré de civilisatioa dont elles sont susceptibles, la Société recevra avec reconnaissance de la part des étrangers et leur communiquera les nouvelles méthodes et tous les renseignements qui peuvent tendre aux progrès do l'instruction.

» Art. ■'<. — La Société établira à Paris des écoles où les enfants apprendront à lire, à oiriro, à calculer, et recevront toutes les connai>-^ancos olôuKMitaires qu'elle jugera les plus utiles : nn y doni.ora tout le soin possible au\ noiit#ns londaujoiitales de la mornlo et aux bases de lonsoignemont religieux, dont le.s développements doivent être ré^orves aux ministres du culte. Od enseignera particulièrement aux filles, d'aprcs dca

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couture et autres convenables à leur sexe...': h'-

Maigre toutes les bonnes raisons indiquées pair son président, les premiers actes do la Société lurent rendus difficiles par ces événements devant lesquels, si pressants qu'ils fussent, elle ne recula pas. On se réunissait rue du Bac, dans un local prêté par la Société d'encoui agement. Là, a raconté M. Jomard, le bruit de la guerre se fit entendre plus d'une fois au milieu des délibérations, et la voix du canon vint couvrir celle des pacifiques orateurs. Quand Paris fut envahi, le général Muffling, commandant la placé pour les alliés, vint attacher ses chevaux aux clous des tableaux de lecture dans l'école de la rue Saint- Jean-de-Beauvais,la premir r e écolo d'enseignement mutuel créée par la Sociè:é.

A ces difficultés matérielles, dès les premiers jours de la Restauration, il s'en joignit d'autre sorte. Les premiers membres de la Société étaient pour la plupart croyants ou tout au moins respectueux de la religion; mais, persuadés qu'elle était devenue impviissante à conduire seule les populations hostiles ou indifférentes, ils voulaient lui faire sa place à part, tout à côté, mais en dehors de l'école ; ce n'était pas pour la détruire ni pour la combattre, mais plutôt pour lui venir en aide, qu'ils faisaient appel à l'instruction. Tel était l'esprit de l'article 3 des statuts. « Bien entendues, disait encore M. de Gérando, les notions élémentaires de la religion et de la morale sont essentiellement inséparables ; mais nous nous ferons un devoir de laisser aux minisires du culte le privilège qui leur appartient, de donner à ce genre d'instruction le développement successif qu'il doit recevoir ; du reste, nous osons espérer, dans nos efforts, le concours et l'appui des ministres de cette religion qui a environné d'une protection spéciale et l'enfance, et le malheur, et la pauvreté ; qui a révélé toute la dignité morale de notre nature ; qui a appelé tous les hommes à une commune destinée morale.... »

Les espérances de la Société ne devaient pas tarder, de ce côté, à être déçues. Nous lisons ce qui suit dans le procès-verbal de la séance du là décembre 1815 : « Sur la proposition de son président, la Société a décidé que les élèves des écoles fondées par elle suivraient, pour tous les exercices du culte religieux, les régies établies dans les autres écoles par l'autorité publique, et qu'il serait recommande aux maîtres de s'y conformer exactement. » Sous le sec libellé de ce procès-verbal on retrouve la trace de la première réaction de l'esprit clérical contre le principe de sécularisation religieuse des écoles, que la Société avait inscrit en tête de ses statuts. A peine quelques mois après que les écoles de la Société commençaient à se répandre et à prospérer, le grand aumônier de France, Mer je cardinal de Talieyrand, archevêque de Reims, s'adressa, dans une lettre publiée par les journaux, au préfet de la Seine, pour l'informer « qu'il avait fait connaître au roi les sollicitudes des catholiques et les observations du clergé au sujet des nouvelles écoles, et que Sa Majesté avait exprimé le vœu que la religion catholique servît de base à l'enseignement. » Les fondateurs de la Société, qui n'avaient, comme nous l'avons dit, aucune passion antireligieuse, prirent, après deux séances de délibération, la résolution que relate le p- ocès-verbal, et le principe de la laïcité, ou plus exactement, de la non confessionnalité do l'école rentra dans l'ombre pour soixante ans.

Ce ne jut d'ailleurs là que le prélude de la longue guerre que devait soutenir l'enseignement mutuel, représenté par laSociété pour l'instruction élémentaire, contre l'enseignement simultané, dont les frères des écoles chrétiennes se firent,

V' ôA' r\W 'Skît' trbii' 'i»'oiif'^iioi, ÏI^S 'clVàilip'foTfs 'èkcÏÏisï^, Celte gticrre scolaire, qui devint, comme il a été dit ailleurs, une des fofihes' dé la lutte politique entre les libéraux et lés' ultras, dura pen^aût toute la Restauration, et se prolongea même, ^^lyec des fortunes diverses, jusque dans lés deiripiôs années du gouvernement de Juillet. Peu s'en fallut, sous Charles X, que la Société, dont on faisait fermer les écoles, ne sombrât çomblètement elle-même. ,, .; ..? k r ,r:.(, , -^

Elle a survécu à ces riiàiivaiis jburs,'ét' signalé son action, à toutes les époques de son existence, en se mêlant à toutes les grandes œuvres d'enseignement et d'éducation populaires qui se sout produites chez nous depuis qu'elle est née, .)3t c'est elle qui bien souvent même en a pris l'^tiative. , \ ^; ^ '; ^'\, ,^ , •.,^.'''',l,ji'

En même temps, par éiénipïè',' <i|bè, clévan'^^ la critique et les journaux, elle signalait et retévait, la première, sur le rapport de Boulay (de la Meurthe), les énormités historiques du livre du Père Loriquct, elle inspirait et composait les premiers tableaux de lecture, d'arithmétique et de grammaire. Elle a aussi fondé des prix pou,r les meilleurs ouvrages d'enseignement,, et l€}Çfaei|leurs livres de lecture. . - ; '. i

Ce fut ainsi qu'en 1817 elle mit au concours la composition d'un ouvrage élémentaire, « où seraient tracés avec simplicité, précision et sagesse les principes de religion chrétienne, de morale, de prudence sociale qui doivent diriger la conduite des hommes dans toutes les conditions et les qualités de père, de fils, de mari, de citoyen, de sujet, de maître et d'ouvrier; » — termes qui indiquent bien quel était, à cette époque, l'esprit de la Société pour l'instruction élémentaire. Laurent de Jussiev.*prit part au concours, et il composa à cette occasion Simon de Nantua, dont les nombreuses éditions ont fait et font encore tant de bien dans nos écoles, et pann^les classes populaires. . - M I-' -'.^ ' ."-n n--''r ■;,'.

En 181G, elle avàîi'fondé un cours normal destiné à préparer des instituteurs, et avait placé à sa tête M. Nyon *. Quelques années plus tard, elle créa deux véritables écoles normales, l'une pour les instituteurs, dirigée par M. Sarazin * l'autre pour les institutrices, dirigée par M"'' Sauvan*.

En 1819, le 23 juin, sur la proposition de M. de Gérando, appuyé par MM. Francœur et de Lasteyrie, sur le rapport favorable de M. Jomard, en dépit des calomnies des ultramontains , qui l'accusaient de « vouloir seulement former des cantatrices et des chœurs de l'opéra » (rapport de M. Jomard, Bulr letin de la Société, 1819), elle introduisit les exercices de chant et de musique dans ses écoles, avec la méthode de Wilhem*, l'un de ses membres. Cette innovation eut le plus grand succès.

Elle fut moins heureuse avec la gymnastique. Dès 1818, fermant encore l'oreille aux clameurs de ceux qui prétendaient que la gymnastique n'avait d'autre objet que de « former des saltimbanques ou des brigands habiles à l'escalade », elle avait nommé une commission pour examiner la méthode du colonel Amoros*, qui admettait gratuitement dans son gymnase les élèves des écoles de la Société. Le rapport avait été favorable, et, depuis cette époque, la Société ne cessa de recommander la gymnastique et de récompenser les efforts faits sur ce point par les maîtres et les élèves. Et cependant, dans la séance du 2 juin 1848, M. Jomard, alors président honoraire, dut déplorer, selon sesprcpres expressions, « l'étatd'abandon où, depuis des années, la gymnastique, si utile, était tombée, pour le malheur de la génération qui s'élevait... Je demande, ajoutait l'honorable président, je demande que la Société, qui a tout fait, il y a trente ans, pour propager la création et l'emploi de la gymnastique, se remette à l'œuvre

ÇPRlfi'WÉ

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po«ar tâcher d'en faire .rcijotroduirc l'usage dans lés oçolç^ cfim'munales, où il semble aujourd'hui néglige. »' {didlc'tm, 1848). Cette négligence n'a pas cédé aux instances de la Société et il n'a pas fallu moins que nos malheurs de 1870 pour rappeler à nos générations la part qu'il faut faire dans Vécole à l'éducation physique; encore peuton trouver que celte part est restée bien mince.

La Société pour l'instruction élémentaire a mieux réussi dans ses tentatives successivcspour introduire dans les écoles l'enseignement de la géographie, du dessin linéaire, de l'histoire nationale, des premières notions d'anatomie et de physiologie , de chimie et d'économie politique. Elle a provoqué la création des cours d'adultes pour les ouvriers, des écoles dans les régiments, dans les équipages de la flotte, dans les prisons, des écoles du dimanche, des biljliothèques populaires et pédagogiques, des salies d'asile ; elle a fait comprendre les bienfaits des caisses d'épargne, fourni à des établissements d'instruction un matériel considérable : globes, cartes, plans, etc.

Eu 1831, lés services rendus par la Société et aussi le souvenir des persécutions qu'elle avait subies, pendant la période uitra-royaliste de la Restauration, lui valurent d'être reconnue comme établissement d'utilité publique par une ordonnance royale en date du 29 avril, sur un rapport signé d'Argout. Ce rapport fait connaître quelle était alors la situation de la Société. « La Société instituée pour l'amélioration de l'instruction élémentaire, disait le ministre, rend depuis scii:c ans les plus grands services à l'enseignement primaire. C'est à elle que l'on doit l'établissement en France des écoles d'enseignement mutuel ; c'est elle surtout qui a su, par de constants efforts, les maintenir en activité à l'époque où elles furent, sous une fâcheuse influence, frappées d'une sorte de proscription. On ne peut nier cependant que le mode d'instruction qu'elle mettait en pratique ne fût plus économique et plus complet que ceux usités jusqu'alors. On ne saurait contester également que ses procédés afl'aiblissaient le principal obstaclf^ qui, dans les villes et les campagnes, 'écarte des écoles les enfants de la classe ouvrière.

» La Société entretient à ses frais trois écoles primaires dans le sein de la ville de Paris; elle s'occupe de fournir et de procurer des maîtres pour les écoles des départements, dans lesquelles, par ses soins, sont distribués, à ses frais et selon les besoins, des crayons, des livres, des tableaux; elle examine toutes les nouvelles méthodes d'enseignement et en prescrit l'usage dans ses écoles lorsque les avantages en sont reconnus.

» Dans la vue si utile de former en France une bibliotiicque populaire, à l'exemple de ce qui se prati(iuc dans plusieurs pays étrangers, et particulièrement en Ecosse, elle distribue, chaque année, plusieurs prix pour encourager la publication d'ouvrages appropriés à l'intelligence des enfants, ou destinés à l'instruction de la classe ouvrière. »

C'est principalement à l'action de la Société et aux travaux de ses membres que la France est redevable des dispositions utiles de la grande loi de 18;J3 sur l'instruction primaire. Un remarquable et curieux mémoire de M. Delaporte, ancien membre de l'assemblée constituante de 18*8, qui a été inséré dans le Bulletin de la Société, montre que le projet de loi qui fut adopté par les Chambres, sur la proposition, quelque peu contrainte, de M. Guizot, avait été emprunté, à peu près en entier, à un projet de loi préparé dans le sein de la Société : on en retrancha seulement ce qui avait rapport aux écoles de filles.

• Plus tard (1877), un autre projet de loi, également élaboré par une commisbion composée de mem-

bres de la Société et approuvé par elle, fut déposé, en son nom, par MM. iiarni, Doré et Leblond. et ce projet est devenu l'une des baa'^s des différentes lois sur l'obligatiou, la gratuité, la laïcité et sur l'organisation générale de l'instruction primaire, qui ont été adopUios, ou dont la discussion est encore pendante devant les Chambres.

La Société pour l'instruction élémentaire, représentée alors par ses presidenta, MM, Camot et houlay (de la Meurthc), s'associa de cœur et d'action au mouvement en faveur de l'instruction populaire qui se produisit à la suite de la Révolution de février. Plus efiacée dans les premières années du second empire, elle reprit énergiquemcnt son initiative traditionnelle vers 1803, et commença à cette époque à se préoccuper particulièrement de l'instruction des jeunes filles, cette partie de son programme qui avait été oubliée dans la loi de 1833. Elle créa pour elles des cours normaux publics et gratuits.

Décidés en 18G4, inaugurés, sous la présidence de M.Marie, en 18G5, ces cours étaient, a l'origine, suivis par cent jeunes personnes seulement; ils comptent aujourd'hui plus de 3000 élèves, et ils sont au nombre de 60, parmi lesquelsil faut signaler le premier cours de morale fondé en France pour les femmes et professé avec une haute supériorité par M. Leblond, sénateur et conseiller à la cour de cassation. La littérature ancienne et moderne, les langues italienne, espagnole, anglaise, allemande, les sciences physiques et naturelles, les mathématiques, la comptabihté, y sont enseignées concurremment avec les travaux à l'aiguille, la musique, la lecture à haute voix, la sténographie, la pédagogie, le droit usuel, le dessin, la géographie, l'histoire ancienne, l'histoire moderne et l'histoire de France. Chaque année, d?s centaines d'élèves obtiennent, à l'hôtel de ville, le brevet élémentaire et le brevet supérieur. La Société pour l'instruction élémentaire a ainsi contribué, pour une très grande part, à grossir le nombre de ces jeunes institutrices qui viennent frapper, le plus souvent sans succès, par suite du trop grand encombrement, à la porte de l'administration scolaire pour réclamer des postes que maintenant elle n'a plus. Mais il est clair que ce mouvement finira par se régulariser; les vraies vocations seules persisteront, et l'éducation générale que toutes ces jeunes filles auront reçue n'en sera pas moins un grand bienfait.

La Société a également institué depuis 1864 des examens ayant pour objet d'exciter l'émulation entre les élèves des écoles laî(|ues de Paris et du département de la Seine. Depuis longtemps elle a cédé gratuitement à la ville de Paris les écoles qu'elle entretenait jadis, celles notamment qui sont mentionnées dans le rapport de M. d'Argout en 1831; elle a seulement conservé le patronage spécial de deux écoles du premier arrondissement. Mais elle convie à des examens annuels les élèves des écoles publiques et libres qui acceptent la visite des membres d'un comité d'inspection nommé par son conseil d'administration, et elle leur offre des certificats d'études de trois degrés, pour lesquels elle a encore devance l'initiative de l'administration do l'instruction publique et qui sont très recherches surtout par les entants des écoles libres. Plus de six mille cnlanis dos doux sexes prennent part, chaque année, à ces examens. En ce moment même (188G\ la Société se préoccupe d'étendre de ce côté le cercle de son action, en instituant, dans les déparlcment>, dos concours entre les écoles. Un concours entio les élèves de l'un et de l'autre sexe du département de Seine-et-Oise, appiutonant aux écoles laïques ou élevés dans leur famille, est annoncé pour 18 6.

La Société agit encore sur le personnel do louseigncment primajre, tant à Paris que dans les

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départements, en accordant aux maîtres et aux maîtresses, dont clic a constate, soit par des relations directes, soit sur les rapports de ses correspondants, le mérite et les services, des mentions honorables, des médailles de bronze, d'argent, de vermeil et d'or.

Elle récompense aussi, par les mêmes moyens, les meilleurs livres d'enseignement ou d'éducation, les meilleurs objets de mobilier ou de matériel scolaire, qui sont soumis à son examen.

Le Journal d éducation populaire ou Bulletin mensuel de la Société pour l'instruction élémentaire, parvenu aujourd'hui à la soixante et onzième année de sa publication, est distribué gratuitement à tous les adhérents de l'association. La collection complète, devenue malheureusement fort rare, contient les documents et les renseignements les plus curieux sur l'histoire do l'enseignement primaire en France et à l'étranger. « Le Journal d'éducation populaire, a dit très justement M. le sénateur Carnot, l'orme une collection importante que doivent connaître et consulter tous ceux qui s'occupent de l'enseignement. Il contient l'histoire la plus ancienne et la plus complète de ses progrès, des difficultés qu'il a fallu vaincre pour le constituer en France; l'esprit de sa rédaction n'a pas varié, non plus que celui de la Société; elle s'est toujours opposée hautement, franchement, depuis 1830, comme auparavant, aux envahissements de l'éducation congréganiste, soutenant, avec fermeté, que l'éducation laïque donne à l'État de meilleurs citoyens; à la famille, des chefs plus éclairés. »

Detout temps, tousceux qui, partageant ces vues, se sont occupés de l'instruction primaire, savants, pédagogues, publicistes, magistrats, hygiénistes, hommes d'État ou de lettres, se sont fait une sorte de devoir de s'inscrire au nombre des membres de la Société pour l'instruction élémentaire. Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre, reçu par l'assemblée générale ou par le conseil, et payer une cotisation annuelle de 25 francs. Les membres correspondants, dans les départements, doivent être également présentés par un membre, agréés par le conseil, et payer une cotisation de 5 francs. La Société est régie par un conseil d'administration, qui se compose de présidents et de membres honoraires, d'un président, de deux vice-présidents, d'un secrétaire général, de six secrétaires, d'un trésorier et de trente-six membres au moins et de quarante-huit au plus, répartis en comités. Le président, les vice-présidents, le secrétaire général et le trésorier sont nommés tous les ans; les président, vice-présidents et le secrétaire général ne sont rééligiblcs qu'après une année d'intervalle.

Voici, depuis 1815, la liste des présidents annuels de la Société :

1815, le baron de Gérando; — 1816-1817, Becquet, conseiller d'État; — 1818, le duc de la Rochefoucauld; — 1819-1 8'20, le duc de la Vauguyon, pair de France; — 1821, le duc de la Rochefoucauld;— 1822, le maréchal duc de Tarente; — 1823, le maréchal duc de Raguse; — 1824, le maréchal duc d'Albuféra, pair de France; — 1825- 182G, le général marquis Desselles, pair de France;

— 18-2G--27, le comte Mollien; — 1828, le comte de Lasteyrie; — 1829, Ternaux aîné, député; — 1830, Francœur, professeur à la faculté des sciences; — 1831, le baron de Géra.. do; — 183', le duc de Praslin, pair de France ; — 1H33, Jomard, membre de l'Institut; — 183», Francœur; — 1835, de Jouvencel, député; — 183(), Du pin aîné; — 1837, le duc de Praslin; — i83S, Diipin aîné; — 1839, de Jouvencel; — 1850, le duc de Praslin; — 184 , Dupin ané; — 18't2, Bnulay (de la Meurthe) ;

— 1S43, le baron de Ladonccttc; — I8ii, Boulay de la Meurthe); — 18i5, Dupin aîné; — 18 iG, le

baron do Ladoucette; — 1847, Eoulay (de la Meurthe) ; — 1848, Carnot, représentant du peuple ;

— 1849, Boulay (de la Meurthe), vice-président de la République; — 1850, Dupin, président de l'Assemblée législative; — 1851, Boulay (de la Meurthe); — 1.S52, Godard do Saponay; — 1853, Auguste Michelet; — 1854, le baron Charles de Ladoucette; — 1855, le baron Charles Dupin; — 185G, le comte Boulay (do la Meurthe); — Î857, Godard de Saponay; — 1858, Alexis Beau; — 1859, Dumas, sénateur; — 1860, Godard de Saponay; — 1861, Labrouste; — 1862, Charles de Ladoucette; — 18G3, Joseph Boulay (de la Meurthe); — • 1864, Malapert, avocat; — 18G5, Marie, avocat; — 186G, Jules Simon; — 1867, Albert Le Roy; — 18G8, Jules Favre; — 18G9, Carnot; — 1870, Leblond; — 1871, Carnot; — 1872, Leblond, membre de l'Assemblée nationale; — 1873, Remoiville; — 1874, Jules Simon; *— 1875, Hérold, vice-président du conseil municipal de Paris, sénateur; — 1876, Barni, député; — 1877-1878, Leblond, député; ■— 1878-1879, Eugène Pelletan;

— 1879-1880, Leblond; — 1880-1881, Eugène Pelletan; — 1881-1882, Leblond; — 1882-1883, Jules Ferry, ministre de l'instruction publique ;

— 1883-1884, Leblond; — 1884-1885, Remoiville;

— 1885-1886, Leblond.

La Société pour l'instruction élémentaire a actuellement son siège rue du Fouarre, n» 14, dans un local spécialement construit pour elle et qui contient de vastes salles de cours, souvent trop étroites déjà.

Elle a obtenu, partout où elle a présenté les résultats de ses travaux, les plus honorables récompenses : une médaille de bronze grand module à l'Exposition de Londres en 18G2; — une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris en 1867; — une médaille de mérite à l'Exposition de Vienne en 1873; — une médaille d'or à l'Exposition de Paris en 1878; — un diplôme d'honneur à l'Exposition de Londres en 1884; — un diplôme d'honneur à l'Exposition do la Nouvelle-Orléans en 1885. [Ch. Defodon.]

SOCIÉTÉS OU ASSOCIATIO?îS D'ANCIENS ÉLÈVES D'ÉCOLE NORMALE. — Les anciens élèves des lycées ou des grands établissements en renom constituent volontiers des sociétés qui leur permettent de se réunir à des époques déterminées, de se retrouver dans un banquet fraternel, de se compter en quelque sorte, de se retremper dans d'heureux souvenirs d'enfance et de jeunesse, et souvent aussi de sentr'aider dans les circonstances difficiles de la vie.

La pensée est venue aux élèves des écoles normales de fonder des associations semblables. Oncompte aujourd'hui une vingtaine de ces associations déjà établies ou en voie de s'étabiir, entre autres :

L'association des anciens élèves de l'école normale et des instituteurs du Nord;

L'association des anciens élèves de l'école normale de Versailles; du Rhône; de Périgueux; d'Agen ; de TMâcon; de la Seine.

Cette dernière mérite particulièrement de fixer l'attention.

Les associations entre les anciens élèves d'école normale se distinguent des institutions analogues en ce qu'elles n'ont pas seulement pour but d'entretenir entre leurs membres l'esprit de corps et les sentiments de bonne confraternité. Elles se proposent en outre de provoquer le travail, l'effort, le progrès, le perfectionnement dans les choses de la profession. Or aucune association n'est plus à m>jmc de réaliser cet idéal que celle des anciens élèves do l'école normale de la Seine : pour ses membres, point d'isolement, point de distances, point de trajets coûteux. Autour d'eux, sousleurmain, toutes les ressources intellc:tucllc»

SOCIÉTÉS

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•de la capitale; comme centre de réunion, une écolo normale splendide et merveilleusement outillée. Aussi profitent-ils largement de ces heureuses circonstances. S'ils se permettent parfois des délassements, des soirées recréatives dont ils font d'ailleurs tous les frais, ils s'imposent aussi de sérieux travaux, des travaux littéraires, scientifiques et surtout pédagogiques.

« Ces travaux comprennent en particulier des conférences, des rapports, des leçons-modèles, la discussion et la solution de questions posées sur l'initiative des membres actifs ou du conseil d'administration, w (Statuts, art. 31).

» Les conférences sont de trois sortes :

» 1» Conférences purement expositives et non soumises à discussion ;

))2° Conférences-causeries, dont les conclusions peuvent être discutées et faire l'objet de propositions séparées;

n 30 Conférences faites par des personnes s'intéressant à l'association, avec l'assentiment ou sur la proposition du Conseil d'administration. » (Id., art. 32). « Le sujet de la conférence peut être pédagogique, littéraire ou scientifique. » (Id.,art. 38).

Projetée dès l'année 1878, l'association des anciens élèves de l'école normale d'Auteuil tint sa première réunion générale au mois d'août 1880, et le 11 janvier 1882 elle obtint sa reconnaissance légale.

Elle compte aujourd'hui autant de générations d'adhérents que l'établissement a compté de promotions depuis sa fondation en 1871. Quatre bulletins ou comptes rendus soumis aux assemblées générales attestent sa vitalité et la régularité de son fonctionnement. Comme questions ticitées dans ses conférences, nous relevons les suivantes :

De la correspondance interscolairc ;

De l'enseignement de la rédaction à l'école primaire ;

De l'influence de la rue, à Paris, dans l'éducation des enfants;

De l'électro-magnétisme;

Les caravanes scolaires;

De l'émulation:

Un voyage scolaire;

L'éducation militaire ;

Enseignement des sciences à l'école primaire;

Leçon d'histoire sur la féodalité (modèle d'épreuves préparatoires à l'examen du certificat d'aptitude pédagogique) ;

Quelques mots sur l'enseignement de l'histoire nationale ;

L'enseignement des sciences physiques et naturelles ;

Du travail manuel dans les écoles primaires;

Les promenades scolaires ;

Les caisses d'épargne scolaires ;

Le rôle du livre à l'école primaire;

Le soufre et l'acide sulfureux;

Quelques mots sur l'enseignement de la géographie ;

Exposition d'hygiène et d'éducation à Londres;

De l'enseignement du dessin dans les cours moyen et élémentaire de l'école primaire;

De l'enseignement par l'aspect, principalement à l'école primaire ;

Rôle du livre comme moyen d'enseignement à l'école primaire ;

L'économie politique à l'école primaire ;

Discussion sur les questions proposées par le ■congrès du Havre ;

Compte-rendu de ce môme congrès ;

Communications sur les diverses associations pédagogiques en rapport avec l'association; dépouillement dos bulletins de ces sociétés, etc., etc.

Comme on le voit, ces sujets sont tous pratiques et ne s'écartent point du programme général des écoles. Ils sont traités par les anciens élèves euxirc Partie.

mêmes, surtout par les aines, qui doivent à Icura cadets l'exemple du travail et dv perfectionnement dans l'art d'enseigner. Quelquefois pourtant un professeur, un inspecteur prend la parole, sans doute pour donnor la note et la mesure, mais aussi pour inslni-re et fournir un attrait de phi s à la réunion. Quelquefois encore les conférences se transforment en soirées où les artistes se donnent carrière : la musique, la lecture à haute voix, quelques belles scènes de nos classiques suspendent ou remplacent les graves discussions; c'est l'agréable se joignant a l'utile et la culture du goût marchant avec celle de l'intelligence.

Toutes les associations entre anciens élèves d'école normale ne peuvent avoir de réuuions aussi fréquentes et aussi fécondes en résultats immédiatement appréciables. Mais toutes, si dispersés que soient les éléments dont elles se composent, peuvent, à des degrés divers, rendre d éminents services à la grande cause de l'enseignement populaire. Elle sert puissamment cette cause, une institution qui contribue à resserrer entre tous les maîtres d'un département le lien d'origine, qui les porte à se considérer comme des membres d'une même famille et à soutenir l'honneur du drapeau, qui les soustrait d'ailleurs au danger de se rouiller dans l'isolement, en les mettant en quelque sorte dans l'heureuse nécessité d'entretenir leurs connaissances acquises et d'y ajouter, surtout de se perfectionner dans l'art si difficile d'instruire et de moraliser les masses. Les sociétés entre anciens élèves d'école normale, comprises de cette manière, ne sauraient donc trop se généraliser et être encouragées.

En dehors de ces associations ou parallèlement, se sont fondées, dans ces dernières années, des sociétés qui, sous une dénomination différente, tendent au même but : l'éducation professionnelle des maîtres et le perfectionnement des méthodes et des procédés d'enseignement. Parmi ces dernières, on peut citer notamment :

Le cercle pédagogique et littéraire de Lunéville (Meurthe-et-Moselle) ;

Le cercle des instituteurs du Var, à Toulon ;

Le cercle pédagogique des instituteurs de la Loire-Inférieure ;

Le cercle pédagogique des instituteurs d'Indreet-Loire ;

Le cercle pédagogique de Saint-Étienne (Loire);

Le cercle des instituteurs de la Sarthe ;

Le cercle des instituteurs du Cher;

Enfin la Société amicale des anciens élèves de Saint-Cloud, et la Société pour l'étude des questions d'enseignement primaire à Paris, dont la Revue pédagogique a publié les statuts dans son n" du 15 janvier 188G.

Ces créations spontanées sont un signe des temps : les instituteurs sentent le besoin de s'unir contre la routine et de réagir contre l'abandon où étaient tombées chez nous, depuis un quart de siècle, aussi bien que les grandes questions d'éducation nationale les études de pédagogie pratique.

[E. Brou;ird.^

SOCIÉTÉS DE PATRONAGE POUR LES JEU- NES LIBÉRÉS. — Aux termes de l'article 19 de la loi du 6 août 1850, « les jeunes détenus sont, à l'époque de leur hberation, placés sous le patronajro de l'assistance publique, pendant trois années au moins ». A côté de l'action de l'assistance publique se place celle d'associations particulières (|ui se sont donné pour mission de veiller au rolo\oment moral des jeunes libérés en leur facilitant le moyen de gagner leur vie par un travail honnête. La première en date parmi les associations de cette nature en France est la Société de patronage des jeunes libérés des départements de la Seine, fondée par M. Bérenger (de la Drôme), et reconnue comme établissement d'utilité publique

SOCIETES

SOCIÉTÉS

en 1843. Les sociétés de patronage sont aujourd'hui nombreuses; la plupart d'entre elles reçoivent une subvention de l'Etat. Il en est une qui s'occupe particulièrement des engagés volontaires dans l'armée. L'institution du patronage des jeunes libéréis existe également dans la plupart des pays étrangers, notamment en Angleterre et aux Etats- Unis. — V. aussi Jeunes détenus et Pénitentiaires {Etablissements'), p. 225L

SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS ENTRE INSTITUTEURS ET INSTITUTRICES. — Ces utiles institutions ont pour but : l" d'accorder des secours à ceux de leurs membres atteints de maladies ou de blessures accidentelles, les obligeant à cesser temporairement leurs fonctions; 2° de leur venir en aide, par une indemnité temporaire, dans le cas où soit l'âge, soit les infirmités ne leur permettraient plus l'exercice de leurs fonctions avant le règlement de leur retraite ; 3^ de pourvoir aux frais funéraires des sociétaires décédés; 4° de secourir leurs veuves et leurs enfants, s'ils se trouvent dans le besoin; 5° d'assurer aux sociétaires, si les ressources le permettent, une pension de retraite.

Avant 1852, il n'existait en France qu'une seule société de secours mutuels entre instituteurs et institutrices, celle de la Seine, fondée en 184G et dont la situation ne tarda pas à devenii' très prospère.

De 1852 à 1862, 25 autres sociétés s'établirent.

Une circulaire du 31 août 1863 invita les préfets à provoquer, dans les départements qui n'en possédaient pas encore, la création d'une société de ce genre. L'appel du ministre (M. Duruy) fut entendu et 23 nouvelles sociétés furent fondées. Leur nombre était de 49 au 1er janvier 1866; un an après, il atteignait le chiffre de 70. Cinq départements seulement, Haute-Garonne , Haute-Loire, Morbihan, Var et Haute-Vienyie en sont encore dépourvus pour des causes diverses. Ainsi, dans les Landes, les instituteurs n'ont pas trouvé que les avantages qu'ils étaient appelés à retirer de la mutuaUté fussent en rapport avec les sacrifices qu'ils s'imposeraient. Les statuts qu'ils avaient adoptés d'abord ne pouvant ofTrir à la future société les garanties nécessaires à une bonne organisation, le gouvernement ne les a pas approuvés et le projet a été abandonné.

Dans le Morbihan, les instituteurs consultés avaient opté pour une cotisation insuffisante. Le petit nombre des instituteurs laïques a été, d'ailleurs, le principal obstacle à la constitution d'une société.

Dans le Var, les démarches tentées en 1861 et en 1863 n'ont pas abouti. Le préfet, questionné sur les causes de ce double échec, a fait savoir que les instituteurs avaient, indépendamment de leur traitement, de petits revenus qui les mettent à l'abri de la gène et qu'en général ils ont des traitements élevés suffisant à leurs besoins dans les circonstances les plus difficiles.

Quoi qu'il en soit, il est permis d'espérer que ces cinq départements ne voudront pas demeurer indéfiniment en dehors de la mutualité.

D'après la plus récente statistique, qui malheureusement ne renferme aucun renseignement pour la Seine, le nombre des sociétaires qui, en 1884, était de 36 650, s'élevait, à la fin de 1885, à 37 612. L'actif des sociétés, y compris les fonds en caisse, les versements à la caisse des retraites pour la vieillesse et autres dépôts, représentait, à la môme époque, la somme de 4 069 637 francs, supérieure de 264 521 francs à l'actif de 1884.

A la fin de la notice consacrée, dans ce Dictionnaire, à chaque département, on trouvera les renseignements statistiques particuliers à la société de secours mutuels entre instituteurs et institutrices. [Ernest Cadet.]

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