SOUS-PRÉFET
SPARTIATES
yeux et à s'cxprimei- do vive voix. » Il faut encore noter ce fait intéressant que l'Institution des sourds-muets de Zurich, pour l'organisation de laquelle l'abbé de l'Épée avait été respectueusement consulté, a toujours pratiqué l'enseignement <lc la parole, de même que les institutions plus récemment fondées en Suisse et dont plusieurs <:omptent au nombre des établissements les plus renommes. On doit croire, il est vrai, que le maître français n'envisageait l'enseignement de la parole que comme un complément d'éducation, et c'est à ce titre que la parole a été enseignée dans plus d'une institution de notre pays depuis trois quarts de siècle. Quelques établissements particuliers se sont bien élevés en France avec le but de faire prévaloir la parole sur les signes, mais c'est seulement à partir de l'introduction de la méthode orale pure à l'Institution nationale de Bordeaux (octobre 1879) et du Congrès de Milan (septembre 1880), que l'exemple d'une rélorme radicale donné par les grandes écoles d'Italie a été suivi chez nous d'une manière générale. On ne compte plus aujourd'hui dans notre pays qu'un très petit nombre d'institutions où, par suite de circonstances tout à fait particulières, la méthode orale pure n'ait pas été introduite et sérieusement suivie. Nous nous permettrons de renvoyer pour les détails de la situation actuelle au rapport que nous avons adressé à ce sujet au ministre de l'intérieur et qui a été inséré au Journal officiel des 6 et 8 janvier 1886.
Bibliographie. — Toutes les indications désirables sur les ouvrages relatifs à l'éducation des sourds-muets et parus jusqu'en 1883 se trouvent dans le précieux travail dû à M le D^ A. W. Alings, directeur de l'institution de Groningue, et publié en latin sous le titre : Catalogus bibliothecae Guyotianae insliluti surdo-rrcutorum Groningani. Parsspecialis de surdo-muHs ^ balbis,caecis, mente imbecillis. Caravit A. W. Alings. matheseos magister, etc. Groningae^ 188?
[0 Claveau,
Inspecteur général honoraire
des établissements de bienfaisance.
SOUS-MAITRE. — V. Adjoint {Instituteur) et
Stagiaire [Instituteur) .
sbus-PUÉFET. — Fonctionnaire placé à la tête de la division territoriale qu'on nomme arrondissement, pour assurer, sous la direction du préfet, l'exécution des lois, décrets, décisions ministérielles et arrêtés préfectoraux.
Il n'y a pas de sous-préfet dans l'arrondissement chef-lieu du département, non plus que dans les arrondissements de Sceaux et Saint- Denis (Seine).
Le sous-préfet nlest guère qu'u\i agent de transmission, d'information, de surveillance et d'exécution, servant d'intermédiaire entre le préfet et les maires do l'arrondissement.
Ses attributions en matière d'instruction primaire sont des plus restreintes. Une circulaire ministérielle du 24 mai 1876 (M. Waddington) a jugé utile de le rappeler en ces termes : « Ce n'est que dans les cas spécifiés et fort rares que la loi fait appel au concours de MM. les sous-préfets. En dehors des questions de budget, pour lesquelles les fonctionnaires de l'ordre administratif interviennent nécessairement , les sous-préfets peuvent, quand les circonstances l'exigent, vous proposer de former opposition à l'ouverture d'une école (art. 28 de la loi du 15 mars 1850) ; ils convoquent (art. 46 du décret du 29 juillet 1850) les délégués cantonaux de leur arrondissement, lorsque le préfet ou le Conseil départemental demande leur avis sur des questions scolaires. Ainsi, c'est d'une façon tout à fait indirecte que les sous-préfets ont à s'occuper des écoles et du personnel enseignant. Ils n'ont point à intervenir,
l'c P.VRTfK.
à titre de fonctionnaires compétents, dans les questions d'administration et de direction des établissements primaires. Ils n'ont par suite aucune qualité pour demander aux inspecteurs primaires des rapports écrits, et ce n'est que dans des cas de nécessité exceptionnelle cfue ces derniers doivent leur donner verbalement leur avis sur des questions purement scolaires... Ils ne sauraient, à aucun titre, comme cela est trop souvent arrivé, être chargés de l'exécution de vos arrêtés emportant nomination, révocation ou mutation d'instituteurs. L'inspecteur d'académie et les inspecteurs primaires ont seuls mission pour cela. »
[Ernest Cadet.]
SPARTIATES (Éducation chez les). — La tradition rattache au nom de Lycurguc le système spécial de gouvernement et d'éducation qui distingua Sparte de toutes les autres cités de la Grèce. Sans discuter les divers problèmes historiques que soulève cette allégation, nous nous bornerons à rappeler que nos renseignements sur les institutions lacédémoniennes proviennent, en général, d'auteurs qui vivaient, comme Plutarque, bien longtemps après que Sparte avait cessé d'être une communauté libre; ces écrivains postérieurs étaient portés à idéaliser l'image qu'ils retraçaient de l'antique Lacédémone, et l'on ne saurait accepter dans tous ses détails le tableau qu'ils nous font de l'éducation Spartiate; ce serait s'exposer à prendre souvent pour des réalités telle circonstance ou telle anecdote qui n'ont aucune valeur historique, et qui témoignent seulement de l'idée que se formait des Spartiates une postérité déjà éloignée.
Essayons cependant de résumer dans ses traits principaux le système d'éducation qui fut celui de Sparte aux jours de sa puissance et de ses luttes avec Athènes, du vi* au iv^ siècle avant notre ère.
« Manifester un esprit hardi et belliqueux, supporter sans sourciller la plus grande douleur corporelle, endurer la faim et la soif, le chaud, le froid et la fatigue, fouler nu-pieds le plus mauvais terrain, porter le môme vêtement Ihiver et l'été, supprimer toute manifestation extérieure de sentiments, et montrer en public, quand l'action n'était pas exigée, un maintien réservé, silencieux et immobile comme une statue, voilà quelles étaient toutes les vertus d'un jeune Spartiate accompli. Souvent on opposait deux troupes égales l'une à l'autre pour combattre (sans armes) dans le petit espace en forme d'île appelé le Plataniste, et ces luttes étaient poussées, sous l'œil des autorités, jusqu'à la dernière limite de la fureur. Ils ne mettaient pas non plus dans leur rivalité moins d'obstination à supporter sans murmurer les cruelles flagellations infligées devant l'autel d'Artemis Orthia, traitement que l'on supposait être très agréable à la déesse, bien que parfois il so terminât môme par la mort du patient, qui ne faisait entendre aucune plainte. Outre les divers genres de luttes gymnastiques, les jeunes gens étaient formés à des danses choriques en usage dans les fêtes des dieux, danses qui contribuaient à leur donner des mouvements méthodiques et harmonieux. On encourageait la chasse dans les bois et les montagnes de la Laconie, comme moyen de les endurcir à la fatigue et aux privations. La nourriture fournie aux jeunes Spartiates ét.^it à dessein insuffisante, mais on leur permettait de compléter ce qui manquait non seulement en chassant, mais encore en dérobant tout ce qu'ils pouvaient saisir, pourvu qu'ils ne se laissassent point prendre sur le fait, auquel cas ils étaient sévèrement châtiés. » (Groie, Histoire de la Gr(>ce.)
11 faut se rappeler, pour comprendre la raison d'être de ces institutions extraordinaires, quelle était la position de Sparte au milieu des popula-
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lions de la Laconic. Les Spartiates proprement dits tenaient sous leur dépendance un certain nombre de villes voisines, dont les habitants étaient réduits à la condition de sujets (lesj»c^riœkes) ; et ils avaient en outre des serfs, les ilotes, qui cultivaient pour eux la terre ou étaient employés au service domestique. La communauté Spartiate formait, par rapport au reste des Laconiens, une véritable aristocratie; pour maintenir son pouvoir, il lui fallait s'assurei* une grande supériorité militaire : tel était le but de cette rigoureuse discipline qui, saisissant le Spartiate à sa naissance, endurcissait son corps aux fatigues, pliait sa volonté à l'obéissance passive, l'assujettissait à des repas communs, lui enseignait à mépriser les discussions de l'agora et les arts qui charmaient les autres Grecs, et faisait de lui une sorte de sauvage brutal, taciturne, sournois, cruel, parfois héroïque.
L'enfant n'avait droit à la vie qu'à la condition d'être d'un tempérament robuste et sans difformités. Sur la sentence du conseil des anciens de la tribu, le nouveau-né déclaré trop faible était mis à mort. Jusqu'à l'âge de sept ans, l'enfant restait auprès de sa mère, qui le laissait jouer en liberté, l'habituant seulement à ne pas craindre les ténè-bres ou la solitude, à se montrer indifférent quant au choix des aliments, et cherchait à développer la vigueur de ses membres.
A sept ans, le jeune garçon était enrôlé dans la troupe {agélé), formée par toute la jeunesse de Sparte, et que dirigeait un maître ou pxdonome désigné par les éphores. Les enfants composant la troupe logeaient en commun dans des espèces de casernes, où ils étaient entretenus aux frais de l'État. Ils étaient divisés en trois classes, comprenant les âges de sept à douze, de douze à quinze, et de quinze à dix-huit ans. Chaque classe se subdivisait en groupes appelés ilê ; à la tête de chaque ilê était placé un ilarque, jeune homme plus âgé que ses compagnons, qui servait de lieutenant au psedonome. Tout citoyen, en outre, était autorisé à réprimander et à punir les enfants qu'il trouvait en faute ; s'il eût négligé de le faire, il se serait exposé à être puni lui-même.
De l'âge de sept à celui de douze ans, le jeune garçon, dont les cheveux étaient coupés courts, et qui devait marcher nu-pieds en toute saison, n'avait d'autre vêtement qu'une tunique. A douze ans, la tunique était remplacée par un manteau ou pièce carrée de drap, qui devait durer une année avant d'être renouvelé. Les enfants couchaient sur un lit de paille ou de foin, sans couverture, et plus tard (depuis quinze ans) sur des roseaux secs qu'ils devaient aller arracher eux-mêmes au bord de l'Eurotas.
Sous la direction de l'ilarque, les jeunes garçons se livraient aux exercices gymnastiques, qui leur étaient enseignés avec méthode. Ils débutaient par la course et la natation; puis venaient divers exercices destinés à fortifier les bras; puis les jeux du pcntathle, c'est-à-dire, outre la course, le saut, la lutte, le jet du disque et celui du javelot. Le pugilat et le pancrace (combinaison du pugilat et de la lutte) n'étaient pas admis, parce que ces exercices, fort en honneur dans d'autres cités, pouvaient avoir pour conséquence de défigurer ou d'estropier ceux qui s'y Uvraient, et que par conséquent ils étaient plus nuisiblos qu'utiles. Les évolutions militaires et le maniement des armes formaient aussi, dans les classes supérieures, une partie importante de l'enseignement.
La danse, non point entendue au sens moderne du mot, mais désignant un exercice à la fois religieux et militaire, jouait un grand rôle à Sparte. Les jeunes gens apprenaient à exécuter en cadence, aux sons de la musique, divers mouve- 4nents rhytmiqucs, entre autres les figures de la
pyrrhique, une danse guerrière. On sait que dans certaines fêtes, la population tout entière de Sparte exécutait des danses mêlées de chants : les vieillards, les hommes d'âge moyen, les jeunes gens, les matrones, les vierges étaient répartis en différents chœurs; et les rois eux-mêmes chantaient et dansaient à la place qui leur était assignée, sous les ordres du chorége. Il était donc important de former les enfants à un art qui occupait tant de place dans la vie publique.
La musique, naturellement, était aussi cultivée : les enfants apprenaient à chanter et à jouer de la cithare. Les Spartiates avaient repoussé obstinément les innovations et les perfectionnements que des musiciens du v*^ siècle, Phrynis et Timothée, avaient introduits dans l'art musical : ils conservaient religieusement l'ancienne cithare à sept cordes, et s'en tenaient à l'emploi du mode dorien^ grave, énergique et mesuré.
Les Grecs, on le sait, distinguaient dans l'éducation deux branches, la gymnastique et la musique, l'une exerçant le corps, l'autre cultivant l'esprit. A Athènes, le mot musique avait été entendu dans son sens le plus large : il désignait tout ce qui vient des Muses, et embrassait non seulement la poésie, mais la grammaire, la rhétorique, la géométrie, l'astronomie, etc. A Sparte, au contraire, on s'en tint au sens le plus étroit; tandis que des soins extrêmes étaient donnés à l'acquisition des avantages corporels, l'enseignement de quelques chants était en général tout ce qu'on accordait aux besoins intellectuels. Peu de Spartiates savaient lire et écrire, parce que ces connaissances ne faisaient pas partie du système général d'éducation; beaucoup d'entre eux savaient à peine compter ; leurs idées ne s'élevaient pas au-dessus du cercle étroit où les enfermait leur existence cloîtrée; ignorants, mais plus forts sur le champ de bataille que les autres Grecs, ils se croyaient en droit de mépriser tous ceux qui ne leur ressemblaient pas.
Le côté moral, cependant, n'était pas négligé, et la façon dont on s'y prenait pour inculquer aux enfants les sentiments en honneur parmi les citoyens, constituait une des parties les plus remarquables du système d'éducation. Après le repas du soir, raconte Plutarque, le jeune chef qui dirigeait un groupe ou ilê posait à ses élèves des questions destinées à former leur jugement. « Quel est, leur demandait-il, le plus honnête homme de la ville": Que pensez-vous de telle action ? » La réponse devait être précise et motivée ; ceux qui parlaient sans avoir réfléchi étaient châtiés. En outre, les enfants étaient admis à assister, sans y prendre part, aux repas communs des citoyens, afin de profiter des conversations qui s'y tenaient.
Lorsque le jeune Spartiate avait atteint l'âge de dix-huit ans, son éducation était loin d'être achevée; il avait encore un temps presque aussi long à passer sous la discipline du pœdonome avant de devenir un citoyen émancipé. De dix-huit à vingt ans, il était placé dans la classe des adolescents ; à vingt ans, il passait dans celle des iréns, ou jeunes gens ayant le droit de parler. Les irêns logeaient dans des casernes comme les enfants et exécutaient régulièrement des exercices gymnastiques et militaires sous la direction du pœdonome et des cinq bidisei, surveillants préposés à chacun des cinq quartiers de la ville. A trente ans seulement, Yirên était licencié, pouvait quitter la caserne, se marier, et entrait dans le service militaire actif.
Les jeunes filles Spartiates étaient soumises à une éducation physique analogue à celle des jeunes gens : les exercices gymnastiques, la course, la lutte leur étaient aussi imposes. Contrairement aux habitudes des autres cités grecques, les deux sexes étaient constamment mêlés, tant dans les exercices journaliers que dans les
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cérémonies publiques ; et il en résultait une vive émulation. Mais une fois mariée, la femme Spartiate vivait dans une liberté très grande, formant un contraste marque avec la rigoureuse discipline qui pesait sur les hommes.
Parlant des Grecs en général, M. Taine a dit quelque part : « Deux idées ont gouverné cette civilisation antique, — la première, qui est celle de l'homme; la seconde, qui est celle de la cité : — faire un bel animal, dispos, sobre, brave, endurant, complet, et cela par l'exercice corporel et le choix des bonnes races; — faire une petite société fermée, comprenant en son sein tout ce que l'homme peut aimer ou respecter, sorte de camp permanent avec les exigences militaires du danger continu. » Cette appréciation, si on la rapporte ad monde grec dans son ensemble, est certainement trop étroite; mais appliquée à Sparte, elle résume d'une manière juste et frappante l'idée que les Spartiates s'étaient formée de la cité, et l'éducation qu'une conception pareille imposait «à la jeunesse.
SPENER. —Philippe-Jacob Spener (1635-1705), le fondateur du piétisme allemand, naquit à Ribeauvillé en Alsace, et étudia la théologie à Strasbourg; puis il exerça le ministère ecclésiastique à Francfort-sur-le-Mein, à Dresde et enfin à Berlin. Nous avons indiqué, à l'article Piétisme, quelle influence ce mouvement religieux a exercée sur l'éducation en Allemagne : nous n'y reviendrons pas ici. Spener lui-même ne s'est du reste pas o^.cupé directement de questions pédagogiques : ses écrits sont des ouvrages de théologie.
SPILLEKE. — A.-G. Spilleke, né à Halberstadt en 1778, mort à Berlin en 1841, étudia la théologie et la philologie à Halle et à Berlin, fut d'abord précepteur dans la maison du conseiller supérieur de consistoire Gedike, puis devint prédicateur dans diverses églises de Berlin et professeur dans un gymnase jusqu'en 1820. En 1821, il reçut la direction du gvmnase Frédéric-Guillaume, et celle de la Reahchule qui y était annexée ; cet établissement, fondé par Hecker* en 17i5 et resté sous la direction du neveu de celui-ci de 1784 à 1820, n'était pas dans un état très prospère. Spilleke le releva. Il exposa en 1822 et 1823, dans deux « Programmes » devenus classiques, la raison d'être de la Reahchule, les services qu'elle est appelée à rendre, la place qu'elle doit occuper dans la hiérarchie des établissements d'instruction publique, et les matières qui doivent y être enseignées. Il définit la Realschule une école « qui doit conduire ses élèves des premiers éléments jusqu'au degré de culture intellectuelle nécessaire, non pas seulement pour l'apprentissage d'un métier purement mécanique, mais aussi pour l'exercice des professions civiles qui exigent une culture scientifique ». Il voulait que la Realschule fût non point subordonnée au gymnase, mais placée avec lui sur un pied d'égalité, à titre « d'établissement scientifique donnant une culture générale ». Sous son administration intelligente, la Realschule de Berlin devint florissante ; et ses succès contribuèrent beaucoup à attirer l'attention sur ce nouvel ordre d'enseignement et à augmenter le nombre de ses partisans en Allemagne. — V. Realschule
SPIESS. — Adolphe Spiess, né en 1810, dans la Hesse, a rendu d'éminents services à l'enseignement de la gymnastique comme professeur et comme théoricien. Son père, pasteur à Off"enbach, avait fondé un établissement d'éducation où l'enseignement était donné selon la méthode de Pestalozzi : le jeune Spiess fit ses études dans l'institut paternel Jusqu'à l'âge de dix-huit ans, et c'est là qu'il prit le goût de la gvmnastique. Il passa ensuite trois années et demie aux universités de Giessea et de Halle, fut quelque temps
précepteur, et en 1833 accepta une pfacc d'instituteur dans les écoles de Burgdorf (canton de Berne), où enseignaient à ce moment Frœbel * et SOS amis Langethal * et Mifidendorf MJiil fut chargé entre autres des leçons de gvmnastique ; il eut à enseigner aussi la gymnastique aux élèves de l'école normale de Miinchenbuchsee, distante de trois lieues. Les succès qu'il obtint l'engagèrent à publier un Traité de fjymnastique [Turnlehre), qui parut en quatre parties, de 1840 à 1846, et qui opéra une véritable révolution dans l'enseignement de cet art. En 1844, il reçut à Bàle la place de professeur de gymnastique au gymnase et a ia Realschule. Enfin en 1848 ses compatriotes le rappelèrent à Darmstadt comme professeur de gymnastique, avec le titre d'assesseur du conseil des études. Il fit paraître, en deux parties, un second ouvrage destiné à servir de manuel aux maîtres [Turnbuch fur Schulen, 1847-1851). Atteint d'une maladie de poitrine, il dut prendre sa retraite en 1855, et mourut en 1858.
sruuziIEIM. — Jean-Gaspard Spurzheim, célèbre phrénologue, né en 1770 à Longwich près d-e Trêves, étudia la médecine à Vienne, et y fit la connaissance de Gall*, dont il devint le disciple. Avec lui il parcourut, à partir de 1804, l'Ailcmagne, ia Suisse et les Pays-Bas; en 1807 ils se fixèrent ensemble à Paris. Mais après avoir faii en collaboration un certain nombre de publicatiins scientifiques, ils se brouillèrent (1813), et à partir de ce moment Spurzheim continua ses travaux d'une manière indépendante. Il résida alternativement à Paris et en Angleterre. En 1832, il quitta l'Europe pour les États-Unis, et mourut à Boston la même année.
A l'article Gall, un de nos collaborateurs a exposé et apprécié les doctrines qui constituent ia phrénologie : nous n'y reviendrons pas ici. Nous voulons seulement signaler deux ouvrages peu connus de Spurzheim, écrits en français et publiés à Paris, qui nous paraissent mériter d'être signalés à l'attention des éducateurs : ce sont un Essai philosophique sur la nature morale et intelleC' tuelle de l'homme (Paris, Treuttel et Wurtz, re20), et un Essai sur les principes élémentaires de l'éducation (Paris, Treuttel et Wûrtz, 1822). Nous n'analyserons point ici ces deux livres, qui contiennent, à côté de l'exposé do la théorie phrénologique, des vues originales souvent intéressantes. Disons seulement que l'auteur, conséquent avec sa doctrine, déclare que léducation ne peut rien créer; qu'elle se borne à développer ce qui existe naturellement dans l'homme, et à donner une direction salutaire aux facultés primitives. Chacun a ses dispositions naturelles ou innées, et sous ce rapport, l'espèce humaine se divise en différentes classes. Quelques individus « sont vraiment des élus : ils ne désirent que ce qui est bon, et font le bien naturellement ; ils aiment l'étude et les connaissances, et dans toutes leurs actions associent la morale et la philosophie. » Mais à côté de celte élite, on trouve trois autres classes d'hommes, que l'auteur définit ainsi : «< La première renferme ceux qui ont une ou plusieurs facultés, supérieures et inférieures, très énergiques : ces individus peuvent être éminents en vices ou en vertus, d'après le degré do lumière de leur intelligence. A la seconde classe appartiennent ceux chez lesquels certaines facultés inférieures sont très énergiques, et les facultés supérieures très faibles ; ces individus courent risque de succomber à leurs penchants inférieurs, en proportion que les motifs supérieurs leur manquent, et qu'ils ne sont pas soutenus par une éducation bien dirigée. Chez le plus grmd nombre des hommes, qui forment la troisième classe, toutes les facultés sont dans l'état moyen; c'est sur eux que l'éducation et les circonstances extérieures exercent toute leur