‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 408 sur 573 · STAPFER · texte numérisé non relu

STAPFER

d'admissibilité aux fonctions d'instituteur dressée par le Conseil départemental (art. 23).

La durée du stage est de deux ans au moins passés dans une école publique ou privée. Le temps passé à l'école normale compte, pour l'accomplissoment du stage, aux élèves-maîtres à partir de dix-huit ans, aux élèves-maîtresses k partir de dix-sept. Des dispenses de stage peuvent être accordées par le ministre sur l'avis du Conseil départemental (art 23).

Les adjoints dans les écoles à plusieurs classes sont des stagiaires.

Les stagiaires sont passibles des mômes peines disciplinaires que les titulaires, sauf la révocation. Ces peines leur sont applicables sous les conditions et garanties prévues par la loi.

Ces peines disciplinaires sont les suivantes : La réprimande ; La censure ;

L'interdiction pour un temps dont la durée ne pourra excéder cinq années; L'interdiction absolue.

La réprimande est prononcée par l'inspecteur d'académie.

La censure est prononcée par l'inspecteur d'académie après avis motivé du Conseil départemental. Elle peut être prononcée avec insertion au Bulletin des actes administratifs. (Art. 31.)

L'interdiction à temps et l'interdiction absolue sont prononcées par jugement du Conseil départemental.

Le fonctionnaire inculpé sera cité à comparaître en personne. Il pourra se faire assister par un défenseur et prendre communication du dossier.

La décision du Conseil départemental sera motivée.

Le fonctionnaire interdit a le droit, dans le délai de vingt jours à partir de la signification du jugement, d'interjeter appel devant le Conseil supérieur de l'instruction publique.

Cet appel ne sera pas suspensif.

Un décret, rendu en la forme des règlements d'administration publique, déterminera les règles de la procédure pour l'instruction, le jugement et l'appel. (Art. 32.)

Dans les cas graves et urgents, l'inspecteur d'académie, s'il juge que l'intérêt d'une école exige cette mesure, a le droit de prononcer la suspension provisoire d'un instituteur pendant la durée de l'enquête disciplinaire, à la condition de saisir de l'atiaire le Conseil départemental dès sa plus prochaine session.

Cette suspension n'emporte pas la privation de traitement. (Art. 33.)

Le motif pour lequel la révocation n'est pas appliquée au stagiaire a été exposé au Sénat par M. Ferrouillat, rapporteur de la commission, dans la séance du 17 février 1886. « La révocation supposerait qu'on retire au stagiaire un titre qu'on lui avait donné. Or, ce droit d'enseigner dans un établissement public, on n'a pas besoin, et il n'est môme pas régulier de le lui retirer, puisqu'il ne le possède pas. Il n'a qu'une délégation ; pour la retirer, il n'est même pas besoin de motifs qu'impliquent une culpabilité quelconque. Il suffit de l'incapacité... Il peut parfaitement se faire qu'un stagiaire, après avoir essayé de faire ses preuves, pendant deux ans, pendant trois ans même, et n'y avoir pas réussi, ne mérite, pour cela, aucune répression, mais qu'il ait seulement montré une sorte d inaptitude... »

Les fonctionnaires de l'enseignement primaire public pourront recevoir desrécompenses consistant en mentions honorables, médailles de bronze et médailles d'argent.

Un arrêté ministériel déterminera les conditions dans lesquelles ces récompenses pourront être accordées. (Art. 34.)

Les professions commerciales et industrielles, les fonctions administratives sont interdites aux stagiaires, comme aux institutrice ■ titulaires, ainsi que les emplois rémunérés ou gratuits dans les services des cultes. Toutefois cette dernière interdiction n'aura d'effet qu'après la promulgatiorv de la loi relative aux traitements des instituteur». Nous avons dit que plusieurs pays étranger» avaient adopté l'institution des stagiaires et exigeaient pour la nomination définitive un second examen. C'est à l'article Nomination que l'on trouvera les renseignements relatifs à ces pays.

[H. Schmit.' STAPFER. — Albert Stapfer, né en 17^)6 à Brugg (canton d'Argovie), remplit pendant deux ans et demi (mai ITUS-octobre 1800) les fonctions de « ministre des arts et des sciences » de la République helvétique. Théologien éclairé, nourri de la philosophie de Kant, il avait, à vingt-quatre ans, abandonné la carrière ecclésiastique pour celle de l'enseignement; il occupa successivement la chaire d'humanités et de philosophie à l'Institut politique de Berne, et celle de théologie à l'Académie de la même ville. La Révolution helvétique fit de lui un des chefs du gouvernement unitaire. Durant son passage au pouvoir, Stapfer s'occupa avec le plus grand zèle de la réorganisation de l'instruction publique : mais les événements ne permirent pas l'achèvement de l'œuvre qu'il eut à peine le temps d'ébaucher. Il ne faut pas moins mentionner les principales mesures qui signalèrent sa remarquable administration. Il fit voter par les conseils législatifs, en juillet 1798, la création dans chaque canton d'un conseil d'éducation, ayant pour mission de nommer les instituteurs et de surveiller les études, et rédigea, à l'usage de ces autorités, des instructions détaillées, en attendant la publication d'une loi qu'il s'occupait à préparer. 11 voulut fonder une éccfle normale, et en offrit la direction à Pestalozzi, qui refusa. Il créa sous le nom de Helvetisches Volksblatt un journal populaire dont Pestalozzi fut le rédacteur en chef. Ce fut lui qui envoya en décembre 1798 l'auteur de Léonard et Gertrude à Stanz, et qui, l'année sjïivante, sans se laisser arrêter par l'opposition des détracteurs de Pestalozzi, lui fournit le moyen d'essayer sa méthode dans une école de Burgdorf (V. le rapport de Stapfer au Directoire helvétique, article Pestalozzi, p. 2 307). Le projet de loi sur l'instruction publique élaboré par Stapfer fut agréé par le Directoire, qui le présenta aux conseils législatifs en novembre 1798; le Grand-Conseil commença la discussion de ce projet en 1799, et le renvoya à une commission; mais la chose en resta là. Stapfer entreprit en outre une grande enquête sur l'état des écoles primaires : il fit adresser, en 1798, à tous les instituteurs de la Suisse un questionnaire détaillé ; les réponses à ce questionnaire, conservées aux archives fédérales, fournissent le tableau le plus complet de la situation de l'enseignement populaire dans les cantons helvétiques à la fin du XYiii^ siècle.

En octobre 1800, Stapfer dut quitter le ministère des arts et des sciences pour aller à Paris remplir les fonctions d'envoyé de la République helvétique. Il y défendit de son mieux les intérêts de la cause qui lui était chère, celle de la constitution unitaire, et il eut le regret de voir ses efforts infructueux. Lorsqu'on 1803, par l'Acte de médiation, Bonaparte eut mis fin à la République helvétique, Stapfer rentra dans la vie privée; mais il ne retourna pas en Suisse, où le pouvoir était désormais aux mains de ses adversaires. Il se fixa en France, et y vécut jusqu'à sa mort; sa maison, à Paris, fut, pendant do longues années, un centre littéraire et philosophique important. Guizot fut en 1807 et 1808 le précepteur des enfants de Stapfer, et la plupart des philosophes et des écri-

vains marquants de l'époque de l'Empire et de la Restauration comptèrent au nombre des amis de l'ancien ministre de la République helvétique. Stapfer mourut à Paris en 1840.

STASSAUT (Prix). — Le prix Stassart, que décerne l'Académie des sciences morales et politiques, a été fondé par un écrivain belge, le baron de Stassart, mort en 1854, de son vivant membre correspondant de cette Académie. Par son testament, en date du 19 mai 1854, il a légué une rente de 500 fr. pour faire l'objet d'un prix à décerner tous les six ans par l'Académie (section de morale), alternativement au meilleur éloge dun moraliste désigné par l'Académie, ou au meilleur mémoire sur une question de morale. L'Académie a plusieurs fois proposé pour ce prix des questions relatives à la pédagogie, notamment celle de l'étude sur Channing (concours de 187^.), ce'le des devoirs et des droits de l'État et de la famille en matière d'enseignement et d'éducation (concours de 1882). — V. aussi Académies, p. 12.

STATILÉGIE. — V. Laffore.

STATISTIQUE DES PRÉFETS. — On désigne sous ce nom une collection de monographies dont chacune comprend la description d'un département au point de vue géographique, industriel, agricole et administratif. C'est sous le ministère de Chaptal * que furent rédigés et publiés, de l'an IX à l'an X, ces mémoires sous forme de petits volumes in-8°, sortis des presses de l'imprimerie des sourds-muets. Dans la plupart de ces monographies, les préfets ont consigné les résultats de l'enquête faite en l'an IX sur la situation de l'instruction publique ; aussi leur avons-nous, dans les articles de ce Dictionnaire consacrés aux départements, emprunté plus d'une fois des renseignements.

Pour des raisons que nous ne connaissons pas, trente-deux départements seulement sont représentés dans cette collection, qui est restée incomplète. Voici les noms de ces départements :

Volumes publiés en Van IX : Hautes-Alpes, Drôme, lUe-et-Vilaine, Mont-Blanc, Orne, Ourthe, Haute-Saône, Deux-Sèvres, Var, Vendée.

Volumes publiés en l'an X : Aisne, Allier, Aube, Aude, Charente, Cher, Gers, Golo, Loire-Inférieure, Lot-et-Garonne, Lozère, Marne, Meuse-Inférieure, Deux-Sèvres, Basses-Pyrénées, Bas-Rhin, Rhône, Sambre-et-Meuse, Sarthe, Seine-et-Oise, Vienne, Vosges.

Il existe une autre collection de Mémoires statistiques adressés au ministre de l'intérieur par les préfets, et publiée de l'an XI à l'an XIII, en 12 volumes in-folio (imprimerie de la République); elle comprend les départements suivants : Hautes- Alpes, Doubs, Escaut, Eure, Indre, Lys, Meurthe, Mont-Blanc, Moselle, Rhin-et-Moselle, Deux-Sèvres, Var.

STATISTIQUE SCOLAIRE. — On a donné beaucoup de définitions de la statistique ; la meilleure nous paraît être la suivante : La statistique est l'étude numérique des faits sociaux, quoiqu'on puisse objecter que les recherches de la statistique s'appliquent non seulement à des faits sociaux, mais aussi à des phénomènes d'ordre purement naturel, et que tout dénombrement, toute recherche consistant à compter le nombre de fois que se produit un fait quelconque, ou que l'observateur le constate, est en réalité de la statistique. Dans son acception la plus é'cndue, la statistique se confondrait ainsi à peu près avec les tables de présence et d'absence que Bacon recommandait pour l'étude des sciences d'observation, et elle serait un instrument nécessaire aux sciences naturelles aussi bien qu'aux sciences sociales. Cependant les premières emploient des procédés de recherche et, dans certains cas, (Jes procédés d'expérimentation qui les distinguent tout à fait

j des méthodes propres aux sciences sociales, et il est préférable, dans l'intérêt de la clarté du langage, de réserver le nom de statistique aux recueils de nombres relatifs aux faits sociaux et à l'étude de ces nombres.

Depuis longtemps, les hommes, désireux de connaître, ont fait de la statistique ; le dénombrement du peuple d'Israël et de Juda que le roi David ordonna était de la statistique ; le groupement des citoyens romains en classes et en centuries, dont étaient chargés les censeurs, et l'état de situation de l'Empire que fit dresser Auguste et dont le monument d'Ancyre nous a conservé des fragments, étaient de la statistique ; les pouillés et les terriers, que dressaient les seigneurs au moyen âge pour constater leurs droits sur les terres et les personnes, étaient une sorte de statistique.

Cependant la statistique est moderne. Les pu^ blicistes du xviii* siècle peuvent en être considérés comme les précurseurs. Ils ont fait de l'arithmétique politique, c'est-à-dire qu'ils ont essayé de déterminer, à l'aide du petit nombre d'éléments numériques qu'ils possédaient, les lois qui régissent la fortune et le développement des États ; mais, faute de documents suffisants, ils ont été le plus souvent réduits à ne donner que des hypothèses pour conclusions. Le xix^ siècle est plus riche à cet égard : les documents statistiques, sans répondre encore à tous les besoins de l'administration et de la science, abondent aujourd'hui.

La France a fait le premier dénombrement de sa population en 1801 et, depuis 1831, elle renouvelle régulièrement tous les cinq ans cette opération; depuis 1801, elle relève tous les ans le total des naissances, des mariages et des décès; elle possède ainsi les éléments nécessaires pour l'étude de l'état et du mouvement de sa population. Depuis 1827, elle publie la statistique de la justice criminelle et, depuis 1831, celle de la justice civile et commerciale; elle a commencé, dès 1818, la statistique du recrutement de l'armée et, dès 1819, celle du commerce extérieur. La création du bureau de statistique générale du royaume au ministère de l'agriculture et du commerce en 1833 a été le point de départ d'une série de publications importantes sur la population, l'agriculture, l'industrie, le commerce, etc., qui se poursuivent encore. Aujourd'hui, presque tous les ministères ont des bureaux de statistique et publient périodiquement des statistiques sur les matières qui relèvent de leur administration.

Les autres États civilisés ont fait comme la France. Au siècle dernier, il n'y avait pour ainsi dire pas d'État qui eût une véritable statistique : les États Scandinaves (1749 pour la Suède) et les États-Unis (1790) possédaient seuls alors des dénombrements de leur population. Aujourd'hui il n'en est pas un seul, pour ainsi dire, qui ne publie des documents de ce genre, et plusieurs se distinguent par l'importance considérable qu'ils ont donnée à leurs bureaux de statistique et par l'étendue, la variété et la précision de leurs publications. Les gouvernements ont compris que, s'il importe de bien connaître les faits pour bien administrer les affaires, la statistique est un des moyens d'acquérir cette connaissance, et qu'elle seule, grâce à ses procédés d'investigation, peut renseigner avec exactitude sur le nombre des faits et sur leur importance relative au point de vue numérique.

Tout ce qui peut être énuméré tombe sous le contrôle de la statistique, par les dénombrements, par les enquêtes, par des relevés faits sur les registres de l'administration; elle compte les personnes, les choses, les actes ; puis, quand elle a réuni tous les nombres, elle les additionne, les groupe de diverses manières suivant la nature du sujet et l'étude qu'elle se propose d'en faire, elle

compare les groupes, calcule les rapports et présente un tableau à la fois analytique par groupes et synthétique dans l'ensemble.

La statistique dresse ainsi l'inventaire matériel et moral des nations. Sans doute, elle ne donne jamais un inventaire complet d'une société, parce que toutes les formes de la richesse et toutes les manières d'ôtre de la vie sociale ne sont pas susceptibles d'un dénombrement exact. Du moins, elle fournit des inventaires partiels qui sont aussi utiles pour le gouvernement d'un État que peut l'être, pour un négociant, l'inventaire et la comptabilité de sa maison de commerce.

La statistique scolaire est une des branches de la statistique. Elle a pour objet de compter les écoles, les classes, les maîtres, les élèves ; de les grouper par catégories, de comparer les catégories entre elles, de mesurer, par la comparaison de plusieurs statistiques, les changements qui se sont produits en plus ou en moins, d'apprécier même, dans une certaine mesure, quelques-uns des résultats de l'enseignement. Elle fournit ainsi à l'administration publique des renseignements indispensables, et elle .éclaire la nation sur l'état de l'instruction, sur les progrès accomplis, sur les points défectueux ou faibles de son organisation pédagogique; elle permet d'apprécier les résultats obtenus par certaines mesures législatives, et elle indique quelquefois aux pouvoirs publics des réformes qu'il serait utile d'entreprendre.

La France n'a une statistique scolaire que depuis le règne de Louis-Philippe. De nos jours, depuis une quinzaine d'années surtout, des érudits ont recherché avec curiosité l'état des petites écoles avant 1789, et ont essayé de dresser une sorte de statistique rétrospective de l'enseignement primaire; ils nous ont appris que ces écoles étaient, dans beaucoup de provinces, bien plus nombreuses qu'on ne le supposait généralement, sans prouver toutefois que l'enseignement eût encore une grande solidité : néanmoins, les données manquent pour dresser à cette époque une véritable statistique, c'est-à-dire un état numérique du total des écoles, des maîtres et des élèves d'une région. Le Manuel général, journal officiel de l'instruction primaire, a donné en 1833 le rapport des élèves à la population pour les années 1817, 1820, 1825, 1829 et 1833, et VAl- Tnanach de l'Université contient quelques chiffres sur le nombre des écoles; en 182G, le baron Ch. Dupin fit paraître une carte figurative de l'instruction populaire de la France sur laquelle les départements étaient marqués d'une teinte d'autant plus sombre que le rapport du nombre des élèves au nombre des habitants était moindre.

Le travail de M. Dupin ne s'appliquait qu'aux garçons, quoique vraisemblablement un certain nombre de filles fréquentant des écoles mixtes se trouvent mêlées à ceux-ci dans le total de 1116 777 écoliers sur lequel portent ses calculs. M. Dupin donne le premier rang à la Moselle, avec 10 habitants par écolier, et le dernier à la Haute- Loire avec 2G8 habitants par écolier. Toutefois ce n'était pas encore là une véritable statistique.

Le dernier ministre de l'instruction publique sous la Restauration, le comte de Guernon-Ranville, prescrivit par l'ordonnance du 14 février 1830 qu'un « rapport sur l'état de l'instruction primaire dans toute l'étendue du royaume fût pressente chaque année, et communiqué aux Chambres ». La statistique fut dressée, et le gouvernement de Juillet, qui la trouva dans les cartons du ministère, la publia en 1831 par les soins de M. de Montalivet : c'est la première publication olficielle de ce genre qui donne des résultats pour Ja France entière.

Le gouvernement de Juillet, qui eut le mérite Reconstituer, par la loi du 28 juin 1833, l'cnsci-

gnoniciit piiniairo en l'rance, comprenait l'intérêt d'une statistique scolaire : il décida que le ministère de l'instruction publique en oresserait et en publierait une régulièrement tous les trois ans. Il y a eu sept publications de ce genre sous le règne de Louis-Philippe: la statistique de 1829, dont nous venons de parler, publiée en 1831; celle de 1832, publiée eu 1833; colle de 183:i, publiée en 1834; celle de 1837 en 1838, celle de 1840 en 1841, celle de 1843 en 184.5, et celle de 184" en 18i8. Cette dernière demeura inachevée à cause de la révolution de février, et le rapport général du ministre au roi fut seul imprimé.

Sous la seconde hepublique, l'admiDistration voulut continuer la tradition, et fit même, en 1850, imprimer en grande partie un volume de statistique que les ministres de l'instruction publique ne livrèrent pas à la publicité et qui est demeuré inachevé.

Le silence dura ensuite quatorze ans sous le second empire. Le ministère recueillait chaque année, comme auparavant, des renseignements statistiques sur les écoles par les états de situation ; mais il ne les faisait pas connaître au public. D'ailleurs ces renseignements paraissent avoir été dans l'ensemble d'une très médiocre exactitude ; M. Rouland, ministre de l'instruction publique, ayant produit au Conseil d'État les données relatives à l'année 1861 pour appuyer des propositions budgétaires, M. Duruy, aussitôt après son entrée au ministère, voulut livrer ce travail à la publicité : l'administration en fit commencer l'impression, mais elle l'arrêta bientôt à cause des erreurs matérielles et des inexactitudes du manuscrit. M. Duruy entreprit lui-même une statistique complète de l'instruction primaire; dressée sur les données de l'année 1863, cette statistique fut publiée en 186» ; elle constitue le document le plus étendu qui eût été composéjusquc là sur la matière. Le ministre qui, dans son rapport à l'empereur, disait qu'il -< conviendrait de renouveler régulièrement tous les trois ou cinq ans » cette publication, n'attendit pas jusque là : il donna, en 1867, un état sommaire de l'enseignement primaire au Ic' janvier 1866 et. en 1868, un état de l'enseignement pour l'année 1866 sous le titre : Exposé général de la situation de l'enseignement primaire au l^r janvier 1867 ; il fit, en outre, plusieurs publications relatives aux cours d'adultes.

Le silence se fit de nouveau après son ministère. Cependant, sous la troisième République, M.J.Simon reprit la tradition et fit préparer la statistique de 1872; mais, après l'impression, le travail ne fut pas jugé assez exact pour que le volume pût être mis en distribution.

A l'Exposition universelle do Vienne en 1873, les États avaient été conviés à présenter leur statistique pédagogique, en vue de la composition dune statistique internationale de l'instruction dont M. Fischer, directeur de la statistique de l'empire d'Autriche, avait été chargé par le congres international de statistique. La France ne put répondre à l'appel; la ville de Paris seule parvint à publier (en 1875) par les soins de M. Greard, un important volume deux ans après l'Exposition. Le juré français signalait cette lacune dans son rapport : « Assurément, il n'est pas moins utile de se rendre compte, dans un pays civilisé, de létat et du progrès de l'instruction, que du commerce et du nombre des condamnations. Cependant nous avons en France, chaque année, ces derniers renseignements, et nous ne possédons pas les premiers, n Le directeur de l'enseignement primaire. M. Boutan, voulut combler cette lacune et décida le ministre à instituer, en mars 1876, une commission de statistique.

Cette commission s'occupa tout d'abord de dresser des cadres et d'en faire l'essai par un premier travail demandé aux instituteurs en novembre 187G

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