STATISTIQUE SCOLAIRE
et portant sur les résultats de rannéo 1875. Puis elle prépara la statistique de l'année scolaire 1876- 1877, qui fut dressée par les soins de M. F. Buisson, secrétaire de la commission. Ce volume, publié en 1878, à l'occasion de l'Exposition universelle, est plus complet qu'aucun de ceux qui l'avaient précédé. Il commence une nouvelle série qui, d'après la décision du ministre, doit avoir une périodicité quinquennale, c'est-à-dire que tous les cinq ans une statistique complète doit être dressée.
Cette statistique est établie principalement à l'aide des états de situation, dont les cadres ont été disposés à cet effet, et quelquefois aussi en partie à l'aide de renseignements demandés aux inspecteurs et aux instituteurs; elle coïncide avec l'année du dénombrement de la population afin de faciliter, dans la mesure où il est possible de l'établir, la comparaison entre les enfants à instruire et les enfants qui fréquentent les écoles ; elle est précédée d'une introduction qui résume les principaux faits et les changements survenus dans la période quinquennale. Cette statistique a été dressée déjà deux fois. La première concerne l'année scolaire 1876-1877 (tome I^r de la série, publié en 1878) ; elle comprend un rapport du ministre, M. Bardoux, au président de la République, un rapport du président de la commission de statistique, M. Levasseur, au ministre, un résumé général accompagné de cartes et figures par le secrétaire de la commission, M. Buisson, et 68 tableaux de statistique. La seconde concerne l'année scolaire 1881-1882 (tome III de la série, publié en 1884); elle comprend un rapport du ministre, M. Fallières, au président de la République, un rapport au ministre formant résumé général et accompagné de cartes et figures par le président de la commission, M. Levasseur, 6.2 tableaux de statistique et, en outre, la statistique de l'Algérie et des colonies françaises.
Pour rattacher cette série aux statistiques antérieures, la commission a pensé qu'il était utile de publier un volume de statistique rétrospective. Ce volume, qui forme le tome II de la collection, est intitulé : Statistique compai-ée de l'enseignement primaire, 1829-1877. Il comprend le rapport du ministre, M. J. Ferry, au président de la République, le rapport formant résumé général et accompagné de cartes et figures, rédigé par le président de la commission, M. Levasseur, 92 tableaux de statistique, la statistique de l'Algérie et des colonies françaises, et un appendice sur les pays étrangers. Dans le rapport et dans les tableaux de statistique sont condensés les résultats et les données principales des statistiques, éditées ou inédites, de l'instruction primaire depuis la fin de la Restauration jusqu'au premier volume de la nouvelle série.
Le ministère de l'instruction publique est la principale source des renseignements statistiques sur l'instruction primaire. Il connaît directement tout ce qui concerne le matériel et le personnel des écoles, bâtiments, maîtres, élèves ; mais il n'est pas la source unique des documents officiels sur cette matière. C'est le ministère de la guerre qui, par les opérations du recrutement, constate le degré d'instr«ction des jeunes gens de vingt ans ; c'est le ministore de l'intérieur qui fait relever sur les actes de l'état civil le nombre des conjoints, hommes et femmes qui signent leur acte de mariage, et le ministère du commerce et de l'industrie (statistique générale de France) qui publie les résultats de ces relevés; c'est le dénombrement de la population, opéré par les soins du ministère de l'intérieur et publié par le ministère du commerce, qui a fait (deux fois seulement, en 1866 et on 1872) connaître le nombre des individus sachant lire et écrire.
La statistique scolaire ne date guère en France, ainsi que nous venons de le dire, que d'un demisiècle. Elle n'a pas adopté tout d'abord des procédés d'information uniformes, et les résultats de ses diverses publications ne peuvent être comparés qu'avec prudence (voir le rapport au ministre, tome II de la Statistique de l'enseignement primaire). Depuis la création de la commission de statistique, les questionnaires ont été rédigés dans un esprit méthodique et les résultats ont été contrôlés avec soin. On est loin cependant d'avoir obtenu des résultats d'une parfaite exactitude.
Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles certaines données de la statistique scolaire, particulièrement celles qui portent sur les élèves, sont, comme beaucoup de données statistiques, voisines de la réalité sans pouvoir être considérées comme représentant la réalité môme.
L'administration a recommandé expressément de relever non le nombre des élèves inscrits durant l'année civile, du 1" janvier au 31 décembre,, sur le registre matricule de l'année, parce que ce registre porte à la fois des élèves qui ont quitté l'école aux vacances et des élèves qui y ont été admis à la rentrée, mais le nombre des élèves inscrits durant l'année scolaire, c'est-à-dire du 1er janvier jusqu'aux vacances, sur un registre matricule, avec addition de ceux qui, ayant fréquenté l'école depuis les vacances jusqu'au 31 décembre de l'année précédente, figuraient sur le registre matricule précédent et qui n'ont pas été réenregistrés au mois de janvier de l'année suivante. Mais cette prescription n'est pas partout observée et le nombre des élèves inscrits se trouve ainsi le plus souvent exagéré. Si même cette cause d'erreur était écartée, le total des inscrits serait encore supérieur au nombre des élèves qui ont fréquenté les écoles durant l'année, parce qu'il y a des enfants qui, changeant d'école dans le courant d'une année, se trouvent inscrits sur les registres de plusieurs écoles. L'administration n'exerçant pas sur les écoles libres le même contrôle que sur les écoles publiques, les renseignements fournis par les premières ne sauraient présenter les mêmes garanties d'exactitude : c'est encore une cause d'incertitude au sujet de la valeur des résultats. -.....,..,. .....,
On peut employer d'autres méthodes : celle d'un relevé des élèves inscrits à une certaine époque 'de Tannée, ou mieux celle d'un recensement des élèves présents à un jour déterminé. Le relevé à jour fixe des élèves antérieurement inscrits n'exclut pas les doubles inscriptions. Le recensement à jour fixe des présents est un moyen recommandable d'information et de contrôle ; l'administration l'a employé en 1884 et en 1885. Cependant il n'est pas à l'abri de la critique; car le nombre des élèves présents varie suivant les saisons et, comme on ne peut faire une opération de ce genre djins toute la France sans que les personnes intéressées soient prévenues, il est vraisemblable que les instituteurs s'efforceront d'avoir le plus de présebts possible ce jour-là, et que la statistique enregistrera un nombre supérieur à la moyenne. En outre, le relevé des inscriptions par mois et p0ur l'année entière fournit des renseignements utiles qui ne se trouvent pas dans un recensemerat à jour fixe. I
La plupart des résultats des statistiques de llBnseignement primaire se trouvent consignés dans les articles que ce Dictionnaire consacre aux|di" vers départements. Nous croyons utile de les Présumer ici en mettant sous les yeux du lectjeur quelques tableaux généraux dans lesquels' sa trouvent les principaux résultats numériques relatifs à cette matière depuis 1829. j
Tableau 1. - Écoles.
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