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Etats-Unis : popul. blanche..
— pop. de couleur.
[E. Levas.sour, de l'iustitut.]
STIGMOGRAPHIE
STOY
Statut. — Cette dénomination s'applique à certains règlements généraux édictés, sous forme d'arrêtés, par l'ancien Conseil de l'Université et par l'ancien Conseil royal de l'instruction publique. Ils sont assez nombreux de 1809 à 1848, mais ne concernent que l'enseignement supérieur et l'enseignement secondaire. Un seul a pour objet l'enseignement primaire; il porte la date du 25 avril 1834 et est intitulé : Statut sur les écoles privtaires élémentaires communales. Il se compose de deux titres relatifs, le premier, aux études, le second, à la discipline. On trouvera une analyse de ce document aux articles Organisation administrative et Organisation pédagogique. V. aussi hcg/emenis scolaires. [Ernest Cadet.]
STEPIIAISI. — Stephani, théologien et pédagogue allemand, né en 1761 à Gemiind en Basse- Franconie, étudia la théologia protestante à Erlangen, puis devint précepteur des fils de la comtesse de Castell. Il avait embrassé, tant en matière religieuse qu'en matière pédagogique, les doctrines de l'école rationaliste. La faveur dont il jouissait auprès de la famille de ses élèves lui fit confier les fonctions de conseiller du consistoire du comté de Castell, et en cette qualité il travailla à la réforme des écoles de ce petit État. Entre autres améliorations apportées par lui à l'enseignement élémentaire, il faut citer l'introduction de la méthode de lecture connue sous le nom de Lautier-Methode, qu'il exposa dans sa Methodische Anweisung zum Leseunterricht (1804), et qui se répandit rapidement dans les écoles d'une partie de l'Allemagne (V. Lecture, p. 1550). Il exposa ses idées sur l'organisation des écoles publiques dans un ouvrage qui eut un certain succès, System der offentiichen Èrziehung (Berlin, 1805). Le comté de Castell ayant été médiatisé, Stephani passa en 1808 au service du gouvernement bavarois, et remplit les fonctions de conseiller scolaire et de doyen ecclésiastique, successivement à Augsbourg' et à Anspach. Ses opiaions rationalistes, exprimées particulièrement dans un Traité d'instruction religieuse à l'usage des catéchumènes, lui attirèrent des ennemis. Le gouvernement bavarois, qui le .soutint aussi longtemps que dura le ministère libéral de Montgelas, finit par lui ôter ses fonctions de conseiller scolaire. Devenu doyen à Gunzenhausen, il fut au bout de quelques années attaqué de nouveau pour ses opinions religieuses et destitué en 1834. En 1842, il se retira en Prusse auprès de son gendre, et mourut en 1850 à l'âge de quatrevingt-neuf ans. Stephani a publié pendant assez longtemps un journal scolaire, der Schulfreund, qui cessa de paraître en 1834. Dans la seconde partie de sa carrière, il a résumé ses idées pédagogiques dans trois ouvrages principaux, qui sont : un traité sur la discipline, indiquant « le moyen de remplacer la discipline barbare et déraisonnable des écoles par une discipline raisonnable et humaine » {Nachweisung, wie unsere bisher unvernûnftige undzum Theil barbarische SchulzuchtendliU einmal in eine vernûnftige und men'^chenf reund'iche umgeschaffen werden kônne und musse, 1827); un traité de l'art de l'cjiseignement [Handbuch der UnteriHchtskunst, 1835), et un traité de l'art de l'éducation (Handbuch der Erziehunuskunst, 1836).
STIGMOGRAPHIE. — On appelle stigmographie un procédé destiné à faciliter les premiers exercices de dessin. L'élève reçoit un cahier dont les pages sont couvertes de points (en grec stigmos) placés à égales distances les uns des autres, en lignes parallèles : il suffit de les joindre les uns aux autres par des lignes pour obtenir des figures régulières. Ce système, imaginé par le Dr Hillard, à Vienne, il y a une quarantaine d'années, et graduellement perfectionné, offre certains avantages. Sans supprimer la spontanéité du
coup d'œil et du tracé, il rend possible, pour les débutants, la confection de figures qu'ils no parviendraient ni à reproduire, ni môme à analyser sans ce réseau de points de repère. Ainsi le dessin ne devient pas un calque ; l'œil et la main ne sont pas dispensés d'acquérir de la justesse et de la sûreté ; mais la difficulté, au lieu d'être insurmontable, se présente assez réduite et assez divisée pour que l'élève en triomphe. Peu à peu ce canevas lui devient .moins nécessaire ; des figures rectilignes il passe insensiblement aux courbes régulières, pour lesquelles les points du papier ne servent plus que comme indication générale, puis à la représentation des objets usuels de forme très simple, qu'il arrive bientôt à dessiner sans ponctuage d'aucune sorte, soit d'après nature, soit d'après un modèle au tableau noir. On a toutefois fait à la stigmographie, en ces derniers temps, un reproche qui paraît avoir quelque fondement : c'est d'exercer — ainsi que le « quadrillage », dont la stigmographie n'est qu'une variété — une influence fâcheuse sur la vue des élèves. Aussi l'emploi des cahiers stigmographiques a-t-il été interdit dans plusieurs parties de l'Allemagne.
STOY. — Karl-Volkmar Stoy, écrivain et pédagogue allemand, est né le 24 janvier 1815 à Pegau, petite ville de Saxe, où son père était pasteur. Après six années de classe à la Fûrstenschule d'Afra à Meissen, il fit ses études de théologie à Leipzig, et résolut de se consacrer entièrement à la philosophie et à la pédagogie, après avoir suivi les cours du célèbre Herbart * à Gœttingue. Il entra en 1839 comme professeur dans une institution privée à Weinheim ; c'est là qu'il publia son premier travail, « sur l'enseignement de la langue allemande pendant les six premières années ». La méthode d'enseignement qu'il y recommande est usuelle aujourd'hui ; elle était nouvelle alors. Il bannit des premières années les termes techniques de la grammaire, et veut que les enfants apprennent leur langue par l'étude de morceaux choisis, par la pratique et par l'exercice. En 184;i il entre à l'Université d'Iéna comme privat-docent de philosophie, et prend l'année suivante la direction d'une importante maison d'éducation ; il la reconstruit et la renouvelle entièrement, change les. méthodes, lui acquiert une valeur considérable. Son ambition était de prendre de la huitième à la quinzième année les enfants des familles riches, de les rendre sains et vigoureux de corps et d'esprit, capables d'aller terminer leurs études au gymnase et à la Realschule et de se choisir librement une carrière, sans avoir été surchauffés et surmenés dans ces précieuses années du premier développement. A l'Université il faisait des cours très suivis sur la philosophie, puis, peu à peu, presque exclusivement sur la pédagogie, tant théorique que pratique. Dès son arrivée à léna, il avait fondé une modeste société de pédagogie, qui se transforma en ce que les Allemands appellent un « séminaire pédagogique », c'est-à-dire un ensemble de leçons et d'exercices dont Stoy fit tout à la fois une sorte d'École normale supérieure et de Faculté spéciale. C'est là, à dire vrai, la grande œuvre de sa vie, celle qui a donné à son nom de la notoriété et où il a véritablement rendu d'importants services.
On venait de toutes parts assister à ses cours, comme jadis on allait voir Pestalozzi ; il voyait se grouper autour de lui des étudiants non seulement de l'Allemagne, mais encore de la Suisse, de l'Autriche-Hongrie, de la Bulgarie, de l'Arménie, de la Grèce et de l'Amérique. Plusieurs étaient envoyés par leur gouvernement pour s'inspirer de sa méthode. Il fut nommé conseiller scolaire en 1857. A la suite d'un dissentiment avec le conseil de l'Université (et plus particulièrement avec la Faculté de théologie) qui voulait lui imposer,
STOY