‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 418 sur 573 · STURM · texte numérisé non relu

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pour accorder à sou œuvre une subvention annuelle, des conditions qui lui parurent blessantes, il crut devoir donner sa démission de professeur, vendre son établissement, licencier son séminaire et quitter léna. Il fut nommé professeur à Heidelbcrf5, où il enseigna la philosophie pendant huit années, après lesquelles il revint à léna ; il y retrouva ses amis, ses élèves et son oeuvre, auxquels il se consacra de nouveau avec un zèle infatigable, bien que sa situation de fortune et son âge eussent pu lui conseiller le repos. Il fut appelé à Vienne en 1871 par le ministre de l'instruction publique d'Autriche, le Dr Stremayr, pour prendre part à une en(|uète sur les moyens de réaliser l'article de loi relatif à l'établissement de cours pédagogiques dans les universités; on lui reconnaissait en ces matières une compétence spéciale. Il venait d'envoyer à plus de 400 des vétérans de son séminaire l'invitation à se réunir à léna pour fêter avec lui son 70*^ anniversaire, lorsque la mort l'enleva, presque subitement, la veille môme de ce jour de lète, le 23 janvier 1885.

Stoy a écrit de nombreux ouvrages ; on en compte vingt et un; quelques-uns ne sont qvie des brochures ; tous traitent de questions de pédagogie : « l'enseignement de la langue allemande ; les besoins de l'école; Rousseau, Fichte, Considérant et l'idée de l'éducation; la pédagogie dans la famille ; programmes scolaires ; deux jours dans les gymnases anglais ; la vocation et la formation des instituteurs ; l'organisation d'une école normale, etc. » Ses livres les plus considérables sont sa Propédeutique philosophique, et surtout son Encyclopédie de la Pédagogie. Ils ont les qualités et les défauts des livres allemands qui aspirent au titre de scientifiques. Ils sont graves, complets, minutieux, mais lourds et pédants, souvent vides sous leur rotondité. Disciple de Herbart, Stoy n'a pas échappé aux exagérations prétentieuses d'un système qui se donne pour avoir découvert les choses les plus connues et qui embrouille à plaisir les notions les plus simples. Il a protesté lui-même, en termes assez vifs, contre les extravagances de Ziller*, dont le nom est si souvent joint au sien et à celui de Herbart ; mais ils ne sont pas plus faits l'un que l'autre pour séduire des esprits amoureux de la simplicité, de la clarté, de la réalité. Voici, en quelques mots, le plan de la pédagogie scientifique de Stoy. Il la divise en trois branches : pédagogie philosophique, historique, pratique. La première, qu'il subdivise en Diœtétique, Didactique, et Hodégétique, traite successivement des soins à donner à l'esprit et au corps, de la matière et de la forme de l'enseignement, de la distribution, de la méthode soit analytique, soit synthétique, soit génétique, des moyens de conduire les élèves selon l'âge, le sexe ou les dispositions individuelles. La pédagogie historique poursuit séparément l'histoire de chacune de ces branches. La pédagogie pratique, subdivisée en générale et particulière, traite tour à tour de la pédagogie dans la famille ou dans les institutions, puis dans les institutions de divers ordres, gymnases, écoles primaires, écoles de filles, orphelinats, etc.

S'il ne fallait juger Stoy que par ses livres où les divisions et subdivisions se multiplient à l'infini, et font illusion par leurs noms savants et leur rigoureuse ordonnance sur leur iond assez ordinaire et médiocre, on ne s'expliquerait pas l'enthousiasme de quelques-uns de ses biographes. Il se comprend mieux quand on pense aux efforts énergiques et intelligents qu'il a déployés pour former des maîtres, et aux résultats remarquables qu'il a obtenus. Par ses seuls sacrifices et par des souscriptions volontaires, sans subvention de l'État ou avec des subventions dérisoires, il a fondé et soutenu pendant trente-quatre ans son séminaire pé-

dagogique, il a formé plus de 700 élèves qui sont tous devenus des maîtres et des professeurs de tout ordre, des inspecteurs, des directeurs, etc. Il a adjoint à son séminaire une magnifique écolo annexe, où il avait même établi des logements pour les maîtres, La majorité des étudiants qui se groupaient autour de lui étaient des étudiants en théologie, quelques philosophes, quelques naturalistes, un ceriain nombre d'instituteurs d'élite auxquels il était permis de suivre les cours universitaires.

On restait élève du séminaire (qui était un externat) pendant doux à quatre semestres. Aux études théoriques se joignaient des exercices pratiques dans l'école annexe. Chaque étudiant devait y cqseignerune matière pendant un semestre ou deux, sous la surveillance du directeur ; tous avaient le droH d'assister aux leçons de leurs camarades ; ils rendaient compte de leurs observations dans une conférence hebdomadaire appelée le Scholasticum où se discutaient, au point de vue pédagogique, tous les événements de la semaine. La leçon d'épreuve que chacun devait faire à son tour aux enfants devant ses condisciples et qu'on appelait le Practicum donnait lieu, le soir, à des critiques que présidait le directeur. Tous les ans un grand voyage pédestre emmenait dans les forêts de la Thuringe les étudiants du séminaire et les élèves de l'école annexe sous la conduite de Stoy, le plus gai, le plus alerte et le plus courageux de tous. On en causait l'année entière.

Le vivant souvenir que Stoy a laisse dans le cœur de ses nombreux élèves, presque tous parvenus à des situations influentes, parle plus en sa faveur que ses lourds écrits dont 1' « herbartianisme », môme mitigé, ne réussu'ait probablement pas à sauvegarder sa mémoire.. [Jules Sleeg.J

STUR.M. — Jean Sturm, humaniste et pédagogue, né à Sleide, petite ville de l'ancien duché de Luxembourg, le l^r octobre 1Ô07, a été tout à la fois un homme de la Renaissance et de la Réformation. Il a contribué pour une grande part au réveil des études classiques et à la propagation des idées protestantes. Elève du gymnase de Saint-Jcrorae, fondé à Liège par les frères de la Vie commune ou Hièronymites *, il prit dans cette maison, alors l'une des plus florissantes des Pays-Bas, la passion des lettres latines et les principales lignes de la méthode qu'il devait appliquer plus tard au gymnase de Strasbourg, dont il a fait l'illustration et la fortune. Étudiant à l'Université de Louvain, il s'y était associé avec un imprimeur, et avait édite un assez grand nombre d'ouvrages grecs et latins. Venu à Paris dans l'intention d'écouler ses volumes, et y ayant réussi, il s'occupa d'abord quelque temps de médecine, puis ouvrit des cours libres au Colloge royal, qui eurent un grand succès. Sa réputation de professeur érudit et élégant le désigna aux magistrats de Strasbourg, ce qui décida sa vocation. D'abord professeur de logique dans les écoles latines, il fut chargé de créer et d'organiser le gymnase où devait se centraliser l'enseignement secondaire de la ville ; il fut nomme, le 24 juin 1538, recteur de cet établissement, qui ne tarda pas à acquérir une importance considérable, et il conserva ces fonctions pondant plus de quarante années. A la suite de controverses theologiques où il s'était attiré la colère implacable du parti dominant, il fut destitué le 7 décembre 1581, malgré ses longs et précieux services, et il traîna dans la tristesse les dernières années de sa vie. On ne lui rendit pleine justice qu'après sa mort (1589).

Jean Sturm ne s'est pas occupé de ce que nous appelons aujourd'hui l'enseignement primaire ; il n'a eu en vue que renseignement secondaire ou classique. Le gymnase de Strasbourg était une école latine ; le latin était la langue par excellence

SUBVENTIONS

qu'on y enseignait et qu'on y parlait ; l'allemand ne comptait pas, le grec était un accessoire. Loin de songer à développer l'enseignement de la langue maternelle, Sturm se plaignait que les enfants ne pussent, comme des petits Romains, apprendre le latin dès leurs premiers jours. Il tâchait d'y suppléer en commençant le plus tôt possible. Le principal et le plus fécond effort de Sturm a consisté dans l'organisation de classes bien liées, s'enchaînant méthodiquement les unes aux autres. Il avait établi neuf classes ; les élèves entraient dans la neuvième, à l'âge de cinq à sept ans, pour apprendre à lire et à écrire. Il leur faisait déjà alors commencer la grammaire latine, et leur mettait dans les mains les lettres familières de Gicéron. ,' i ,

Pendant toute la durée des classes, Cicéron est le modèle; on lit ses lettres en huitième, ses traités en septième et sixième, ses discours en tout temps; on s'exerce à parler, à écrire en son style. Sturm ne préparait pas des enfants du peuplé à la rude vie de labeur, mais des fils de bourgeois et de nobles aux carrières libérales. Il attachait la plus grande importance au bien parler, qui lui semblait l'instrument par excellence de la civilisation et du progrès. Il a aidé à dépouiller la dialectique et la philosophie du lourd et indigeste pédantisme du moyen âge. Il a su faire place aux mathématiques, aux sciences physiques dont il a habilement réparti l'étude en classes bien graduées. En somme, il est l'un des principaux fondateurs de l'enseignement secondaire classique tel qu'il a été continué dans les siècles suivants jusqu'à nos jours. Ce n'est que par contre-coup et d'une manière indirecte qu'il a exercé une action sur l'instruction populaire; d'abord parce qu'il a poussé à élever dans le gymnase bon nombre de boursiers pauvres, ensuite parce qu'il a ramené dans une grande mesure l'enseignement à la nature et au bon sens, et qu'il a préparé ainsi une pédagogie rationnelle et pratique, dont les principes pouvaient trouver un jour leur application dans les écoles primaires. Il voulait que la jeunesse étudiât les merveilles de la nature, fût exercée à la musique, se livrât régulièrement aux exercices du corps, non seulement aux jeux, mais à la gymnastique, à la course, au saut, à l'escrime. C'étaient autant de vues sages et fécondes, qui devaient faire leur chemin dans les esprits, expulser peu à peu les méthodes barbares, et descendre de la sphère étroite des écoles latines dans le vaste monde de l'éducation populaire. [Jules Steeg.]

STYLE (EXERCICES DE). — V. Composition et style. V. aussi Style dans la Ile Partie.

SUBVENTIONS. — Le mot subvention désigne généralement un subside que l'État accorde pWr un établissement communal ou départemental ou qu'un département ou une commune affecte à une entreprise d'intérêt public. La subvention est destinée à parfaire des ressources particulières déjà assurées à un service ; elle résulte ordinairement d'une loi, d'un règlement ou d'un contrat, et à ce point de vue elle se distingue des secours ou encouragements, qui sont essentiellement aléatoires.

Les subventions pour l'enseignement primaire sont de diverses sortes. Nous allons les mentionner successivement.

I. Subventions aux communes pou^ dépenses des écoles primaires publiques. — Elles se divisent en deux catégories, suivant qu'elles s'appliquent à des dépenses ordinaires ou à des dépenses extraordinaires.

1® Subventions pour dépenses scolaires annuelles. — Ces subventions, qui sont destinées principalement au traitement du personnel enseignant et aux loyers de maisons d'école, n'existaient pas en

réalité avant l'application de la loi du 28 juin 1833. Jusquialoii*" l'État et les dGparfeehientTS pouvaient' être appelés à contribuer aux dépenses scolàfries ; mais ce n'était que sous forme • dô sècôurâfet dans des cas exceptionnels assez rares.'L'ordorn'-t nance du 28 février 181G allouait 50 000 franès prélevés sur le Trésor royal pour être employés' par la commission d'instruction publique à là pu-i blication d'ouvrages et de méthodes, à l'établissement d'écoles modèles, à des récompenses aux maîtres qui s'étaient le plus distingués, etc. L'ordonnance du 14 février 1830 appelait les Conseils généraux des départements à voter les secours qu'ils jugeraient devoir allouer aux communes pour les dépenses scolaires et l'amélioration du sort de l'instituteur; elle décidait en outre l'inscription annuelle au budget de l'État d'une somme spécialement destinée à encourager l'instruction primaire, et l'affectation, pendant cinq ans, au même objet, d'un dixième du produit de la rétribution universitaire.

La loi du 28 juin 1833, en déterminant les dépenses d'instruction primaire obligatoires pour les communes, a fixé les règles d'après lesquelles les départements et subsidiairement l'État devaient leur concours pour ces dépenses. En cas d'insuffisance des ressources communales applicables au traitement fixe et au logement des instituteurs (dons et legs, revenus ordinaires, imposition de 3 centimes additionnels au principal des contributions foncière, personnelle et mobilière), tout département était tenu de subvenir auxdites dépenses jusqu'à concurrence du produit d'une imposition de 2 centimes au principal des mêmes contributions, et l'État, après épuisement des ressources départementales , devait fournir le solde de la subvention nécessaire. Ce système, qui subordonne les concours, inauguré par la loi de 1833, alors que l'instruction primaire était considérée comme un service local au premier chef, subsiste encore aujourd'hui, du moins en principe, à part les modifications que la législation postérieure y a introduites quant à la détermination de la dépense et des diverses recettes.

Pendant l'année 1833, il a été afifecté à l'instruction primaire :

Sur les fonds généraux de l'État 1 500 000 fr.

Le iû« du produit de la rétribution universitaire 67 650

Total l 567 550 fr.

Sur cette somme, il a été employé pour encouragements, compléments de traitement et secours aux instituteurs 68 680 francs; le surplus a été distribué pour acquisitions, construction et réparation de maisons d'école, achat de mobilier scolaire, entretien d'écoles normales et d'écoles modèles, distribution de livres élémentaires, etc.

En 1849, la subvention de l'État pour les traitements des instituteurs et les loyers scolaires était de 829 645 francs.

La loi du 15 mars 1850, en assurant à l'instituteur un traitement minimum de 700 francs, lorsque ce chiffre n'était pas atteint par le produit de la rétribution scolaire réuni au traitement fixe de 200 francs, déjà garanti, a eu pour conséquence une augmentation des charges de l'État. Il est à noter qu'à partir de 1850 limposition communale de 3 centimes et l'imposition départementale de 2 centimes portent sur les quatre contributions directes : foncière, personnelle et mobilière, portes et fenêtres, et patentes.

Les subventions de l'État se sont encore accrues successivement par suite de l'exécution des décrets des 31 décembre 1853 et 19 avril 1862, qui ont porté les minima à 700 francs, puis à 800 et 900 francs pour certaines catégories d'instituteurs.

SUBVENTIONS

SUBVENTIONS

Le total de ces subventions a été de 3 058 432 francs en 1866.

La loi du 10 avril 1867, en élargissant le cadre des dépenses obligatoires au nombre desquelles elle a placé révcntucl, le traitement et le logement des directrices d'écoles de filles (communes de 500 habitants et au-dessus), des instituteurs adjoints et des institutrices adjointes, a porté en même temps de 2 à 3 le nombre des centimes départementaux applicables à l'instruction primaire. Pour l'exécution de cette loi qui accordait, en outre, à toute commune affectant 4 centimes extraordinaires à la gratuité absolue, une subvention dans la limite du crédit spécial inscrit au budget de l'instruction publique, les dépenses à la charge du Trésor se sont élevées, -en 1868, à 5438250 francs. En 1875 elles atteignaient le chiffre de 9 106 754 francs.

Il convient d'ajouter que de 1871 à 1875 l'augmentation annuelle des subventions a résulté aussi du décret du 26 juillet 1870 qui assurait un supplément de 100 francs aux instituteurs et institutrices,

La loi du 19 juillet 1875 a attribué aux instituteurs et aux institutrices des différents ordres, suivant leur classement et leur titre, des traitements variant de 600 à 1200 francs indépendamment des suppléments pour brevet complet, médaille d'argent et inscription sur la liste de mérite. Par suite, de nouveaux crédits ont dû être inscrits au budget de l'État, bien que cette loi eût augmenté les ressources établies par la précédente législation d'un quatrième centime communal et d'un quatrième centime départemental. Un délai de quatre années ayant été fixé pour l'exécution complète de la loi de 1875, ce n'est qu'en 1879 que l'on a pu se rendre un compte exact de l'augmentation de dépenses résultant des dispositions nouvelles. La part contributive de l'État a été pour ladite année de 17 846035 francs.

Mais les lois qui ont le plus influé sur la marche progressive des subventions sont la loi du 16 juin

1881 sur la gratuité et la loi corrélative du 28 mars

1882 sur l'obligation, qui ont en quelque sorte décommunalisé le service de l'enseignement primaire pour en faire un service d'Etat. Il n'y a plus qu'un pas à faire pour que la transformation soit aussi complète que possible : convertir les 4 centimes spéciaux des départements et ceux des communes en centimes généraux et les rattacher au budget de l'État, qui acquittera les traitements du personnel enseignant. Bien des motifs et des considérations militent pour l'adoption de cette mesure. Mais revenons aux lois existantes.

La loi du 16 juin 1881 a substitué l'État aux familles en supprimant la rétribution scolaire, et les lois annuelles de finances, depuis 1882, ont fait intervenir l'Etat aux lieu et place des communes en dispensant celles-ci de fournir tout ou partie du cinquième des revenus ordinaires que leur avait imposé la loi de 1881. Le crédit actuellement affecté aux dégrèvements communaux est de 14 millions.

Pour compléter la série des chiffres de subventions relatives aux dépenses ordinaires des écoles primaires publiques, nous donnons ceux des années 1880 à 188-i :

Subventions pour traitements, loyers ou indem7iités de logement.

Départements.

Eq 1880 8 580 176 fr.

Ife Partie.

État.

19 821 446 fr.

La diminution progressive de la subvention départementale est la conséquence de la cr'-ation d'écoles normales, aux dépenses ordinaires desquelles les départements ont dû appliquer les centimes spéciaux, conformément à la loi du 9 août 1879, mentionnée plus loin.

Dans le chiffre des subventions de l'État indiqué pour 1884 se trouve comprise une somme de 1571063 francs, se rapportant spécialement aux écoles primaires de l'Algérie, dont le service financier a été réglementé par les décrets du 13 et du 16 février 1883.

Nous ne pouvons indiquer le total des subventions pour 1885, cet exercice n'étant pas clos. Nous mentionnerons seulement l'inscription au budget d'un nouveau crédit de 1 150 000 francs destiné à améliorer le traitement des instituteurs et institutrices laïques de la dernière classe.

Sous le titre de subventions pour dépenses annuelles des écoles primaires communales, viennent se placer en outre :

Les subsides accordés jusqu'à concurrence des 100 000 francs inscrits au budget de l'État pour la caisse des écoles instituée par la loi du 10 avril 1867 et rendue obhgatoire par la loi du 28 mars 1882 en vue des secours dont certaines familles peuvent avoir besoin pour fournitures ayant trait à l'usage personnel des élèves, livres, cahiers, plumes, etc. ;

Les subventions destinées à compléter l'indemnité des directeurs et directrices de cours d'adultes, dans les conditions déterminées par le décret et l'arrôté du 22 juillet 1884; en prévision de ces indemnités calculées sur de nouvelles bases à partir de l'année scolaire 1884-1885, le budget de l'instruction publique comprend un crédit de 800 000 francs;

Les subventions facultatives pour améliorer le traitement des institutrices chargées d'écoles de filles dans des communes de moins de 401 habitants; le crédit affecté à ces subventions est de 222 000 francs ;

Enfin les subventions que l'État accorde temporairement à des écoles privées où les jeunes filles sont reçues gratuitement et qui ont tenu lieu jusqu'ici d'écoles publiques. Ces subventions, qui s'élèvent annuellement à 70 000 francs environ, doivent disparaître à partir de 1887. Dans une circulaire du 25 février 1886, le ministre de l'instruction publique a fait connaître qu'il ne consentait à les renouveler pour 1886 qu'en faveur des seules communes qui auraient pris des mesures effectives pour se pourvoir de l'école publique que la loi leur impose.

2° Subventions pour dépenses extraordinaires d'acquisition, de construction et d'appropriation de maisons d'école ou d'achat de mobilier scolaire.

L'Etat n'a longtemps contribué à ces dépenses que par des secours, dont le montant était :

en 1833 de 989 136

1849 de 1 035 127

1877 de i 694 008

Ces subsides de l'État pour maisons d'école ont pris le caractère de subventions dopais 1878 dans des conditions que nous allons brièvement rappeler.

La loi du 1er juin 1878 a rendu obligatoire l'installation des écoles primaires rôguliorement créées; c'est la première qui ait donné une sanction à la mesure, en indiquant les voies et moyens de pourvoir à la dépense. En même temps elle instituait une caisse spéciale à laquelle les communes pouvaient faire un emprunt, et qui payait» en outre, les subventions allouées par le ministre. (V. Caisse pour la construction des maisons d'école.)

SUBVENTIONS

Les lois du 3 juillet 1880 et du 2 août 1881 ont augmenté lo fonds de subventions et d'avances, constitué par la loi de 1878, et apporté certaines modifications au mode de lonctionnemen]t de la caisse. ' ' ">' ^ '"■'■'

La loi du 20 mars 1883, en augmentant ërido'rc la dotation de la caisse, a précise l'obligation imposée aux communes en ce qui concerne l'établissement d'écoles.

Depuis 1878 jusqu'au 31 décembre 1885, les subventions accordées aux communes se sont élevées cà 178332140 fr. 77 c.

La loi du 20 juin 1885 a transformé le fiJi'ôde d'intervention de l'État; elle a déterminé la dépense par nature d'établissement, et les décrets du 9 juillet de la même année et du 15 février 1886 ont fixé la subvention en raison de cette dépense, de la valeur du centime communal et des charges de la commune. '

Actuellement la caisse créée par là loi de 1878 ne fonctionne que pour liquider les sommes restant à payer sur les subventions allouées jusqu'au 31 décembre 1885.

Les communes qui présentent des projets d'installation scolaire empruntent, à défaut de ressources, bien entendu, et aux conditions qui leur paraissent les plus avantageuses, la totalité de la somme nécessaire, et la subvention accordée est payée sur les fonds de l'État par annuités qui comprennent à. la fois l'amortissement et l'intérêt de cette subvention.

IL Subventions aux départements pour les écoles normales primaires. — Elles forment également deux catégories suivant leur destination :

1» Subventions pour dépenses ordinaires annuelles. / ; .

Avant 1833, il existait un certain nombre d'écoles normales établies facultativement par des départements, des villes ou des associations particulières, et l'État accordait quelques secours ou encouragements à ces écoles sur le londs affecté à l'instruction primaire, lequel était de 50 OOO fr. en 1816, comme nous l'avons dit précédemment.

Le rapport de M. Guizot, du 15 avril 1834, sur l'exécution de la loi du 28 juin 1833, qui a rendu obligatoire pour les départements l'entretien d'une école normale d'instituteurs, constate que pendant cette dernière année l'État a payé 238000 fr. pour les écoles normales et les écoles modèles. Par des ordonnances du 23 juin 1836 et du 30 août 1842, le gouvernement a encouragé la création de cours normaux et d'écoles normales d'institutrices. Toutefois, le fonds de subventions n'a pas varié sensiblement.

Sous le régime de la loi du 15 mars 1850, laquelle s'est bornée à exiger des départements qu'ils entretinssent des élèves-maîtres « soit dans les établissements d'instruction primaire désignés par le Conseil académique (plus tard Conseil dépaitemental), soit aussi dans l'école normale désignée à cet effet », le concours de l'État resta à peu près stationnaire. En 1878, la subvention était de 749933 fr.

C'est surtout depuis 1880 que les subventions pour le service ordinaire des écoles normales se sont notablement accrues; l'augmentation résulte de la loi du 9 août 1879, qui a rendu obligatoire pour tout département rétablissement et l'entretien d'une école normale d'instituteurs et d'une école normale d'institutrices; de la loi du 16 juin 1881, qui a supprimé le prix de pension à la charge des familles, et du décret du 30 juillet 1881 portant classement des fonctionnaires.

Les subventions de l'État pour le service ordinaire des écoles normales (saul pour les loyers et l'entretien du mobilier et des bâtiments, qui constituent une charge exclusivement départementale) se sont élevées ;

2830 — SUBVENTIONS

en 1880, à l' OSîî 552 ftyoSM/H

1882, 4.».«*w.i.,Hm»W: 1 lil 502 { .

2° Subventions pour les dépenses d'installatiown et de matériel des écoles normales.' ^

L'augmentation croissante des charges de l'État';^ pour cet objet, depuis 1880, est la conséquence de la loi du 9 août 1879, en exécution de laquelle beaucoup d'écoles normales ont été créées ou réorganisées sur de nouvelles bases. Du chiffre de 325627 fr. qu'elles atteignaient en 187 8y ceis subventions ont été portées : -.

en 1880 à .i,xt*i.<).!.«rf.<i o 1^16 27,0, fr.".;,

1882 à ..,,'v..'.,..m; iaf(i4,rrà'

La subvention allouée aux départements pour l'installation des écoles normales, en vertu de la loi du 20 juin 1885, est payée par annuités comprenant à la fois l'amortissement et les intérêts de cette subvention.

Nous n'avons pas à indiquer ici les ressources que les départements affectent aux écoles normales, de même que nous n'avions pas à relater plus haut celles que les communes appliquent aux écoles primaires. Ces ressources peuvent être complétées par des subventions de l'État, mais elles ne constituent pas une subvention dans l'acception du mot, puisque l'école normale est un établissement départemental, comme l'école primaire est un établissement ^xmimunal.

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ALtEMA'GNE. -^ Anhalt. — Les frais de l'école publique sont à la charge de l'Éiat, en tant qu'ils ne sont pas couverts par les revenus de ces:) écoles et des fondations existant en leur faveur.' b Cependant la commune doit fournir le bâtiment scolaire, et la caisse scolaire doit pourvoir à l'ameublement et au matériel d'enseignement.

L'État encaisse à son profit 40 ®/o de la rétribution des élèves.

Bade. — Si la contribution que s'impose la commune pour l'entretien de l'école primaire dépasse 8 kreutzers pour 100 florins de capital, l'État doit subvenir au surplus des dépenses éventuelles. Dans les villes de plus de 60i)0 habitants, l'État ne donne rien; s'il s'agit d'une école primaire supérieure {erweiterte Volksschule), il n'est également tenu à aucun subside. Pour les écoles professionnelles (Gewerbeschulen), l'État accorde une subvention fixe de 300 florins par maître; si les traitements des maîtres dépassent 1200 florins, l'État fournit le surplus. Pour les écoles moyennes {Mittelschulen), l'État donne tantôt une subvention fixe, tantôt une somme variable.

Bavière. — L'État intervient financièrement lorsque les communes ne peuvent pas faire face aux dépenses scolaires sans être surchargées {ohne Veberbûrduyig). Si la subvention de l'État est insuffisante, la commune peut s'adresser au Landrath, lequel, après avoir pris connaissance de l'état de fortune de la commune qui tait la demande, a la faculté d'accorder un subside pris sur le fonds provincial (I(reisfo7ids).

BnuNSWtCK. — L'État peut accorder un subside aux communes pauvres qui en font la demande ; ce subside est pris sur les fonds des couvents et des études.

Bhème. — Les dépenses scolaires autres que celles regardant le bâtiment d'école sont supportées par l'État ; c'est celui-ci qui perçoit la rétribution des élèves. Si l'État exige un agrandissement du bâtiment scolaire, il en supporte lui-même les frais.

SUBVENTIONS

SUBVENTIONS

Hambourg. -^ L'État supporte seul tous les frais, et perçoit (îirectement la rétribution des élèves.

Hesse. — Les communes dépourvues de ressources reçoivent des subsides de l'Ktat; le miniatre do l'intérieur en détermine le montant.

LuBECK. — L'État peut accorder des subsides aux communes scolaires, s'il le juge nécessaire.

Oldeisbouho. — De môme.

Prusse. — De môme. En ce qui concerne les écoles complémentaires professionnelles, l'ordonnance du 17 juin 1874 subordonne la subvention do l'État à l'accomplissement do deux conditions : CCS écoles doivent remplir les conditions exigées par le plan olficiel, et la fréquentation doit en être rendue obligatoire par le statut local [Ortsstatut).

L'État inscrit annuellement à son budget une somme variable (700,000 marks en 1882), pour aider les communes à payer les pensions dues aux instituteurs retraités.

Saxe (royaume). — L'État n'aide que les communes pauvres; mais il accorde une subvention considérable à la caisse de pensions des instituteurs retraités et des veuves et orphelins d'instituteurs, qui est administrée par lui.

Saxe-Go[)Ourg et Saxe-Gotha. — L'État accorde une subvention aux communes nécessiteuses.

Saxi.-Meiningen. — De môme.

Saxe-Weimar. — « La participation financière de l'État est déterminée comme suit : l» Lorsque les communes, selon l'attestation du conseil de district, sont trop pauvres pour pouvoir supporter seules les charges scolaires, a), il complète le traitement des instituteurs jusqu'au minimum légal; b) il subvient aux frais de l'éducation spéciale d'un enfant qui ne peut pas fréquenter l'école publique par suite d'une condamnation ou d'infirmités ; c) il supporte les frais de remplacement d'instituteurs malades ou empêchés; d) il accorde une allocation pour la construction ou la réparation des maisons d'école et des logements d'instituteurs, dans la limite des moyens que la Constitution met à sa disposition ; 2° si les revenus spéciaux ne suffisent pas à couvrir les dépenses occasionnées par les suppléments d'ancienneté au profit des instituteurs, il comble le déficit éventuel ; 3° il accorde aux instituteurs, dans les communes particulièrement nécessiteuses, des gratifications dans les limites des ressources dont il dispose; 4" il paie les pensions et indemnités légales des instituteurs, après avoir reçu des communes la part qui leur incombe d'après la loi; 5° il verse pour le paiement des pensions des veuves et orphelins d'instituteurs l'allocation constitutionnellement prévue. » (Loi du 24 juin 1874, art. 62).

Wurtemberg. — L'État n'accorde pas de secours aux communes; sa participation financière se borne à une subvention fixe de 70 000 florins par an pour les pensions d'instituteurs retraités, et à un subside en faveur de la caisse des veuves et orphelins d'instituteurs.

AUTRICIIE-HONGRIE. — AUTRICHE. — La participation financière de l'État, de la province {Land) et du district (Bezirk) aux dépenses de l'instruction primaire, est réglée parles art. 62 et 01-66 do la loi du 14 mai 1861); voir le texte de ces articles au mot Communes {Obligations légales des). Chaque législation provinciale a réglé à sa façon la manière en laquelle ces dépenses doivent être réparties entre les différentes autorités qui y participent ; on trouvera, au mot auquel nous venons de renvoyer, un résumé qui suffira pour donner une idée des dispositions légales concernant ce sujet, en vigueur dans chacune des 16 provinces de l'empire d'Autriche.

Hongrie. — Le gouvernement accorde des subsides aux communes dont les ressources sont insuffisantes pour le service de l'instruction primaire.

En outre, partout où il le juge nécessaire, le gouvernement peut, aux frais de l'État, rganiscr des ôtablisscmoiits d'instruction primaire, à côté des écoles créées par les communes et les communions relif^iousL'S :

BIîLGIQUK. — • La loi scolaire du 20 septembre 1884 réglé de la façon suivante les subventions de la province et de l'État en laveur de l'enseignement primaire.

« Art. 6. — Les frais do l'instruction primaire dans les écoles communales sont à la charge des communes. La province y intervient par voie de subsides dans une proportion qui ne peut ôtre inférieure au produit de 2 centimes additionnels au principal des contributions directes. Aucune commune ne peut obtenir des subsides de l'Etat ni de la province pour l'instruction primaire, à moins qu'elle ne consacre à cet objet une somme au moins égale au produit de 2 centimes additionnels au principal des contributions directes et qu'elle n'exécute en tous points la présente loi.

« Art. 13. — Les écoles normales des provinces et des communes, ainsi que les écoles normales privées, peuvent recevoir des subsides de l'État, à condition de se soumettre à l'inspection. »

L'article 4 prévoit un cas où le gouvernement est en droit de subventionner directement des écoles primaires privées :

« Si malgré la demande de vingt pères de famille ayant des enfants en âge d'école, la commune met obstacle à ce que l'enseignement de leur religion fasse partie du programme et soit donné par les ministres de leur culte ou des personnes agréées par ceux-ci, le gouvernement peut, à la demande des parents, adopter et subsidier une ou plusieurs écoles privées à leur convenance, pourvu qu'elles réunissent les conditions requises pour être adoptées parla commune. »

DANEMARK. — Les seules dépenses qui ne soient pas à la charge de la commune sont les suppléments de traitement des instituteurs pour ancienneté de service, les pensions d'instituteurs retraités, de veuves et d'orphelins d'instituteurs Ces frais-làsont supportés par le fonds scolaire de larrondissement, dans lequel l'État verse un subside annuel. Si le revenu des fonds scolaires d'arrondissement et le subside de l'État ne suffisent i)asà couvrir les dépenses auxquelles ils sont afl'ectés, le conseil d'arrondissement répartit le déficit entre les communes de l'arrondissement.

ESPAGNE. — La loi du 17 juillet 1857 stipule qu'il y aura au budget de l'État une allocation annuelle destinée à venir en aide aux municipalités qui ne pourront pas subvenir seules aux dépenses de l'instruction primaire. La loi du 9 septembre 1837 fixe cette allocation à un million de réaux. Le décret du 30 avril 1886 l'a portée à 300 000 pesetas. Les provinces n'ont d'obligation que relativement à l'enseignement secondaire.

GRANDE-BRETAGNE. — ANGLETERRE. — En vertu des Elementavy Education Acts de 1870 et 1876, le Parlement accorde chaque année une allocation {Pailiamcntary grant) en faveur des écoles élémentaires publiques.

Il est expressément stipulé que l'allocation parlementaire est accordée en dehors de toute considération confessionnelle, et que nulle subvention ne sera donnée en faveur d'un enseignement religieux quelconque.

Les conditions auxquelles ime école doit satisfaire pour participer au grant sont déterminées minutieusement par le code scolaire que publie chaque année le département d'éducation. La principe sur lequel est faite la répartition de 1» subvention est celui du paiement d'après les résultats {payment by results). V. Angltterre, p. 83.

Des allocations parlementaires peuvent aussi être accordées, sur le vu d'un mémoire dûment

subventions' — ^H^ — éï'^iS'iftoi^'s

signé et adressé au département d'éducation,, pour aider à la construction, à l'agrandissementiQU àj,a réparation des maisons d'école. , ,,, |,, ,,, rd^

ECOSSE. — Le Parlement accorde des; subventions : 1° aux écoles élémentaires publiques ; 2° à toute autre écolo qui, dans l'opinion du département d'éducation pour l'Ecosse, contribue efficacement à l'éducation laïque {^Qcu\ar), 4e la paroisse ou bourg où elle se trouve. , , ,. . j, , ,', W .

Irlande. — Les commissaires d'éducation nationale Ibrmant l'autorité scolaire supérieure pour l'Irlande peuvent accorder 4es subsides : 1° aux. écoles gérées par eux-mêmes, ou par des administrateurs publics ; 2** à celles appartenant à des particuliers, mais qui se trouvent placées sous le contrôle d'administrateurs locaux ; 3» aux écoles modèles qui sont érigées d'après les mêmes règles que les écoles nationales ordinaires. Des subsides pour la rémunération des instituteurs et pour l'achat de livres et autres fournitures sont alloués à toutes les écoles nationales indistinctement. Les commissaires n'interviennent dans les frais de construction d'un bâtiment scolaire que lorsque l'école relève d'une administration publique et lorsque les postulai|ts consentent à supporter par yp^ dp tajxp Içcaiie au moins le ti^ la dépense. , ,

HOLLANDE. — La loi du 17 août 1878 a fixé à la proportion de 30 p. 100 la participation de l'État dans les dépenses de l'enseignement primaire. Les provinces, qui antérieurement y participaient aussi, sont exonérées de toute dépense y relative. Les pensions de retraite dos instituteurs sont entièrement à la charge de l'État. En outre l'État supporte encore \m certain nombre d'autres dépenses, dont le détail est donné à l'article Pays- Bas, p. 2237.

ITALIE. — Une commission spéciale est chargée de la répartition des subsides de l'État. Le crédit porté au budget en faveur du service des écoles populaires comprend les articles suivants : 1° subsides aux instituteurs; 2° aux écoles élémentaires; 3° aux écoles d'adultes; 4° aux écoles gardiennnes et salles d'asile; 5° pour construction ou acquisition de bâtiments d'école ; 6° aux bibliothèques populaires et aux institutions pour la diffusion de l'instruction populaire; 7° aux sociétés de secours mutuels entre instituteurs; 8<^ aux institutions de bienfaisance, aux personnes morales, corporations et sociétés ouvrières qui ouvrent des écoles; 9° aux conférences d'instituteurs et aux écoles normales; lO** aux écoles italiennes à l'étranger. — Les propositions de subsides pour les articles 1 à 9 sont faites par la commission scolaire provinciale; celles pour des subsides en faveur des écoles italiennes à l'étranger sont faites par le ministre des affaires extérieures. — La province vient également en aide aux communes pauvres; selon l'article 346 de la loi du 13 novembre 1859, les subsides de la province doivent être appliqués de préférence aux dépenses de premier établissement et d'entretien du mobilier de l'école. — L'État gère la caisse des pensions de retraite des instituteurs ; un tiers du capital de fondation de cette caisse a été fourni par lui.'

PORTUGAL. — Jusqu'en 1878, les dépenses de l'instruction primaire étaient essentiellement à la charge de 1' 4tat : c'était lui, en particulier, qui payait le traitement des instituteurs, à l'exception d'une petite fraction laissée à la charge des municipalités. — La loi du 2 mai 1878 a changé ce système : ce sont maintenant les communes qui ont à supporter les dépenses de l'instruction primaire; l'État se borne à venir en aide, par des subventions, aux communes nécessiteuses.

RUSSIE. — Le gouvernement supporte les frais d'un certain nombre d'écoles urbaines, et accorde

des subventions à quelques autres, à la condition d'en nomm,er le personnel .çnseignant. Des subventions sQut également accordées aux divers gouvernements pour aider à l'entretien des ccoles rurales; la part de l'État dans les dépenses dO; ces écoles est d'environ 20 «/o. D'autre part, les i conseils provinciaux {Zemsivp)j institués depuis quelques années dans la plupart, des gouverne-^ ments de la Russie, totent en faveur des écoles ■ primaires des subsides qui s'élèvent en moyenne « au 30 "/o des dépenses faites. Mais cqs diverses '^ subventions sont fort inégalement pavtagées; un rapport du ministre de l'instruction publique, pu-r blié en 1874, nous apprend que tandis que le budget moyen d'une école urbaine pu d'une école de village à deux classes montait à 1420 roubles pour chacune, il y avait des écoles de village, surtout parmi les écoles paroissiales, qui n'étaient subventionnées qu'à raisofi 4e 20, 10, et même de 5 roubles. , ,5,..i ,; >^,..,| nid .'nuAu^nn unù

SUEDE BT NORVEGE.; —i.SqppB.v ^. j , ^Etat , , a^:; corde une subvention aux communes pour le traitement des instituteurs : cette subvention s'élève à la moitié du traitement pour ceux des écoles primaires et préparatoires, aux deux tiers pour ceux des écoles primaires supérieures. En outre, l'État inscrit à son budget diverses autres allocations en faveur de l'instruction primaire, dont on trouvera le détail à l'article Suède.

NoRVÈGS. — Dans chaque préfecture il existet une caisse scolaire préfectorale, dans laquelle sont versés : a) les intérêts des capitaux actuels ou éventuels ; b) les allocations prises sur les fonds, publics et votées par le Storthing (Parlement) en faveur des écoles; c) les sommes votées j pour la municipalité préfectorale. Le montant de l'allocation à laquelle une préfecture a droit, de la part des fonds publics, est du double de la somme qu'elle lève elle-même sur ses contribuables en faveur de la caisse préfectorale. Les dépenses à la charge de cette caisse sont les suivantes : 10 suppléments d'ancienneté aux traitements des instituteurs ; 2° contributions aux écoles secondaires du peuple et aux écoles de travail; 3° contributions pour la construction des bâtiments scolaires, avec ou sans logement pour l'instituteur, et pour l'acquisition des terres accordées aux instituteurs; 4° contributions pour le soutien des écoles dans les paroisses pauvres; 5° indemnités accordées aux instituteurs pour l'instruction' des élèves-instituteurs. Ces diverses dépenses r sont votées par la municipalité préfectorale. (Loi du 16 mai 1860.) — Pour les écoles des villes, l'État n'intervient pas financièrement; toutes les dépenses sont à la charge de la commune. (Loi du 12 juillet 1848.)

SUISSE. — Dans tous les cantons, des subsides sont alloués aux communes par la caisse cantonale, sauf dans le Valais et dans les deux demi-cantons » d'Unterwald, La quotité de ces subsides varie, d'un canton à l'autre ; dans le canton de Zurich, l'État prend à sa charge la moitié du traitement des instituteurs, et quant à l'autre moitié il y contribue en raison des besoins de la commune ; si une commune augmente, de son propre chef, le traitement de ses instituteurs, l'État prend à sa charge le 10 //o de l'augmentation; dans celui de Bâle-villc, l'État supporte tous les frais, sauf ceux do construction des nouvelles maisons d'école et de chauffage; dans celui de Neuchâtel, l'État accorde aux municipalités, pour la construction ou la réparation des maisons d'école, une allocation qui est généralement du cinquième de la dépense ; il participe en outre au paiement des traitements, et verse au fonds de prévoyance des instituteurs une subvention annuelle. — La Confédération n'entre pour rien dans les dépenses de l'instruction primaire.

StRB};ENT;i,0,NS, Ti^:— SUBVENTIONS

UNION AMÉBICAINE. — Le budget fédéral de l'Unioix vfé contient aucune allocation cri faveur de l'instruction primair'c : la seule dépende régulière qu'il s'impose,' rclativetncnt à l'instruction publiriue en général, est l'entretien à Washington d'un bureau dirigé par un commissaire fédéral de l'éducation, qui a pour tâche de recueillir et de publier des renseignements statistiques sur tous les établissements scolaires des États-Unis. — Les divers États de rUnion, par contre, accordent des subventions, souvent très considérables, aux districts scolaires pour les aider à entretenir leurs écoles. Presque tous les États ont un fonds scolaire spécial, dont le revenu est appliqué au service de l'instruction publique; et des taxes d'État sont levées au profit des écoles. Le Congrès fédéral a décidé, au siècle passé déjà (1785), que la section 16 de cbaque township (c'est-à-dire un des 36 milles carrés formant le territoire d'un township) serait mise à part, et qu'il en serait disposé au profit de l'édution populaire. En 1848, le Congrès décida que la 36« section des towns/iips de tous les nouveaux États qui entreraient dans l'Union serait, indépendamment de la 16" section déjà réservée, consacrée aussi aux dépenses de l'instruction publique. Diverses autres concessions de terres ont été faites encore par l'Union au profit des écoles, et ce sont ces concessions et ces résonnes de territoire qui ont aidé essentiellement à constituer le fonds scolaire de chaque État. V. à l'article États-Unis, p. 933, le tableau des donations en terres et on argent faites à diverses époques par le Congres en faveur de l'instruction publique.

Dans VA labama, en addition aux revenus du fonds scolaire, l'État lève sur les contribuables une capitation uniforme de 1 doll. 50, et donne en outre une subvention annuelle qui ne peut être inférieure à 100 000 dollars; s'il est levé une taxe d'État supplémentaire en sus de la capitation, elle ne doit pas excéder 3/4 0/0. L'article 8 de la constitution de 1875 dit : « Aucuns deniers levés pour l'entretien des écoles publiques de l'État ne seront employés à l'entretien d'écoles sectaires ou dénominationnelles {scctarian or denominational) . » — Arkansas. La constitution de 1874 dit que l'État pourvoit au service de l'instruction publique par une taxe qui n'excédera pas 2 millièmes par dollar sur toute propriété imposable, et par une capitation de 1 dollar payée par tous les habitants mâles âgés de plus de 21 ans; sans compter les revenus du fonds scolaire. — Californie. Le fonds scolaire de l'État et ceux des comtés donnent à chaque district scolaire une somme variant de 300 à 500 dollars par instituteur. — Connecticut. L'État n'accorde des subsides à un district scolaire que si les écoles y ont été tenues pendant 40 semaines au moins, et, dans le cas où une école compte moins de 24 élèves, pendant 24 semaines. — Floride. Outre le revenu du fonds scolaire, l'État perçoit une taxe d'au moins 1 millième par dollar de propriété imposable. Chaque comté forme un district scolaire, et reçoit sa part de ces ressources, à proportion du nombre d'individus de 4 à 21 ans qui s'y trouvent, mais à la condition qu'il lève luimême, par voie de taxe, une somme égale au moins à la moitié de celle qu'il reçoit do l'État, et que les écoles y soient tenues pendant trois mois au moins. — lowa. Il n'y a pas de taxe scolaire d'Etat; les subventions allouées aux school districts proviennent uniquement des revenus du fonds scolaire. — Kentucky. Les revenus du fonds scolaire, consacrés à aider les écoles publiques dans tout l'Etat, sont accrus par le produit d'une taxe d'Etat de 20 cents par 100 dollars. Les frais des écoles spéciales pour les noirs sont couverts au moyen d'une taxe perçue sur les gens de couleur seulement. — Maine. Le fonds scolaire

d'État, outre ses revenus propres, est alimenté par une taxe de 1/4 0/0 sur les dépôts des caisses d'épargne, et une autre taxe do 1 millième par dollar de propriété imposable. — Massachusetts. Une moitié des revenus du fonds scolaire d'État est partagée entre les towns-^i ciliés, pour les aider à entretenir leurs écoles ; l'autre moitié est appliquée aux écoles normales. — Minnesota. L'Etat distribue entre les school districts les revenus de son fonds scolaire ; en outre, les comités lèvent une taxe de 1/10 0/0 de l'impôt régulier, et peuvent appliquer à rentrcticn des écoles le produit des amendes, dos patentes pour débit de boissons, etc. — Ntw-Jcrsey. L'État applique au senice de l'instruction publique les revenus du fonds scolaire et le produit d'une taxe de 2 millièmes par dollar de propriété imposable, plus une allocation annuelle fixe de 60 000 dollars, tn district sColaire doit avoir ses écoles ouverte» pendant 5 mois au moins, s'il veut participer aux subsides de l'État. — Rhode-Island. L'État donne 90 000 dollars par an pour les écoles : 63000 dollars sont répartis entre les divers tovmships à proportion du nombre des enfants au-dessous de 15 ans qui y habitent; le reste de l'allocation, 27 000 dollars, est réparti à proportion du nombre de districts scolaires que compte chaque township. Nul township ne participe aux subsides de l'État, à moins qu'il n'ait fourni lui-môme, avant le pf juillet, une somme égale à l'allocation qu'il doit recevoir. — Tennessee. Les ressources que l'État met à la disposition des districts scolaires sont : les revenus du fonds scolaire d'État, le produit d'une capitation de 1 dollar sur tout contribuable mâle, et celui d'une taxe de 1 millième par dollar de propriété imposable. Si ces moyens ne suffisent pas pour permettre à chaque district d'entretenir une école pendant 5 mois au moins, la cour de chaque comté pourra lever une taxe supplémentaire; elle pourra même, après avoir consulté le peuple, lever une taxe pour prolonger l'école au delà de 5 mois. Il n'y a pas de taxe locale. — Texas. L'État consacre à l'entretien des écoles les revenus du fond scolaire, le produit d'une capitation de 1 dollar sur les citoyens mâles de 21 à 60 ans, et, s'il le faut, il donne jusqu'au quart des recettes ordinaires du budget. Si la subvention allouée à un district scolaire ne lui permet pas d'entretenir une école durant 4 mois, une taxe locale doit être levée. — Virginie. Il faut qu'une école compte 20 élèves, pour avoir droit à être entièrement entretenue par l'État ; 15 élèves, pour que l'État fournisse les 2/3 du traitement de l'instituteur; 10 élèves, pour que l'État fournisse le 1/3 du traitement. L'État dispose, en faveur de l'instruction publique, des revenus «du fond scolaire, du produit d'une capitation ne dépassant pas 1 dollar, et de celui d'une taxe de 1 à 5 millièmes par dollar. Les comtés ont aussi un fonds scolaire, et lèvent une taxe, distincte de la taxe locale, pour venir en aide aux écoles.

Ces quelques exemples, choisis parmi les plus caractéristi(|ues, permettront de se faire une idée de la participation financière des États, et parfois des comtt^s, aux dépenses faites par le district scolaire, dans l'Union amériraiuo.

In bill voté parle Sénat do Washington en 1884, mais qui n'a pas encore (mai 1S86) reçu la sanction de la Chambre des représentants, a pour but d'assurer pendant un nombre déternnné d'années le concours financier do l'inion aux États, pour y développer l'instruction élomoiitaire. Une somme de 77 millions de dollars, si le bill est adopte, sera répartie entre les États au prorata du nombre de leurs illettrés, et distribuée en huit années, savoir: la preniioro année, 7 millions; la seconde, 10 millions; la troisiomo. 15 millions; la quatrième, 13 millions; la cinquième, U millions ; la

SUÈDE

sixième, 0 millions; la septième, 7 millions; la huitième et dernière, 5 millions.

SUÈDE. — I- RÉSUMÉ HISTORIQUE. — Le Foyaume de Suède, dont la superficie est d'environ 450 000 kilomètres carres, avait à la fin de l'année 1884 une population de 4G44 448 habitants. A l'exception d'un nombre insignifiant (à peine 1/2 0/0 de la population totale) de Lapons nomades et de Finnois dans le nord du pays, les habitants de la Suède appartiennent tous à la môme nationalité et parlent la même langue. Les Suédois n'ayant jamais soufl"ert ni une domination étrangère ni une oppression quelconque, la liberté s'est profondément enracinée chez eux dès les temps les plus reculés. Parmi les fruits de cette liberté, l'un des plus précieux est l'instruction généralement répandue, tant chez les pauvres que Chez ' les riches. ^.i-i^ .Mo, ,., w,b ; -^

Déjà dans l'antiquité, les Scandinaves étaient en possession d'une culture remarquable. C'étaient d'excellents navigateurs, possédant des connaissances astronomiques et géographiques qui les mettaient à même de trouver leur chemin à travers l'Océan; cinq siècles avant Colomb, ils découvrirent l'Amérique et y fondèrent plusieurs colonies, avec lesquelles ils entretinrent longtemps des communications assez régulières.

Bien que très belliqueux, les Scandinaves ne méprisaient point l'instruction et les arts de la paix. Le glaive remis au fourreau, ces guerriers aimaient à s'occuper non seulement d'exercices corporels, mais aussi d'exercices intellectuels. Ils excellaient dans la composition d'énigmes ingénieuses, de maximes d'un sens profond et de vers très remarquables. La poésie et l'éloquence étaient, chez eux, en très grand honneur. On possède encore de ces temps des collections de chants et de sagas d'une grande valeur poétique.

Les anciens Scandinaves employaient une écriture spéciale, connue sous le nom de runes. Ce fait seul indique évidemment un niveau intellectuel élevé.

Les moyens d'enseignement chez les anciens Scandinaves ne sont pas bien connus, mais il semble que les mères aient été les institutrices de leurs enfants, de même que cela a lieu encore aujourd'hui chez leurs descendants en Islande, où il n'y a presque pas d'écoles, mais où néanmoins tout le monde est en possession d'une très bonne instruction.

Le moyen âge offre en Suède, comme partout ailleurs, le triste spectacle d'une décadence toujours plus profonde. Le christianisme fit disparaître l'ancienne culture païenne. Les seuls représentants des lettres furent des ecclésiastiques au savoir des plus restreints. L'instruction ne fut plus donnée que par le clergé, qui avait des écoles dans les couvents, mais qui se bornait le plus souvent à l'enseignement des rites de l'Eglise. Plus tard, les religieux ambulants donnèrent aussi une espèce d'enseignement.

Malgré ces circonstances défavorables, malgré l'ignorance et la superstition qui en résultèrent, le paysan suédois ne s'est jamais trouvé dans un état d'avilissement pareil à celui du serf de la glèbe des pays féodaux, car en Suède il n'y a jamais eu de féodalité.

Enfin les ténèbres du moyen âge disparurent. En 1477 l'université d'Upsal fut fondée. Quelques années auparavant, l'art de l'imprimerie avait été introduit. Au xvi^ siècle le catholicisme fut remplace par le luthéranisme comme religion d'État. Bien que cette réforme, due à des raisons plutôt politiques que religieuses, n'eût réalisé que très imparfaitement la liberté de penser, elle était au point de vue politique et social d'une grande importance. Une de ses conséquences étant la disparition des cloîtres et des moines, il fallut trou-

ver de nouveaux moyens pôuï* l'enseignement des enfants. Au premier abord, cela entraîna de grandes difficultés, qui pourtant furent peu à peu surmontées. Les premiers rois protestants, surtout Gustave Wasa, Charles IX et Gustave-Adolphe, s'intéressaient beaucoup à l'instruction de leurs sujets. L'établissement des écoles primaires et secondaires commença. Gustave-Adolphe dota richement l'université d'Upsal et fonda une nouvelle université à Dorpat, dans les provinces conquises par la Suède, mais recouvrées depuis par la Russie. En 1640, sous la reine Christine, la diète et le gouvernement décidèrent de fonder, dans chaque ville dépendant de la couronne suédoise, une école où la lecture, l'écriture et le calcul seraient enseignés aux enfants. Des guerres victorieuses ayant beaucoup étendu la domination suédoise, l'université de Lund fut fondée en 1GG8 dans une des provinces autrefois danoises.

La promulgation de la loi ecclésiastique de 1686 exerça une influence notable sut l'enseignement populaire. Aux termes de cette loi, les sacristains devaient enseigner la lecture aux enfants ; la religion devait être enseignée par les pasteurs au moyen de sermons et de catéchisations; l'enseignement devait être contrôlé par des examens publics annuels. En outre, la loi interdit le mariage aux personnes qui n'auront pas appris par cœur le petit catéchisme de Luther, la connaissance de ce catéchisme étant la condition pour l'admission à la sainte cène. Cet arrêté eut pour èlfet d'intéresser les paysans à l'enseignement. A la diète ils demandèrent, par leurs députés, l'établissement d'écoles primaires dans le pays aux frais de l'Etat. Les difficultés étaient pourtant trop grandes pour être surmontées en peu de temps, et il se passa encore près d'un siècle et demi avant que le problème de l'organisation de l'enseignement primaire pût être complètement résolu. Le nombre des écoles fixes resta longtemps peu considérable ; la plupart des écoles étaient ambulantes, c'est-à-dire que l'enseignement était donné successivement sur divers points du territoire de la paroisse.

Des particuliers voulurent seconder les efforts du gouvernement pour faire progresser l'enseignement populaire. Au commencement de ce siècle, des sociétés furent fondées pour la propagation de la méthode lancastérienne d'enseignement mutuel. Mais malgré les améliorations incontestables qui furent réalisées, l'existence de l'école primaire n'était pas suffisamment garantie. La loi ne lui donnait pas de revenu assuré, et la fréquentation de l'école dépendait du bon vouloir des parents, ce qui faisait qu'un assez grand nombre d'enfants s'abstenaient de s'y rendre.

En 1842 une nouvelle ère commença, par la promulgation de la loi sur les écoles primaires. Plusieurs modifications ont été apportées depuis à cette loi, et récemment le gouvernement a publié la loi nouvelle du 20 janvier 1882; mais les principes de la loi de 1842 n'en sont pas moins restés le fondement de l'organisation actuelle.

La première organisation complète de l'enseignement secondaire date de 1049. Dans les derniers temps, de fréquentes modifications y ont été apportées. La loi actuelle pour les établissements d'enseignement secondaire est du 1er novembre 1878.

IL État actuel de l'enseignement primaire. — 1. Ecoles. Aux termes de la loi de 1882, chaque commune dans les villes et à la campagne doit posséder au moins une école primaire. Chaque école primaire doit avoir au moins un instituteur ordinaire ayant obtenu son brevet de capacité à l'une des écoles normales de l'Etat. Dans les localités trop éloignées des écoles primaires ordinaires, il y a des écoles primaires inférieures, dont le»

smBE

SUEDE

inBtituteurs peuvent no pas avoir de brevets de capacité . L'cDScigncnicnt des écoles primaires étant destiné de préférence aux élèves qui ont déjàfait quehjucs progrès, il y a encore une catégorie d'écoles qui ont reçu le nom de petites écoles. Elles ont pour mission de donner aux entant» ,le& premières connaissances préparatoires., (.,';,,,,/ ..-;,! .

Les écoles primaires ordinaires et inférieures et les petites écoles peuvent être soit fixes, soit ambulantes. Dans les écoles fixes, l'enseignement est donné en un môme endroit pendant toute l'année ^polaire, tandis que dans les écoles ambulantes, l'enseignement est donné successivement en deux ou plusieurs stations du même district scolaire. La loi n'autorise la création d'écoles ambulantes que lorsque la pauvreté des paroisses ou des circonstances locales portent empêchement à celle d'écoles fixes. Les écoles fixes se trouvent partout dans les villes, les grands villages et les districts les plus populeux ; les écoles ambulantes n'existent que dans les localités à population disséminée sur une vaste étendue de pays, et dans lesquelles la constitution physique du terrain oppose des obstacles plus ou moins grands à la fréquentation de l'école, comme par exemple dans les archipels ou dans les régions montagneuses.

En 1858 a commencé la création 6!' écoles primaires supérieures, dont l'objet est de procurer aux enfants des classes laborieuses les mieux doués et les plus désireux d'étudier, le moyen d'obtenir, sous la direction d'instituteurs formés à l'université, une somme d'instruction un peu plus grande et un cert^iptnombre de connaissances

utiles. ./ii-ifi'' il . •

En 1884, le nombre dés écoles pr^iflaires des diverses catégories était le suivant, ip^,,,^.

Écoles fixes

Écoles ambulantes

Total

Écoles primaires supérieures...

;^çoIes primaires proprement

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Ecoles primaires inférieures.,,.' Petites écoles .'.'il '' ''^660

Total.^^^^^,,^^,^,,,. ,^683, ,,,3 302 ;j 9925

A la fin de l'aniiée 188i, la population de la f)uèdc étant de 4044 448 âmes, il y avait ainsi un établissement d'instruction primaire pour 4G8 personnes. Le nombre de ces écoles est toutefois réparti dans des proportions irrégulicres.

A côté des écoles publiciues, il existe une assez grande quantité d'écoles privées, surtout dans les villes. Au point de vue de l'enseignement et de l'ordre, ces écoles sont placées sous la surveillance acs autorités auxquelles est confiée la direction des écoles publiques.

2. Direction, surveillance et inspection des écoles. — Chaque district scolaire doit avoir une commission d'éducation (conseil scolaire), composée du pasteur comme président de droit, et d'au moins ([uatrc membres, nommés pour quatre ans par la commune. La commission d'éducation a pour tâche de surveiller la totalité des écoles primaires et des petites écoles du district. Elle est tenue d'envoyer à fautorité diocésaine un rapport annuel sur l'état des écoles primaires de son ressort, au double point de 'Sru'ô pédagogique et financier. '"''-' "iv'-t"'*^ "^ "^ ^

L'évoque et le chapitre ou consistoire de chaque diocèse ont, en connexion avec la surveillance générale qui leur est confiée sur les établissements d'éducation, le devoir de suivre la marche et le développement des institutions d'enseignement primaire, et de soumettre tous les ans au roi, sur l'instruction primaire du diocèse, un rapport accompagné des éléments statistiques et autres à l'appui.

Le roi exerce la direction suprême de linstruction primaire par l'organe du ministère des cultes et de l'instruction publique qui possède, depuis 1804, une division spéciale pour toutes les affaires se rapportant à cette instruction et pour la haute surveillance des école» primaires. Le clief do cette division a plus spécialement la surveillance des écoles normales ou séminaires d'instituteurs primaires; celle des écoles primaires est confiée à des inspecteurs spéciaux pour chaque diocèse, à la nomination du mirustre.

Les inspecteurs, actuellement (1880) aa nombre de quarante-cinq, sont nommés pour cinq ans. Ils exercent l'inspection dans leurs districts respectifs d'après une instruction spéciale, émanant du ministre. Aux termes de cette instruction, les inspecteurs doivent suivre attentivement la marche des écoles primaires, visiter personnellement les écoles de leur district, prendre connaissance de leur état et de leurs besoins ; partout où ils constatent des modifications à faire, ils sont tenus de les signaler et de les proposer à la commission d'éducation du ressort et au consistoire du diocèse. En dernier lieu, ils ont à surveiller l'enseignement et à donner aux instituteurs les directions et les conseils qu'ils jugent nécessaires sur la méthode, etc. Chaque année l'inspecteur transmet un rapport succinct de son activité au consistoire du diocèse auquel ressortit son district, et à l'issue de sa période d'inspection il envoie au ministre un rapport général, qui doit contenir en outre un aperçu complet do l'ctat de l'instruction scolaire dans le district. Les rapports, publiés par le ministère, sont distribués aux commissions d'éducation et aux consistoires. Ces diverses autorités ont alors à prendre, en harmonie avec les circonstances locales, les mesures que peuvent 3omporter les appréciations et les projets contenus dans les rapports.

Les plus grandes villes (Stockholm, Gcthcmbourg, Malmœ, Norrkœping et Jœnkœping) possèdent des inspecteurs spéciaux pour leurs écoles primaires, nommés et rétribués par elles.

3. Elèves. — Cliaque commune doit, de concert avec la commission d'éducation, fixer l'âge auquel l'instruction de l'école doit commencer, la loi prescrivant seulement à cet égard que le commencement de l'âge scolaire ne peut être reculé audelà de la neuvième année. La fréquentation de

I l'école n'est ajournée jusqu'à la limite légale que dans les régions où les circonstances locales et la rudesse du climat opposent des difficultés à cette

! fréquentation par les plus jeunes enfants. Dans la règle, elle commence avec la septième année, et dure jusqu'à la quatorzième inclusivement.

L'instruction est obligatoire pour tous les enfants qui se trouvent dans 1 âge scolaire. Tous ceux donc qui ne fréquentent pas des écoles privées,

[ ou qui ne reçoivent pas leur instruction à domicile avec l'autorisation de la commission d'éducation,

[ sont tenus de se rendre aux écoles publiques. Les

I enfants des deux catégories précitées subissent,

j au commencement de chaque trimestre, un examon devant la commission, qui juge si elle peut continuer à les dispenser de la fréquentation do l'école publi(iue.

Les enfants que leurs parents naturels ou adoptifs ne peuvent habiller ou entretenir pendant leur âge scolaire, le sont aux frais de l'assistance publiciue de la paroisse. Quand les parents refusent

i opiniâtrement d'envoyer leurs enfiinls à l'école, ils peuvent être condamnes, après avertissement préalable, à payer l'entretien de leurs enfants chex d'autres personnes.

A la fin de l'année 1884, le nombre total des enfants d"âge scolaire (de sept à quatorze ans inclusivement) était de 733 321), chiffre qui se répartit de la manière suivante :

siîffiôÉ-^ -^^^^'^

^Èim^

Enseignes dans leurs districts scolaires : dans les écoles primaires fixes 280 .H57

— ■ — ambulantes 75 894

— — inférieures fixes. . .. 23 686

— — ' — ambulantes.... 25 431

— petites écoles fixes 99 968/^16 230

— — ambulantes.,,., 99 807 Enseignés dans des établissements d'instruction primaire en dehors de leurs districts scolaixes. .,. ,, 1,0 887

Enseignés dans les écoles primaires supérieures. .J 240

— — publi(jues secondaires et spéciales. 11 612

— — privées.. ...;.....-4.':..j;;:.' -'18 786

— à domicile. . . .'Jl Vj.^JViOiQUd.'i\.iQi).iii., 0 < 41 725'

Nombre total dés enseignes. .!.. ;;jv:'.'.688'5'93 Élevés déjà sortis des écoles primaires àptèâ " ■ éx-îimen ....: ....iUii.. ;. 20 228

Empêchés de fréquenter l'école pour mari -^ !( !

ladies ou infirmités naturelles , 3 504 )

Empêchés pour d'autres causes 11 639 )

Enfants sur lesquels aucun renseignement n'a

' été' fournL ' "■ ' • '"' '.v 'JilL u;-

Dans ce chiffre, les garçons entrent pour 378 123, et les filles pour 36D205.

En faisant entrer en ligne de compte les enfants au-dessous et au-dessus de l'âge scolaire, le nombre des élèves des écoles primaires supérieures était de 344, et celui des élèves des écoles primaires ordinaires et inférieures et des petites écoles était de 6G6941.

Le nombre total des enfants d'âge scolaire qui suivaient un enseignement quelconque s'élevant à 688593, et celui des enfants de cet âge qui, après examen, avaient déjà quitté les écoles primaires, étant de 20228, on obtient le nombre de 708 821, c'est-à-dire 96.7 0/0 des enfants de cet âge, comme chiffre indiquant le nombre des enfants d'âge scolaire qui recevaient ou avaient reçu quelque enseignement.

Quant aux enfants qui, pour diverses raisons, n'avaient pas reçu d'enseignement pendant l'année, les rapports des commissions scolaires n'indiquent pas si, dans les années précédentes, ils avaient suivi l'école ou reçu un enseignement quelconque ; mais l'on peut admettre en règle générale qu'aucun enfant jouissant de ses facultés corporelles et intellectuelles n'est absolument privé d'enseignement pendant l'âge scolaire, qu'il apprend tout au moins à lire, et reçoit en outre quelques connaissances dans l'écriture et le calcul.

4. Organisation des écoles. — L'enseignement des écoles primaires dure, dans la règle, huit mois par année. Dans quelques endroits il est de neuf et même de dix mois. La répartition de ce temps, qui est du ressort des commissions scolaires, varie beaucoup avec les localités. D'ordinaire l'enseignement a lieu quotidiennement ; dans quelques endroits, il a lieu seulement cinq jours par semaine ; c'est principalement le cas des écoles ambulantes, dans lesquelles le sixième jour est affecté à l'examen des enfants des districts où pour le moment l'école n'est pas tenue. L'enseignement journalier dure cinq à six heures. Dans certaines écoles, l'enseignement ne se donne que le matin, mais il est en général réparti entre le matin et l'après-midi.

Il est supposé qu'ordinairement les élèves passeront deux ans dans la petite école, et puis quatre ans dans l'école primaire proprement dite. Dans les villes, principalement les pius grandes, le système est organisé d'une manière très complète, chaque classe annuelle étant sous la direction d'un instituteur spécial ; mais à la campagne recelé n'a ordinairement qu'un seul instituteur, qui alors instruit les classes successivement, pendant que les autres sont occupées à d'autres exercices.

Le ministère de l'instruction publique a publie

bn plan d'études normal, ; donnant, pour les dif-. férentes catégories d'écoles primaires, des indications quant à la méthôd^ les cours et la d,istri»i bution des heures. ■ "i-.q.ii., > >i, .;,. , ., , j, Les matières d'enseignement dans les écoles pri-^ maires sont les suivantes : religion, langue suéw idoise, calcul et géométrie, géographie^ et histoire^- Ihistoire naturelle, dessin, chant et gymnastique, ,et aussi horticulture et arboriculture, partout où il y a des jardins scolaires. En outre les écoles primaires donnent le pl«s souvent un enseignement manuel. •'■'!"' -''■ . .1. . ,; ,

De ces matières, le programme des petites écoles ne comprend que les premiers éléments de la religion, la langue suédoise, le calcul, le dessin, le chant et la gymnastique, ainsi que des exercices de pensée et dïntuition. ^ i

^ Dans les différentes écoles primaires, 4* réparr tîtion des leçons varie beaucoup selon les circonstances. Pour les écoles primaires fixes ayant des instituteurs spéciaux pour les différentes classes, le plan normal indique les nombres suivants d'heures d'enseignement par «emaine :

Matières d'enseignement

Catéchisme

Pelitea écoles Écoles primaires

ANNÉES

Histoire biblique.. $ o . 2, ' ■ 2 2

Lecture .'.'."'V'"" ''é''" ''l -S' "^^H '"'41/2

Orthographci/]*. '^«^:,J-' '■''î>'"'1 • r.î ^>ïyf n^î ii>')';2 - Calligraphie.. VVl';!"8rî '-i/Âf rq/f! -lat/a âiirt-. 141/2 Géographie, i A.., h «ffiOff «»J .Jiioji,«c| Lj(;2 ,^'i;..S . Histoire... ,.. ^i iojïiom^uii'b i.ïj«,-e.'i-.*|

Histoire naturelle.,, «,,^1, .^.it .^^^^ ,.«,;,, ,,2 1. 2 Exercices de penséie ', '' ' ■'"' ■

et d'intuition... M/2 il/2 « « «

Calcul. .........t-i3'l/2^34/:2' 4 4. 3

Géométrie.', i' .:tt^i?l UjI ,C«ii!iii. kji«s( / )-.i .- « Dessin. .i.;/ Jiwb F''" " 2'- 'f-a- sâîf,,, 2;

Chant ^f/^^.,; i- i 2 2 ,. ,2

Gymnastique .i.i.,,,. Il « 2 2' z

Total J24i(U'.a4a e-.i 2^.f-.]28int;;^j.| i

Il n'est pas permis aux enfants de cesser de fréquenter l'école avant d'avoir acquis des connaissances suffisantes dans les matières ci-dessus mentionnées. Les élèves qui veulent quitter l'école sont soumis à un examen de sortie en présence du président ou de quelque autre membre de la commission d'éducation.

Les enfants que leur pauvreté empêche de profiter de l'enseignement scolaire pendant toute la durée de temps prescrite, ou ceux qui manquent des aptitudes nécessaires pour acquérir la somme entière des connaissances que comporte l'enseignement, peuvent être autorisés par la commission d'éducation à quitter l'école à condition de posséder le minimum suivant de connaissances : habileté suffisante dans la lecture, connaissances religieuses permettant de prendre part à l'instruction des catéchumènes, habileté suffisante dans l'écriture comme aussi dans le calcul des quatre règles simples, et pratique du chant religieux, sauf pour les élèves manquant de dispositions musicales.

Pour les élèves de l'école primaire qui ont passe leur examen do sortie, il y a dans certaines écoles une classe, dite école de continuation^ dans laquelle ils peuvent encore se perfectionner, et dont les bases générales sont les suivantes : La fréquentation de cette école n'est accordée qu'aux enfants qui ont suivi avec de bonnes notes les cours inférieurs de l'école primaire. L'enseignement annuel doit être de six semaines au moins à la campagne, avec trente heures de leçons par semaine, et dans les villes, où le temps le plus convenable pour cet enseignement est le soir, du

SUÈDE

SUEDE

nombre d'heures correspondant au temps fixé cidessus. Les matiores enseignées sont la religion, la iaoguo maternelle, de préférence combinée avec des exercices de composition, l'aritlmiétique et la géométrie, en ayant égard à leur application pratique, le dessin, et, si le temps le permet, l'histoire de la Suéde et l'histoire naturelle. Dans les écoles de la campagne, on s'occupe surtout des branches de cette dernière science qui sont d'une importance pratique pour l'agriculture.

Les écoles primaires supérieures ont en général le môme programme d'études que les écoles primaires proprement dites, sauf que les cours reçoivent une extension plus grande.

Pour les sourds-muets et les aveugles il existe plusieurs écoles, dont les frais sont principalement à la charge de l'État. Près de Stockholm il y a un grand institut de sourds-muets, et dans la capitale môme un institut pour les aveugles.

Il existe dans plusieurs localités, surtout dans les villes, des écoies industrielles pour les garçons, et la plupart des écoles de filles fournissent à leurs élèves l'occasion de s'exercer dans les ouvrages à l'aiguille. Quelques grandes villes possèdent en outre des écoles spéciales dites écoles de mcrragêre's, dans îesquelles les jeunes filles sont initiéjîs__ aux travaux domestiques les plus usuels, comme la confection du pain, le lessivage, le repassage, etc.

Dans la plupart des provinces, il a été établi des écoles pour les jeunes hommes et les jeunes .filles appartenant à la classe agricole, qui ont dépassé depuis longtemps l'âge scolaire. Le but de ces écoles, qui portent le nom de hautes écoles ■populaires, est d'augmenter la somme des connaissances acquises aux écoles primaires, et d'y ajouter les connaissances d'application générales qui présentent une utilité toute particulière à rentrée dans la vie pratique. En 1884 il y avait 2i -institutions de cette catégorie, dont 17 pour les -hommes et 7 pour les hommes et les femmes, ceux- :là recevant l'enseignement pendant l'hiver, cellesci pendant l'été. Le nombre total des élèves, en 1884, était de 911, dont 694 hommes et 217

Dans les dernières années, des instituts pour ouvriers, que l'on peut regarder comme une espèce de hautes écoles populaires appropriées aux besoins des habitants des villes, ont été établis dans quelques-unes des villes les plus importantes.

On s'est beaucoup occupé, depuis quelques années, de l'enseignement du travail manuel, devant préparer à l'industrie domestique (sluj'd). La diète a voté à cet effet un crédit dont l'emploi est réglé par une ordonnance royale de 1877 : elle

Srescrit que cet enseignement doit avoir en vue e donner aux élèves, non pas de l'habileté dans un métier spécial, mais de la dextérité manuelle et la capacité d'employer les outils les plus ordinaires, en premier lieu ceux du menuisier, mais aus^i, quand les circonstances le permettent, ceux du tourneur, ceux du sculpteur en bois et ceux du forgeron. En 1884, les subventions de l'État pour l'enseignement du travail manuel s'élevaient à 43 433 couronnes (environ GO 800 francs), réparties entre 584 écoles primaù'es où cet enseignement est donné. Une école normale de travail manuel a été fondée par des particuliers, à Nàas, près de Gothembourg, La durée d'un cours comf>let y est de G semaines. L'école a attiré l'attention des pays étrangers, et elle compte presque toujours des étrangers parmi ses élèves. Pour d'autres détails sur cette question, V. Manuel {Travail;, p. 1819.

5. Corps enseignant. — Le tableau suivant donne le nombre des instituteurs et des institutrices aux écoles primaires en 1884 :

Itutitatesn Institatrieea ToUl

Ecoles primaires sap^rieures 15 « 15

Ecoles primaires proprement dites. 4128 1157 5 iSo

Ec'des primaires inférieures 265 780 1 04>

Pelites école» 511 4 568 5 079

Total 491» 6 505 "ÎTTÎI

Maîtres d'arts oa de métiers 2*7 327 614

Total 5216 6 832 12 048

Les instituteurs des écoles primaires supérieures ont un traitement d'environ 1 ôOO couronnes, ce qui fait environ 2000 francs (1 couronne = 1",40.) En outre, ils ont le logement et le chauffage gratuits.

Le minimum des traitements des instituteurs et des institutrices ordinaires des écoles primaires proprement dites est fixé à COO couronnes (8iO fr.). En outre, l'instituteur ou l'institutrice reçoit du district une habitation convenable et la quantité nécessaire de bois de chauffage, ainsi que du fourrage pour une vache ou, en compensation, le prix d'au moins 8,24 hectolitres de céréales. Enfin l'instituteur ou l'institutrice doit, si possible, recevoir pour son propre usage une parcelle de terrain pour la culture des pommes de terre.

Dans bien des localités, cependant, les traitements sont fort au-dessus du minimum légal, et dans les grandes villes il y a des instituteurs primaires dont les traitements sont de 1 400 à 1 800 couronnes (1960 à 2520 francs) et même de 1800 à 2 200 couronnes (2520 à 3880 francs). Dans ces derniers cas toutefois, les instituteurs n'ont ni logement gratuit ni autres avantages.

Les instituteurs auxiliaires attachés aux écoles primaires sont ordinairement payés par la commune en vertu d'une entente spéciale entre les parties. C'est aussi en général le cas des maîtres des petites écoles.

Une ordonnance royale impose aux communes l'obligation de participer, pour chaque poste d'instituteur d'école primaire supérieure ou ordinaire, à une caisse de pensions spécialement fondée en faveur des instituteurs primaires. Le chiffre de la participation varie entre 600 couronnes au minimum et 1000 couronnes au maximum ; et la cotisation annuelle, qui n'est pas à la charge des instituteurs, mais des communes, est fixée à 5 0/0 du montant de ce chiffre.

La totalité de la pension, qui s'élève à 75 0/0 du montant de la participation, est accordée à tout instituteur et institutrice ayant l'âge de 55 ans et possédant trente années de services, ou à celui qui, frappé d'une maladie incurable, compte 85 ans d'âge et de services combinés. Il peut être, dans certains cas prévus, accordé une pension inférieure,, fixée d'après une proportion déterminée.

G. Ecoles normales d'instituteurs et d'institutrices d'écoles primaires. — Pour la formation des instituteurs et des institutrices des écoles primaires proprement dites, il existe 12 écoles normales (séminaires), dont 7 pour instituteurs et 5 pour institutrices. Ces écoles ont quatre classes d'une année chacune. Les matières enseignées et lo nombre d'heures qui leur est affecté par semaine sont indiqués dans le tableau suivant :

Uaticres easoi<rnées

Ir i» 3* i«

année ann-S; ananée aaiie«

Religion 6 6 5 3

Langue suédoise, 6 C 5 4

Arithmétique et géométrie. ... 4 4 4 2

Histoire et géographie 4 4 4 2

Histoire naturelle 3 3 3 5

Pédagogie et méthodique .e « 3 5

Calligraphie 3 2 1 «

De«iQ. 2 8 2 i

Musiqueinstruracntale otchant. 3 3 3 * Gymnastique et exercices raiht. 3 3 - - Horticulture et arboriculture. .. «lit Exercices pratiques d enseignement * ^ , '^

Total 34 34 39 4i

.SVÈDE

SUKDE

Dans les écoles normales de femmes il y a des classes spéciales pour la formation de bonnes in stitutriccs de petites écoles. L'État a aussi créé une école normale pour la formation des instituteurs et des institutrices des petites écoles finnoises es une pour ceux des écoles laponnes.

Les conseils généraux des gouvernements, ainsi que des particuliers, ont en outre fondé, dans diverses localités, des institutions ayant pour objet la formation de bonnes institutrices de petites écoles.

6. Dépenses de renseignement primaire. — Les dépenses de l'instruction primaire sont à la charge des communes, qui y pourvoient, s'il n'y a pas d'autres ressources disponibles, au moyen d'un impôt assis sur les mêmes bases que les autres contributions communales ; les districts scolaires peuvent aussi imposer une taxe personnelle dont le montant annuel ne doit pas dépasser 50 œre (70 centimes) par contribuable.

Les communes reçoivent, à des conditions déterminées, des subventions de l'État pour leur aider à couvrir les frais de leurs écoles primaires. Ces subventions, qui portent principalement sur les traitements des instituteurs, sont au maximum de 1200 couronnes (1G80 fi'ancs) pour les écoles primaires supérieures, de 400 2/3 couronnes (653 francs) pour les écoles primaires avec instituteur ou institutrice brevetés jouissant d'un traitement entier et enseignant huit mois par an, et enfin de 150 couronnes (210 francs) pour toutes les autres catégories d'instituteurs et d'institutrices.

L'État accorde en outre des subventions spéciales aux communes pauvres, et facilite l'achat du înatcriel scolaire en faisant fabriquer lui-même ce matériel et en le cédant à prix réduit aux écoles.

Les dépenses des écoles normales d'instituteurs et celles de l'inspection des écoles primaires sont entièrement à la charge de l'État, qui a donné en outre une somme ronde pour la fondation de la caisse des pensions des instituteurs primaires, et qui contribue encore chaque année à cette caisse.

Les dépenses de l'instruction primaire ont comporté, en 1884 : salaires des instituteurs et des institutrices, 7 550230 couronnes (dont, en subventions de l'Etat, 3 018 948 couronnes); locaux et mobilier, 1 831 477 couronnes ; matériel d'enseignement, 252203 couronnes; besoins divers, 1386 731 couronnes; total : 11 020 841 couronnes (environ 15400000 francs).

Cette somme ne comprend pas les dépenses des conseils généraux pour la préparation des instituteurs des petites écoles, ni les diverses prestations en nature fournies par les communes. En outre, les dépenses de l'État n'y entrent que pour les sommes qui regardent directement les écoles primaires supérieures ordinaires et inférieures, ainsi que les petites écoles.

Les allocations de l'État en faveur de l'instruction primaire figurent au budget de 1886 pour une somme totale de 3 891725 couronnes (environ 5458000 francs), répartie comme il suit:

Écoles normales 346 825

Bourses aux élèves des écoles normales 75 000

Inspection des écoles primaires 95 000

Matériel d'enseignement 15 000

Subventions poui- les écoles primaire supérieures 20000 Subventions pour l'instruction primaire de la

population finnoise dans le nord du pays 12 000

Subventions pour le salaire des instituteurs des

écoles primaires et des petites écoles 2 880 000

Subventions en faveur des hautes écoles populaires 55 000

Subventions aux instituts pour ouvriers 15 000

Ecoles de continuation 30 000

Enseignement industriel 25 UOO

JEuseignemeut des sourds-muets et des aveugles. 332 900

Total 3 891 725

m. Enseignement secondaire et supérieur. —

Les écoles secondaires publiques sont entretenues par l'État. Elles se ressemblent toutes en ceci, que l'enseignement et les exercices pratiquas y ont lieu d'après le môme plan et sur les mêmes principes. Les classes sont au nombre de neuf, comportant chacune un cours d'une année. Dans les trois classes inférieures sont enseignées les matières suivantes : la religion, la langue suédoise, la langue allemande, les mathématiques, les sciences naturelles, l'histoire et la géographie, la calligraphie et le dessin, le chant et la gymnastique. Ces matières sont continuées dans les classes suivantes, mais à partir de la quatrième classe (d'en bas) commence une bifurcation entre la section des lettres ou section classique et la section des sciences ou section réale. La section classique a le latin pour matière principale, la section réale les matlicmatiques, auxquelles, dans cette section, sont affectées un plus grand nombre d'heures, ainsi qu'aux langues modernes et aux sciences naturelles. Dans la section réale, l'anglais commence dans la cinquième classe. Dans la section classique, les élèves ont, à l'entrée dans la sixième classe, le choix entre le grec et l'anglais ; pour ceux qui ont choisi la langue grecque, un cours facultatif de langue anglaise est donné pendant les deux dernières années du cours scolaire. Dans les deux sections, la langue allemande cesse d'être enseignée à la fin de la septième année. Dans la section classique, il en est de môme de l'histoire naturelle. La physique, et dans la section réale aussi la chimie, sont enseignées pendant les quatre dernières années, la propédeutique philosophique pendant les deux dernières années.

Le nombre des écoles secondaires de l'Etat s'élève à 78. Cependant, toutes ces écoles ne sont pas complètes. Il y en a seulement 35 qui contiennent les 9 classes ; 23 n'en ont que 5, et 19 n'en ont que 3.

Outre ces écoles secondaires, l'Etat entretient une espèce d'écoles dites pédagogies, que l'on peut regarder comme des écoles secondaires à deux classes ou à une seule classe. Il y en a 9 à deux classes et 9 à une classe.

Au commencement du trimestre d'automne 1885, le nombre des élèves des écoles secondaires s'élevait cà 14 278, et celui des élèves des pédagogies

Le système de l'internat est totalement inconnu dans les écoles secondaires de la Suède. Les élèves habitent chez leurs parents, ou sont placés en pension chez des particuliers. Par suite, la surveillance des élèves en dehors de l'école est laissée aux parents ou aux familles chez lesquelles ^ils demeurent.

L'enseignement dans les écoles secondaires de l'Etat, de même que dans les écoles primaires, est entièrement gratuit.

Le total des sommes portées en faveur de l'instruction secondaire au budget de 1886 s'élève à 3249 569 couronnes (environ 4550 000 francs) pour les écoles secondaires proprement dites, et à 77 637 couronnes (environ 109 000 frrancs) • pour les pédagogies.

Toutes les institutions d'enseignement secondaire mentionnées ci-dessus sont exclusivement consacrées à l'instruction des garçons. Pour celle des jeunes filles, il n'existe, outre les écoles primaires, les écoles normales d'institutrices primaires et quelques écoles spéciales (d'industrie, de musique, de dessin et de gymnastique) à l'usage des deux sexes, qu'un seul établissement complet entretenu par l'Etat : ï école normale supérieure d'institutrices, dans laquelle une instruction gratuite est donnée aux élèves. Cet école reçoit du budget une allocation annuelle de 46500 couronnes (environ 65 000 francs).

<SUISSE

étïSSE

La plupart des villes possèdent uric ou plusieurs écoles privée/s de jeunes fdles, donnant à leurs élèves une instruction supérieure à colle des écoles primaires, et répondant plus ou moins aux écoles secondaires, inférieures ou complètes, de l'Etat pour les garçons. Plusieurs écoles de jeunes filles jouissent de subventions plus ou moins élevées des communes dans le ressort desquelles elles sont situées. L'Etat alloue à cette catégorie d'écoles une subvention de 70 (tOO couronnes (98 000 francs) par an. Les écoles de jeunes filles tirent toutefois la majeure partie de leurs revenus (les rétributions payées par les élèves, qui varient, selon les localités et les classe^, de 50 à 300 couronnes par an, soit de 70 à 4*20 francs.

D'ailleurs il y a aussi un petit nombre iïéôoles secondaires jn'ivces ])()ur garçons. A (|uelques-iines de CCS écoles, ainsi qu"à deux dos écoles secondaires privées pour jeunes lilles, l'Etat a donné l'autorisation de faire subir à leurs élèves l'examen de sortie, avec le droit d'admission à l'université, aux mômes conditions que les écoles secondaires publi(iues. ^ •

En 1S8Ô, le nombre des élèves titJii,aui!c écoles do l'Etat et aux écoles privées, ont passé cet examen de sortie, a été de «31, dont 10 jeunes filles.

L'enseignement supérieur est donné aux deux universités de l'Etat, à Upsal et à Lund, dont la première avait, au trimestre d'automne 188r>, 1821 élèves, et la seconde, à la même époque, 827 élèves. L'Etat a aussi établi, à Stockholm, sous le nom d'instilnt incdico-c/nrurgioal Carolin, -wno l'acuité de médecine, dont les cours sont suivis par environ 300 étudiants. L'allocation budgétaire en faveur des deux universités et de l'institut Carolin a été fixée, pour l'année Ï88G, à 870530 couronnes (environ 1 230 000 francs). Les universités elles-mêmes sont très riches, particulièrement celle d'Upsal.

A Stockholm, une ujiiversité libre vient d'entrer en activité.

Pour Yinsimction technique il y a les écoles techni()ues du dimanche et du soir, l'école technique de Stockholm, les écoles techniciues élémentaires, les écoles inférieures des mines, l'institut technique Chalmcrs, à Gothembourg, et l'école polytechnique, à Stockholm. Le montant total des allocations de l'Etat en laveur des écoles techniques s'élève, en 188G, à 305400 couronnes (environ 554 000 francs). L'Etat fournit en outre un certain nombre do subventions spéciales sous divers titres, tels que : encouragement de l'industrie domestique {slôjd), honoraires des instructeurs enseignant cette branche, expositions industrielles, musée de la société suédoise des arts et des métiers à Stockholm, et bourses de voyage à des ouvriers de fabrlcjucs et de métier.

Pour V enseignement spécial^ il y a un grand nombre d'écoles de difîérentes espèces. Nous signalons principalement l'école de l'Académie royale des beaux-arts, le conservatoire de musique et l'institut central de gymnastique.

A consulter. — Fôrfattn'mgar rôrande folkskolelcirareseminaner och folkskohr ???. m., utg. al' A. PU. Bruhii, Stockliolm, 1883. — No)'malplnn for umlervisningen i folk.skûlor och smaskotor, Stockholm, 1883. — Samling ■uf forfaitninger m. m., rôrande allmànna lâroverken ach pi'dagogiernu, utg. af Alfred Zimmcrman och A. F. Stjcrstodt, Stockholm, 187Î*. — Svenska underiisningsvnsendets historia, af A. G. Hollander. Upsal, 1884. — liidrag till soemka skollagstiftningens historia, af H. Hcrnluud. Stockholm, 1882. " ' '^ '

[Erik Lundberg.l SIJISSE. — - L Résumé historique. — Comme la Suisse, à l'exception de la courte période comprise entre 1798 et 1803 (époque de la République helvétique)^ a toujours formé une confédération d'Etats autonomes, dans chacun desquels l'in-

struction possède», de nos jours encore, une organisation particulière, l'histoire de l'éducation et de l'école primaire en Suisse scn^blc, au premier abord, devoir se composer d'une série de monographies. Mais, d'autre part, le développement de la civilisation a présenté sensiblement les mômes phases dans les régions diverses dont l'union a constitué la Suisse actuelle; il est donc possible — et ce parti nous semble préférable, surtout pouf les périodes anciennes, — de tracer de chaque époque un tableau d'ensemble dont les traits généraux sont applicables à tout le territoire; nous y ferons enti-er ce qu'ofTrcnt d'essentiel les particularités de l'histoire de tel ou tel canton.

1. Le moyen âge. — En Suisse comme partout ailleurs, les écoles au moyen âge furent instituées par l'Eglise et servirent presque exclusivement au recrutement du clergé on ne commence à trouver des écoles laïques, créées en vue de la société civile, que vers la fin de cette période historique.

Parmi les écoles ecclésiastiques qui florircnt au moyen-âge, il faut citer celles des monastères de Samt-Gall , de Reichenau, d'Einsiedeln et d'Engelberg dans la Suisse allemande, de Saint- Maurice (Valais), de Moutier-Grandval et de Sainte-Ursannc (Jura bernois) et de Romaiomôtiers (Vaud), dans l'Helvétie burgonde; celles aussi des chapitres de Genève, de Lausanne, de Coire. L'école du chapitre du Grossmùnster de Zurich remonte, selon la tradition, jusqu'à Charlemagne ; au xirc siècle, à la suite d'une réforme, elle paraît s'être considérablement améliorée. Les récits du moine de Reichenau Walafried Strabo (mort en 849) fournissent d'amples renseignements sur ce que pouvait être la vie intellectuelle d'un monastère à l'époque carlonngienne; un siècle plus tard, un autre moine de la même abbaye, Hermann le Paralytique, se livrait à l'étude "de l'arabe. Le monastère de Saint-Gall fut aux x» et xt" siècles le principal foyer du savoir pour l'Allemagne du sud.

Les luttes dévastatrices qui accompagnèrent, au xiiie siècle, la ruine du pouvoir impérial, furent également funestes à la culture ecclésiastique : en 12') 8, il ne se trouvait qu'un petit nombre de moines de Saint-Gall capables d'apposer leur signature au bas d'un parchemin; et bientôt se montrent ailleurs aussi les mêmes symptômes d'ignorance : les prêtres instruits sont rares, et fréquemment pcr-^écutés, comme Félix Hemmerlin (1389-14(iO), prévôt à Soleure, puis chanoine à Zurich. Les ordres des dominicains et des franciscains, créés au xm* siècle, ne firent pas beaucoup pour améliorer cet état de choses.

A paît H" du commencement du xin" siècle on voit surgir graduellement dans les villes des écoles, soit comme annexes de l'église paroissiale, soit comme création de maîtres particuliers qui s'établissaient dans la cité et y recevaient, outre la rétribution de leurs élèves, \in salaire payé par l'autorité municipale. Un almanach zuricois de 1508 contient une pièce de vers dont l'autour exprime le désir de voir tous les enfants fréquenter l'ecolo de l'âge de six ans à celui de douze, pour y apprendre à lire et à écrire, l'apprentissage d'un métier ne devant commencer qu'après l'achèvement de la période scolaire. Mais en dehors des villes, la seule instruction qui paraisse avoir été donnée aux enfants était un enseignement religieux des plus sommaires.

Un fait important pour le développement de la culture intelloctuolle fut la fondation de l'université de Bàlo (lUlO), que le pape Pie H autorisa en souvenir des années qu'il avait passées dans cette ville lors du coiicite. Le concours de savants que cette fondation reunit à Bàle centre autres Erasme) eut pour résultat que l'art de l'imprimerie s'y

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établit plus tôt qu'aiUç.uçs et y (loyint rapidement florissant (dès 1470 le conseil de Baie dut intervenir dans une querelle entre maîtres et compagnons imprimeurs), tandis que Zurich ne, posséda probablement pas d'imprimerie avant le xvie siècle. ,

2. L'époque de ,t ancienne Confédération des treize cantons (1513-1798). — Peu d'années seulement après qu'Appenzell eut été reçu dans la ligue helvétique comme treizième et dernier canton (1513) éclata la scission religieuse (Réformation), qui eut pour le développement politique et social de la Suisse des conséquences d'une portée considérable. Dans le domaine de l'éducation, ces conséquences ne furent pas de moindre importance. Plus encore que Luther, Zwingli*et Calvin s'attachèrent à développer et à améliorer le haut enseignement : chacun d'eux fonda, à Zurich et à Genève, une académie ; et Zwingh chercha en outre, quoique sansrésultats durables, à répandre la connaissance des lettres latines même en dehors des villes. D'autre part, ayant créé la scission sur le terrain des croyances, la Réformation dut se préoccuper d'instruire le peuple de sa doctrine religieuse : à cet enseignement religieux donné à la jeunesse fut associé celui de la lecture et de l'écriture ; et l'Eglise catholique reconnut bientôt de son côté la nécessité de ne pas rester en arrière sur ce terrain. Ainsi naquit l'école ecclésiastique, créée pour servir les intérêts de l'Eglise (réformée ou catholique), dirigée par l'Église et entretenue par elle, et où l'enseignement, à l'origine, était le plus souvent donné par un personnel ecclésiastique ; c'est seulement vers le milieu du xviii<î siècle que, dans les régions les plus éclairées du pays, le personnel laïque commença à l'emporter, et que le maître d'école [Schulmeister] prit dans la classe la place qu'avait d'abord occupée l'ecclésiastique. L'école primaire prospéra surtout dans les cantons urbains protestants (Zurich, Berne, Bâle) et dans les petits cantons démocratiques ; elle fît peu de progrès dans les cantons urbains catholiques (Lucerne, Fribourg, Soleure) ; elle n'eut qu'une existence précaire dans ceux des bailliages communs où Zurich et Berne ne possédaient pas l'influence prépondérante. Mais môme dans les cantons les plus avancés elle resta, en dehors des villes, limitée aux mois d'hiver et sans organisation méthodique ; l'instituteur était ordinairement pris dans la commune même, sans aucune préparation professionnelle, ne possédant en général qu'une instruction rudimentaire, réduit, pour son entretien, à exercer en même temps un métier, souvent payé plus mal que le berger, £t, dans son enseignement, dépendant du pasteur ou du curé. Bien peu de communes possédaient une maison d'école, ou môme une salle de classe qui ne servît pas en même temps d'habitation à la famille du maître; la fréquentation obligatoire n'existait que dans un petit nombre de localités, et là môme où elle était introduite il n'était pas possible de la réaliser complètement, faute d'un personnel enseignant et de locaux suffisants. Vers la fin du xvdie siècle, les hommes éclairés qui cherchèrent à introduire dans l'État et l'Église un esprit nouveau s'efforcèrent aussi d'améliorer l'éducation populaire ; des fonctionnaires comme le bailli Tscharner, des ecclésiastiques, mirent leur honneur à réformer les écoles ; quelques couvents (Saint-Urbain, Kre^^zlingen) s'occupèrent de la préparation des instituteurs, ou fondèrent des instituts d'éducation (Bellclay) ; de nouveaux règlements scolaires furent promulgués ; des particuliers intervinrent financièrement en faveur des écoles et des instituteurs. C'est au milieu de ce mouvement réformiste que le contrecoup de la Révolution française vint atteindre la Suisse. La vieille Confédération fut remplacée par

la République ,ljel\^1ïique,p]|ie, et;iinclivÂsibIf^,,)8i^^ gouvernement du. nouvel Etat se trouva, au^ ràains de ceuî: qui, depuis des années déjà v tçaj vaillaient au. d,év4loppemeRt,(^,'4!w4rWiÇliJi5>Jî-iBi*i

blique. ., ,. ,, '■ ... . ; ,,,..,,,-.,. . Àt ■..,,■,.,,

3. La Re'publique helvétique. (1798-1803). -rn Au milieu d'une crise effroyable, tandis que le^ armées étrangères se livraient bataille sur le soJ[ de l'Helvétie, que la dévastation et la famine dér, solaient le pays, que les partis déchaînaient ^a guerre civile^ et que d'incessantes révolutions in-r térieures se succédaient rapidement, il s'agissait de jeter en Suisse les fondements d'une constitution unitaire. Une partie essentielle du nouvel ordre de choses à créer était une organisation uniforme de l'enseignement public- , C'était au « ministère des arts et des sciences » qu'incombait cette tâche. Le Directoire helvétique confia d'abord ce département, en mai 1798, à Albert Stap^ fer * de Brugg, professeur de théologie à Berne ; et lorsque celui-ci dut échanger ce poste, en octobre 1800, contre celui de représentant de la Suisse à Paris, il eut pour successeur le chanoine Melchipr Mohr de Lucerne, qui continua l'œuvre de Stapfér dans le même esprit. On ne peut mieux caractériser le sentiment qui anima ces deux hommes que par cette parole de Stapfer luiTmême : « Nous devons prouver au monde que notre révolution a été profitable à l'amélioration morale et intellectuelle de l'homme. » ►,.. ,

Stapter pensait qu'il fallait avant tout s'occuper de l'école primaire, et le Directoire helvétique partagea son avis. En conséquence, un projet de loi sur les « écoles élémentaires » {untere Bûrger-Schiden) fut présenté le 18 novembre 1798 par le Directoire aux Conseils législatifs, qui n'eurent pas le temps de le discuter. Stapfer rédigea un questionnaire qui fut envoyé à tous les instituteurs, et qui demandait des renseignements détaillés sur les écoles; les réponses à ce questionnaire, qui sont conservées dans les archives helvétiques, offrent aujourd'hui encore une mine inépuisable de renseignements pour l'étude des questions scolaires à cette époque. Dans chaque canton fut installé un Conseil d'éducation, et chaque district eut un inspecteur des écoles; les instructions de Stapfer adressées aux Conseils et aux inspecteurs témoignent éloquemment de son zèle pour la cause de l'éducation populaire ainsi que de son esprit pratique. Nombre d'idées dont la réalisation n'a pu être obtenue que de nos jours y sont déjà recommandées : « L'inspecteur doit porter son attention sur la maison d'école, et sur les salles de classe en particulier; il examinera s'il existe des moyens de ventilation, si la disposition des tables et des bancs n'est pas nuisible à la santé des enfants; il s'assurera par exemple que les tables sur lesquelles on écrit sont convenablement éclairées, qu'elles ne sont ni trop hautes ni trop basses, etc.. Dans quelques localités, il sera peut-être possible d'associer aux leçons ordinaires des travaux manuels; la femme de l'instituteur pourrait, par exemple, occuper dans une salle voisine à filer, à coudre, à tricoter^ ceux des enfants qui viennent d'achever leur leçon dans la classe... On doit indiquer si la maison d'école se trouve au milieu du village, si elle est isolée dans un espace libre, ou si elle est entourée d'autres maisons, si l'accès en est aisé ou difficile. Nous ferons observer ici en passant que l'intention du gouvernement est de donner autant que possible aux édifices destinés à l'enseignement public une apparence agréable. Les impressions que la jeunesse y reçoit, l'emploi qui doit être fait de ces bâtiments lors des fêtes scolaires et civiques, et l'importance qu'il faut attacher à tout ce quia rapporta l'instruction publique, tout cela rend désirable le choix d'un emplacement propre,

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SUISSE

istiacicux et bien éclairé. S'il était possible, il serait à propos qu'il y eût à côté de chaque maison d'école un espace libfe, en partie couvert, où les enfants pussent jouer après ou entre les leçons. Des dispositions de ce genre rendent l'école plus attraj-antc, et ajoutent à la gaîté, à là confiance et au bon vouloir des enfants. » Les instructions recommandent aussi les conférences d'instituteurs, tenues sous la présidence de l'inspecteur, et là fondation de bibliothèques de district pour l'instruction des instituteurs. ' ' " '' Stapfcr se préoccupa tout particulicremcht des Ihbyens de rc^ndre plus sérieuse la préparation professionnelle du personnel enseignant. Il fournit à son secrétaire Fischer les moyens de tenter à Burgdorf un essai d'école normale ; après la mort de Fischer, il fit accorder à Pcstalozzi*, qu'il avait pt-écédcmmcnt placé à la tête de l'orphelinat de Stan'z, l'appui nécessaire pour continuer cette tentative. Le gouvernement helvétique, nialgré la détresse financière conti*'e laquelle il eut toujours à lutter, donna 'à l'entreprise de Pestalozzi un appui (jui l'honore; il l'aida aussi dans la publication''de ses livres élémentaires.

- 1/ « écolo élémentaire », pour laquelle Stapfer avait élaboré un projet de loi, faisait partie d'un système général d'instruction publique qu'il s'agissait d'organiser. L'école primaire, dont elle constituait le degré élémentaire, gratuite pour les pauvres, devait comprendre dans son programme l'histoire, la géographie, les sciences naturelles, une ou deux langues vivantes, l'hygiène, le droit constitutionnel, etc. ; au-dessus d'elle devaient se placer les qelehy^te Schulen (gymnases), et une école centrale nationale devait courolinei^ l'édifice de l'enseignement. /' ,',.''

Mais le malheui* des temps né ' pèrinît' pas la réalisation de ces projets. Il ne fut pas même possible d'installer partout l'école élémentaire; lès Conseils d'éducation et les inspecteurs ne réussirent pas longtemps à se faire écouter, et disparurent de la scène dans la plupart des cantons après une courte existence. Le gouvernement toutefois tint la main avec fermeté à l'exécution de certaines conditions qui formaient un minimum d'exigences : ainsi, en décembre 1800 encore, il prit un arrêté portant que toutes les communes seraient tenues d'entretenir une école au moins pendant l'hiver, de fournir un local approprié, et de payer à l'instituteur un traitement d'au moins 80 francs, et que tous les parents seraient tenus d'envoyer leurs enfants à l'école. Mais ce fut là son dernier acte dans le domaine de l'instruction publique ; obligé de lutter pour sa propre existence, il ne trouva plus, dans les années qui suivirent, la force nécessaire pour créer quelque chose de durable. La République helvétique ne put résister aux discordes civiles. Napoléon, s'imposant comme médiateur, rétablit la souveraineté cantonale et la forme fédérative.

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