TALLEYRAND-PÉRIGORD
TARN
département, sorte de conseil disciplinaire et administratif, présidé par un administrateur nommé par le directoire. Ce conseil examinerait les candidats aux postes vacants.
Bien que ce contre-projet soit muet sur robligation d'assiduité et vague sur la question de la nomination des maîtres, son caractère pratique le recommanda plus tard à l'attention du Comité d'instruction publique de la Convention et de ses divers rapporteurs, qui en firent leur profit sans le citer.
Il y eut d'autres critiques du plan de Talleyrand, notamment des Observations de Gallot, député et médecin, sur l'organisation de l'enseignement médical. Les curieux les trouveront dans le même volume des Stromates de Jamet. Il faut arriver au court débat parlementaire dont le plan de l'ancien évoque d'Autun fut l'objet.
Comme nous l'a fait prévoir l'article des Révolutions de Paris, ce plan avait été mal accueilli par les députés populaires qui formaient la gauche extrême de la Constituante. Lu dans les séances dos 10, 1 1 et 19 septembre 1791 , il ne vint en discussion que dans la séance du 25 septembre, quand l'Assemblée n'avait plus que cinq jours à vivre. Aussitôt Buzot s'écria, d'après le Journal logographique :
« Je demande l'ajournement du projet sur l'instruction publique, parce que : 1° l'assemblée est trop fatiguée pour pouvoir entreprendre un pareil travail ; ')° parce que poser des bases n'est absolument rien faire. Il faut laisser cet objet à la prochaine législature. D'ailleurs ce n'est pas dans le moment où nous devons laisser nos finances le moins surchargées possible, que nous pouvons décréter un plan qui exigera une très grande dépense. (Ici le Moniteur lui fait opposer aux multiples écoles rêvées par Talleyrand le petit nombre de collèges de l'Angleterre.) Je demande donc l'ajournement à la prochaine législature. {Applaudi.)» Talleyrand répondit et prouva par des chiffres que son projet réalisait au contraire une économie. Il reconnut que le temps manquait pour discuter et voter le détail de son plan. Il demanda seulement que l'Assemblée décrétât : !<> qu'il y aurait des écoles primaires cantonales, dont les maîtres recevraient tant d'appointements; 2° qu'il y aurait un institut national formé de tels et tels éléments.
Le monarchiste constitutionnel Beaumetz soutint que l'Assemblée ne pouvait se séparer sans avoir fait quelque chose pour l'enseignement, et demanda au rapporteur de réduire son projet à quelques articles essentiels. Malgré l'opposition de Prieur, Talleyrand obtint la mise en discussion de 35 articles extraits de son projet et principalement relatifs à la création d'un institut national, corps savant et enseignant. L'Assemblée aurait dû être touchée par la prudence expérimentale du rapporteur, qui se marquait surtout dans le passage où il demandait que son plan ne se réalisât pas tout d'un coup et partout : « Car c'est surtout, disaitil, en matière d'instruction qu'il faut que chaque établissement soit provoqué par le besoin, par l'opinion, par la confiance. Il faut que tout arrive, mais que tout arrive à temps. » Mais Camus prononça alors un discours où il présenta le plan proposé comme un instrument de despotisme : « ... Je maintiens que si l'on établit un comité central d'instruction, ce comité deviendra notre maître et notre despote quand il le voudra. Il est certain que l'instruction est la source de tous les sentiments des citoyens. C'est par l'instruction qu'on les façonne à la liberté ; et c'est par l'instruction qu'on les amollit et qu'on les forme à subir le joug du despotisme. Je demande donc la question préalable sur ce comité central qui me paraît infiniment dangereux, et je demande l'a-
journement du projet à la prochaine législature. » Cet ajournement fut aussitôt décrété et, dans les débats officiels de la Législative et de la Convention, il ne fut guère question du projet Talleyrand, où il y a pourtant des vues justes et hautes, une sagesse pratique, une prudence infinie dans l'exposé des voies et moyens d'exécution, un soi tirrent exqui^ du possible et du vrai. Dans ce beau plan mal écrit, on a souvent puisé à pleines mains sans le citer, et plusieurs des idées de Talleyrand ont passé dans notre législation pédagogique, revêtues d'autres formules, mais parfaitement reconnaissables pour quiconque a lu ces pages animées du véritable esprit de 1789. [F.-A. Aulard.]
TARN (Département du). —Superficie, 5 742 kilom. carrés. Population : 359 223 habitants en 1881, au lieu de 359 232 en 187G. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 63 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 4 arrondissements, formant 5 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Albi, Brassac, Castres, Gaillac et Lavaur; 35 cantons, 318 communes, dont 187 de 500 habitants et au-dessus. Le service de l'inspection primaire dans le département du Tarn est réparti comme suit :
KOMB