THIÉBAULT
Voici la liste de ces derniers : Premiers conseils \ aux mères (grand in-8) ; Conseils aux mères (grand in-8 ou 2 vol. in-18 Jésus), faisant partie du Cours complet d'éducation pour les filles, édité par la librairie Hachette, et couronné, en 1839, par l'Académie française, comme un des ouvrages les plus utiles aux moeurs; Modèles de discours et allocutions pour les distributions de prix (2 vol. in- 12); Lettres sur la profession d'instituteur (1 vol. in-12, 1854), plusieurs éditions récompensées d'une médaille d'argent de la Société pour l'instruction élémentaire, la plus haute récompense que décerne cette Société ; Lettres sur la profession d'institutrice (1 vol. in-12); Histoire de l'éducation en France depuis le cinquième siècle (1858 et 1861, 2 vol.); Principes de la lecture à haute voix, à l'usage des cours d'adultes et des écoles primaires (1 vol. in-12); Exercices de mémoire et de lecture, en collaboration avec M. Dézobry (grand in-8), etc.
Théry n'est pas un pédagogue d'une très grande originalité, et ce ne sont pas des vues particulières sur l'éducation des enfants qu'il faut chercher dans ses livres ; la plupart, ceux surtout qui ont été écrits dans la dernière période de sa vie universitaire, se ressentent aussi de l'esprit qui animait alors l'instruction publique et, par ce côté, ils nous semblent aujourd'hui un peu étroits et un peu timides. Il ne faut pas moins lui savoir gré de s'être inspiré des meilleures doctrines de Pestalozzi et surtout du P. Girard ; d'avoir l'un des premiers songé à créer tout un ensemble, et un ensemble excellent, de livres d'éducation et d'enseignement destinés aux jeunes filles, à une époque où la loi elle-même semblait oubher qu'il fût utile de s'occuper d'elles; d'avoir cru plus tard à l'heureuse influence de l'instruction pour le peuple, et d'en avoir hautement affirmé la légitimité et la haute portée, quand une réaction violente et aveugle semblait vouloir ramener notre pays aux temps de l'heureuse ignorance ; d'avoir donné enfin aux règles généralement admises de l'éducation et à la pratique intelligente, mesurée, élevée de l'enseignement dans les écoles, une forme intéressante et facilement saisissable, très certainement capable d'exercer une action et qui a, en effet, exercé une action réelle sur l'esprit de beaucoup d'instituteurs.
On trouverait déjà ces qualités dans le premier livi'e pédagogique de Théry, les Premiers conseils aux mères, que l'Institut couronnait en 1839, lorsque l'auteur n'était encore que proviseur du collège royal de Versailles. Voici, par exemple, un passage où il montre les moyens de diriger la mémoire : « Il nous semble d'abord, dit-il, que l'exercice imposé à la mémoire de l'enfant doit être sobre, modéré. Vous ne livreriez pas à son estomac une grande quantité d'aliments, ou des aliments de digestion difficile. Faites de même. N'effarouchez pas les habitudes de l'instinct par un travail qui ne convient qu'à la réflexion déjà puissante. Que les leçons soit courtes, faciles. Qu'elles rendent le moins rude qu'il sera possible ce passage de la liberté complète d'oublier et de se souvenir à l'obligation d'une tâche à remplir, d'un travail à exécuter. Ne dites pas: C'est si peu de chose! Erreur! Vingt vers d'une fable à retenir par cœur sont, pour la petite fille de cinq ans, un labeur aussi effrayant qu'un chant de la Henriade le serait pour vous. Elle l'apprendrait facilement, soit; mais ce qui lui est moins facile, c'est de vouloir l'apprendre, et, sans cette volonté, le dégoût, le découragement peuvent éterniser cette épreuve. Sachez vous contenter de dix vers, si vous désespérez d'en obtenir vingt : vous n'aurez pas moins réussi, et votre enfant n'aura pas moins profité. »
Théry, historien de l'éducation, n'a pas toujours cette même sûreté, ni cette même mesure ; c'est
ainsi qu'on lui a justement reproché ce jugement en vérité un peu trop sommaire sur les essais pédagogiques de la Révolution : « On n'étudie pas le vide, on n'analyse pas le néant. »
Son livre le meilleur et le plus populaire est celui que la Société, pour l'instruction élémentaire a récompensé en 1854, et qu'elle ne distinguerait peut-être plus aujourd'hui aussi volontiers, les Lettres sur la profession d'instituteur. L'auteur y fait parler un vieux maître adressant à un jeune débutant les co'nseils de son expérience sur toutes les parties de l'éducation et de l'instruction des enfants, sur la conduite de l'instituteur, sur la direction de ses études personnelles, etc., etc. C'est, dans ce cadre qui prêtait aux développements concrets, tout un cours de pédagogie pratique. Il y aurait assurément beaucoup à dire sur le « bon esprit », fait de soumission et d'acceptation quand même, que l'auteur réclame pour les maîtres d'écoles publiques ; nous aimons aujourd'hui à leur voir l'intelligence plus libre et les coudées un peu plus franches; mais il n'en est pas moins vrai que le rôle de l'instituteur, même affranchi des dépendances qu'on lui imposait jadis, ne saura jamais se dispenser des conditions sans lesquelles il semble qu'on ne le comprenne point: bon sens, tact, convenance, voire distinction et délicatesse. Sur tous ces points, en faisant un peu la part du temps, on trouve dans le livre de M. Théry les meilleurs conseils; on en trouve d'aussi bons sur les méthodes et les procédés courants, applicables aux différentes branches du programme. Pédagogie de seconde main, si l'on veut, et exposée dans une langue parfois un peu longue, mais claire, facile, aimable, sans jargon et sans grands mots, française dans le meilleur sens du mot. [Ch. Defodon.]
THIÉBAULT. — Dieudonné Thiébault, littérateur français, né à la Roche, en Lorraine, en 1733, fut élevé par les jésuites, entra dans leur ordre et professa dans leurs collèges jusqu'en 1763. Enr suite, ayant quitté l'habit religieux, il vint à Paris faire le métier d'homme de lettres. Sur la recommandation de d'Alembert et d'autres philosophes, il fut nommé par le roi de Prusse professeur de grammaire à l'Académie militaire de Berlin (17G5). Il demeura dix-neuf ans en Prusse, et c'est pendant son séjour dans ce pays qu'il publia son Nouveauplan d'éducation publique (Amsterdam, 1778). Revenu en France en 1784, il obtint dans l'administration de la librairie un emploi important, qu'il occupa jusqu'à la Révolution. En juillet 1793, il s'associa avec Borrelly*, son ancien collègue à l'Académie militaire de Berlin, pour la publication d'un Journal de l'instruction publique ; mais il ne collabora qu'aux trois premiers tomes, et à partir du quatrième Borrelly demeura seul chargé de la rédaction. En 1795, Thiébault fut nommé chef du secrétariat du Directoire exécutif. Il conserva ces fonctions jusqu'au coup d'État de brumaire, et devint ensuite directeur de l'École centrale de la rue Saint-Antoine, puis proviseur du lycée de Versailles. 11 mourut dans cette ville en 1807.
Le Nouveau plan d'éducation publique est l'oeuvre d'un esprit nourri des doctrines philosophiques du xvni® siècle ; mais la lecture en est aride, et l'auteur ne sait pas faire valoir les idées qu'il expose. L'ouvrage comprend trois parties. Dans la première, Thiébault développe successivement vingt principes généraux d'éducation, méthodiquement numérotés (« 15^ principe : il ne faut pas enseigner les sciences les unes après les autres, il faut les conduire de front; — 17« principe : il faut que le même professeur soit toujours chargé d'enseigner la même science », etc.). Dans la seconde paitie, il expose un programme d'instruction publique, comprenant huit sciences : géographie, îiistoire, physique, mathématiques, logique et mé-
TIEDEMANN.
— 2883 — TITRES DE CAPACITE
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troisième et dernière partie contient des indica- lieitruge, un « Mémoire sur le dével ppement des tiens pratiques pour la réalisation de ce plan. On facultés de l'âme chez les enfants » ; Tiedemann y remarquera que les langues anciennes n'y ont a consigné les observations qu'il avait faites sur soii pas trouvé place : ce n'est pas que Thiebault propre fils Frédéric, depuis sa naissance jusqu'à veuille en proscrire l'étude; mais cette étude, l'âge de doux ans et demi. Ce mémoire a été siselon lui, doit être faite dans des classes spé- gnalé pour là première fois au public franfjais par ciales qui précéderont le collège. jM. Flourens, secrétaire perpétuel de l'Académi^j
Les articles publiés par Thiebault dans le Jour- ' des sciences, dans son éloge de Frédéric Ticdenal de l'instruction publique sont consacrés à des 'mann, l'éminent physiologiste, mort en 1861. Il f. observations sur le style. 'été ensuite traduit par M. H. Mirhelant, et publio
Il a été annoncé au mot Borrelly que quelques ^ dans le Journal de l'instruKtion publiquf^, anindications sur ce Journal se trouveraieut à l'ar- |née 1863, pp. 251, '>91, 309 et 319. M. B. Ferez a ticlo Thiebault. Le Journal de Vinstruclion pu- donné une analyse du mémoire do Tiedemann blique se compose de 8 volumes in-8. Le l^r vo- dans sa brochure Thicrri Tiedemann et la science lumc va de juillet 1793 au 16 septembre de la même rfe Z'en/an^, Paris, G. Baillière, 1881. année; le 2» du 18 septembre à octobre 1793; le !, TITRES DE CAPACITÉ. — On appelle titres 3e, du 19« jour du l^r mois de l'an II au 16 bru- rde capacité les diplômes ou brevets conférés après maire an II; le 4^, du 16 brumaire au 5 frimaire; I examen, et qui permettent à celui qui les possède le 5*, du 5 frimaire au 16 nivôse; le 6", du 16 ni- i d'exercer dans l'enseignement, public ou libre, vôse au 20 prairial ; le 7«, du 20 prairial au 9 ther- ides fonctions déterminées, correspondant au titre midor ; le 8* de thermidor an II à frimaire an III. j qu'il a obtenu.
Outre les articles de doctrine, un certain* nombre Les titres de capacité pour l'enseignement pnde numéros contiennent un « bulletin de la Con- maire étaient, au moment du vote de la loi du vention nationale », où se trouvent des renseigne- 30 octobre 1886 : raents parfois très intéressants sur les débats de la | 1° Le brevet élémentaire ; Convention concernant l'instruction publique. 2° Le brevet supérieur;
THOMAS A KEMPIS. — Thomas Hemerken, , 3» Le certificat d'aptitude à la direction des surnommé Thomas de Kerapen (en latin Thoma- écoles maternelles; SZW5 a /(:e7wjjw), naquit à Kempen, dans le diocèse de ' 4» Le certificat d'aptitude pédagogique; Cologne, en 1379, et mourut en 1471 au monastère â» Le certificat d'aptitude au prolessorat des du Mont Sainte-Agnès, près de ZwoUe (Hollande), écoles normales d'instituteurs ou d institutrices; Le célèbre auteur de ï Imitation de Jésus-Christ 0« Le certificat d'aptitude à l'inspection de appartenait à la congrégation des Frères de la vie l'enseignement primaire et à la direction des commune ou Hiéronymites *, qui se consacrèrent écoles normales d'instituteurs ou d'institutrices, au xve siècle à l'instruction du peuple. Ce n'était Nous avons consacré des articles spéciaux a pas l'amour de la science qui poussait ces céno- chacun de ces titres, sauf au certificat d'aptitude
- „ Kemp., „„ , . .
quelque part : « Garde-toi du trop grand désir de primaire, Certificat d'aptitude aux fonctions savoir, car il conduit à la dissipation et aux dé- [d'inspecteur de l'enseignement primaire. ceptions. Il y a bien des sciences qui ne servent! *Les ordonnances du 29 février 1816 pour les que peu ou point au salut. C'est un grand insensé, -écoles de garçons, celle du 3 avril 1820 pour les celui qui recherche autre chose que ce qui peut 'écoles de filles, les lois des 28 juin 1833 et lo mars servir à son salut, » Outre un grand nombre d'où- jl850 ont rendu le brevet obligatoire. La loi du vrages mystiques, Thomas à Kempis a écrit la vie jl^ mars 1850 admettait un certain nombre d equi
de Gerhard Groot, fondateur des Hiéronymites, et de quelques autres personnages de son ordre.
THOUAR. — Pierre Thouar, né à Florence en 1809 d'une famille d'ouvriers, fut d'abord correcteur d'imprimerie, puis instituteur, puis employé dans l'administration de l'instruction publique de la Toscane. Un almanach populaire qu'il publia en 1833 le signala à l'attention de Lambrusçhini*, dont il devint le collaborateur à la Guida; il écrivit pour ce journal des contes moraux qui furent goûtés. C'est dans cette voie que Thouar devait trouver le succès; il fit paraître successivement plusieurs recueils de contes pour la jeunesse :
valences qui ont toutes été supprimées par l'article 1*' de la loi du J6 juin 1881. Les équivalences et la dispense du brevet n'ont été maintenues par cette loi que pour les personnes qui, au 1er janvier 1881, comptaient au moins trente-cinq ans d'âge et cinq ans de services. Les examens du brevet ont été réglementés par les décret et arrêté du 30 décembre 1884.
Le certificat d'aptitude aux fonctions de directrice d'école maternelle (autrefois salle d'asile) était exigé de toutes les directrices ou sous-directrices en vertu de l'article 2 de la loi du 16 juin 1881. Il était réglementé par le décret du 2 aoiit 1881
Saggio di racconti, 18 il; Nuovi racconti per la et l'arrêté du 27 juillet 1882.
giovcntii, 1842; Racconti per fanciulli, 1845, etc. < .Les autres titres de capacité ont été régleraen
Après les événements de 1848, il se vit persécuté par la réaction, et ses ouvrages furent interdits dans les écoles. Il se retira à Turin, où il demanda des
tés et rendus obligatoires par divers décrets ou arrêtés, savoir :
Certificat d'aptitude pédagogique ; décret du
ressourcesàrenseigneraentprivéetàla publication! 4 janvier 1881; arrêté du 6 janvier 1881; décret d'un journal intitulé Letture di famiglia; il donna: et arrêté du 30 décembre 1884. dans ce périodique divers écrits scolaires, tels' Certificat d'aptitude au professorat des écoles que des Exercices sur les règles d'orthographe^ normales : décret du 5 juin 1880, remplacé par les un Petit manuel d'éducation, des Conférences pé- décret et arrêté du 28 juillet 1885. dagogiques, etc. Il a aussi traduit du français plu- ■ Certificat d'aptitude à l'inspection primaire et ii sieurs ouvrages de Noël et Chapsal, de M^e Sau- la direction des écoles normales : décrets des 23 van, de M=>eCampan,etc. Thouar est mort en 1861. décembre 1882 et 27 décembre 1885, et arrêté du
TIEDEMANN. — Dietrich Tiedemann, philo- : 23 décembre 1882. sophe allemand, né en 1748, à Bremervôrde, près Aujourd'hui toute cette réglementation a été de Brème, mort en 1803 à Marbourg, est le pre- remplacée par celle des décret et arrêté du I8jan-