‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 460 sur 573 · VAL-D'YÈVRE · texte numérisé non relu

VAL-D'YÈVRE

par le recteur. (Décret du 29 juillet 1881, art. 34.)

Dans les écoles primaires publiques^ l'époque et la durée des vacances sont fixées, chaque année, par le préfet en Conseil départemental. (Règlement scolaire modèle du 18 juillet 1882, art. 19.) — Les jours de congés extraordinaires sont : une semaine à l'occasion des congés de Pâques ; — le premier de l'an, ou le lendemain, si ce jour est un dimanche ou un jeudi ; — le lundi de la Pentecôte ;. — le lendemain de la Toussaint, le matin seulement; — les jours de fêtes patronales; — les jours de fêtes nationales. (Même règlement, art. 18.)

Il est d'usage de prolonger de huit jours le congé de Pâques en faveur des instituteurs qui ont fait un cours d'adultes

La loi du 28 mars 1882 dispose (art. 2) que « les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s'ils le désirent, à leurs enfants,, l'instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires, y.

En ce qui concerne les écoles materrielles publiques, l'article 30 du décret du 2 août 1881 dispose qu'un mois de vacances est successivement , accordé, chaque année, aux directrices et sous- ' directrices de ces établissements. Mais, d'un autre { côté, l'article 3 du règlement scolaire modèle déclare que les écoles maternelles publiques doivent rester ouvertes toute l'année, à l'exception de certains jours fériés. Il résultait de ces dispositions que, dans les écoles maternelles à une seule classe et à une seule maîtresse, celle-ci ne pouvait avoir jamais de vacances proprement dites. Le ministre s'est ému de cette situation, et, par une circulaire du 4 avril 1884, il a recommandé de "classer les écoles maternelles en deux catégories au point de vue des vacances. La première, comprenant les écoles à plusieurs maîtresses, serait soumise aux règles établies par le décret et Tarrêté du 2 août 1881. La seconde, celle des écoles à une seule . classe et une seule maîtresse, jouirait des congés accordés par le règlement; ces écoles seraient, en outre, fermées du jeudi avant Pâques au jeudi après Pâques, et pendant la semaine qui suit la distribution des prix dans la commune.

A Paris et dans quelques localités, on organise, avec l'aide des caisses des écoles et le concours du Club Alpin français, des voyages de vacances au profit des meilleurs élèves des écoles primaires (V. Voyages scolaires). On a commencé aussi à Paris, à l'imitation de ce qui se fait dans plusieurs pays étrangers, à former des colonies de vacances en faveur des enfants débiles appartenant à des familles pauvres.

[Ernest Cadet.]

VACCÏNE. — Inoculation d'un virus spécial doué de la propriété de préserver de la variole et appelé vacci7i à cause de sa provenance, ayant été primitivement pris à des pustules qui se développent sur les pis des vaches et que les Anglais désignent sous le nom de cowpox. Cette affection des vaches, caractérisée par une éruption de pustules analogues à celles de la variole, se commuque parfois aux individus qui soignent ces animaux, et c'était une opinion populaire en Angleterre que ces individus étaient exempts de la variole. Jenner (1749-1823), ayant eu occasion de vérifier cette immunité, eut l'idée d'inoculer à des enfants la matière contenue dans ces pustules, avec l'espoir de leur assurer le même avantage. Le succès qu'il obtint a immortalisé son nom en fournissant le moyen de préserver l'homme d'une des plus terribles et des plus hideuses maladies. On a calculé qu'en France la vaccine pouvait, dans un siècle, sauver la vie à plus de 4 millions de personnes.

L© gouvernement a constamment cherché à

propager l'emploi du vaccm, mais il n'a pas cru devoir le rendre obligatoire. Il s'est borné à l'exiger chez tous les élèves qui fréquentent les établissements publics d'instruction. Voici, du reste, en ce qui concerne l'enseignement primaire, quel est l'état de la réglementation sur ce point :

Lorsqu'un enfant se présente pour la première fois à l'école, l'institi^teur doit s'assurer qu'il a été vacciné ou qu'il a eu la petite vérole. (Règlement scolaire modèle des écoles primaires publiques, du 6 janvier 1881, art. 2.)

Tout enfant dont l'admission dans une école publique maternelle est demandée doit présenter un certificat de médecin constatant qu'il a été vacciné ou qu'il a eu la petite vérole. (Règlement scolaire modèle des écoles maternelles publiques, du 2 août 1881, art. 2.)

Les candidats aux bourses de l'enseignement primaire supérieur doivent joindre à leur demande d'inscription un certificat de vaccine. (Arrêté du 3 janvier 1882, art. 4.)

Les candidats aux écoles normales primaires, déclarés admissibles, sont soumis à la visite du médecin de l'école , assisté d'un médecin assermenté, et ils ne peuvent prendre part aux épreuves définitives que s'il est constaté qu'ils ont été vaccinés ou qu'ils ont eu la petite vérole. (Décret du 29 juillet 1881, art. 21.) [Ernest Cadet.]

VALANT. — Joseph-Honoré Valant, instituteur français, né à Perpignan en 1763, a publié quelques ouvrages de morale et d'éducation. Nous avons déjà signalé le journal le Cosmète, qu'il fonda en l'an VII, et qui n'eut que quelques numéros (V. Cosmète). Les autres ouvrages de Valant sont un mémoire contre la peine de mort (De la garantie de la société considérée dans son opposition avec la peine de mort; imprimé par ordre de la Commission des onze, Paris, an III) ; Code moral pour servir à l'instruction de la jeunesse et des différentes classes de la société, Paris, an VII; Lettres académiques sur la langue française, Paris, 1811-1812; De l'impôt sur Vin-' struction publique, et des saisies faites dans les maisons d'éducation, deux mémoires adressés à la Chambre des députés, Paris, 1814. On a du même auteur quelques poèmes médiocres. Valan est mort à Paris sous la Restauration.

VAL-D'YÈVRE. — Colonie pénitentiaire située à 7 kilomètres de Bourges, sur la ligne de Vierzon à Saincaize. Lorsque M. Ch. Lucas, après la publication de remarquables écrits, entra, en 1830, sur le vœu des Chambres, dans l'administration pénitentiaire, les enfants étaient dans les prisons confondus avec les adultes, exposés ainsi à la plus redoutable contagion. Cette situation anormale fut l'objet des premières préoccupations du jeune inspecteur général, et dès le 21 février 1831 il développa, dans un rapport fort étendu au ministre et dans une lettre à M. le conseiller d'Etat de Gérando, les principes, les moyens et les conditions d'un régime pénitentiaire applicable aux jeunes détenus. Il demandait l'augmentation des écoles et des orphelinats pour prévenir les délits. A l'égard des jeunes détenus, il réclamait la spécialité des établissements, leur application à l'agriculture et à ses industries annexes, préconisait les terres incultes et fertilisables dans l'intérêt de la richesse nationale, et particulièrement les marais desséchés, parce qu'un sol tourbeux est mieux approprié à la force de l'enfant.

Le plan qu'il proposait, soumis au comité de l'intérieur du Conseil d'Etat présidé par Cuvier, fut approuvé le 19 mars 1831. Bientôt après M. Lucas imprima une active et féconde impulsion aux établissements publics et privés de jeunes détenus et développa sa célèbre théorie de Vamendemeni \ de l'enfant par la terre et de la terre par Ven^ '"

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fant. Co fut comme expérimentation do cette théorie que, sur l'appel du gouvernement, M. Lucas fonda sa colonie. A cet effet, il acheta en août 1841 une partie des marais desséchés du Val-d'Yèvre, qui avaient à cette époque l'aspect désolé d'une vallée stérile où ne croissaient que le jonc et le roseau. Apres divers travaux complémentaires de dessèchement et d'assainissement pour rendre le terrain propre à la culture et à l'habitation, un célèbre architecte de Bourges, M. Roger, fut chargé de dresser et d'exécuter un plan d'ensemble de bâtiments pour 400 jeunes détenus. Malgré sa foi dans la valeur do ses principes, le fondateur ne procéda qu'avec une grande réserve. Le Val-d'Yèvre n'eut donc, en 1846, que 100 colons, puis 200. En 1852 l'effectif s'élevait à 300, et quelques années plus tard il atteignait 400.

Le prix de revient de ce bel établissement s'est élevé seulement à 688 57 1 francs pour une superficie culturale de 323 hectares et une surface en bâtiments de 6500 mètres.

A ces principes fondamentaux, M. Lucas ajouta un règlement disciplinaire basé sur la surveillance de l'enfant par l'enfant. L'effectif est partagé en deux divisions, celle des grands et celle des petits. Chaque division comprend deux sections et chaque section un certain nombre de compagnies. A la tête de la division se trouve un surveillant de l'o classe; delà section, un surveillant de2oclasse|; de la compagnie, un surveillant de 3^ classe. Ces grades se distinguent par des signes spéciaux et ne sont conférés qu'aux jeunes détenus qui se sont signalés par leur bonne conduite. La base de la discipline, c'est la solidarité. La compagnie et la division sont solidairement responsables de la conduite de leurs membres. De là deux sortes de récompenses, les récompenses collectives et les récompenses individuelles. La bonne conduite de l'individu procure des avantages à la fois à luimême, à la compagnie et à la division. Les enfants ont ainsi un œil attentif sur leurs fautes respectives et sont intéressés à ce qu'elles soient redressées. L'espionnage et la délation sont sévèrement flétris. Tout se passe publiquement au prétoire disciplinaire, où s'assemblent plusieurs fois la semaine le directeur, les contre-maîtres et les colons. Les récompenses consistent : 1^ en bons points représentant une valeur pécuniaire inscrite au compte de l'enfant ; les punitions légères se traduisent par la perte de ces bons points; 2° en avantages en nature, rations de vin, suppléments de vivres, etc. Les divisions et les compagnies ont donc aussi leurs comptes moraux.

Les résultats obtenus ont été tels que cette colonie privée d'essai fut transformée, en octobre 1872, en établissement public par décision motivée sur le succès de l'essai au triple point de vue agricole, moral et économique. La persévérance de ce succès au Val-d'Yèvre sous la gestion publique détermina, en décembre 1880, la présentation d'une loi votée par les deux Chambres, ayant pour objet l'acquisition par l'Etat de cette colonie, à l'effet d'en garantir la durée et d'en propager l'imitation. [Pierre Bujon.J

VALLANGE (De). — Le nom de M. de Vallange ne se trouve dans aucun dictionnaire biographique; aussi sommes-nous réduit, sur sa personne, aux quelques renseignements que nous fournissent ses propres écrits. Dans un ouvrage publié en 1736, il nous apprend qu'il y a cinquante ans qu'il travaille à ses méthodes d'éducation; on peut donc placer sa naissance vers 1660. Dans la préface d'un autre livre (1732), il dit qu'il a passé huit années à la cour en qualité de gouverneur d'un jeune seigneur. Quérard ne mentionne qu'un seul ouvrage de M. de Vallange, XArt d'élever les jeunes princes dès le berceau, Paris, 1732; il en existe néanmoins un assez grand

nombre; la Bibliothcquo nationcle en possède huit.

M. de Vallange parait avoir débuté comme écrivain pédagogique, vers 1719, par la publication d'un Pian général, que nous n'avons pas retrouvé, et dans lequel il donnait un aperçu de l'ensemble de ses projets de réforme, où beaucoup d'idées justes et saines, comme nous le verrons, se mêlent à des conceptions chimériques.

Vient ensuite un volume intitulé Nouveau syS' terne ou nouveau plan d'une arammaire françoise, précédé du plan de la méthode qui enséqne à lire poliment et en peu de temps, Paris, 1719, in-12. Ce volume comprend deux parties. La première est VOrtholexie, ou méthode qui enségne à lire par règles et par principes. L auteur traite successivement de l'alphabet, puis des syllabes, puis de la lecture française (comme ses contemporains, il veut que le commençant débute par la lecture latine, qu'il trouve plus facile et plus régulière). C'est là qu'il propose cet « alphabet hiéroglifique pour faciliter la lecture aux enfants et aux personnes avancées en âge », dont nous avons parlé à l'article Lecture, p. 1540, et qui a été ensuite reproduit et perfectionné par de si nombreux imitateurs. Voici le passage dans lequel M. de Vallange expose son procédé « hiéroglifique » :

« Dans mes méditations grammaticales, je me suis aperçu que les caractères des lettres étoient bien abstraits pour des enfans, parce que ces signes ne représentent rien de sensible.. Je me suis donc avisé de faire des figures hiéroglifiques pour aider les enfants à retenir les noms des lettres et en voir les usages. Voici ce qui m'est venu dans l'esprit. J'ai vu qu'en représentant une alouette, l'enfant seroit ravi de voir ce petit animal. Je dis à cet enfant que ce petit oiseau s'appelle alouette. Cet oiseau en forme d'image lui a fait trop de plaisir pour oublier ce nom. Sur la tête de cet oiseau est un a. Je dis à mon disciple que cette figure s'appelle un a, et que pour s'en souvenir il n'a qu'à nommer le nom de son oiseau, dont le premier son étoit le nom de la lettre qu'il falloit nommer... Je lui remets ensuite une irondelle, sur la tête de laquelle se trouve un »... voilà notre jeune écolier en possession de deux lettres. Je lui donne toutes les lettres les unes après les autres, en lui faisant toujours répéter les lettres précédentes. Chaque lettre a son hiéroglife particulier, que l'écolier arrange sur de petites tablettes en forme de gradins sur son petit bureau. M

La seconde partie du volume comprend le Nouveau plan et nouveau système d'une grammaire française. Ce traité grammatical n'offre rien de remarquable, que le fait môme d'avoir songé à enseigner le français au moyen de la grammaire. « Si l'on avoit soin, dit l'auteur, d'enseigner le françois par règles et par principes aux enfans, les jeunes gens auroient le plaisir de parler hardiment et avec grâce... Nous voyons bien des gens qui parlent françois dans la perfection, comme la plupart des dames de la cour, qui ortographient pitoyablement, parce qu'elles ne sçavent pas la langue par principes. Une autre utilité qu'on pourroit retirer de cette connoissance est que c'est un moyen très propre pour apprendre le latin et les autres langues : selon mon système d'études, je fais apprendre la langue française par règles, avant que do toucher au latin. Quiconque suivra cette route arrivera une fois plutôt au latin, que celui qui commencera par le latin; en allant du françois au latin, je vais du connu à l'ineonnu. »

La même année parut un autre livre intitulé Système ou plan d'une nouvelle méthode pour

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apprendre facilement et en peu de tems la langue latine, sans le secours d'aucun maître, avec des projets d'établissement propres à la jeunesse. L'auteur critique le Despautère, le Jardin des racines latines de Port-Royal ; mais sa propre méthode, dont le trait essentiel consiste à placer les conjugaisons avant les déclinaisons, et à dissimuler autant que possible l'aridité des études grammaticales par des exercices variés, laisserait aussi beaucoup à désirer. La seconde moitié du volume est consacrée à la description d'établissements d'éducation que M. de Vallange propose de créer, et qu'il appelle» salles académiques »; l'instruction y serait donnée par des institutrices appelées « académiciennes ». L'auteur a exposé ce projet avec plus de détails dans une série de petits traités publiés quelques années plus tard, et dont nous allons parler.

Ces traités, au nombre de six, sont, à la Bibliothèque nationale, reliés en un seul volume formant le tome 1er des œuvres de M. de Vallange. Le premier en date paraît être celui qui se trouve à la fin du volume, sans titre ; c'est, croyons-nous, la première partie de ïArt d'élever la jeunesse selon le système de M. de Vallange. L'auteur s'y adresse aux dames, et leur montre l'avantage •qu'offrirait son projet de confier l'instruction de la jeunesse à des « académiciennes »; outre ces institutrices adultes, il propose de constituer deux « ordres » de jeunes filles et de jeunes garçons, les « muses académiques » et les « commilitons », qui enseigneraient les premiers éléments aux plus jeunes élèves.

Le second traité (placé en tête du volume) est intitulé VArt d'enségner le latin aux petits enfans en les divertissant et sans qu'ils s'en aperçoivent ; dépendance de l'Art d'élever la jeunesse selon la différence des âges, du sexe et des conditions, par M. de Vallange; Paris, 1730, 70 pages. Le privilège indique que ce traité et plusieurs autres étaient composés depuis longtemps, car il porte la date du 27 octobre 1720 ; il est signé de Fontenelle, qui déclare avoir lu « différens traités de M. de Vallange sur les sciences, sur les arts, sur les langues, et sur les exercices du corps ». L'auteur se propose surtout de « cacher l'étude du latin » aux enfants, de le leur faire apprendre sans qu'ils s'en doutent. Pour cela, on a recours à d'autres enseignements qui, à l'insu des élèves, leur donnent indirectement la connaissance de la langue latine : ce seront « la belle prononciation françoise, la belle prononciation du latin (qui faisait alors partie de l'enseignement ordinaire de la lecture), la lecture françoise, la lecture latine, l'écriture, l'orthographe, » etc. Mais M. de Vallange n'expose pas le détail de ses méthodes, il renvoie pour cela à d'autres ouvrages qui devront paraître ultérieurement : ce traité et tous ceux qu'il a publiés ne sont guère que des prospectus. Il annonce, entre autres choses, qu'il a trouvé « le moyen d'enségner à écrire aux enfans sans user ny plume, ny encre, ny papier », c'est-à-dire sur du sable. Il parle aussi d'une «c grammaire latine en jeu de cartes, propre à divertir les enfans ».

Le titre du troisième traité est Jeux et divertissemens propres à enségner le latin aux enfans en les divertissant, Paris, 1730, 120 pages. On y trouve, sur l'emploi des jeux com-ne moyens d'enseignement, des inventions qui devaient être reprises en Allemagne par Basedow, et chez nous, plus tard, par l'abbé Gaultier. L'auteur propose entre autres « le jeu des solécismes et des barbarismes » ; il annonce qu'il a inventé une grammaire latine digitale, qui s'apprend « en badinant sur les doigts», et une grammaire latine musicale, « qui ensègne le latin en chantant »; il indique le parti qu'on peut tirer des images, de l'imprimerie, des poupées ; il se servira aussi de « bouquets

grammaticaux », de « gants grammaticaux », de « brasselets grammaticaux », d'un « évantail grammatical », d'un « four grammatical ». Au sujet de cette dernière invention, il s'exprime en ces termes : « Voici les plus gracieux joujoux que l'on puisse présenter aux enfans; je les ai appelés des jouets consomtibles, parce que ce sont des choses qui se consomment en s'en servant. Ces jouets sont des p.etits pains, des gâteaux, des pains d'épice, des tartes, des tartelettes, des gimblettes, des biscuits, des macarons.... enfin chaque sorte de pâtisseries et de chatteries. Un four grammatical prendra la place de Jean Despautère et de la Méthode de Port-Royal. Si l'on agrée la méthode que je propose, la Méthode de Port-Royal et Despautère serviront pour allumer le feu du four, on y poura joindre les fouets et les férules dont on se sert dans les collèges et dans les écoles ordinaires. »

Dans le quatrième traité. L'éducation des enfans rendue utile aux souverains, au public et aux parens, deuxième partie de L'Art délever la jeunesse, selon le système de M. de Vallange (Paris, 1732, 72 pages), l'auteur émet des idées qui rappellent celles de Fourier *. Il croit possible de faire apprendi'e aux enfants, en se jouant, et en leur donnant pour maître des enfants un peu plus .âgés qu'eux, « muses académiques » et « commilitons », tous les arts, toutes les industries ; le ti'avail des enfants non seulement couvrirait les frais de leur entretien, mais serait avantageux à l'Etat ; le roi pourrait, par exemple, faire creuser des canaux sans bourse délier.

L'auteur applique son système à l'éducation des princes dans le cinquième traité, intitulé VArt d'élever les jeunes princes dès le berceau selon les principes de la physique, de la morale, de la politique et de la religion (Paris, 1732, 96 pages). Il s'étend avec complaisance sur les deux « ordres de chevalerie royale » qu'il voudrait voir créer, et dont il se promet les plus brillants résultats, celui des « muses académiques » et des « commilitons académiques». « Ce sont, dit-il en parlant des muses académiques, de jeunes demoiselles depuis l'âge de sept ou huit ans jusqu'à l'âge de dix ou douze. Ces Muses, selon mon système, apprendront toutes les langues, toutes les sciences, toutes les histoires et tous les exercices du corps pour les enségner aux jeunes princes dès lo berceau, et pour les enségner dans les Académies royales dont nous parlerons dans la suite. C'est entre les mains de ces jeunes demoiselles que mes méthodes feront merveille, tout ce que j'ai composé esta leur portée. Quand on verra les utilités que l'on peut tirer de cette jeune milice, l'on n'aura pas de peine à se persuader que cet ordre do chevalerie peut être tout au moins aussi utile que pas un ordre de religieuses. » Les commilitons académiques sont « de jeunes garçons depuis l'âge de huit ans jusqu'à douze, destinés à enségner les langues, les sciences, les arts et les exercices du corps aux enfants, et particulièrement aux jeunes princes, quand ils sortent des mains des Muses académiques ». Il y aurait, en outre, des surintendantes des études des jeunes princes et des Académies : « c'est un très grand moyen de procurer des établissements honnêtes aux filles de qualité, et aux filles de familles, aussi bien qu'aux veuves. »

Le dernier traité, enfin, explique l'organisation des établissements d'éducation à fonder; en voici le titre : Académies royales instructives, dans les» quelles on propose d'élever les enfans des deux sexes à la décharge de leurs pai^ens ; suite de l'Ar^^ d'élever la jeunesse selon le système de M. de VaV la?ige ; Paris, 173G, 94 pages. En tête se trouvent trois épîtres dédicatoircs, au roi, à la reine, et att cardinal Fleury. Les établissements proposés sont

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