BOSNIE ET HERZÉGOVINE
ic portefeuille do l'instruction publique le 30 janvier 1882, soumit de Bon côté à la Chambre, le 10 février, un projet de loi relatif à la nomination et au traitement des instituteurs et des institutrices et aux conseils départementaux et cantonaux Je l'instruction primaire. Ces deux projets, renvoyés à l'examen d'une commission dont Paul Bert fut de nouveau le président et le rapporteur, donnèrent lieu à l'élaboration, par cette commission, d'une proposition de loi sur l'organisation de l'enseignement. Cette proposition, discutée par la Chambre dans ses sessions de 1883 et de 1884 et votée par elle le 18 mars 188i, puis remaniée par le Sénat en 1886, est devenue la loi du 30 octobre 1886, qui a établi la laïcité du personnel enseignant primaire. Paul Bert ne put en suivre la discussion jusqu'à la fin. En janvier 1886, il avait accepté la mission d'aller organiser l'administration française au Tonkin en qualité de résident général ; et quelques jours après l'adoption de cette loi mémorable, à laquelle son nom restera attaché, arrivait à Paris la nouvelle de sa mort survenue à Ha-noï le 11 novembre 1886.
Il nous reste à parler de ceux des ouvrages de Paul Bert qui appartiennent à notre sujet. Nous ne ferons que mentionner son volume de Discours parlementaires (Charpentier, 1881), où il a recueilli les plus importants des discours prononcés par lui à la Chambre sur les questions d'instruction publique, et son choix de Leçons^ dùcours et conférences (Charpentier, 1881). qui contient tant de pages d'une excellente pédagogie. Mais nous rappellerons que ce savant n'a pas dédaigné d'écrire pour les « enfants de France » — pour nous servir d'une expression qu'il aimait à employer — des livres d'école dont plusieurs sont de petits chefsd'œuvre. L'un des premiers en date est son manuel d'instruction civique, V Instruction civique à V école (Picard-Bernheim, 1882), qui a soulevé de si violents orages, mais qui n'en a pas moins marqué une grande date dans nos annales scolaires; ce petit livre en est aujourd'hui (1887) àsa lO'' édition. Viennent ensuite, dans un autre ordre de connaissances, ses Lectures sur l'histoire naturelle des animaux (Hachette, 1882) et son Anatomie et physiologie animales (Masson, 1883), qu'avaient précédées les Premières notions de zoologie, pour la classe de huitième des lycées (Masson, 1881). Le plus remarquable peut-être de ces ouvrages élémentaires est La première année d'enseignement scientifique (Armand Colin, 1882), où l'auteur, avec cette simplicité lumineuse qui n'appartient qu'aux maîtres, a exposé les premières notions des sciences physiques et naturelles. Ce livre excellent a obtenu un succès mérité, et a été traduit en plusieurs langues. Enfin, au moment même où il s'embarquait pour le Tonkin, Paul Bert mettait la dernière main à deux volumes scolaires : une Petite géométrie expérimentale (Delagrave), dont la préface est datée de février 1886, à bord du Melbourne, et des Lectures et leçons de choses (Picard-Bernheim), où les notions scientifiques sont ingénieusement mêlées à la trame d'un récit propre à intéresser les élèves.
Nous n'ajouterons rien à ce rapide et sec résumé de quinze années d'activité ininterrompue au service d'une cause à la fois politique et scolaire, la cause de l'enseignement laïque et national. Les faits tout seuls parlent assez haut. L'homme qui a tenu pendant ces années critiques si haut et si ferme le drapeau de l'émancipation scolaire, qui a été, dans les bons comme dans les mauvais jours, le champion ardent des écoles et celui des instituteurs laïques, qui a représenté avec tant do véhémence et tant d'éclat devant l'opinion, devant la Chambre, dans l'Université et hors d'elle, le programme républicain en matière d'éducation, sans en rien retrancher, sans en rien abandonner, sans
en rien ajourner, qui, après avoir passé d'abord pour un utopiste ou un fanatique d'extrême gauche, a eu l'honneur et le bonheur de voir peu à peu son programme tout entier passer ..'ans la loi, en attendant qu'il passe dans les mœurs, cet homme-là laisse un nom ineffaçable dans les annales de l'instruction publique en.France, et il a, en particuUor, des titres impérissables à la reconnaissance de tous les amis de l'enseignement primaire.
BOLIVIE. — La République de Bolivie est lorn]ée de la partie méridionale de l'ancien empire du Pérou. Son territoire a une superficie d'environ 2 millions de kilomètres carrés. La population est évaluée à environ 1 7.'>0 000 habitants, dont les trois quarts sont des Indiens ou des métis; il y a aussi environ 250 000 Indiens restés indépendants et païens. Le territoire est divisé en neuf départements. Le pouvoir législatif appartient à l'assemblée nationale, qui se réunit à Oruro ; le siège du pouvoir exécutif, dont le chef est un président élu, est la ville de Cliuquisaca ou Sucre. La direction de l'enseignement est placée entre les mains de l'archevêque de Chuquisaca et des trois cvêques de Gochabamba, Santa Cruz et la Paz, qui administrent les affaires scolaires sous l'autorité du ministre de la justice et des cultes.
L'enseignement supérieur est représenté par les trois universités de Chuquisaca, de la Paz et de Cochabamba. Il y a quatre séminaires de théologie, vingt-sept collèges, et quatre écoles supérieures de jeunes filles. Quant à l'enseignement primaire, qui a un caractère étroitement confessionnel, il est donné dans 800 écoles environ, tant publiques que privées. Nous avons vainement cherché à nous procurer des renseignements statistiques récents sur la situation des écoles et sur le budget de l'instruction publique.
BOSNIE ET HERZEGOVIIVE. — Depuis que ces provinces ont été placées en ISTS sous le protectorat de l'Autriche, .l'instruction du peuple j- a fait quelques progrès. Au moment de l'occupation autrichienne, on comptait dans le pays, pour une population de 1 150 000 habitants, 499 écoles musulmanes élémentaires (écoles sibydn), 18 écoles musulmanes secondaires (écoles ruchdii/èh)^ 18 medersas ou écoles musulmanes ecclésiastiques, 54 écoles catholiques romaines et 56 écoles grecques-orientales. En 1879, le gouverneur autrichien rendit une ordonnance recommandant la création dans chaque district et, si possible, dans toutes les localités atteignant un certain chiffre de population, d'écoles primaires ouvertes à tous les enfants sans distinction de religion, et ayant pour programme l'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul; aucun enseignement religieux ne doit y être donné, cet enseignement étant réservé au clergé des diverses confessions. A défaut d'instituteurs, des militaires suffisamment instruits peuvent être employés comme maîtres dans ces écoles; les communes sont tenues de fournir le local et le chauffage; la duré© de la fréquentation est fixée, dans la règle, de l'âge de six ans à celui de douze. En 18S1, le gouvernement avait fondé 24 écoles primaires nouvelles, et subventionnait 14 écoles créées par des communes; ces 38 écoles avaient un personnel de 40 instituteurs (dont 23 sous-officiers) et de 4 institutrices. Le gouvernement a, en outre, fondé 4 écoles primaires supérieures de garçons, à Serajcvo, Travnik, Banjaluka et BihatiJ, et une école supérieure do filles à Serajevo. Les écoles entretenues par le gouvernement ont été fréquentées en 1881 par 2067 élèves, dont 282 mubulmans, 914 catholiques, 756 orthodoxes et ll.> israoUtes. La capitale, Serajevo, compte 32 écoles musulmanes avec 120 ) élèves environ, l'école piimaire supérieure de garçons avec 180 élevés, l'école primaire supérieure do filles avec 150 élevés, une