GIROD DE L*AIN
anderen verwandtf^n Matenen, MIO) ; il faut, dit-il, s'adresser d'abord aux àens de l'enfant et à son imagination, puis à sa mémoire ; il n'est point nécessaire que l'enfant apprenne à lire do bonne heure; qu'on attende jusqu'au moment où son intelligence sera convenablement préparée ; puis, vers l'âge de douze ans, l'apprentissage de la lecture ne lui coûtera qU*uno semaine de travail. A l'appui de sa théorie, il fit paraître en 1791 un Livre pour enseigner* à lire aux enfants sans alphabet et sans épellation [Kindcrbuch zur ersten Uebung im Lesen ohne ABC und BucfistaOiren) ; il y employait la méthode analytique, c'est-à-dire celle qui met tout d'abord sous les yeux de l'enfant des mots entiers; l'élève prononçait chaque syllabe sans l'épeler au préalable; au moyen d'un arrangement systématique des syllabes et des mots, et en imprimant en rouge la lettre par laquelle chaque syllabe différait des syllabe's voisines, on arrivait â faire connaître à l'élève toutes les lettres sans les lui avoir montrées sur un alphabet {V. les articles Ecriture-Lecture, p. 802, et Lecture, pp. 1541 et 1550). La méthode de Gedike, analogue à celle qu'avaient proposée en France l'abbé de Radonvilliers et Nicolas Adahi, ne trouva pas accès dans l'enseignement public; c'est de nos jours seulement que, reprise et perfectionnée en Allemagne par divers éducateurs, entre autres Vogel *, elle est devenue populaire sons le nom de méthode des mots rtormaux.
GIXGUEîNÉ. — Pierre-Louis Ginguené, né' à Rennes en 1748, vint de bonne heure à Paris, où il fut d'abord précepteur, se fit ensuite une certaine réputation comme homme de lettres, et obtint en 1778 un emploi dans l'administration des finances. Il adopta en 1780 les principes de la Révolution, mais la modération de son caractère le tint éloigné des partis extrêmes. Il collabora à partir de 1791 à la Feuille villageoise, fondée par Cerutti, et la rédigea seul de 1793 à 1795. Sous la Terreur, il fut emprisonné quelque temps comme suspect, et ne recouvra la liberté qu'au 9 thermidor. Lorsque Carat* devint commissaire de l'instruction publique, Ginguené fut nommé l'un de ses deux adjoints; l'autre était Clément* de Ris. Ce fut Ginguené qui demeura chargé de la plus grande partie du travail. Carat n'ayant pas trouvé le loisir de s'occuper de ses fonctions, et les attributions de Clément de Ris étant bornées à la comptabilité. A la suite de dissentiments entre les deux adjoints. Clément donna sa démission en pluviôse an III; et Chalmel, son ami, dont il avait fait le secrétaire général de la Commission executive de l'instruction publique, ayant été révoqué, publia contre Ginguené et Garât un libelle intitulé : Garât et Ginguené intrigants et dilapidateurs (3 ventôse an ÎII). Dans cet écrit, Chalmel prétend que Carat, en cinq mois, n'avait pas donné à la Commission vingt-quatre heures de son temps; que Ginguené ne consacrait à ses fonctions que quelques heures par jour; que le nombre des employés de la Commission était trop considérable, et le chiffre de leurs traitements trop élevé, puisqu'il se montait à un total de 705 699 livres. Ginguené publia sur-le-champ une réponse dans laquelle, tout en se justifiant, il donne quelques détails intéressants sur la composition des bureaux de la Commission, et sur la nature de ses travaux. Lorsque, après le 9 thermidor, la nouvelle Commission entra en fonctions, elle chercha, dit Ginguené, à mettre de l'ordre M dans le chaos qu'avait laissé après elle la commission Payan * » ; trois sections furent créées, Carat et Ginguené se réservèrent la direction des deux premières, et Clément de Ris fut placé à la tète de la troisième, celle de la comptabilité; chacune des deux premières sections eut trois bureaux, la troisième en eut deux. Parmi les em-
ployés attachés au service de hi Ccwnmission» Ginguené cite les noms du pcomètrc Lacroix, de Mahérault et de Baslin, anciens professeurs, des cx-conatituants Eymar et Dumouchel de La Chabeaussicre, du naturaliste Manuel, de Desrenaudes, l'ancien secrétaire de Talleyrand, de Bonnovillo, auteur do VEsprit des religions, du géomètre Lcgendre, du mathématicien Dillon, du naturaliste Millin, du littérateur Logrand, de Lebretoo, gendre de Darcet, de Soukes, artiste, et de Riouffc, l'auteur des Mémoires d'un détenu, il accuse Clément et Chalmel d'une négligence qui explique pourcpioi il est si difficile aujourd'hui do retrouver aux Archives la trace des opérations de la Commission executive de l'instruction publique : « Je demande à Chalmel et à Clément, dit-il, ce que c'est qu'une administration sans registre de transcription des arrêtés du Comité dont cette administration relève; sans registre des lettres que cette Commission a écrites... » La justificatioa de Ginguené parut probante au Comité d'instruction publique, car. Carat ayant donné sa démission sur ces entrefaites, ce fut Ginguené qui le remplaça comme commissaire en titre, et qui resta seul chargé de la direction des bureaux do l'instruction publique.
Lorsqu'on brumaire an IV le système des commissions executives fut abandonné et que les ministères furent rétablis, le service de l'instruction publique fut rattaché au ministère de l'intérieur, et Ginguené reçut le titre de directeur de l'instruction publique. Il occupa ce poste pendant deux ans, et y déploya un zèle digne d'éloges ; mais ses efforts ne purent produire que de médiocres résultats, parce que la loi du 3 brumaire an IV avait placé l'administration de l'instruction publique entre les mains des communes et des départements, et n'avait laissé presque aucune place à l'intervention du pouvoir gouvernemental ; d'ailleurs, la détresse financière du Directoire ne lui eût pas permis de travailler efficacement à faire prospérer les écoles. Vers la fin de 1797, Ginguené fut envoyé comme ambassadeur à Turin ; il n'y resta que sept mois, et à son retour à Paris il devint membre du Conseil d'instruction publique, créé par François* de Neufchâteau, où il eut pour collègues Lagrange, Carat, Palissot, Domergues, Darcet, Lebreton, Jacquemont et Destutt de Tracy. Il occupa en mémo temps la chaire de belles-lettres dans une des écoles centrales de Paris. En l'an IV, il avait été nommé membre de l'Institut, classe des sciences morales et politiques. Il était en outre le rédacteur en chef de la célèbre revue la Décade, qu'il avait fondée en avril 1794; « il l'a enrichie d'une multitude d'articles de littérature et de philosophie, qui l'ont placé au rang des meilleurs critiques de son temps » (Michaud jeune, article Ginguené dans la Biographie Michaud). La Décade changea de titre en 1804, et prit le nom de Revue philosophique, littéraire et politique; elle fut supprimée par lo gouvernement impérial en 1807. Après le 18 brumaire, Ginguené devint membre du Tribunat; mais, mal vu de Bonaparte, il fut éliminé de ce corps en 1802, en même temps que Daunou, Chénier et les autres représentants du parti des « idéologues ». Rentré dans la vie privée, il fit de 1803 à 1806, à l'Athénée, un cours de littérature italienne : ce fut l'origine de son grand ouvrage, VHistoire littéraire de l'Italie, qui parut en 9 volumes de 1811 à 1819. Ginguené ne vécut pas assez pour voir la publication des derniers volumes de cette œuvre considérable, qui est rcstco son principal titre littéraire : il mourut à Paris lo 16 novembre 1815.
GIROD DE L'AIN. -— Amédéc Girod, dit de l'Ain, né à Gex en 1781, fut magistrat sous l'Empire et la Restauration ; il entra à la Chambre des
GREAVES